mercredi, avril 30, 2014

Ce con de Caron en action

Affaire Halimi, la sortie d'Aymeric Caron censurée

Un con, ça ose tout, c'est bien connu depuis Audiard. Et tout le monde sait qu'Aymeric Caron est un con de première grandeur. Un vrai con, authentique, avec tous les diplômes et les tampons.

Un de ces sots, dont Montaigne dit qu'il est impossible de discuter avec eux de bonne foi (c'est d'ailleurs le problème fondamental des invités chez Ruquier : ils ont tort d'accepter l'invitation, puisqu'ils savent qu'aucune conversation sensée ne sera possible avec Caron).

Toujours est-il que, là, il fait très fort : venir à une émission sur Ilan Halimi avec des statistiques de meurtres d'enfants palestiniens par l'armée israélienne et tenter au passage de justifier Mohammed Merah, il fallait oser. Les horreurs d'un coté ne justifient pas celles de l'autre (d'autant plus que Merah a tué des enfants désarmés volontairement, ce qui n'est pas le cas de l'armée israélienne).

Mais bon, quand, dans un milieu endogame et autarcique comme celui des journalistes (ou des profs), une opinion débile est rendue quasi-obligatoire par la tribu, on ne comprend plus sa stupidité qu'au moment où on l'exprime devant des gens normaux, qui ne sont pas abrutis par la pression sociale de la tribu.

C'est ce qui est arrivé à Caron. Parce qu'il est plus con que la moyenne, il n'a pas eu l'intelligence de fermer sa grande gueule.

Pendant ce temps, en Grande-Bretagne ...

Une arrestation politique, évidemment en rapport avec un blasphème contre l'islam  (dites moi que ça ne pourrait pas arriver en France)

Un Guaino anglais, c'est-à-dire libéral

lundi, avril 28, 2014

Le mécontemporain (A. Finkielkraut)

L'élection d'Alain Finkielkraut à l'Académie Française m'a donné envie de lire ce livre. Je me doutais qu'il allait m'intéresser.

De Péguy, on ne connaît plus qu'une image : le chantre de la patrie charnelle, tué à l'ennemi en septembre 1914 après des vers prémonitoires. Certains, plus cultivés, se souviennent aussi du fils de la rempailleuse de chaises, normalien et dreyfusard.

On comprend immédiatement pourquoi Finkielkraut a eu la bonne idée d'exhumer Péguy : il était tellement visionnaire qu'il tombe à pieds joints dans les débats actuels.

Finkielkraut commence par faire un sort à la colère de Péguy. En effet, Péguy s'exprime quasiment toujours sur le ton de la colère (ce qui est lassant). On a mis cela un peu aisément sur le compte de l'ambition frustrée. Finkielkraut fait remarquer qu'il y a des cas où l'homme en colère a raison et l'intellectuel détaché et serein tort.

Péguy détestait la modernité parce qu'elle créait un homme déraciné et «surplombant», ne faisant plus partie du monde mais le regardant de haut comme une chose infiniment malléable, y compris les autres hommes. L'homme moderne croit pouvoir se créer lui-même et ne rien devoir.

L'image du bois et du fer est explicite.

Le bois est un matériau à l'ancienne : il a ses veines, ses courbes, ses noeuds, son histoire. Il est une donnée. Tout l'art du menuisier ou du sculpteur est d'en tirer le meilleur. Un coup de ciseau de trop et c'est foutu. L'homme est sur le même plan que le bois.

Le fer est un matériau moderne. Il est putassier. Il n'est pas une donnée, il se donne. Une fois fondu, il n'a plus d'histoire. Il est ductile, soudable, on peut corriger les erreurs. Il se soumet sans rechigner aux calculs.

Pareil pour la science, on est passé de l'observation à l'expérimentation. L'observation, c'est la nature qui se donne à voir. Une expérience, cela consiste à mettre la nature dans une situation artificielle aux convenances de l'homme.

Vous voyez, Péguy n'aurait absolument pas été surpris par le «mariage pour tous». Péguy invente un mot pour qualifier le monde moderne : la «panmuflerie», la muflerie en toute chose. Incidemment, on comprend à quel point nous méritons François Hollande, le président mufle.

Où est le problème de la modernité ? C'est qu'elle ampute l'homme de sa dimension la plus importante, sa dimension spirituelle. Avec la dimension spirituelle, c'est la dimension historique  qui disparaît car nous sommes des héritiers avant tout par l'esprit et par la culture. Péguy fait remarquer que nous avons le devoir de protéger les morts, il sont très vulnérables, ils ne peuvent plus se défendre : il suffit qu'une génération cesse de transmettre leur héritage et ils sombrent dans l'oubli.

Péguy a lui-même été victime de crime posthume, puisqu'il est désormais associé aux pétainistes et que certains voient en lui un précurseur du fascisme.

Qu'est-ce qui distingue Maurras et les pétainistes de Péguy ? Quand Maurras écrit la «la seule France», c'est encore un individualisme matérialiste. Certes, sur une base collective, mais ce n'est pas très différent de penser que seules les nations existent comme les individualistes pensent que seuls les individus existent.

Les individualistes pensent que seuls les individus existent et que la nation n'est qu'une idée. Les maurrassiens pensent que seules les nations existent et qu'elles sont matérielles.

Péguy les renvoient dos à dos en disant que la nation est, à la fois, matérielle et idéale. C'est ainsi qu'il combine son dreyfusisme, soutien à la France idéale, et son soutien à l'armée, soutien à la France charnelle.

Tout cela est bel et bon, mais il y a tout de même un truc qui me chiffonne : Finkielkraut réussit à écrire tout un livre sur la pensée de Péguy sans évoquer autrement qu'au détour d'une demi-phrase son spectaculaire retour au catholicisme. C'est une sorte d'exploit. Je ne suis pas bien sûr qu'il faille applaudir Finkielkraut.

samedi, avril 26, 2014

21 avril 2002, comme un coup de tonnerre : quand le passé éclaire le présent

2002 comme un coup de tonnerre (article)

2002 comme un coup de tonnerre (video)

C'est stupéfiant de voir à quel point ce sont les mêmes cons qui, en 2002 ont mené Jospin dans le mur, qui mènent la France dans le mur en 2014, avec les mêmes idées, les mêmes comportements, la même incompétence.

Les conneries de Piketty

Le démontage des conneries de Piketty (version courte)

Le démontage des conneries de Piketty (version longue)

Thomas Piketty m'insupporte doublement :

• il a une personnalité très socialiste. A ses yeux, je ne doute pas qu'il ait tous les talents et toutes les qualités : intelligent, généreux, fin, lucide, orateur-né etc. Son idée de lui-même est telle que l'adjectif «haute» paraît minable, étriqué. Il faudrait inventer un mot spécialement pour ces gens-là, marbruke, par exemple. On dirait «Thomas Piketty a une idée de lui-même marbruke», «Aquilino Morelle a un ego marbruke», «Anne Sinclair est complètement marbruke» et tout le monde comprendrait.

•il 'est fondamentalement un malhonnête. Comme tant d'autres avant lui, marxistes, réchauffistes, il prostitue la science pour donner un vernis scientiste à un parti-pris idéologique. C'est un salaud : les hommes n'ont que la confiance pour communiquer entre eux. Le mensonge brise cette confiance. Le mensonge volontaire, assumé, au nom d'un «la fin justifie les moyens», c'est le pire.


Agression dans le métro lillois

Une mère de famille a été agressée pendant trente minutes dans le métro de Lille et les autres voyageurs ont prudemment changé de rame. Certains trouvent cela honteux. Cette histoire me fait penser à «Dieu rit de prières qu'on lui fait pour écarter des maux dont on chérit les causes» :

• il ne s'est pas trouvé un homme pour défendre cette femme. Mais qui a protesté contre la campagne de dévirilisation menée depuis quarante ans ? Les mêmes qui se plaignent sont-ils prêts à ne plus considérer «macho» comme une insulte ? On ne peut avoir le beurre et l'argent du beurre : des hommes doux, aimants, sentimentaux et attentionnés comme des femmes et des bagarreurs. On ne peut avoir à la fois des hommes qui prennent soin de leur peau (cliché publicitaire) et qui vont à la castagne sans moufter.

• à force de toujours compter sur l'Etat, on ne sait plus rien faire sans l'Etat. Cela fait plus de cent ans que les libéraux et les conservateurs avertissent que l'étatisme conduit à la dissolution des liens sociaux et des solidarités. On récolte ce qu'on a semé.

• la confiance en la justice est rompue : maintenant, quand on intervient contre un voyou, on a peur qu'il se venge car on sait qu'il n'ira pas en prison.

• enfin, l'immigration incontrôlée, cela signifie plus de populations criminogènes et, là encore, moins de solidarité.

Bien sûr, beaucoup de ces évolutions néfastes ont été imposées d'en haut aux Français. Mais quand se sont-ils révoltés ?

vendredi, avril 25, 2014

Jean-Pierre Petit exécute le plan Valls

Jean-Pierre Petit exécute le plan Valls

Et pour ceux que ça intéressent :

Les Experts 1/2

Les Experts 2/2

Mais je préfère l'intervention de JP Petit.




Un portrait terrifiant de la classe politique par Maxime Tandonnet

Un portrait terrifiant de la classe politique par Maxime Tandonnet

On comprend, à lire ce portrait au vitriol, le psychiatre qui soutient que les politiciens modernes partagent beaucoup de traits avec les tueurs en série.

Qui a envie de contredire Tandonnet ? On sent tous la vérité de ses propos. Hélas.


La composition du corps électoral vue par les Infos du Nain

La composition du corps électoral vue par les Infos du Nain

J'avoue avoir eu la flemme de refaire les calculs. Mais s'ils sont exacts, ils expliquent bien des choses.

D'ailleurs, même s'ils sont inexacts à quelques pour-cents près, on sent bien que l'on est dans l'ordre de grandeur.

jeudi, avril 24, 2014

Les profs : témoignage de JP Brighelli

Les profs : témoignage de JP Brighelli

Quiconque a fréquenté des profs a pu remarquer les caractéristiques suivantes (bien sûr, il y a des exceptions, mais ces généralités tiennent assez bien la route) :

● ils ont un avis sur tout et un art consommé de monopoliser la conversation. C'est d'ailleurs ce qui finit par faire fuir les non-profs.

● leur expérience du monde reste très limitée, leur savoir est avant tout théorique et très peu empirique. L'exception notable vient quelquefois de ceux qui ont un conjoint non-prof ou non-fonctionnaire, c'est plutôt rare.

● ils restent avant tout des gens qui n'ont jamais été assez mûrs pour oser sortir du cocon de l'école, d'où leurs verdicts tranchants d'adolescents attardés, qui jugent de tout mais ne connaissent rien. Comme les adolescents, ils sont très vulnérables aux idéologies qui expliquent le monde avec une clé unique. Dit autrement, ce sont des demi-intellectuels : des manieurs de mots et de concepts pas assez fins pour les prendre avec un peu de distance.  De nombreux signes montrent que le niveau de connaissance et de finesse, des profs diminue.

● ils vivent dans un autre monde que le Français ordinaire. Ils ne vivent pas au même rythme, ils n'ont pas les mêmes préoccupations, pas les mêmes problèmes.

Le phénomène de meute décervelée décrit par Brighelli est possible chez tout groupe humain, il est accentué chez les profs par les traits que je viens de vous décrire. J'ai eu des échos de salle des profs atterrants.

Le plus marrant est que mon portrait des profs convient aussi à Brighelli, qui montre un comique involontaire fort distrayant quand il explique que le problème du système éducatif le plus bureaucratisé du monde (à part la Corée du Nord ?) est victime du libéralisme.

Le fait qu'il y ait 130 profs dans l'Assemblée Nationale actuelle explique beaucoup de nos malheurs. Ayrault était prof. Christian Eckert, l'un des plus abrutis dans un groupe qui en compte beaucoup, était prof. Les profs ont des idées définitives sur tout et beaucoup de temps libre : le profil idéal du militant bas de plafond. Vous connaissez ma solution, à l'anglaise (Grande-Bretagne qui n'est pas connue pour être le berceau de la tyrannie) : tout fonctionnaire qui veut se présenter à une élection doit d'abord démissionner de la fonction publique.

A propos :

Kersaudy sur Hollande

mercredi, avril 23, 2014

Christian Vanneste à propos des djihadistes français

Christian Vanneste à propos des djihadistes français

Vous connaissez mon opinion, très proche de Vanneste

Les cathos dégénérés deviennent socialistes

Quel lien entre pratique religieuse et comportement électoral ?

Les cathos dégénérés deviennent socialistes. Rien de très étonnant : tous les observateurs du socialisme un peu futés savent depuis longtemps que c'est une religion de substitution.

Mais il y a pire : il y a des catholiques pratiquants qui sont de fervents socialistes, montrant ainsi qu'ils n'ont pas tout compris (et je le dis gentiment).

mardi, avril 22, 2014

«Tu m'abandonnes. Tu es vraiment un salaud.»

«Tu m'abandonnes. Tu es vraiment un salaud». C'est avec ces mots qu'Aquilino Morelle auraient quitté François Hollande, d'après le Canard Enchainé (on n'insistera pas sur le «vraiment», très éclairant).

Si ces mots sont authentiques, ils sont révélateurs :

• du peu de respect que la personne de François Hollande inspire à Aquilino Morelle.

• du peu de respect qu'inspire la fonction présidentielle à Aquilino Morelle. Chez les militaires, on apprend qu'on salue la fonction et non la personne. Indépendamment de ce que qu'on pense de la personne, tout président de la république mérite le vouvoiement. Visiblement, Aquilino Morelle n'a pas ce minimum d'éducation.

• de la haute estime qu'Aquilino Morelle a de lui-même. Un homme ayant une vague notion d'humilité ne s'adresserait pas ainsi à celui qui, malgré tout, est président de la république. Ce sale type est vraiment un gougnafier.

On ne connait pas la réponse de François Hollande. Mais on sait qu'il n'est pas à la hauteur de la fonction, même sur le simple plan du comportement (le scooter, les SMS aux journalistes, etc.).

En d'autres temps, cette insulte aurait valu à Morelle un exil bien mérité au fin fond du trou du cul de la France. Monsieur de Montespan avait le courage de traiter en face Louis XIV de canaille en sachant ce qu'il risquait. Aquilino Morelle insulte François Hollande en sachant qu'il ne risque rien, même pas une repartie cinglante.

lundi, avril 21, 2014

Marre du sentimentalisme

A l'évidence, Christian Vanneste n'apprécie pas les fleuves lacrymaux médiatiques. A propos de la libération des otages de Syrie (dans Indécente mise en scène) :

*********
Il y a d’abord l’ambiance générale. On étale la sentimentalité comme une vertu. On pleure, on s’épanche, on embrasse. Un grand pays devrait faire preuve de plus de dignité, d’une plus grande retenue dans l’émotion, d’une plus grande fermeté à l’encontre des preneurs d’otages. Exhiber ainsi sa faiblesse, c’est accroître la tentation pour tous les ravisseurs potentiels du monde, de commencer ou de recommencer tant l’opinion publique est sensible à ces enlèvements, notamment lorsqu’il s’agit de journalistes, dont les médias, par une solidarité compréhensible, vont sans cesse rappeler la situation. Il serait plus dissuasif de dire que celui qui s’en prend à un Français a peu de chances de demeurer impuni. La France a mis un certain temps pour récupérer Carlos, mais elle y est parvenue. Depuis que l’Etat n’est plus un père protecteur, mais une « Big Mother », les discours virils et les actions répressives sont plutôt mal venus. L’Etat n’est plus commandeur mais quémandeur.
*********

Un autre grand pourfendeur du sentimentalisme, Dalrymple :

Enfants gâtés pourris, les dégâts du sentimentalisme

Comme souvent dans les phénomènes sociaux, cause et conséquence se renforcent l'un l'autre. Je lie, bien évidemment, ce sentimentalisme puéril et ridicule au déclin collectif de l'intelligence.

A tout cela, on peut et on doit opposer l'orthocivisme, le civisme qui consiste à se tenir droit.

Marc de Scitivaux : toujours aussi fracassant

Marc de Scitivaux était hier sur BFM.

A propos du soutien des députés socialistes au gouvernement Valls, une réflexion très cynique mais probablement juste : «Les députés socialistes sont au 3/4 des petits fonctionnaires. En cas de dissolution, la plupart perdraient leur siège et verraient leurs revenus divisés par 4 ou 5. Cela incite à la sagesse».

Le seul problème de ce raisonnement est que la majorité socialiste est étroite, il suffit de quelques défections pour la faire basculer.

Autre réflexion: Marc de Scitivaux pense que l'UMPS est incapable de réformer sa politique, sur tous les plans (économique, européen, sociaux, sociétaux) et que nous continuerons à aller droit dans le mur, à l'insatisfaction croissante des Français, de plus en plus disposés à recourir à des solutions extrêmes pour se débarrasser de ceux qui ne cessent  d'échouer, de s'accrocher aux postes et de faire les autistes et les méprisants.

Il n'aime visiblement pas Marine Le Pen mais pense que le Front National finira, à l'usure, par gagner une élection présidentielle. C'est sûrement trop tôt en 2017, mais en 2022 ...

Je n'y crois pas pas mais j'écoute : Marc de Scitivaux fait souvent des prédictions justes.

Racines chrétiennes : et pendant ce temps, sur une autre planète ...

Déclaration fracassante de David Cameron sur le christianisme en Grande-Bretagne ;

Racines chrétiennes

On n'est pas dans la France de ce connard de Chirac disant que nous avons autant de racines musulmanes que chrétiennes. J'ai même vu en devanture d'une libraire islamiste un livre intitulé Les racines musulmanes de la France !

La Manche ne sépare pas deux pays, mais deux planètes.

Bien sûr, cela a provoqué des réactions outragées attendues :

Réactions Telegraph

Vous connaissez ma conviction, l'homme a besoin de religion, et s'il n'en n'a pas, il s'en crée. Quand on ne croit plus en rien, on est prêt à croire à n'importe quoi.

Mais les déclarations de Cameron ne sont pas principalement religieuses mais politiques : si la culture du pays n'est pas considérée comme ayant une supériorité morale sur son territoire, il n'y a pas d'intégration des immigrés possible.

C'est bien ce qu'on voit en ce moment tant en France qu'en Grande-Bretagne : nous sommes tombés dans le relativisme, nous avons abandonné le sentiment de notre supériorité chez nous et la conséquence est que les immigrés ne veulent plus s'intégrer, opération douloureuse qui consiste à s'arracher à sa culture d'origine pour adopter celle de son pays d'accueil.

Oui, en France, c'est mieux de parler français et d'être chrétien. Oui, en Grande-Bretagne, c'est mieux de parler anglais et d'être chrétien. Sinon, la France et la Grande-Bretagne ne sont plus que des terrains vagues administratifs, des noms jetés plus ou moins par hasard sur une carte, ouverts à tous et à n'importe qui.


dimanche, avril 20, 2014

La Pâques chrétienne est un scandale

Noël est assez facile à déchristianiser : il suffit de le faire passer pour la fête des enfants. C'est idiot, mais faisable. La meilleure preuve, c'est que ça se fait.

La Pâques chrétienne, c'est une autre paire de manches. Cette fête est un triple scandale :

• le Dieu des chrétiens s'est incarné dans une humble famille de charpentiers.

• il s'est laissé tuer dans un supplice d'esclaves.

• il a ressuscité le troisième jour en toute discrétion.

Ca va être dur de réduire cela à la fête des oeufs en chocolat (vous avez remarqué que les oeufs sont plus à la mode que les cloches ?). Certes, beaucoup s'y emploient très activement.

Mais le triple scandale chrétien va rester longtemps comme un caillou dans la chaussure de la profanation commerciale de tout. Cependant, la voie est toute tracée : réduire le scandale de Pâques en répandant l'ignorance.

Quand plus personne ne saura ce que signifie Pâques, Pâques ne fera plus scandale.

Mais il y a encore beaucoup de chemin à faire d'ici là, et je ne suis vraiment pas sûr qu'à la fin, les prosélytes de l'ignorance l'emportent. Car, tant qu'on n'aura pas brulé toutes les Bibles, Pâques continuera à faire scandale. Il y a du boulot, messieurs les censeurs.

Joyeuses Pâques à tous !


Et pendant ce temps, sur une autre planète ...

Cameron et les entrepreneurs

samedi, avril 19, 2014

Les somnambules (C. Clark)

Le déclenchement de la première guerre est l'un des des événements les plus complexes de l'histoire de l'humanité, par le nombre de pays impliqués et par le nombre de personnes impliquées dans chacun de ces pays.

Christopher Clark a cependant réussi à écrire un livre agréable à lire, car à chaque fois qu'il commence à lasser le lecteur par des détails, il a l'intelligence de passer à autre chose.

Son parti-pris que les choses auraient pu se passer autrement, sans tomber dans l'uchronie, aide à rendre son livre intéressant car il ouvre des portes, il allège ce sentiment de mécanique tragique impossible à arrêter.

Je résume l'analyse qu'il fait du déclenchement de la première guerre mondiale, mais je vous invite à le lire :

1) Les relations de pouvoir au sein des pays antagonistes sont ambigues. Qui commande ? Le Kaiser ou son premier ministre ? Le tsar ou son premier ministre ? Ce problème est ressenti par les autres pays, ce qui a deux conséquences : une tentative d'influence sur les affaires internes et, avec l'incertitude, des erreurs de calcul.

Notamment, les Allemands se sont totalement trompés dans leurs anticipations des réactions russes.

2) Les deux blocs, Triple Entente et Triple Alliance, sont récents et fragiles, parce qu'ils inversent des alliances traditionnelles. La conséquence est que chacun a tendance à en rajouter dans le bellicisme pour prouver à son nouvel allié qu'il ne le lâchera pas et que, réciproquement, il ne doit pas lâcher.

3) Les Serbes sont d'insupportables fouteurs de merde.

4) Les Allemands et les Russes, en ne calmant pas les ardeurs guerrières de leurs alliés, autrichiens d'un coté, serbes de l'autre, portent une très lourde responsabilité. Spécialement, les Russes, dont la mobilisation précoce est le facteur majeur de l'escalade du conflit de localisé à continental.

5) L'attentat de Sarajevo a tué le moins belliciste des dirigeants autrichiens, celui dont on peut supposer qu'il se serait opposé de toutes ses forces à la guerre.

6) Le Français Poincaré est un belliciste et il n'y a plus Caillaux, momentanément sur la touche suite à l'assassinat du directeur du Figaro par son épouse (c'était une époque où on savait traiter les journalistes comme ils le méritent !), pour l'arrêter.

7) Enfin, et c'est ce qui justifie le titre du livre, il y a un consentement (pour une fois, le mot est juste) à la guerre généralisé, dans tous les pays, mais sans savoir de quelle guerre il s'agit.

Il y a le sentiment répandu dans tous les pays européens que la guerre est inévitable et que, tant qu'à avoir une «bonne» guerre, mieux vaut maintenant que plus tard. Les militaires ont réussi à persuader les dirigeants que le temps jouait contre eux (ce qui est contradictoire : si le temps joue contre l'Allemagne, il ne joue pas contre la France, ou vice-versa).

Mais les dirigeants, les opinions publiques et même les militaires sont comme des somnambules, dans l'ignorance totale de la guerre à laquelle ils poussaient. Bien sûr, il y a eu des romans d'anticipation et des déclarations sur la «guerre d'extermination», qui plus tard serviraient d'avertissements rétrospectifs.

Mais, dans les représentations les plus répandues, il s'agit d'une guerre de 1870-bis. La leçon de guerres récentes n'a absolument pas été tirée.

Comparons : si la crise des missiles de Cuba n'a pas débouché sur une guerre mondiale, c'est parce que tous les acteurs avaient à l'esprit l'apocalypse que représentait une guerre nucléaire. Rien de tel en 1914.

Autrement dit, les acteurs font un calcul coût/bénéfices de l'option guerrière absolument, tragiquement, erroné.

Remarquons que ce calcul n'est pas si faux au premier abord. S'il n'y avait pas eu le sursaut de la Marne, la guerre de 14 aurait été la reproduction exacte de celle de 70. L'erreur de calcul, c'est que, précisément, l'industrie, le chemin de fer, l'avion et le téléphone ont rendu possible le sursaut de la Marne.

Tous les protagonistes ont eu l'impression d'être contraints par les autres, mais aucun ne tenait à la paix au point de faire de réelles concessions pour la sauver.

Addendum suite au commentaire d'un lecteur :

Clark est assez indulgent avec les Allemands.

Si on «super-synthétise», deux coupables :

1) les Autrichiens, par manque de rapidité à punir la Serbie, ce qui a laissé le temps à la mécanique infernale de se mettre en place et à la guerre de se généraliser.

2) les Russes par excès de précipitation à mobiliser.

Il est vrai que Clark n'insiste pas assez sur la fièvre obsidionale allemande.

Le cireur de pompes se faisait lustrer les souliers

Aquilino Morelle tombe pour conflit d'intérêt mais ce que le public retient, ce sont les trente paires de chaussures, le cireur (probablement payé avec nos sous) et la salle privatisée pour les pompes de son éminence.

Est-ce injuste ?

Après tout, le cireur n'était pas un esclave, il était payé. Il s'est même plaint de perdre la clientèle de l'Elysée suite à cette affaire.

Commençons par remarquer qu'en matière de cirage de pompes, Aquilino Morelle en connait un rayon, car, comme tous les politiciens actuels, il a une âme servile de courtisan. Ils sont tous prêts à ramper pour une place.

C'est le verrouillage du système : si l'on ne fait pas la preuve de sa soumission, on est broyé. Nos politiciens sont des grandes gueules, ils sont vaniteux à en crever. Avoir l'orgueil de sa liberté, c'est autre chose. N'est pas Montaigne ou Cyrano qui veut.

Ensuite, après avoir intégré la caste de manière chiennine, c'est-à-dire allongé sur le dos en agitant frénétiquement la queue tout en lançant des oeillades enamourés au mâle dominant du moment, on se sent le droit de mépriser tous les autres.

Les petits marquis traitent les valets avec d'autant plus de mépris qu'ils ont du s'humilier devant le maitre.

Rien de nouveau : il suffit de lire Saint-Simon.

Et je crois que les Français l'ont compris intuitivement. Ils ne sont pas injustes. Simplement, ils jugent Aquilino Morelle à sa vraie valeur, celle qui ne dépend pas des diplômes et des accointances mondaines.