Traumatisé rétrospectivement par la défaite de juin 40 et l'agonie de la IIIème République, j'étais partisan des institutions de la Vème République. Vu le désastre du paysage politique français actuel, je me pose cependant des questions.
A cela, deux bémols :
• les institutions de la Vème République ont été systématiquement attaquées depuis quarante ans par le régime des partis, à coup de réformes constitutionnelles plus ou moins anodines et dont l'accumulation dessine une autre constitution. Peut-être que si nous revenions à la constitution telle qu'elle était en 1962, nous ne serions pas si embêtés.
• les institutions, c'est bien beau, mais il y a les hommes qui les peuplent. Evidemment, les institutions ont une influence sur les hommes, et vice-versa. Cependant, je n'oublie pas que, chaque fois qu'un candidat s'est présenté en parlant d'effort national, Barre et Balladur par exemple, les Français l'ont impitoyablement éconduit. On peut comparer avec les carrières de Thatcher ou Cameron. En ce sens, les Français ont les politiciens qu'ils méritent et ils sont mal venus de s'en plaindre. Cependant, et on retombe sur le problème des institutions, Barre et Balladur auraient peut-être eu plus de chances dans un autre système.
L'économiste Jean-Pierre Petit utilise le concept de'inflation démocratique pour décrire les maux politiques de la France : trop d'élections, trop de mandats, trop d'élus (1). Donc trop de promesses, trop de discours, trop de mots creux, et trop de brêles à des postes de responsabilité.
Comme toute inflation, elle dévalorise ses objets : les élections n'influencent plus rien et on se fout des électeurs. On fait des tas d'élections qui ne servent à rien mais quand les Français votent sérieusement, comme lors d'un référendum, on fait comme s'il n'avait pas existé.
Tout concourt à cette vicieuse inflation démocratique : la «parité», le quinquennat ...
L'idéal serait une dictature provisoire à la romaine. Deux ans de dictature, sans élections ni votes, de vraies réformes, puis le dictateur retourne à sa charrue.
Bien sûr, cela n'arrivera pas. Mais c'est pour vous faire sentir la solution.
L'autre solution, mais qui n'arrivera pas non plus, c'est moins d'élus et beaucoup plus de référendums nationaux et locaux.
En fait, je radote, je l'ai déjà dit, je pense que la France est dans une impasse de long terme et je redoute qu'elle doive passer par une phase d'anarchie et d'éclatement, dont nous ne vivons que le début, avant que de se reconstruire par le bas.
En tous les cas, je pense qu'on ne peut rien attendre que de mauvais de la «France d'en haut», qu'elle soit avocat général, président de la république ou chef de l'opposition car cette France là ne s'en sort pas si mal et n'a pas vraiment intérêt à un changement radical.
Je regrette ce tableau très sombre, mais la lucidité n'a jamais empêché l'espoir.
***********
(1) : notre pays compte 10 élus pour mille habitants (record mondial, de très loin) et, ce qui va avec car un élu doit avoir des fonctionnaires à commander pour se faire valoir, 90 fonctionnaires (contre 50 en Allemagne, dont personne n'a prétendu qu'elle était sous-administrée) et aussi 57 % du PIB en dépenses publiques (car une fois qu'on a des élus et des fonctionnaires, il faut qu'ils aient des sous à dépenser ou à distribuer).
La réduction du nombre d'élus est la mère de toutes les batailles car elle entraîne avec elle la simplification administrative (moins d'élus, moins de lois, moins de décrets), la réduction du nombre de fonctionnaires et la baisse des dépenses publiques.
Plus important encore, elle libère le pays et ses habitants d'une tutelle pesante et devenue depuis longtemps illégitime à raison de cette pesanteur.
samedi, mars 22, 2014
vendredi, mars 21, 2014
Hans-Hermann Hoppe : « La meilleure chose à faire pour la liberté serait de diviser lʼEurope en plein de petits États. »
Hans-Hermann Hoppe : « La meilleure chose à faire pour la liberté serait de diviser lʼEurope en plein de petits États. »
Mes fidèles lecteurs comprendront pourquoi je copie cet article.
Je le trouve un peu trop libertarien à mon goût. Mais la thèse de Hoppe disant que l'avenir est aux petits Etats est aussi la mienne depuis quelques années.
Mes fidèles lecteurs comprendront pourquoi je copie cet article.
Je le trouve un peu trop libertarien à mon goût. Mais la thèse de Hoppe disant que l'avenir est aux petits Etats est aussi la mienne depuis quelques années.
Libellés :
Naufrage de l'Etat-mamma
Hollande/Sarkozy : cachez cette Stasi…
Hollande/Sarkozy : cachez cette Stasi… La référence totalitaire, monopole du PS ?
Je ne sais pas si Nicolas Sarkozy a tort ou raison, mais je sais que le gouvernement Hollande, la justice Hollande, la presse Hollande, commencent à me sortir par les yeux.
Je ne sais pas si Nicolas Sarkozy a tort ou raison, mais je sais que le gouvernement Hollande, la justice Hollande, la presse Hollande, commencent à me sortir par les yeux.
Libellés :
dictature du Bien,
saloperies gauchistes
1914-2014 : les mêmes somnambules ?
Comme le rappelle opportunément Dominique Jamet, les premiers coups de feu de la guerre de 14 ont été tirés le 16 mars 1914, lorsque Mme Caillaux a abattu dans son bureau Gaston Calmette, le directeur du Figaro, qui menait une campagne infamante contre son mari de ministre.
En effet, Joseph Caillaux était le seul homme politique français susceptible de s'opposer au revanchard Poincaré et d'éviter la guerre en 1914 comme il l'avait évitée en 1911.
Contrairement à la légende noire des européistes, ce ne sont pas les nationalismes qui ont provoqué cette catastrophe. Les peuples n'y sont pour rien, ni de près ni de loin, ils n'ont pas été consultés, directement ou indirectement, on n'a pas eu le temps de prendre leur pouls.
Tout s'est joué dans les chancelleries, autour d'une poignée d'hommes qui n'ont pas vraiment eu envie de sauver la paix : Poincaré, Guillaume II, Nicolas II ... Ils ont marché comme des somnambules et ont jeté l'Europe dans le précipice. Rien ne les obligeait à transformer un conflit balkanique en suicide européen.
Peut-être que si Mme Caillaux n'avait pas tué Gaston Calmette, tout cela aurait été évité. Avec des si ...
Quand je vois, en 2014, la technocratie bruxelloise jouer avec le feu en Ukraine, en toute inconscience, hors de tout contrôle démocratique, au nom d'une utopie européiste complètement folle, détachée des réalités, quand je vois le gouvernement français prendre une position anti-russe primaire, j'ai la même impression de voir des somnambules au bord du précipice.
La situation intérieure est aussi délétère qu'en 1914 : certes, Nicolas Sarkozy n'est pas Joseph Caillaux, mais comment prendre de bonnes décisions internationales, dans un climat serein, après un débat honnête, quand on traite un ancien président de la république comme le gouvernement Hollande traite Nicolas Sarkozy ? Et Nicolas Sarkozy lui-même, est-il à la hauteur ?
Je ne crains pas une conflagration guerrière à l'ancienne mais une série de conflits en périphérie sur fond d'une tension géopolitique très dommageable pour l'économie et qui appauvrirait tout le monde (sauf l'oligarchie mondialisée, qui s'en sort toujours).
Je sais bien que la politique à suivre vis-à-vis de la Russie n'est pas facile, à la fois signifier un coup d'arrêt à ses visées expansionnistes et ne pas s'en faire un ennemi irréductible, mais quoi ? C'est pour cela que nous élisons des gens supérieurement intelligents, non ? En tout cas, en ce moment, je temporiserai. Je laisserai la situation refroidir, les opinions publiques et les medias passer à autre chose. Je désamorcerai, quitte à avoir de sérieuses discussions dans quelques mois.
Je crains, par dessus tout, la médiocrité de nos politiciens. Comment faire confiance à un Fabius, à un Hollande, à un Copé ?
Mais rassurez vous : comme d'habitude, ce ne sont pas ceux qui auront pris les mauvaises décisions qui en subiront les conséquences. Paul Doumer a perdu quatre fils à la guerre, cela n'arrivera plus.
Addendum : visiblement, je ne suis pas seul dans mon inquiétude. Cela ne me rassure pas :
In between the Crisis and the Catastrophe - Please Read This
En effet, Joseph Caillaux était le seul homme politique français susceptible de s'opposer au revanchard Poincaré et d'éviter la guerre en 1914 comme il l'avait évitée en 1911.
Contrairement à la légende noire des européistes, ce ne sont pas les nationalismes qui ont provoqué cette catastrophe. Les peuples n'y sont pour rien, ni de près ni de loin, ils n'ont pas été consultés, directement ou indirectement, on n'a pas eu le temps de prendre leur pouls.
Tout s'est joué dans les chancelleries, autour d'une poignée d'hommes qui n'ont pas vraiment eu envie de sauver la paix : Poincaré, Guillaume II, Nicolas II ... Ils ont marché comme des somnambules et ont jeté l'Europe dans le précipice. Rien ne les obligeait à transformer un conflit balkanique en suicide européen.
Peut-être que si Mme Caillaux n'avait pas tué Gaston Calmette, tout cela aurait été évité. Avec des si ...
Quand je vois, en 2014, la technocratie bruxelloise jouer avec le feu en Ukraine, en toute inconscience, hors de tout contrôle démocratique, au nom d'une utopie européiste complètement folle, détachée des réalités, quand je vois le gouvernement français prendre une position anti-russe primaire, j'ai la même impression de voir des somnambules au bord du précipice.
La situation intérieure est aussi délétère qu'en 1914 : certes, Nicolas Sarkozy n'est pas Joseph Caillaux, mais comment prendre de bonnes décisions internationales, dans un climat serein, après un débat honnête, quand on traite un ancien président de la république comme le gouvernement Hollande traite Nicolas Sarkozy ? Et Nicolas Sarkozy lui-même, est-il à la hauteur ?
Je ne crains pas une conflagration guerrière à l'ancienne mais une série de conflits en périphérie sur fond d'une tension géopolitique très dommageable pour l'économie et qui appauvrirait tout le monde (sauf l'oligarchie mondialisée, qui s'en sort toujours).
Je sais bien que la politique à suivre vis-à-vis de la Russie n'est pas facile, à la fois signifier un coup d'arrêt à ses visées expansionnistes et ne pas s'en faire un ennemi irréductible, mais quoi ? C'est pour cela que nous élisons des gens supérieurement intelligents, non ? En tout cas, en ce moment, je temporiserai. Je laisserai la situation refroidir, les opinions publiques et les medias passer à autre chose. Je désamorcerai, quitte à avoir de sérieuses discussions dans quelques mois.
Je crains, par dessus tout, la médiocrité de nos politiciens. Comment faire confiance à un Fabius, à un Hollande, à un Copé ?
Mais rassurez vous : comme d'habitude, ce ne sont pas ceux qui auront pris les mauvaises décisions qui en subiront les conséquences. Paul Doumer a perdu quatre fils à la guerre, cela n'arrivera plus.
Addendum : visiblement, je ne suis pas seul dans mon inquiétude. Cela ne me rassure pas :
In between the Crisis and the Catastrophe - Please Read This
«Je compte sur vous, vous pouvez compter sur moi»
«Je compte sur vous, vous pouvez compter sur moi» : c'est par ces mots tendres, sans doute sincères, que se conclut le tract du jour de notre bien-aimé sénateur-maire.
J'aime ce clientélisme municipal à visage découvert, franc, massif, bon enfant. Au moins, il ne le joue pas hypocrite ! La politique c'est un troc : vous votez pour moi et, en retour, je vous rends des services. Comme c'est mignon tout plein.
Ca vole de plus en plus haut.
J'aime ce clientélisme municipal à visage découvert, franc, massif, bon enfant. Au moins, il ne le joue pas hypocrite ! La politique c'est un troc : vous votez pour moi et, en retour, je vous rends des services. Comme c'est mignon tout plein.
Ca vole de plus en plus haut.
Le bombardement stratégique pendant la Seconde Guerre Mondiale
Il se trouve que j'ai été amené, un peu par hasard, à lire plusieurs livres sur le sujet du bombardement stratégique pendant la Seconde Guerre Mondiale en Europe.
Le sujet est intéressant parce qu'il montre comment des gens intelligents peuvent s'enferrer dans une logique, qui, au final, se révèle absurde. On n'est pas loin des questions qui entourent les origines de la Première Guerre Mondiale : le même sentiment de mécanique infernale.
En 1917 et 1918, il y a quelques bombardements de grosses agglomérations et des paniques chez les civils. Ce qui donne naissance à deux idées voisines après la guerre :
• des bombardements de civils bien ciblés pourraient provoquer l'effondrement de l'ennemi à moindre coût, par rapport à l'horreur des tranchées.
• la guerre est devenue industrielle. En bombardant des industries-goulots, on pourrait l'écourter, là encore à moindre coût.
Cette idée de bombardement stratégique intéresse beaucoup les Anglais, les Américains et les Italiens, on lui donne le nom du général italien Douhet, le «douhetisme». Les Russes, les Français et les Allemands s'en détournent pour diverses raisons.
A cette doctrine, s'ajoute une analyse technique d'avant le radar. «The bomber will always come through» : «le bombardier passera toujours».
Dans le contexte des restrictions budgétaires des années 20 et 30, des groupes de fanatiques de cette théorie font campagne dans les pays cités. Ils se battent comme de beaux diables pour s'imposer et pour bâtir leur carrière sur cette idée.
Or, dès 1940, cette idée est morte, enterrée par l'épreuve du feu :
• les Anglais ont fort bien résisté au Blitz. Le moral des civils ne s'écroule pas sous les bombardements.
• le radar a été inventé. Le bombardier ne passe pas toujours.
Plutôt que d'abandonner cette idée démentie par la réalité, les Anglais et les Américains s'entêtent :
• le bombardement de jour n'étant plus possible, le radar guidant les défenseurs à distance de repérage à vue, les Anglais passent au bombardement de nuit. Comme la technique de l'époque ne permet pas le bombardement de précision de nuit, au lieu de bombarder les industries, on va bombarder les villes où vivent les ouvriers des industries. C'est une politique terroriste, au sens propre du terme : il s'agit de semer la terreur chez les civils de manière à ce qu'ils fuient les villes et leurs industries.
• bien que les Américains obtiennent des bombardements de jour moins précis qu'anticipés et beaucoup plus de pertes que prévues, ils continuent leur politique de bombardement diurne des industries par des bombardiers non escortés.
Le savoir rétrospectif confirme le peu d'efficacité militaire et industrielle (sauf sur un point sur lequel je reviendrai) de cette politique de bombardement qui a un coût énorme pour les Alliés (le Bomber Command, c'est un million d'hommes parmi les plus qualifiés et 55 000 morts). Alors, pourquoi continuer ?
• parce qu'à l'époque, on peut discuter du peu de résultats, on n'a pas encore les preuves d'après-guerre. Les partisans du bombardement stratégique exagèrent énormément leurs succès.
• parce qu'à la tête des Etats-Majors, il y a des gens qui se sont investis depuis 25 ans dans cette idée.
• parce que les Alliés peuvent se permettre ce gaspillage.
• parce qu'il faut faire quelque chose plutôt que rien et que, de 1942 à 1944, le bombardement stratégique est la seule manière d'attaquer l'Allemagne directement.
• enfin, cette idée exprimée notamment par Churchill : il faut punir les Allemands, leur faire passer à jamais le goût de la guerre.
C'est ainsi qu'une idée au rapport coût/efficacité plus que contestable et très douteuse moralement peut perdurer.
Néanmoins, à la guerre, nécessité fait loi :
• Churchill oblige, avec beaucoup de difficultés, «bomber» Harris à se concentrer momentanément sur la préparation du débarquement.
• les Américains, plus pragmatiques, pour ne pas dire plus intelligents, abandonnent dans les faits leur doctrine du bombardement stratégique à la fin 1943. Les bombardiers sont escortés. Les zélateurs du bombardement stratégique obtiennent des promotions qui les écartent et sont remplacés par des gens moins doctrinaires.
L'objectif américain unique devient : abattre la Luftwaffe. Bombarder les usines qui produisent des avions, bombarder les raffineries qui produisent de l'essence d'aviation, obliger les défenseurs à prendre l'air pour affronter les avions d'escorte, abattre des avions, tuer des pilotes.
Cette politique va, enfin, fonctionner.
Quelle morale en tirer ? Je ne sais : la guerre est une folie furieuse (parfois nécessaire), il est humain qu'il s'y prenne des décisions folles.
Le vrai bombardement stratégique qui réussit, c'est la bombe atomique plus le missile intercontinental. Mais c'est une autre histoire.
Le sujet est intéressant parce qu'il montre comment des gens intelligents peuvent s'enferrer dans une logique, qui, au final, se révèle absurde. On n'est pas loin des questions qui entourent les origines de la Première Guerre Mondiale : le même sentiment de mécanique infernale.
En 1917 et 1918, il y a quelques bombardements de grosses agglomérations et des paniques chez les civils. Ce qui donne naissance à deux idées voisines après la guerre :
• des bombardements de civils bien ciblés pourraient provoquer l'effondrement de l'ennemi à moindre coût, par rapport à l'horreur des tranchées.
• la guerre est devenue industrielle. En bombardant des industries-goulots, on pourrait l'écourter, là encore à moindre coût.
Cette idée de bombardement stratégique intéresse beaucoup les Anglais, les Américains et les Italiens, on lui donne le nom du général italien Douhet, le «douhetisme». Les Russes, les Français et les Allemands s'en détournent pour diverses raisons.
A cette doctrine, s'ajoute une analyse technique d'avant le radar. «The bomber will always come through» : «le bombardier passera toujours».
Dans le contexte des restrictions budgétaires des années 20 et 30, des groupes de fanatiques de cette théorie font campagne dans les pays cités. Ils se battent comme de beaux diables pour s'imposer et pour bâtir leur carrière sur cette idée.
Or, dès 1940, cette idée est morte, enterrée par l'épreuve du feu :
• les Anglais ont fort bien résisté au Blitz. Le moral des civils ne s'écroule pas sous les bombardements.
• le radar a été inventé. Le bombardier ne passe pas toujours.
Plutôt que d'abandonner cette idée démentie par la réalité, les Anglais et les Américains s'entêtent :
• le bombardement de jour n'étant plus possible, le radar guidant les défenseurs à distance de repérage à vue, les Anglais passent au bombardement de nuit. Comme la technique de l'époque ne permet pas le bombardement de précision de nuit, au lieu de bombarder les industries, on va bombarder les villes où vivent les ouvriers des industries. C'est une politique terroriste, au sens propre du terme : il s'agit de semer la terreur chez les civils de manière à ce qu'ils fuient les villes et leurs industries.
• bien que les Américains obtiennent des bombardements de jour moins précis qu'anticipés et beaucoup plus de pertes que prévues, ils continuent leur politique de bombardement diurne des industries par des bombardiers non escortés.
Le savoir rétrospectif confirme le peu d'efficacité militaire et industrielle (sauf sur un point sur lequel je reviendrai) de cette politique de bombardement qui a un coût énorme pour les Alliés (le Bomber Command, c'est un million d'hommes parmi les plus qualifiés et 55 000 morts). Alors, pourquoi continuer ?
• parce qu'à l'époque, on peut discuter du peu de résultats, on n'a pas encore les preuves d'après-guerre. Les partisans du bombardement stratégique exagèrent énormément leurs succès.
• parce qu'à la tête des Etats-Majors, il y a des gens qui se sont investis depuis 25 ans dans cette idée.
• parce que les Alliés peuvent se permettre ce gaspillage.
• parce qu'il faut faire quelque chose plutôt que rien et que, de 1942 à 1944, le bombardement stratégique est la seule manière d'attaquer l'Allemagne directement.
• enfin, cette idée exprimée notamment par Churchill : il faut punir les Allemands, leur faire passer à jamais le goût de la guerre.
C'est ainsi qu'une idée au rapport coût/efficacité plus que contestable et très douteuse moralement peut perdurer.
Néanmoins, à la guerre, nécessité fait loi :
• Churchill oblige, avec beaucoup de difficultés, «bomber» Harris à se concentrer momentanément sur la préparation du débarquement.
• les Américains, plus pragmatiques, pour ne pas dire plus intelligents, abandonnent dans les faits leur doctrine du bombardement stratégique à la fin 1943. Les bombardiers sont escortés. Les zélateurs du bombardement stratégique obtiennent des promotions qui les écartent et sont remplacés par des gens moins doctrinaires.
L'objectif américain unique devient : abattre la Luftwaffe. Bombarder les usines qui produisent des avions, bombarder les raffineries qui produisent de l'essence d'aviation, obliger les défenseurs à prendre l'air pour affronter les avions d'escorte, abattre des avions, tuer des pilotes.
Cette politique va, enfin, fonctionner.
Quelle morale en tirer ? Je ne sais : la guerre est une folie furieuse (parfois nécessaire), il est humain qu'il s'y prenne des décisions folles.
Le vrai bombardement stratégique qui réussit, c'est la bombe atomique plus le missile intercontinental. Mais c'est une autre histoire.
Olivier Berruyer sur l'Ukraine
Je suis rarement d'accord avec Olivier Berruyer, mais, pour le coup, je n'ai pas grand'chose à en dire. Probablement qu'il prend un peu trop pour argent comptant les chiffres de la propagande russe mais cela ne remet pas en question ses deux conclusions, que je partage :
• l'idéologie européiste et sa tentative d'extension indéfinie sont devenues les premiers facteurs de troubles géopolitiques en Europe. Pour tout un tas de raisons, tant internes qu'externes, les gouvernements européens devraient remettre les enfoirés de Bruxelles à leur place, ce sont des fous irresponsables.
Je trouve souvent que la realpolitik est à courte vue. Cependant, le messianisme européiste, qui fait fi des histoires et des cultures, me semble encore plus dangereux.
• un modus vivendi raisonnable doit être trouvé avec les Russes de manière à ce que l'Ukraine reste une zone tampon neutre.
jeudi, mars 20, 2014
Quelques articles pêle-mêle
1) Etre républicain, qu'est-ce que ça veut dire ?
Je trouve cet article un peu mou de genou. Car le fond de l'affaire, c'est l'équation «monarchie=droite =mal ; république=gauche=bien». Peu importe si ces mots sont vides. Les connotations suffisent.
C'est pourquoi tout homme politique prétendu de droite, même si c'est une femme et qu'elle s'appelle Le Pen, qui fait allégeance aux «valeurs républicaines» est déjà vaincu avant même que d'avoir commencé à se battre.
Des abrutis se baladent en parlant de kulturkampf mais n'y comprennent rien : le combat culturel commence par les mots. Quand on emploie les mots de l'ennemi, on a déjà perdu.
Pourquoi ne pas parler de «valeurs françaises» qui recouvrent le panache à la d'Artagnan, le coq qui chante les pieds dans le fumier et un certain universalisme.
Et puisqu'on parle de guerre des mots :
2) Francophonie : une "battle" perdue ?
Les imbéciles et les fayots truffent leurs discours d'anglicismes. Je mets un point d'honneur, proche du snobisme (anglicisme admis !), à parler le français le plus pur, même s'il arrive que je me loupe.
3) Mort du livre ou disparition des lecteurs ?
4) Voile islamique lors des sorties scolaires : un pas de plus vers le communautarisme
Le fond du problème, ce n'est pas la tarte à la crème de la laïcité. C'est que l'islam s'est construit en grande partie contre le christianisme. Laisser s'installer des millions de musulmans dans un vieux pays chrétien, c'est un suicide collectif.
Qu'on ferme les frontières à cette immigration et qu'on réaffirme nos valeurs chrétiennes, le problème est réglé.
Je trouve cet article un peu mou de genou. Car le fond de l'affaire, c'est l'équation «monarchie=droite =mal ; république=gauche=bien». Peu importe si ces mots sont vides. Les connotations suffisent.
C'est pourquoi tout homme politique prétendu de droite, même si c'est une femme et qu'elle s'appelle Le Pen, qui fait allégeance aux «valeurs républicaines» est déjà vaincu avant même que d'avoir commencé à se battre.
Des abrutis se baladent en parlant de kulturkampf mais n'y comprennent rien : le combat culturel commence par les mots. Quand on emploie les mots de l'ennemi, on a déjà perdu.
Pourquoi ne pas parler de «valeurs françaises» qui recouvrent le panache à la d'Artagnan, le coq qui chante les pieds dans le fumier et un certain universalisme.
Et puisqu'on parle de guerre des mots :
2) Francophonie : une "battle" perdue ?
Les imbéciles et les fayots truffent leurs discours d'anglicismes. Je mets un point d'honneur, proche du snobisme (anglicisme admis !), à parler le français le plus pur, même s'il arrive que je me loupe.
3) Mort du livre ou disparition des lecteurs ?
4) Voile islamique lors des sorties scolaires : un pas de plus vers le communautarisme
Le fond du problème, ce n'est pas la tarte à la crème de la laïcité. C'est que l'islam s'est construit en grande partie contre le christianisme. Laisser s'installer des millions de musulmans dans un vieux pays chrétien, c'est un suicide collectif.
Qu'on ferme les frontières à cette immigration et qu'on réaffirme nos valeurs chrétiennes, le problème est réglé.
«Aimer votre prochain comme vous-même et prenez exemple sur le bon Samaritain», ce n'est pas «Aimez l'Etat et payez vos impots»
Comme Vivien Hoch, je trouve qu'il y a chez certains catholiques français, notamment le clergé, une nette tendance à confondre christianisme et socialisme.
Dans cette vision, l'Etat ne serait qu'un intermédiaire neutre dans l'organisation de la charité chrétienne : l'Etat prélève et redistribue, tout va bien. Tout cela sur fond de discours anti-libéral à la Polony-Zemmour-Chevénement (ce qui est croquignolet quand on songe que les Français sont coincés entre leur Etat à 57 % du PIB et la technocratie bruxelloise. Ce n'est vraiment pas la surdose de liberté qui menace !).
Ces naïfs (je suis gentil) oublient un peu vite que la charité doit être personnelle et volontaire, alors que l'impôt est impersonnel et obligatoire. Détail, n'est-ce pas ?
Je sais bien que, du fait du «rendez à César ...», les chrétiens ont une assez nette tendance à être nuls en politique, mais à ce point ! Même l'anti-catholiscisme virulent du gouvernement actuel n'arrive pas à déciller les plus aveugles. Ils croient à un errement passager alors qu'il s'agit d'une cohérence fondamentale.
Quand on est con, on est con, même chrétien. Mais cela serait pas mal que ces gens finissent par se rappeler que personnalisme chrétien et libéralisme ont partie liée depuis quelques siècles déjà, alors que le socialisme a toujours été vu, à juste raison, comme un ennemi.
Dans cette vision, l'Etat ne serait qu'un intermédiaire neutre dans l'organisation de la charité chrétienne : l'Etat prélève et redistribue, tout va bien. Tout cela sur fond de discours anti-libéral à la Polony-Zemmour-Chevénement (ce qui est croquignolet quand on songe que les Français sont coincés entre leur Etat à 57 % du PIB et la technocratie bruxelloise. Ce n'est vraiment pas la surdose de liberté qui menace !).
Ces naïfs (je suis gentil) oublient un peu vite que la charité doit être personnelle et volontaire, alors que l'impôt est impersonnel et obligatoire. Détail, n'est-ce pas ?
Je sais bien que, du fait du «rendez à César ...», les chrétiens ont une assez nette tendance à être nuls en politique, mais à ce point ! Même l'anti-catholiscisme virulent du gouvernement actuel n'arrive pas à déciller les plus aveugles. Ils croient à un errement passager alors qu'il s'agit d'une cohérence fondamentale.
Quand on est con, on est con, même chrétien. Mais cela serait pas mal que ces gens finissent par se rappeler que personnalisme chrétien et libéralisme ont partie liée depuis quelques siècles déjà, alors que le socialisme a toujours été vu, à juste raison, comme un ennemi.
Libellés :
Catholicisme,
Christianophobie socialiste
mercredi, mars 19, 2014
L'excès d'indignation nuit à l'indignation
Un député socialiste traite Nicolas Sarkozy de "racaille d'Etat" parce qu'il dit dans une conversation privée que les juges qui le poursuivent sont des bâtards.
De qui se moque-t-on ? Clemenceau était bien plus virulent que Sarkozy, et en public et par écrit.
Cette sensibilité de rosière siérait mieux aux socialistes s'ils n'avaient passé une décennie sans un jour où ils n'ont pas insulté Sarkozy.
On comprend parfaitement la manœuvre, ils espèrent, toujours avec la complicité de la presse, reproduire leur coup de 2012 : prendre les Français pour des cons et refaire de l'anti-sarkozysme primaire leur unique argument.
Le pari me semble risqué mais ils ont peut-être raison : les Français sont réellement très cons.
De qui se moque-t-on ? Clemenceau était bien plus virulent que Sarkozy, et en public et par écrit.
Cette sensibilité de rosière siérait mieux aux socialistes s'ils n'avaient passé une décennie sans un jour où ils n'ont pas insulté Sarkozy.
On comprend parfaitement la manœuvre, ils espèrent, toujours avec la complicité de la presse, reproduire leur coup de 2012 : prendre les Français pour des cons et refaire de l'anti-sarkozysme primaire leur unique argument.
Le pari me semble risqué mais ils ont peut-être raison : les Français sont réellement très cons.
mardi, mars 18, 2014
Une scène hideuse
Une scène hideuse
Par Maxime Tandonnet
Scène hideuse, mais rigoureusement authentique. Hier, soir, l'une de mes amies en était encore bouleversée. Médecin, elle circulait dans Paris pour aller soigner un patient. Manque de chance, sa plaque d'immatriculation se terminait par un numéro pair et elle se trouvait donc en infraction avec la règle de la "circulation alternée" contre la pollution. Soudain, un petit bonhomme en vélo se lance à sa poursuite, jaillit devant elle et bloque son véhicule. Un autre vélo le rejoint. Tous deux l'empêchent de repartir, l'agonisent d'injure. Apercevant une patrouille de policiers, ils hèlent les fonctionnaires en montrant du doigt la plaque d'immatriculation de ma copine en infraction. Celle-ci portant un caducée sur son pare-brise, elle s'est expliquée et n'a pas été verbalisée. On imagine bien la mentalité de ses délateurs: bobos parisiens, probablement (mais pas sûr) électeurs écologistes du premier tour et socialistes au second, ultra bien-pensants, haïssant de toutes leurs tripes la "droite" et sa politique "fasciste". Et puis, on ne peut pas s'empêcher de se demander face à ce genre de comportement: en d'autres temps et d'autres circonstances, qui auraient-ils dénoncé?... La politique se montre en ce moment sous ses pires aspects, mais la société civile, ou une partie d'entre elle, n'est pas beaucoup moins vicieuse.
****************
Mon commentaire :
Je suis partisan de plus du jugement social, moins de laxisme moral, de plus de «il y a ce qui se fait et ce qui ne se fait pas».
Mais ce n'est pas de cela qu'il s'agit ici.
Le jugement social, c'est une bonne explication de gravure entre adultes, pas l'appel à la police. Et, peut-être que deux pauvres connards de cyclistes peuvent comprendre qu'un médecin se déplace en voiture.
Je suis comme Maxime Tandonnet : le recours à la police me semble fort inquiétant. Le comportement à la fois infantile et inquisiteur d'imbéciles dangereux.
On voit où quarante ans de destruction de la société par l'étatisme et de bourrage de crâne bien-pensant nous mènent.
Par Maxime Tandonnet
Scène hideuse, mais rigoureusement authentique. Hier, soir, l'une de mes amies en était encore bouleversée. Médecin, elle circulait dans Paris pour aller soigner un patient. Manque de chance, sa plaque d'immatriculation se terminait par un numéro pair et elle se trouvait donc en infraction avec la règle de la "circulation alternée" contre la pollution. Soudain, un petit bonhomme en vélo se lance à sa poursuite, jaillit devant elle et bloque son véhicule. Un autre vélo le rejoint. Tous deux l'empêchent de repartir, l'agonisent d'injure. Apercevant une patrouille de policiers, ils hèlent les fonctionnaires en montrant du doigt la plaque d'immatriculation de ma copine en infraction. Celle-ci portant un caducée sur son pare-brise, elle s'est expliquée et n'a pas été verbalisée. On imagine bien la mentalité de ses délateurs: bobos parisiens, probablement (mais pas sûr) électeurs écologistes du premier tour et socialistes au second, ultra bien-pensants, haïssant de toutes leurs tripes la "droite" et sa politique "fasciste". Et puis, on ne peut pas s'empêcher de se demander face à ce genre de comportement: en d'autres temps et d'autres circonstances, qui auraient-ils dénoncé?... La politique se montre en ce moment sous ses pires aspects, mais la société civile, ou une partie d'entre elle, n'est pas beaucoup moins vicieuse.
****************
Mon commentaire :
Je suis partisan de plus du jugement social, moins de laxisme moral, de plus de «il y a ce qui se fait et ce qui ne se fait pas».
Mais ce n'est pas de cela qu'il s'agit ici.
Le jugement social, c'est une bonne explication de gravure entre adultes, pas l'appel à la police. Et, peut-être que deux pauvres connards de cyclistes peuvent comprendre qu'un médecin se déplace en voiture.
Je suis comme Maxime Tandonnet : le recours à la police me semble fort inquiétant. Le comportement à la fois infantile et inquisiteur d'imbéciles dangereux.
On voit où quarante ans de destruction de la société par l'étatisme et de bourrage de crâne bien-pensant nous mènent.
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lundi, mars 17, 2014
Pourquoi les jeunes délaissent les sciences
Pourquoi les jeunes délaissent les sciences
Cet article des Echos est très superficiel.
Expliquer la défaveur des sciences en Occident par le manque d'informations est naïf, voire idiot. D'ailleurs, cette hypothèse n'explique pas, symétriquement, pourquoi les sciences sont en faveur dans les pays en développement. L'information y est-elle meilleure ?
La vraie raison de cet abandon est beaucoup plus profonde : les valeurs et les mécanismes de la pensée scientifique sont en opposition complète avec ce qui est à la mode dans nos sociétés décadentes.
A l'optimisme du chercheur, s'oppose l'humeur noire d'une société mourante qui cède à l'obscurantisme ; au goût de la vérité, le relativisme érigé en valeur suprême ; à la rigueur intellectuelle, la suprématie de l'opinion vaseuse ; à l'effort, l'attirance pour la facilité ; à la règle d'airain de la démonstration, la préférence pour le bavardage...
Pas étonnant que nos jeunes se détournent d'un monde qui leur est si complètement étranger.
Cet article des Echos est très superficiel.
Expliquer la défaveur des sciences en Occident par le manque d'informations est naïf, voire idiot. D'ailleurs, cette hypothèse n'explique pas, symétriquement, pourquoi les sciences sont en faveur dans les pays en développement. L'information y est-elle meilleure ?
La vraie raison de cet abandon est beaucoup plus profonde : les valeurs et les mécanismes de la pensée scientifique sont en opposition complète avec ce qui est à la mode dans nos sociétés décadentes.
A l'optimisme du chercheur, s'oppose l'humeur noire d'une société mourante qui cède à l'obscurantisme ; au goût de la vérité, le relativisme érigé en valeur suprême ; à la rigueur intellectuelle, la suprématie de l'opinion vaseuse ; à l'effort, l'attirance pour la facilité ; à la règle d'airain de la démonstration, la préférence pour le bavardage...
Pas étonnant que nos jeunes se détournent d'un monde qui leur est si complètement étranger.
Libye : à quand le procès de Bernard-Henri Lévy et de Nicolas Sarkozy ?
J'attends avec impatience le tribunal pénal international qui fera un procès à Nicolas Sarkozy et à Bernard-Henri Lévy pour l'éclatement de la Libye, le chaos, l'anarchie et la guerre civile qui s'en suivent.
Bien sûr, je sais que cela n'arrivera pas. Et pourtant, cela serait mérité.
J'ai une opinion mitigée de Nicolas Sarkozy, ni admirateur invétéré ni ennemi farouche, mais je pense que sa politique libyenne est une bourde gigantesque qui s'apparente à un crime.
Notons que François Hollande est capable des mêmes conneries : il n'a pas tenu à sa volonté de ne pas les répéter en Syrie, mais à l'intervention russe et au manque de soutien américain.
François Hollande et Nicolas Sarkozy ont un point commun. Qu'est leur métier, leur domaine d'expertise ? Le truc dont personne ne doute qu'ils y ont un savoir-faire, une opinion personnelle, un avis ? C'est l'électoralisme.
Pour le reste, ils sont des terrains vierges sur lequel s'opposent des conseillers et, avec un peu de chance, un avis pas trop débile l'emporte. Mais si, par malheur, un conseiller illuminé prend l'ascendant, ils n'ont guère de freins intérieurs, étant incultes et n'ayant réfléchi à rien en dehors de «comment me faire élire ?», pour les empêcher de prendre des décisions absurdes.
Ca fout les jetons.
Bien sûr, je sais que cela n'arrivera pas. Et pourtant, cela serait mérité.
J'ai une opinion mitigée de Nicolas Sarkozy, ni admirateur invétéré ni ennemi farouche, mais je pense que sa politique libyenne est une bourde gigantesque qui s'apparente à un crime.
Notons que François Hollande est capable des mêmes conneries : il n'a pas tenu à sa volonté de ne pas les répéter en Syrie, mais à l'intervention russe et au manque de soutien américain.
François Hollande et Nicolas Sarkozy ont un point commun. Qu'est leur métier, leur domaine d'expertise ? Le truc dont personne ne doute qu'ils y ont un savoir-faire, une opinion personnelle, un avis ? C'est l'électoralisme.
Pour le reste, ils sont des terrains vierges sur lequel s'opposent des conseillers et, avec un peu de chance, un avis pas trop débile l'emporte. Mais si, par malheur, un conseiller illuminé prend l'ascendant, ils n'ont guère de freins intérieurs, étant incultes et n'ayant réfléchi à rien en dehors de «comment me faire élire ?», pour les empêcher de prendre des décisions absurdes.
Ca fout les jetons.
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Ivan Rioufol à propos de la circulation alternée à Paris
Circulation alternée : inefficace et contraignant
Ce lundi matin, l’air était frais et limpide sur Paris. Pourtant, à midi, 4000 contraventions avaient déjà été dressées par les 700 policiers mobilisés pour faire respecter la circulation alternée, afin de lutter contre la pollution… de la semaine dernière. "Il y aura toujours des grincheux", a commenté la ministre de la Santé, Marisol Touraine, sur RTL. Eh bien soit ! Je veux bien être de ces grincheux qui estiment absurde d’imposer une mesure de réduction des gaz d’échappement alors même que les vents les ont évacués depuis dimanche et qu’une "nette amélioration" est confirmée pour mardi. Je vois dans ce brassage d’air gouvernemental une poussive mise en scène d’un volontarisme politique, en l’occurrence inefficace et inutilement contraignant pour les automobilistes. Cette tardive répétition générale, décidée dans l’improvisation par un pouvoir cédant à la pression des Verts, relève d’un enfumage plus pénible encore que le brouillard qui entourait la semaine dernière la Tour Eiffel : une fois de plus, le paisible usager redevient la cible d’un pouvoir en perte d’autorité. Ce lundi, le premier syndicat des gardiens de la paix (Unité-SGP) s’alarme, lui, de la multiplication des violences visant les policiers, singulièrement ces trois derniers jours. La nuit dernière encore, six policiers ont été blessés par des voyous à Chanteloup-les-Vignes (Yvelines). "Bizarrement, ça n’a pas l’air d’émouvoir grand monde", remarque le porte-parole de ce syndicat. Comme c’est curieux…
Les échéances municipales (premier tour ce dimanche) ne sont évidemment pas étrangères à ces affolements politiques, à cette agitation médiatique et à ces moulinets d’indignations. Les déclamations soulignent les incohérences de la municipalité parisienne sortante, qui a lancé le Velib (une bonne chose) mais qui ne s’est pas opposée au renouvellement, début 2014, de 320 bus avec moteurs diesel. Etant moi-même adepte du vélo à Paris depuis longtemps (je n’ai pas attendu Bertrand Delanoë), je peux témoigner de l’extrême toxicité des gaz rejetés par ces transports en commun. Il est aberrant qu’un tel parc vienne d’être renouvelé à l’identique. Ce lundi, Anne Hidalgo a promis "d’éradiquer le diesel Paris" et de "faire le pari de la voiture électrique" si elle était élue. Il serait temps, en effet, de lancer sérieusement une telle politique. Mais il est permis de douter de cette gauche si liée aux Verts. Ce sont les écologistes allemands qui ont convaincu Angela Merkel de se retirer du nucléaire pour exploiter à nouveau les centrales à charbon. Or ce sont leurs rejets qui traversent les frontières jusqu’à atteindre Paris. Le recours au gaz de schiste, que s’interdit le gouvernement au nom d'un dogme écolo qu'il a fait sien, éviterait également ces inconvénients. Il est grand temps de changer d’air...
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lubies et fariboles écolos,
Rioufol
dimanche, mars 16, 2014
Régression de la liberté
Il me semble que j'ai déjà publié ces videos. Je ne m'attache pas au fond du propos, mais à la forme (mais qui traduit aussi un fond intellectuel) : on a du mal aujourd'hui d'imaginer un débat «nauséabond» posé aussi poliment, aussi calmement.
A ma connaissance, il n'y a que chez Taddéi qu'il y a encore qu'on trouve encore ce respect :
A ma connaissance, il n'y a que chez Taddéi qu'il y a encore qu'on trouve encore ce respect :
François Delpla sur Monuments Men et autres navets
François Delpla sur Monuments Men et autres navets
François Delpla est un gauchiste mais je le respecte en tant qu'historien.
Dans l'alternative «on ne peut pas être de gauche, intelligent et honnête», il n'y a aucun doute qu'il est intelligent. Mais il a cette virtuosité intellectuelle des bons élèves français.
Il a toujours réponse à tout, à la manière des sophistes : l'adversaire admet sa défaite mais n'est pas convaincu, il sent qu'il y a quelque chose qui cloche, qu'il s'est fait avoir.
A mon avis, François n'a pas assez démonté de moteurs : face à un moteur en panne, soit on trouve la panne, soit on ne la trouve pas. Les arguments les plus subtiles, les pirouettes intellectuelles les plus prodigieuses, ne prévalent pas. Je ne cite pas cette ordalie mécanique par hasard : les deux seul hommes que je connaisse dont je ne suis pas loin de considérer qu'ils ont toujours raison (soit ils savent, soit ils se taisent et écoutent) sont, pour l'un, un mécanicien exceptionnel et, pour l'autre, un mécanicien tout à fait présentable (bien que normalien :-).
Mais, je me rassure, la voix de François ne pèse pas dans l'urne plus que la mienne.
Cependant, François est un historien tout à fait intéressant et novateur.
François Delpla est un gauchiste mais je le respecte en tant qu'historien.
Dans l'alternative «on ne peut pas être de gauche, intelligent et honnête», il n'y a aucun doute qu'il est intelligent. Mais il a cette virtuosité intellectuelle des bons élèves français.
Il a toujours réponse à tout, à la manière des sophistes : l'adversaire admet sa défaite mais n'est pas convaincu, il sent qu'il y a quelque chose qui cloche, qu'il s'est fait avoir.
A mon avis, François n'a pas assez démonté de moteurs : face à un moteur en panne, soit on trouve la panne, soit on ne la trouve pas. Les arguments les plus subtiles, les pirouettes intellectuelles les plus prodigieuses, ne prévalent pas. Je ne cite pas cette ordalie mécanique par hasard : les deux seul hommes que je connaisse dont je ne suis pas loin de considérer qu'ils ont toujours raison (soit ils savent, soit ils se taisent et écoutent) sont, pour l'un, un mécanicien exceptionnel et, pour l'autre, un mécanicien tout à fait présentable (bien que normalien :-).
Mais, je me rassure, la voix de François ne pèse pas dans l'urne plus que la mienne.
Cependant, François est un historien tout à fait intéressant et novateur.
Esclavage et familles décomposées
Why our grandchildren will say we were as evil as slave-owners
Je suis rarement d'accord avec Peter Hitchens à 100 %. C'est encore le cas.
Je n'ai pas la position de Christiane Taubira sur ces questions, ne serait-ce que parce que je ne confonds pas esclavage et colonisation. Mais je reconnais que l'esclavage est un crime abominable (tous les les esclavages, pas seulement celui qui permet de condamner les Blancs).
Je tombe d'accord avec Hitchens que nos comportements familiaux actuels s'apparentent à des crimes : je redoute que la combinaison des avortements, des familles éclatés, des vieux abandonnés et des enfants-rois (qui est une forme de maltraitance (1)) provoque sur nos personnes des jugements extrêmement sévères de nos descendants.
Nous ne sommes pas tendres pour les Romains et les Grecs de la décadence. Est-ce que nous méritons plus d'indulgence ?
***********
(1) : la mission des parents est d'éduquer les enfants, c'est-à-dire de les préparer à affronter la vie d'adulte. Les traiter comme des rois, c'est fuir cette mission. Bien souvent, c'est une lâche manière de compenser l'éclatement de la famille : les parents, en courant égoïstement après leurs pulsions, privent les enfants d'une famille stable et les couvrent de cadeaux et de faux droits pour compenser ce qu'il est impossible de compenser. S'ils assumaient la situation, ils seraient d'autant plus rigoureux et sévères avec leurs enfants, pour leur donner un cadre et une stabilité, malgré l'éclatement de la famille.
L'autre cas, ce sont les familles constituées non plus d'un père et d'une mère, mais d'une mère et d'une mère-bis. J'ai même vu un gosse s'inventer des barrières lui-même tellement son père lui en mettait peu. Le rôle du père n'est pas si difficile, à condition qu'il soit reconnu et soutenu par la mère. C'est souvent là que le bât blesse : la mère se comporte comme la propriétaire des enfants et le père court démagogiquement derrière.
Avant, le père recevait une aide précieuse de la société. Maintenant, elle l'empêche. C'est cela aussi, la décadence, l'exaltation des vertus femelles au détriment des mâles.
Je suis rarement d'accord avec Peter Hitchens à 100 %. C'est encore le cas.
Je n'ai pas la position de Christiane Taubira sur ces questions, ne serait-ce que parce que je ne confonds pas esclavage et colonisation. Mais je reconnais que l'esclavage est un crime abominable (tous les les esclavages, pas seulement celui qui permet de condamner les Blancs).
Je tombe d'accord avec Hitchens que nos comportements familiaux actuels s'apparentent à des crimes : je redoute que la combinaison des avortements, des familles éclatés, des vieux abandonnés et des enfants-rois (qui est une forme de maltraitance (1)) provoque sur nos personnes des jugements extrêmement sévères de nos descendants.
Nous ne sommes pas tendres pour les Romains et les Grecs de la décadence. Est-ce que nous méritons plus d'indulgence ?
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(1) : la mission des parents est d'éduquer les enfants, c'est-à-dire de les préparer à affronter la vie d'adulte. Les traiter comme des rois, c'est fuir cette mission. Bien souvent, c'est une lâche manière de compenser l'éclatement de la famille : les parents, en courant égoïstement après leurs pulsions, privent les enfants d'une famille stable et les couvrent de cadeaux et de faux droits pour compenser ce qu'il est impossible de compenser. S'ils assumaient la situation, ils seraient d'autant plus rigoureux et sévères avec leurs enfants, pour leur donner un cadre et une stabilité, malgré l'éclatement de la famille.
L'autre cas, ce sont les familles constituées non plus d'un père et d'une mère, mais d'une mère et d'une mère-bis. J'ai même vu un gosse s'inventer des barrières lui-même tellement son père lui en mettait peu. Le rôle du père n'est pas si difficile, à condition qu'il soit reconnu et soutenu par la mère. C'est souvent là que le bât blesse : la mère se comporte comme la propriétaire des enfants et le père court démagogiquement derrière.
Avant, le père recevait une aide précieuse de la société. Maintenant, elle l'empêche. C'est cela aussi, la décadence, l'exaltation des vertus femelles au détriment des mâles.
samedi, mars 15, 2014
Un singe en hiver (Théâtre de Paris)
Des décors et un jeu de scène excellents. De bons seconds rôles. Une adaptation pas trop mauvaise même si elle manque un peu de nerfs.
En revanche, Eddy Mitchell en M. Quentin ... Par moments, il donnait l'impression de réciter son texte. Malaise.
Quelle idée de s'attaquer à tel monument. Courage ou témérité ? Pour l'instant, témérité.
Allez, un petit dernier pour la route :
En revanche, Eddy Mitchell en M. Quentin ... Par moments, il donnait l'impression de réciter son texte. Malaise.
Quelle idée de s'attaquer à tel monument. Courage ou témérité ? Pour l'instant, témérité.
Allez, un petit dernier pour la route :
Pour excuser Aymeric Caron
Aymeric Caron est cette caricature de bobo qui sévit chez Ruquier.
Il cumule les tares du gauchiste : grossier, malhonnête, méprisant et vaniteux. Mon plus gros reproche est la grossièreté : on peut exprimer son désaccord autrement qu'en interrompant sans cesse son interlocuteur et en l'accusant sans arrêt d'arrières-pensées malsaines.
Il n'est donc pas étonnant qu'il soit une cible de choix pour les conservateurs.
Cependant, il n'a pas la tâche facile. L'hégémonie intellectuelle et morale de la gauche sur la vie publique en Europe, spécialement en France, a quarante ans. Disons, pour fixer les idées, depuis qu'un candidat prétendument de droite, Valéry Giscard d'Estaing, a passé sa présidence à donner des gages à la gauche.
Quarante ans, c'est un temps largement suffisant pour juger les résultats. Or, ils ne sont pas bons. On peut pinailler les indicateurs, mais il est difficile de démontrer que la France va mieux et que les Français sont plus heureux en 2014 qu'en 1974.
Il est donc impossible de défendre une position gauchiste de bonne foi dans un débat posé et rationnel.
Il reste donc, pour les gens qui ne sont pas assez honnêtes pour constater l'échec du gauchisme et l'abandonner, la mauvaise foi et le pourrissement du débat. Nos ministres actuels s'y attendent à merveille.
L'aphorisme «On peut être socialiste et honnête, on peut être socialiste et intelligent, mais on ne peut pas être socialiste, intelligent et honnête» est plus vrai que jamais.
L'exploit d'Aymeric Caron est qu'il réussit à cumuler : socialiste, malhonnête et idiot.
Il cumule les tares du gauchiste : grossier, malhonnête, méprisant et vaniteux. Mon plus gros reproche est la grossièreté : on peut exprimer son désaccord autrement qu'en interrompant sans cesse son interlocuteur et en l'accusant sans arrêt d'arrières-pensées malsaines.
Il n'est donc pas étonnant qu'il soit une cible de choix pour les conservateurs.
Cependant, il n'a pas la tâche facile. L'hégémonie intellectuelle et morale de la gauche sur la vie publique en Europe, spécialement en France, a quarante ans. Disons, pour fixer les idées, depuis qu'un candidat prétendument de droite, Valéry Giscard d'Estaing, a passé sa présidence à donner des gages à la gauche.
Quarante ans, c'est un temps largement suffisant pour juger les résultats. Or, ils ne sont pas bons. On peut pinailler les indicateurs, mais il est difficile de démontrer que la France va mieux et que les Français sont plus heureux en 2014 qu'en 1974.
Il est donc impossible de défendre une position gauchiste de bonne foi dans un débat posé et rationnel.
Il reste donc, pour les gens qui ne sont pas assez honnêtes pour constater l'échec du gauchisme et l'abandonner, la mauvaise foi et le pourrissement du débat. Nos ministres actuels s'y attendent à merveille.
L'aphorisme «On peut être socialiste et honnête, on peut être socialiste et intelligent, mais on ne peut pas être socialiste, intelligent et honnête» est plus vrai que jamais.
L'exploit d'Aymeric Caron est qu'il réussit à cumuler : socialiste, malhonnête et idiot.
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