mardi, novembre 17, 2015

Dans le moyeu de nos guerres

J'ai déjà abordé ce sujet. Il faut pourtant y revenir.

Montaigne vivait au temps des guerres de religion, «dans le moyeu de nos guerres». Il a eu un petit rôle politique, maire de Bordeaux (les maires de Bordeaux devraient toujours se contenter d'un petit rôle) et intermédiaire officieux entre Henri III et son successeur. Il a aussi un peu bataillé. Comme il l'écrit, il a conquis quelques poulaillers, affaires où l'on ne risquait pas moins sa vie qu'ailleurs.

Que peut-on tirer de ses Esssais ?

La première leçon est que la guerre civile fatigue, use, éreinte, car jamais l'esprit n'est en repos. Il n'y a pas de zone arrière, pas de camp ami. N'importe où et à n'importe quel moment, le voisin inconnu peut se révéler un ennemi mortel. Montaigne a résolu le problème en se retirant des affaires et en se réfugiant dans sa tour. Pourtant, même là, il lui est arrivé d'évoquer la ruine de son domaine, signe qu'il ne s'y sentait pas encore tout à fait en sécurité.

La deuxième leçon : l'Etat, l'Etat, l'Etat. Pas l'Etat-mamma, l'Etat régalien, l'Etat souverain, celui qui fait régner l'ordre. Cet ordre, seul, permet la liberté. L'Etat, qui fait que le pays est en paix au-dedans et respecté au-dehors, suivant le mot de Raymond Aron. Henri IV («Il n'y a pas pire calamité que la perte de l'Etat») et Montaigne («Le bien public requiert qu'on mente, qu'on tue et qu'on massacre») étaient d'accord, pour avoir vécu le drame de la déliquescence de l'Etat.

De l'histoire, je tire une troisième leçon, qui n'est pas dans Montaigne, ou alors en filigrane : les guerres de religion ne sont jamais purement religieuses, il s'y mêle des considérations politiques plus ou moins déguisées. Néanmoins, la religion est un moteur très puissant, ces guerres ne cessent qu'après la claire victoire d'un des combattants, qui peut alors se montrer plus tolérant, mais pas avant. Il est illusoire d'espérer arriver à une solution raisonnable autre que la victoire de l'un et la défaite de l'autre.

C'est parce que le catholicisme était clairement vainqueur que l'Edit de Nantes a pu exister. Et c'est pour ne pas l'avoir compris, pour avoir pris la tolérance pour de la faiblesse, que les protestants ont été écrasés à La Rochelle.

Certains aujourd'hui veulent sauter l'étape de la guerre et passer directement à l'étape finale, la tolérance. Je suis d'accord, cela serait tellement plus agréable. Hélas, ce n'est pas de cette façon que fonctionne le monde, que vivent les hommes.

D'abord, la guerre et le sang. Ensuite, la victoire. Seulement après, l'apaisement.



Djihadistes et mafieux

Ce coup-ci, je n'ai pas beaucoup entendu le lâche «ce sont des fous», qui permet de se défausser au transformant un problème politico-religieux collectif en un problème psychiatrique individuel. Signe, d'une faible, mais tout de même  bienvenue, prise de conscience.

Pour ceux que la psychologie du djihadiste intéresse, un article qui fait un parallèle éclairant entre le djihadiste et le mafieux. Il faut dire que l'exemple vient de loin, Mahomet étant un genre de capo di tutti capi.

Derrière la figure du djihadiste, celle du mafieux

Un article plus banal, qui latte les colabos genre Plenel et Joffrin :


Oui, nous sommes en guerre : en finir avec les fantasmologues

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On sent déjà poindre l'idée qu'il faut utiliser le mot guerre avec prudence… C'est intellectuellement juste. Mais politiquement faux… Allons brutalement au but. La guerre, c'est la soumission de la volonté de l'adversaire, la fin du dialogue, de l'argumentation. La guerre c'est la contrainte. Elle n'est pas forcément physique.

Toutefois, elle signifie que l'heure de l'échange poli et de la négociation patiente est passée. Alors oui, nous sommes en guerre ! Car il s'agit maintenant d'aller au bout de nos valeurs. Certes, il convient d'accroître notre lutte contre l'Etat islamique en Syrie (ce qui implique des moyens supplémentaires). Mais il faut d'abord et avant tout mettre nos esprits en ordre de bataille… c'est-à-dire sortir de la culture de l'excuse qui pose systématiquement l'idée que la violence exprime un mal être, une injustice, une oppression. Ce que Philippe Val appelle aussi le sociologisme.

En France, le salafisme djihadiste ne peut plus être considéré comme le produit d'inégalités socio-économiques ou comme le résultat d'une xénophobie quelconque. Arrêtons cette confusion mentale et éthique qui conduit certains à faire passer des bourreaux pour des victimes, des barbares pour des dominés. Les services de sécurité et de renseignement, l'ensemble de notre appareil de défense, les hommes et les femmes qui se battent pour protéger la France, à l'intérieur comme à l'extérieur de nos frontières, ne pourront jamais compenser avec des moyens matériels (dont ils ont néanmoins besoin) ce déficit de rigueur intellectuelle.
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Georges Bensoussan : «Nous payons les dénis successifs de réalité »

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L'oubli des matrices culturelles, comme l'idée que l'humanité tout entière partagerait les mêmes valeurs, relève d'une pieuse illusion. Ne pas comprendre, par exemple, la mystique du sacrifice (shahid) dans l'islam, c'est se refuser d'entendre pourquoi des hommes jeunes cherchent à assassiner un maximum d'hommes et de femmes tout aussi jeunes qu'eux (parlant la même langue, et nés sur le même sol), avant de se faire exploser. Ce ne sont pas là des «gestes fous», ce sont des gestes qui relèvent d'un autre univers mental et culturel.

La question des responsabilités mettra un jour en lumière les dénis successifs de réalité. Si l'émotion qui accompagne ce carnage n'ouvre pas du côté des élites politiques, intellectuelles et médiatiques sur une parole vraie et un peu plus courageuse qu'à l'ordinaire, et qui mette en accusation l'islam radical qui détourne une partie de la jeunesse française pour en faire un «ennemi de l'intérieur», alors il faudra se souvenir de ce mot de Bossuet dans un sermon de 1662: «Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets des maux dont ils chérissent les causes.»

«Comment en sommes-nous arrivés là?» demandiez-vous. C'est aux tenants du déni de réalité qu'il faudra demain poser la question, aux responsables du paternalisme néocolonial qui a réduit les Français d'origine étrangère à leurs racines, et les a infantilisés par une culture de l'excuse qui, in fine, leur signifiait qu'ils n'étaient pas des égaux. Alors, passée l'«étrange défaite», commencera peut-être le temps de l'analyse.
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 Enfin, le camarade Zemmour :



Attentats à Paris : "François Hollande craint... par rtl-fr

Nota : certains n'ont pas apprécié le «bombarder Moelenbeek». Cela prouve bien qu'on est cerné par les cons : niveaux de langage et figures de rhétorique, c'est trop subtil pour beaucoup de nos contemporains.







lundi, novembre 16, 2015

Comment la Belgique est-elle devenue le sanctuaire du désastre ?

Comment la Belgique est-elle devenue le sanctuaire du désastre ?

Article fort intéressant et qui montre que les hommes ont des racines et des histoires, qu'ils ne sont pas des zombies interchangeables.


Hollande, démission ! (2)

Une excellente question d'Eric Verhaeghe :

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La guerre contre la majorité

Une fois de plus, la réaction de François Hollande touche la majorité : l’état d’urgence remet en cause les libertés de tous les Français. En revanche, il ne semble pas vouloir s’intéresser aux groupes spécifiques qui servent de terreau au terrorisme. Rien sur la montée de l’islamisme. Rien sur le rappel aux règles dans les quartiers où la haine du pays se transforme en doctrine officielle. Rien sur cette France des faubourgs qui remue aujourd’hui.

Le souci de François Hollande est-il de contrôler le pays, gens honnêtes compris, ou de gagner la guerre qui s’engage ?
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Question que j'ai déjà soulevée avant même les attentats : Tabous et tabous.

Je persiste à penser que l'Etat, tel qu'il fonctionne aujourd'hui, est le pire ennemi de la France. Spécialement avec des Hollande, des Taubira, des Valls, des Vallaud, à sa tête.

Roland Hureaux, dans cette fausse lettre de François Hollande aux djihadistes est encore plus saignant que moi :

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Oui, la France a indirectement apporté beaucoup plus d'aide qu'on ne le croit aux djihadistes par sa politique en Syrie. Voici ce que le président de la République François Hollande pourrait presque écrire à l'Etat islamique.

LETTRE DE FRANCOIS HOLLANDE AUX DJIHADISTES

         Messieurs les djihadistes,

Permettez moi de vous le dire. Vous y êtes allés un peu fort.

Non,  je ne méritais pas cela, la France ne méritait pas cela.

Après les attentats que vous avez organisés  à Paris ce 13 novembre  au soir, vous avez clamé victoire sur les "croisés" que nous serions.

Vous nous faites injure. La France est une république laïque  qui ne veut avoir rien en commun avec ces gens là. Nous avons renié nos racines chrétiennes : vous comprendrez que nous ne pouvons pas nous voir  appelés croisés sans déplaisir.

D'ailleurs les croisés , les vrais, combattaient les musulmans et protégeaient les chrétiens.

Or, nous,   depuis le début de la guerre en Syrie en 2011, non seulement nous ne protégeons pas les chrétiens, mais nous aidons ceux qui les massacrent. Ne prenez pas trop au sérieux tel ou tel ministre que nos avons dépêché dans les camps chrétiens d'Irak : c'est  d'abord  à usage interne.

Vous le  savez, les gouvenrment français vous ont aidés  depuis quatre ans autant qu'ils l'ont  pu . 

Ayant  réduit année après année, notre budget militaire , comprenez que je ne pouvais pas faire beaucoup plus.  Nous vous avons  néanmoins   envoyé beaucoup d' armes,  y compris létales, et d'autant plus volontiers  que c'étaient nos amis communs de la péninsule arabique, le  roi d'Arabie, l'émir du Qatar  et  les autres émirs qui payaient. Et rubis sur l'ongle.

On a beau être le successeur de Jaurès, il y a de petits bénéfices sur  lesquels nous ne crachons pas, même si ça fait un peu durer la guerre.

Comme certaines de ces armes que nos livrions  étaient assez sophistiquées, nous vous avons envoyé des instructeurs, dont plusieurs anciens légionnaires. Quelques dizaines ont même  été faits prisonniers à  vos côtés quand les    troupes de Bachar el Assad ( honni soit-il !) ont assiégé puis repris la ville de Homs. C'était il est vrai du temps de  mon prédécesseur. Mais aussitôt arrivé au pouvoir, j'ai tâché, vous les avez, de faire  encore mieux que lui.

Nous avons formé dans des  camps d'entraînement  en Turquie et en Jordanie, aux côtés de  nos amis américains, dotés il est vrai de plus gros moyens,  les  jeunes recrues qui vous arrivent d'un peu partout, y compris de France. Il fallait certes sauvegarder les apparences.  Nous les avons qualifiés d'"armée syrienne libre", mais , vous le savez, ces recrues ne vous ont pas manqué: aussitôt formées, la plupart ont rejoint vos troupes.

Il est vrai  qu'entre les  deux principaux groupes que vous constituez, nous aidons davantage Al Nosra que Daesh. Mais vous comprenez que ,  Al Nosra se trouvant aux portes de Damas et  notre objectif prioritaire restant, comme mon ministre Fabius ne cesse de la proclamer,  la chute du régime de Bachar el Assad, c'est eux qu'il fallait aider d'abord. Et puis , je vous le dis, vous les gens de Daesh avez parfois de mauvaises manières :  vous  produisez  des vidéos  sur You Tube chaque fois que vous procédez à des décapitations , comprenez que ça fait mauvais genre : comment voulez-vous nous  vous aidions ? Les gens d' Al Nosra , eux,  ne font pas ça. Ils ont certes la main aussi lourde que vous , surtout  quand ils prennent  un village chrétien ou alaouite, mais ils sont plus discrets. Ils ont même pris la précaution de  changer de nom : ils ne s'appellent plus Al Qaida, ce qui rappelait de mauvais souvenirs  aux  Américains.   Notre ministre des affaires étrangères, Laurent Fabius, est même allé jusqu'à dire  qu'ils faisaient du  bon boulot"!  D'une certaine manière, cela s'adresse à vous tous. Mais il est entendu que nous  parlions  seulement de votre action contre Assad, pas ce que vous veniez de faire à Paris, bien sûr.

Puisque le régime d'Assad est  votre pire ennemi,  je vous le dis sans ambages, il est aussi notre pire ennemi. Raison de plus pour vous dire que vous avez exagéré. Au fond, si vous n'aviez pas entrepris ce genre d'action sur notre territoire national, nous avions tout pour nous entendre.

Quand nous avons annoncé au mois de septembre, un peu bruyamment il est vrai,  notre participation à  une grande coalition contre Daesh, il ne fallait pas nous prendre au mot. Cela aussi  était à  usage interne. Le premier bombardement que nous avons entrepris, avant la session des Nations-Unis,  n'a visé qu'un bâtiment vide en plein désert. Depuis, le régime de Damas  nous a interdits d' approcher le porte-avion Charles de Gaulle de ses côtes,  arguant que nous avons bombardé surtout des puits de pétrole  lui appartenant. Sans doute exagère-t--il un peu mais tout de même , s'il le dit,  ne pensez-vous pas qu'au fond,  nous ne sommes pas très dangereux pour vous ?  

Nous avons un autre ami commun , le présidant turc Erdogan . Son parti vient de remporter les élections . Il vous aide de multiples manières, en bombardant vos ennemis kurdes, en permettant aux volontaires venus  du monde  entier de rejoindre  vos rangs - et ils sont de plus en plus nombreux, vous le savez,  à le faire  - , en vous livrant des armes, et même en organisant une filière de départ vers l'Europe des jeunes syriens qui risquent d'avoir  à vous combattre dans les rangs de l'armée syrienne. Cet ami commun, loin  de nous plaindre de lui,  nous avons vu sans déplaisir et en  tous les cas sans la désavouer, Angela Merkel aller le soutenir  ostensiblement avant les élections - de fait,  au nom de l'Europe et donc en notre nom. Les pays  les plus riches de la planète qui forment le G 20  se réunissent dans quelques jours chez lui,  à Antalya. Ce sera une consécration  pour lui. Un proverbe arabe dit que  "les amis  de nos amis  sont nos amis ".  Vous voyez que nous ne  sommes pas ennemis  !

Et d'ailleurs si nous atteignons notre but qui reste  la chute du régime odieux d'Assad, vous pourrez entrer à Damas. Vous avez dit que vous y établiriez la charia : libre à vous. Nous n'interférerons plus alors  dans les affaires intérieures de la  Syrie. Vous pourrez planter le  drapeau du califat à 220  Km de Jérusalem et à 85  km de Beyrouth. Allah est grand ! 

Les  attentats que vous avez revendiqués étaient donc inutiles . Cette fois , je m'adresse à Daesh qui , seul l'a fait ,  mais nous savons votre proximité puisque  vos troupes combattent indifféremment sous l'une et l'autre bannière.

Et , moi, président  Hollande, compte tenu de ma bonne volonté à votre égard, je ne  méritais franchement pas cela. Je vous en supplie, ne recommencez pas, vous me feriez vraiment de la peine.
                                                                  F.H.


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Même le Figaro, qui n'est pas un parangon de rébellion, doute de François Hollande :

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Impitoyable ?

Face à l'épouvantable tragédie qui a glacé d'effroi la France et le monde, François Hollande et Manuel Valls ont su trouver les mots. Qu'ont-ils dit sinon inviter des Français traumatisés par tant de vies fauchées aux cris d'«Allah Akbar» à puiser en eux la force d'âme nécessaire pour relever l'effarant défi du terrorisme islamiste. La France sera «impitoyable» (Hollande) et entend bien «anéantir» ses ennemis (Valls). Soit.

Mais comment faire ? Il suffit de se poser la question pour éprouver l'ombre d'un doute. Car si la gauche au pouvoir entend se donner les moyens de remporter cette guerre, elle doit renoncer à elle-même. Comment François Hollande peut-il, sur le plan judiciaire, lui imposer des procédures d'exception lorsqu'une partie de sa majorité tresse des couronnes à Christiane Taubira, championne revendiquée d'une justice bienveillante et, à entendre certains juges, fière de l'être? On reste sans voix en apprenant que l'un des kamikazes, un Français répondant au nom d'Ismaël Omar Mostefaï, délinquant multirécidiviste, n'a jamais fréquenté la prison. Comment revoir toute la chaîne pénale, durcir l'ensemble de l'arsenal (rétentions, expulsions, interdictions de territoire, déchéances de nationalité) quand le PS se complaît encore et toujours dans une vision rousseauiste de la justice? S'il veut se donner des chances de réussite, François Hollande devra donc dire non à Christiane Taubira et à tout ce qu'elle symbolise.

Il devra aussi dire non à Angela Merkel et la convaincre - comme tentent de le faire certains responsables de la CDU - que sa politique généreuse à l'endroit des migrants constitue une redoutable erreur historique. Qui ne voit que cette grande migration est une aubaine pour tous ceux qui, sur l'autre rive de la Méditerranée, rêvent de faire couler le sang en Occident au nom du grand califat ?

La gauche peut-elle s'avouer ces vérités? Peut-elle concevoir d'abandonner toutes ses lubies (le communautarisme, le différentialisme, le soixante-huitardisme geignard et le droit de l'hommisme sermonneur) qu'elle chérit tant et qui fondent son identité ? Hélas, le doute est permis. Faire la guerre requiert d'avoir derrière soi des guerriers déterminés et sans états d'âme. Et non des troupes qui réclament des pistolets à bouchon quand il faudrait des mitrailleuses. À cette aune, nul n'osera prétendre que la majorité socialiste est la plus à même de mener le titanesque combat contre l'État islamique. Le président de la République devra donc la brutaliser. Et, si la chose est possible, impitoyablement.
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On connaît les décisions à prendre (un article parmi d'autres : Islamisme : les propositions choc d'un groupe de hauts fonctionnaires) et nous savons tous, parce que nous connaissons nos politiciens, qu'elles ne seront pas prises.

Nous continuerons donc l'escalade sécuritaire qui pourrira la vie de tous les Français, cautère sur jambe de bois, parce que nos politiciens ne veulent pas traiter le fond des choses, ce qui nous permettrait de nous débarrasser des fouteurs de merde.

Même le service minimum, à savoir les démissions de Valls, Cazeneuve, Taubira et Fabius, nous ne l'aurons pas.

Dans ses tripes, dans son coeur et dans sa tête, le pays sait qu'il n'est pas défendu. Que la police et l'armée, mal utilisées, sont inutiles.

Un mot plus personnel : je constate que mes analyses d'avant les attentats étaient justes, j'aurais pu écrire ce billet d'après les attentats en copiant-collant des textes écrits avant. Bien loin d'en être satisfait, j'en éprouve un profond désespoir, puisque c'est inutile.

A quoi bon ? Le destin de Cassandre n'est guère enviable.





dimanche, novembre 15, 2015

Mon roi

Je ne sais pas comment je me suis retrouvé à voir ce film (enfin si, je sais, mais cela ne vous regarde pas).

Film désagréable sur le couple composé d'un manipulateur égoïste et baratineur et d'une paumée. Et il y a un gosse au milieu de ces abrutis. La famille moderne, quoi. Contrairement à ce que raconte la promotion du film, aucun rapport avec l'amour (1), juste un mixage d'egos déboussolés. Seul personnage sympathique, le beau-frère, qui est la voix même du bon sens.




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(1) : je rappelle l'opinion éclairée d'un spécialiste de l'amour : Mangeclous, l'amour et le mariage

Internet c'est merveilleux : on n'oublie rien mais on peut tout corriger

Réfugiés-terroristes: du «fantasme» à la réalité / Quand les médias maquillent leurs erreurs de diagnostic passées

Patrie en danger : cette fois, l'esprit du 11 janvier ne suffira pas

Pour répondre à un commentateur disant que la France a connu pire. Connu pire ? Quand ? Quand la France a-y-elle été aussi menacée dans son existence ? 1428 ? 1940 ?

Attentats de Paris : «Oui, la patrie est en danger»

Attentats de Paris : cette fois, l'esprit du 11 janvier ne suffira pas

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La France et ses alliés réagiront-ils? Comme nous le prévoyions début janvier*, l'esprit Charlie a rapidement volé en éclats et la France est revenue à son business as usual, fachosphère contre pas d'amalgame, comme disent désormais même des médias parmi les plus sérieux. Eric Zemmour est toujours poursuivi par la justice pour des propos qu'il n'a pas tenus. Olivier Todd et Edwy Plenel criminalisent la société française. Sans un mot pour les (vraies) victimes, dès hier soir, de nombreux tweets montraient de la sympathie pour … les musulmans «qui allaient être victimes d'amalgames». Sur France2, une journaliste affirmait ce matin que «nos» jeunes djihadistes sont des «malades» (qu'il faudrait donc soigner, et non punir) …

Passé le temps de l'émotion et peut-être d'une brève unité nationale (Nicolas Sarkozy a déjà posé des questions pertinentes quant à la politique suivie ces derniers mois), qui l'emportera, le camp de la fermeté ou, une fois de plus, celui du relativisme et de l'angélisme? Cette fois, une grande marche cathartique ne suffira pas à trancher la question. On connaît la célèbre phrase de Camus «mal nommer les choses, c'est ajouter au malheur du monde». Si «nous sommes en guerre», alors Hollande, Obama et quelques autres devraient désigner l'ennemi et en tirer toutes les conclusions. Ou se taire. N'est pas Churchill qui veut.
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Terrorisme islamique : que faire ?

Que peut-on faire, individuellement, contre le terrorisme islamique ?

La réponse est, hélas : «Pas grand'chose».

Le problème est politique : la France a un Etat dont le devoir est de la protéger mais cet Etat ne fait pas son boulot (je ne parle évidemment pas du seul aspect sécuritaire, mais de la politique en général, voyouphile, immigrationniste, anti-nationale et socialiste, qui nous amenés là où nous sommes). Le plus gros obstacle des Français pour lutter contre le terrorisme islamique, c'est l'Etat.

Le jour où l'Etat fait la bonne politique, la France est sauvée.

Et nous retombons toujours sur la même question, à laquelle je n'ai pas de réponse, sur le terrorisme islamique, comme sur l'Euro, comme sur l'assistanat : «Comment un citoyen peut-il avoir une influence sur un Etat qui a cessé d'être démocratique ?».

Des idées ?

samedi, novembre 14, 2015

C'est chiant d'être dirigé par une femmelette en période de guerre

WHY FEMINIZATION OF AMERICA IS BAD FOR THE WORLD

J'ai souvent écrit que François Hollande était une femme dans un corps d'homme. Je le pense plus que jamais.

Hollande, démission !

François Hollande n'est pas responsable des attentats d'hier soir.

En revanche, il est responsable de ne rien avoir fait, depuis trois ans qu'il est au pouvoir, pour s'attaquer aux causes du terrorisme islamiste en France, il les a même renforcées : délinquance, immigration, non-intégration, dissolution de l'autorité, multiculturalisme, culture de l'excuse, éclatement des familles, anti-christianisme, repentance, complaisance avec les revendications islamistes, naufrage de l'école ...

Je suis étonné qu'aucun politicien ne construise, calmement, posément, un réquisitoire sur ces thèmes.

C'est dire à quel point François Hollande n'a pas d'opposition, il a seulement des adversaires qui désirent sa place.

Addendum :

Un des terroristes est un «migrant» syrien passé par la Grèce, un autre est un délinquant condamné huit fois sans jamais avoir fait de prison. On voit donc très directement, c'est presque trop clair pour être vrai, comment la politique voyouphile et immigrationniste de Hollande est en contradiction avec une vraie lutte contre le terrorisme islamique.


La prière, la guerre et la paix

Mgr Ravel : « Ce n’est pas une question de sécurité, c’est une guerre ! »

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La prière est-elle une forme de solidarité en ces heures dramatiques ?

Le chrétien aime la paix mais il sait vivre en état de guerre. Il ne faut pas séparer la prière et l’action. La prière pour la paix ne se substitue pas aux moyens légitimes par exemple au fait de prendre les armes. Dieu ne va pas envoyer ses légions d’anges pour éliminer nos adversaires ! Mais la prière change les cœurs. L’émotion des Français est très grande. Il y a plusieurs sentiments qui se mêlent non seulement la douleur et l’incompréhension mais aussi le désir de vengeance. La grâce de Dieu apaise les cœurs sans minimiser cette nouvelle guerre contre la France qui ne fait que commencer. La prière va purger nos émotions de la violence. Il ne faudrait pas que la violence gagne deux fois : la première avec les victimes corporelles et la seconde avec des victimes spirituelles.
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Ca change des mitres molles. Il faudrait que certains se rappellent quand même que Louis IX et Jeanne d'Arc sont des saints et pourquoi.




Discours de Robert Ménard, maire de Béziers, lors de la cérémonie du 11 novembre

Discours de Robert Ménard, maire de Béziers, lors de la cérémonie du 11 novembre

Je sais que, même parmi les conservateurs, la première guerre mondiale fait polémique. On peut en effet l'interpréter comme le grand massacre républicain de la paysannerie française. Mais cela n'enlève rien au courage des combattants.

C'est pourquoi je trouve le discours de Robert Ménard très juste.




Mieux que «Je suis Charlie»

Je propose : «Nous sommes la France et nous allons vous en foutre plein la gueule, les barbus».

Mais je ne sais pas pourquoi, j'ai comme un doute que cela soit adopté.

A l'ouest, rien de nouveau

Une série d'attentats islamistes («islamiste», mot toujours tabou dans les nouvelles de ce matin, preuve que rien ne change) vient de se produire à Paris et le seul commentaire que je peux faire, c'est que je n'ai pas de commentaire à faire.

En effet, ce qui est arrivé ne comporte aucune information nouvelle, c'était prévisible et prévu ; attendu, même.

C'est tellement dans l'ordre des choses que je peux vous prédire la suite sans risque de me tromper.

Les communicants vont nous sortir, avec la complicité des medias, un truc à la «je suis Charlie» pour exalter l'émotion de manière à étouffer la réflexion et à empêcher que les bonnes questions soient posées.

Ensuite, il y aura des arrestations d'islamistes puis d'«islamophobes» (même logique de fausse neutralité que «une minute pour Hitler, une minute pour les juifs»).

Nous continuerons, en vain, à essayer de pallier les effets, faute de vouloir nous attaquer aux causes.

Nous ne romprons pas nos relations «amicales» avec les pays du golfe persique. Nous ne nous rapprocherons pas de la Russie. Nous n'arrêterons pas l'immigration musulmane et nous n'obligerons pas les musulmans de France à se comporter comme des Français (vous connaissez la liste des interdits intégrateurs : pas de voile, pas de menus spécifiques, pas de polygamie, pas de mosquées payées par la collectivité, autorité dans les territoires perdus, ...).

Et la vie de tous les Français sera de plus en plus pourrie par des mesures sécuritaires qui sont comme cautère sur jambe de bois. Nous perdons notre liberté sans gagner, c'est le moins qu'on puisse dire, en sécurité.

Non, décidément, rien de nouveau. Hélas !

Addendum :

Bon, je ne suis pas tout seul.

On connaît la chanson …

La France à l’eau tiède est morte ce soir


vendredi, novembre 13, 2015

Chesterton et l’indissolubilité du mariage

Chesterton et l’indissolubilité du mariage

C'est du Chesterton, donc un délice d'intelligence et d'esprit.

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Chesterton à vrai dire est un champion de l’indissolubilité du mariage, qu’il défend pour plusieurs raisons. L’une de ces raisons est d’une nature purement mystique. Nous l’illustrerons par une très belle scène de The Ballad of the White Horse, où un soldat lance sa seule arme, une épée rouillée, au visage d’un chef ennemi positionné à plusieurs mètres de là et prêt à décocher sa flèche. Le roi Alfred de Wessex, qui a assisté à la scène, commente le symbolisme de cette « prouesse de feu » :

« c’est bien manière de Chrétien, par le fer ou la plume dévote, que de satisfaire le désir de son cœur en jetant son cœur loin de toute assurance. Et d’aucuns se vouent à la ruche des moines, d’aucuns à l’amitié d’une gente dame, mais telle est la manière des Chrétiens qu’ils honorent leurs vœux jusqu’à la fin. »

[…]

« c’est précisément cette échappatoire, cette impression d’avoir une possibilité de faire marche arrière qui stérilise le plaisir moderne. Partout on assiste à des tentatives fébriles et obstinées pour atteindre gratuitement au plaisir. […] Ainsi, en religion et en morale, le décadent mystique dit “Baignons dans la pureté et le sacré sans prendre la peine de maîtriser nos pulsions ; chantons alternativement des hymnes à la Vierge et à Priape.” Ainsi, en amour, les sectateurs de l’amour libre disent ‘Expérimentons la beauté du don de soi sans prendre le risque de l’engagement ; voyons s’il n’est pas possible de se suicider un nombre illimité de fois.’ Évidemment, ça ne marchera pas. Il y aura des frissons, sans aucun doute, pour le spectateur, l’amateur, l’esthète, mais il existe un frisson connu seulement du soldat qui combat pour son drapeau, de l’ascète qui s’affame pour atteindre l’illumination, de l’amant qui a fini par faire un choix. Et c’est par la vertu transfiguratrice de cette discipline personnelle qu’un serment est une chose essentiellement saine. »
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Le post-moderne, qui veut que rien ne l'engage, ni ses propres choix, ni naissance (combien de fois ai-je entendu l'argument stupide «Je ne dois rien à ma patrie car je n'ai pas choisi l'endroit où je suis né» ?), ni son physique, est vraiment un triste personnage, plein de son vide. On comprend que l'euthanasie, ça soit son truc.

Nous sommes loin du XVIIème siècle, le siècle des belles morts. Bon, tout le monde n'est pas Louis XIII ou Louis XIV.

Baisse de la CSG : du pain et des jeux

Baisse de la CSG : du pain et des jeux

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La fiscalisation de la sécurité sociale aggravera cette distorsion: l’accès à la sécurité sociale aussi invasive et protéiforme que nous la connaissons aujourd’hui sera déconnecté de son financement. Plus que jamais, la sécurité sociale, et singulièrement la santé, apparaîtront comme un bien gratuit pour ceux qui paient peu. En revanche, les quotients fiscaux les plus élevés seront assommés par des prélèvements exorbitants.

Les dangers de ce choix sont bien connus.

D’un côté, les ménages qui financent le moins la sécurité sociale et qui en seront donc les bénéficiaires nets seront totalement déresponsabilisés dans leurs actes de consommation dans la mesure où chaque acte constituera pour eux un gain net. C’est la porte ouverte à la visite incessante chez le médecin et à la lutte obstinée contre un relèvement de l’âge de départ à la retraite pour équilibrer le système.

D’une autre côté, les ménages qui seront les contributeurs nets du système seront désincités à produire de la richesse pour le financer, ou bien quitteront progressivement un système qui les asphyxie: le coût de la santé deviendra, pour eux, prohibitif, et leur taux de remplacement de revenus au départ à la retraite deviendra ridiculement bas.

Du pain et des jeux

La logique de Jean-Marc Ayrault est bien connue. Elle repose sur un grand troc. D’un côté, les citoyens abandonnent tout principe de responsabilité et acceptent d’entrer dans un système de soumission à l’Etat. De l’autre, l’Etat leur garantit sécurité matérielle et distraction. N’allez plus travailler pour vous nourrir! du pain vous sera distribué gratuitement dans les arènes.

Télévision et sécurité sociale sont les mamelles du déclin français.
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England and the aeroplane (D. Edgerton)

Livre étrange d'un historien qui ne se cache pas d'être de gauche et de vouloir rétablir certaines vérités selon lui masquées par la droite.

Sa thèse centrale est que, contrairement à la légende d'une Grande-Bretagne arriérée sauvée par quelques scientifiques de génie, l'Etat anglais est profondément technophile et l'aviation n'existerait pas sans la guerre et les aides de l'Etat qui l'accompagnent.

Je suis d'accord : l'aviation civile n'a commencé à prendre son autonomie que dans les années 70, soit au bout de sept décennies d'existence de l'aviation. Même les sympathiques petits aéroclubs étaient vus comme des fabriques de pilotes militaires potentiels.

jeudi, novembre 12, 2015

Sorel et Delsol mordent : nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas

Malika Sorel et Chantal Delsol mordent :

Les « Illusions perdues » de Malika Sorel

Malika a tout compris. Nos élites ont mis au rencart le peuple français, pour une utopie universaliste de citoyens du monde. «Nous vivons la mise en minorité progressive du peuple autochtone sur ses propres terres. C'est le simple jeu de l'arithmétique, et cela, les élites politiques le savent… Nous ne sommes plus dans un régime de solidarité nationale, mais dans celui, imposé par le haut, d'une solidarité internationale… Politique du dernier arrivé, premier servi.» Non, ce n'est pas un complot, c'est pire, c'est la réalité. Malika est venue, a vu, et a été vaincue. Mais au moins, au bout de cet itinéraire, qui pourrait s'intituler «Illusions perdues», Malika sait. Elle sait que nos élites savaient. Et qu'elles ont voulu ce que, désormais, nous savons.

La France mûre pour un régime autoritaire ?

En ce qui concerne le pouvoir technocratique, ce sont les électeurs de droite qui s'attachent massivement (80 %) à cette idée, ce qui est normal puisque n'ayant aucune conviction particulière, ils pensent sans doute que la politique est quelque chose comme une administration, un vaste bureau qui manie des chiffres [je connais des imbéciles politiques qui correspondent exactement à ce portrait, ce sont les mêmes qui trouvent Juppé «brillant»]. Il faut dire cependant qu'il ne reste plus beaucoup de convictions à la gauche non plus…

Il faut cependant préciser ce que la question elle-même [du remplacement due la démocratie par un pouvoir autoritaire et technocratique pour faire les réformes nécessaires] comporte d'étrange. Si une grande partie des Français souhaitent les réformes, on ne voit pas pourquoi les politiques n'ont pas le courage de les accomplir. En réalité, nos concitoyens savent que les réformes nécessaires sont douloureuses, et que si un gouvernant démocratique les met en oeuvre, ils seront immédiatement dans la rue pour l'en empêcher. Autrement dit, les Français souhaitent qu'on les y force parce qu'ils se savent eux-mêmes sans courage. Ils sont comme un enfant qui réclamerait qu'on l'oblige à boire sa potion parce qu'il n'y arrivera pas de sa propre volonté.

Il vaudrait mieux que les Français, assumant la charge de la citoyenneté, acceptent de leur plein gré les décisions énergiques et amères. Il ne faut pas se contenter de dire que les politiques sont des couards. Il faut ajouter que les Français se comportent comme des enfants.

En comparaison, Christian Vanneste paraît presque fade :

Accueil généreux des migrants ou déclin du courage ?

Soljenitsyne dénonçait le déclin du courage dans son Discours de Harvard et fustigeait les « fonctionnaires politiques et intellectuels manifestant… de l’irrésolution… face à l’internationale de la terreur ». La lucidité de l’écrivain russe éclaire le débat actuel entre la prétendue générosité des uns et le réalisme des autres, entre les Merkel, Juncker, Hollande et Viktor Orban.





mercredi, novembre 11, 2015

11 novembre


JEAN FERRAT-Si je mourais là-bas G. Apollinaire) par frati3

Une pub comme on aimerait en voir plus souvent

Bien sûr, l'histoire est totalement invraisemblable mais c'est aussi ce qui fait son charme.

Et cela rappelle à quel point, avant que les fabricants de bagnoles français ne tombent dans le misérabilisme, nous savions faire de belles autos.

Ah, si on constructeur français un peu couillu pouvait relever une marque comme Delahaye. Mais des couillus ...