dimanche, mars 05, 2017

Vers une victoire de Marine Le Pen dès 2017 ?

Je me pose de plus en plus la question.

On nous dit habituellement que Marine Le Pen menace notre démocratie et nos valeurs.

Certes, mais je soupçonne que les électeurs commencent à se demander si Marine Le Pen menace plus notre démocratie et nos valeurs que François Hollande, l'ordonnateur des basses oeuvres, Jean-Pierre Jouyet, l'exécuteur des basses oeuvres, Michel Gaillard, directeur du Canard Enchainé, les juges Houlette et Tournaire, relais plus que consentants de ces basses oeuvres.

Le plus navrant dans cette affaire Fillon qui met à jour tous les vices politiques de notre pays, c'est qu'elle est vide, c'est de la mousse médiatique, des peccadilles.



La machine à « éliminer Fillon rappelle les procès staliniens »

Je suis dans une situation paradoxale.

Je ne crois pas que François Fillon soit l'homme qu'il nous faut et je n'aime pas son positionnement politique. Mais l'assassinat politique organisé contre lui est une atteinte à notre démocratie et à ma liberté d'électeur. Je considère donc conforme à l'honneur de le défendre car, à travers lui, c'est la sincérité du prochain scrutin que je défends.

A l'inverse, je considère aujourd'hui comme un déshonneur de l'attaquer - ceux qui l'attaquent  tirent sur l'ambulance, ce sont des hommes de peu, des minables. Rappelons que, à la condition des 500 parrainages, tout le monde peut se présenter. Que ceux qui font la leçon à Fillon et se prétendent supérieurs se lancent. Henri Guaino a eu le courage de le faire et je le respecte pour cela.

J'espère que si Jean-Luc Mélenchon avait été dans la même situation, j'aurais eu exactement le même discours. C'est mon coté mousquetaire.

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La machine à « éliminer Fillon rappelle les procès staliniens »4 MARS 2017 | POLÉMIA♦

 Jean-Eric Schoettl, ancien secrétaire général du Conseil constitutionnel, estime que le candidat François Fillon est plus malmené que le justiciable ordinaire. Pour lui, l’électeur est devenu l’otage de la procédure.

[Dans sa déclaration mercredi 1er mars, François Fillon a fait référence à une analyse de Jean-Eric Schoettl publiée dans la revue Les Petites Affiches, mardi 14 février. Consacré aux assistants parlementaires du candidat LR dans le cadre de l’enquête préliminaire, ce texte insistait notamment sur la séparation des pouvoirs. M. Schoettl livre ici une tribune en défense de M. Fillon.]

La reconnaissance empressée par le juge judiciaire de sa compétence – pourtant contestable – dans ce qui est devenu l’affaire Fillon pose d’autant plus problème qu’elle accompagne un pilonnage médiatique ayant pour effet, sinon pour objet, de fausser le jeu du suffrage universel à la veille d’une élection déterminante pour l’avenir de la nation. Elle est préoccupante pour l’équilibre des institutions parce que, au-delà de la notion juridique de séparation des pouvoirs, elle fait objectivement interférer la justice avec une échéance électorale majeure.

La tradition de « retenue » du juge à la veille d’une élection a toujours été scrupuleusement respectée par le juge administratif. Elle le conduit, à l’approche d’une élection, à reporter certaines décisions – découpage des circonscriptions, affaire mettant en cause un candidat, etc. – et à en suspendre l’instruction – pour éviter de perturber les opérations électorales ou d’altérer la sincérité du scrutin. C’est aussi une question de dignité de la justice qui ne doit ni se laisser instrumentaliser par les joutes politiques ni donner le sentiment qu’elle cède à un biais partisan. C’est enfin une question de déontologie et d’éthique de la responsabilité.

Le juge du siège, a fortiori le parquet – dont la mission est d’apprécier l’opportunité des poursuites – ne peuvent se désintéresser des conséquences de leurs actes. Ainsi, la considération de l’impact d’une décision sur l’ordre public ou la prise en compte de l’état d’encombrement carcéral influent fréquemment sur la nature et les modalités d’exécution des mesures d’instruction ou de la peine prononcée.

L’anticipation, par le juge, des incidences de ses actes sur l’environnement social se justifie plus encore pour le calendrier de la procédure, dès lors, d’une part, que les poursuites peuvent avoir lieu ultérieurement et que, d’autre part, les faits ne sont pas si graves et avérés que la célérité s’impose nonobstant le contexte. En l’espèce, l’empressement à poursuivre, souligné par la promptitude de la mise en examen – dont les répercussions sur l’opinion publique sont considérables, celle-ci y voyant une confirmation de la culpabilité –, fait fi des réalités du temps électoral.

S’il n’y a pas volonté de faire échec à une candidature, ce qui constituerait un cas gravissime de « partialité subjective », il y a du moins froissement de « l’impartialité objective » : un magistrat ne doit pas seulement être impartial, il doit aussi donner à voir qu’il l’est. En la matière, comme nous le répète avec insistance la Cour européenne des droits de l’homme, les apparences comptent. L’indépendance du juge doit s’affirmer « à la cantonade » non seulement à l’égard des autres pouvoirs, mais encore à l’endroit de ses propres inclinations, préjugés et passions.

Un feuilleton judiciaire

Comment, dans ces conditions, ne pas ressentir un profond malaise devant un feuilleton judiciaire devenu le carburant essentiel du bûcher médiatique, alimentant régulièrement celui-ci, à coups de communiqués et de fuites, aux dépens de la présomption d’innocence, des droits de la défense et du secret de l’enquête et de l’instruction ? Pourquoi cette mise en examen décidée quelques jours après l’ouverture de l’instruction, en plein recueil des parrainages, alors que, dans les cas ordinaires, sauf évidence accablante ou demande du justiciable, la mise en examen n’intervient qu’après des semaines ou des mois ?

L’impression produite est que le contexte est bien, en effet, pris en compte, mais à l’inverse de ce à quoi invite le respect des échéances démocratiques. Le candidat est plus malmené que le justiciable ordinaire. L’électeur devient l’otage de la procédure.

Comment ne pas s’inquiéter de la santé de notre vie démocratique en voyant une personnalité politique éminente, porteuse d’un projet qui, quoi qu’on en pense sur le fond, a rallié des millions de suffrages lors d’une primaire impeccablement conduite, déstabilisée en plein compte à rebours de l’élection présidentielle – y compris après que le décret de convocation a été publié au Journal officiel – par des imputations diffusées en boucle, portant sur des faits anciens, non avérés et d’importance subalterne au regard des perspectives collectives ?

Comment ne pas se désoler, en tant que citoyen, en voyant les questions programmatiques évincées par un battage que l’intéressé ne peut combattre qu’en se faisant accuser de conspirer contre l’indépendance de la justice et la liberté de la presse, s’enferrant ainsi dans un piège qui rappelle les procès staliniens – peloton d’exécution en moins, mais avec un même enjeu d’élimination d’un acteur politique ?

Quels lendemains ce charivari aux conséquences imprévisibles prépare-t-il aux rapports entre élus et justice ? et, plus généralement, à une collectivité nationale qui, remontée contre les partis de gouvernement, habitée par la petite musique du « tous pourris », troublée par ce qu’elle comprend d’autant moins qu’on le lui ressasse de façon brouillonne, se tourne de plus en plus vers des aventuriers ?

Obstination à poursuivre

C’est à ces lendemains qui déchantent que risque de mener, quoi qu’on en dise, l’empressement à poursuivre. Pense-t-on vraiment que la justice n’a pas à s’en soucier ? L’indépendance du juge est-elle synonyme d’autisme ? Doit-elle se payer au prix fort d’une issue électorale chaotique ?

En l’espèce, la retenue judiciaire n’aurait pourtant pas eu d’effet exonérateur et n’aurait pas rompu l’égalité devant la justice, puisque des poursuites sont possibles au lendemain de la défaite du candidat ou, s’il est élu président de la République, à l’expiration de son mandat. Les délais de prescription sont, en effet, suspendus en vertu de l’article 67 de la Constitution dans sa rédaction issue de la loi constitutionnelle du 23 février 2007.

Bien sûr, comme le souligne le garde des Sceaux, la justice n’a pas à suspendre son cours à la veille d’une élection. Mais il ne s’agit, ici, ni de la justice en général ni de la généralité des instances. Il s’agit d’une affaire singulière, intéressant un événement crucial pour notre vie démocratique. Il était loisible au parquet, en l’absence de toute plainte d’un tiers, d’ouvrir son enquête – ou du moins l’instruction – après le scrutin, s’il estimait que les faits le méritaient et qu’il était compétent pour en connaître.

L’obstination à poursuivre se manifeste, en outre, de façon significative, par la saisine du juge d’instruction la veille, ou presque, de la publication de la loi du 27 février 2017 portant réforme de la prescription en matière pénale, qui aurait provoqué la prescription de la plus grande partie des faits incriminés. La mission du parquet est d’apprécier l’opportunité des poursuites et, dans ce cadre, de tenir compte du retentissement que peut avoir une collision entre temps judiciaire et temps électoral.

Quant à l’instruction, la simple observation du temps judiciaire ordinaire aurait évité de perturber gravement le temps électoral. Les surprises électorales enregistrées depuis un an dans de grandes démocraties occidentales ne devaient-elles pas conduire chacun à plus de circonspection dans le choix du moment ?

Jean-Eric Schoettl 2/03/2017

La pantalonnade de la campagne électorale de la fausse droite

C'est la panique, comme si on avait donné un coup de pied dans une fourmilière.

Voici les noms qui circulent pour remplacer Fillon : Larcher, Juppé, Borloo, Baroin. Pourquoi pas Chirac, pendant qu'on y est ? Ou Balladur ? Ou Giscard ? Ou Bozo le clown ?  Ou Lady Gaga ?

Faut-il qu'ils aient perdu la tête !

Il n'y a évidemment qu'un seul candidat possible, c'est celui issu des primaires (dont je rappelle que, jusqu'à plus ample informé, il n'a pas tué père et mère). Certes, il est mauvais. Mais qui a organisé les primaires contre les avis disant que c'était idiot ? Qu'ils assument maintenant.

Assumer ? C'est justement pas leur truc à ces gens là. Je les savais nuls, mais à ce point ! Ils arrivent encore à m'étonner.

Bien sûr, l'explication est connue : la fausse droite est depuis longtemps une écurie d'ambitions et d'ego, dépourvue de la moindre once d'idée.

Une conviction, à part celle de sa propre grandeur, y serait jugée inconvenante, un peu comme péter en présence de la reine d'Angleterre. Heureusement, on ne court aucun risque.

C'est pourquoi, dès qu'il y a tempête, les rats quittent le navire.


samedi, mars 04, 2017

Le Sud pouvait-il gagner la guerre de Sécession ? (V. Bernard)

Ce n'est pas une uchronie, mais un examen des possibles.

Résumons : le Sud a souffert de beaucoup de choses, notamment d'un manque d'encadrement compétent. Chaque indisponibilité d'un  bon général sudiste (maladie, mort) est une petite catastrophe.

Mais c'est la stratégie qui péchait. Le Sud a mené une guerre offensive sur le théâtre oriental, entre Richmond et Washington, les 160 kilomètres où ont eu lieu toutes les batailles célèbres, alors qu'il a perdu la guerre sur le théâtre occidental et qu'il aurait pu adopter une position défensive à l'est.



Napoléon et De Gaulle. Deux héros français (P. Gueniffey)

Le grand plaisir de ce livre est que, contrairement à la quasi-totalité de nos penseurs politiques, Pompidou compris, l'auteur ne regrette pas que les Français soient français et non pas anglais.

La vie politique en France serait tellement plus simple si nous avions l'habeas corpus, une longue tradition de libertés locales et de liberté individuelle, un parlement séculaire, une habitude de l'opposition constructive et des ajustements judicieux ...

Mais non, nous sommes Français, de ce pays des crises politiques, « que la Providence a créé pour des succès achevés ou des malheurs exemplaires ». Et Patrice Gueniffey l'assume. Ca fait le plus grand bien.

Il sait que Napoléon a laissé la France plus petite qu'il ne l'a prise. Mais il ne compte pas pour rien la gloire de l'épopée. Napoléon sera toujours plus admiré que Parmentier.

Bien qu'il ne le dise vraiment que dans l'introduction, on sent tout au long sa préoccupation de la situation actuelle.

Il est clair : supprimer les grands hommes de l'enseignement de l'histoire préparait la suppression de cet enseignement, car l'histoire est faite, qu'on le veuille ou non, par les grands hommes. Il n'y a pas qu'eux, mais sans eux, il n'y a pas d'histoire.

Oubliez César, Jeanne d'Arc, Napoléon et De Gaulle et l'histoire change. Oubliez dix mille Marcel Duchemol, et l'histoire ne change pas.

Guéniffey ne dissimule pas les ombres de ses héros, les Cent-Jours pour Napoléon, l’Algérie pour De Gaulle, mais il les remet en perspective, en explique les raisons, à défaut de les approuver. On a tendance à croire les grands hommes tout-puissants. Bien souvent, ils le sont sur leurs subordonnés, mais pas sur leurs partenaires, leurs ennemis et les événements. Napoléon a pu dire, avec un brin de coquetterie, qu’il avait été contraint par les circonstances, que jamais il n’avait été libre. Guéniffey fait une remarque très judicieuse. Nous sommes la première génération dans l’histoire de France à n’être ni une génération de la guerre ni une génération d’après-guerre. Cela déforme notre perception de Napoléon et de De Gaulle. Nous n’avons plus qu’une perception livresque et très déformée de la guerre. Nous ignorons maintenant qu’on ne fait pas la guerre sans raisons (1), qu’elle n’est pas une fantaisie meurtrière, qu’il y a pire que la guerre, il y a la servitude.

Mais aussi que la guerre n’est pas qu’horreur, elle communique une exaltation qu’on ne trouve pas dans la paix. Apollinaire, Genevoix, Jünger, en parlent. Pour le cas qui nous intéresse, Marmont explique dans ses mémoires que les généraux du Consulat et du début de l’Empire étaient jeunes et fougueux et ne se souciaient pas trop du lendemain, rêvaient de gloire et vivaient à plein comme on ne vit que sous la menace de la mort. Rappelons quelques chiffres à propos de Napoléon : général à 24 ans, chef de l’armée d’Italie à 27 ans, premier consul à 30 ans, empereur à 35 ans. Ce qui était vrai pour les généraux n’était pas faux pour les soldats. C’est la citation de Chamfort par De Gaulle, dans l’un de ses discours les plus émouvants, celui de l’Albert Hall du 11 novembre 1942 : « Les raisonnables ont duré, les passionnés ont vécu ».




Nous ignorons aussi à quel point pèsent les contraintes de la guerre sur la politique intérieure et extérieure.

Il y a des oppositions nettes entre Napoléon et De Gaulle : l’un est porté par le peuple, l’histoire et les élites, l’autre s’est fait contre le peuple, contre l’histoire et conte les élites. Si l’intelligence de Napoléon est extraordinaire (le fameux « coup d’œil » qui fascinait Clausewitz), le caractère de De Gaulle dans l’adversité ne peut que forcer l’admiration.

Ils ont en commun d’entretenir une ambition qui dépasse leur personne. Si on fait un bilan technocratique de l’épopée napoléonienne, c’est un désastre, la France amoindrie, les morts, les sacrifices. Mais le monde n’est pas technocratique, c’est même l’inverse.

Guéniffey exécute Raymond Aron. Il n’a pas compris grand’chose à Napoléon et rien à De Gaulle. Comme la plupart des libéraux centristes, il est procédurier, ce qui revient toujours à de la mollesse. Il privilégie la quiétude pour la quiétude, sans prendre en compte qu’il y a des situations exceptionnelles où la quiétude n’est pas pertinente (voir par exemple aujourd’hui Bayrou ou Bilger, qui ont le même tropisme). Comme tous les libéraux, il est incapable de considérer les dimensions collectives, passionnelles et tragiques du pouvoir. La politique n’est qu'une partie de bridge entre grands bourgeois (voir mon explication sur les bourgeois et la violence).

Si De Gaulle avait agi suivant les recommandations d’Aron, il n’aurait rien fait. Aron était assez intelligent pour reconnaître ses erreurs, mais il n’avait pas une conception assez juste de la politique pour ne pas les faire.

 Guéniffey insiste aussi, à raison me semble-t-il, sur la supériorité intellectuelle de Napoléon et de De Gaulle, sur leur capacité, fascinante pour leurs subordonnés qui n'étaient pas des médiocres, à aller à l'essentiel. La visite de De Gaulle, dont tout le monde convient qu'il n'était pas un savant atomiste, au CEA est frappante. On retrouve, sous une forme administrative, le coup d'oeil napoléonien.

D'où leur facilité pour attirer, choisir et exalter les talents. Gaudin, ministres des finances de Napoléon, explique qu'il a refusé les offres du Directoire mais qu'il a senti qu'avec Bonaparte, cela valait le coup. Debré, homme de réel talent sous De Gaulle, redevient un politicien ordinaire sous Pompidou.

Il y a, sous ses hommes exceptionnels, une émulation des talents comme il y a sous Hollande une émulation des médiocrités et des bassesses.

Et les problèmes apparemment insolubles qui trainaient depuis des années sont soudain résolus sans effort.

Puis, cette énergie concentrée, cette convergence des talents, finit par se défaire avec le temps, une fois que les drames les plus pressants sont enfin dénoués.

La boucle est alors bouclée. La voie française de la politique, si différente de la tradition anglo-saxonne de la démocratie parlementaire, a produit son effet : médiocrité, drame, sauveur, dictature ou quasi-dictature, problème résolus, grandeur, épuisement, retombée dans la médiocrité. Et ainsi de suite.

Le problème, c'est que nous n'avons aucune garantie qu'il surgira toujours un grand homme au bon moment. L'histoire de France depuis la révolution est une partie de poker permanente (Jean Dutourd : « Tant que le principe monarchique était préservé, il pouvait arriver malheur aux Français, mais pas à la France. Depuis que quelques têtes chaudes et la trop grande mollesse d'un roi ont changé cela, le principe est inversé : il peut arriver que les Français soient heureux, mais la France est condamnée au malheur et à l'instabilité »).

Pour l'instant, le miracle a toujours fini par se produire, mais nous ne sommes sûrs de rien. Le 8 mai 2017, nous aurons un vote dont nous savons déjà que le résultat sera catastrophique. Pour l'instant, aucun signe d'un sauveur à l'horizon.

Quelle leçon j'en tire ? Qu'il ne sert à rien de regretter toujours que les Français ne soient pas des Anglais. J'ai, comme d'autres, souvent ce regret mais il n'est d'aucune utilité. Favorisons, au risque de nous fourvoyer, l'émergence du sauveur, puisque telle est la voie française, insatisfaisante, périlleuse, mais la seule qui existe vraiment.

Mais le temps des grands hommes est passé, les valeurs qui faisaient les héros sont en dormition, remplacées par les valeurs féminines, avec leur cortège d'anarchie et de dissolution.

« Le 15 mai 1796, le Général Bonaparte fit son entrée dans Milan à la tête de cette jeune armée qui venait de passer le pont de Lodi, et d’apprendre au monde qu’après tant de siècles César et Alexandre avaient un successeur ... »



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(1) : nous oublions que la première victime la guerre est la vérité. La crédulité des medias est extraordinaire.






Vous trouverez une recension ici.




Une mesure de Mélenchon avec laquelle je suis d'accord !

Mélenchon propose de plafonner à vingt fois le salaire le plus bas de leur entreprise le salaire des dirigeants. Hé bien, je suis entièrement d'accord.

Et l'argument est simplissime : la décence.

C'est bien parce qu'au nom de l'égoïsme posé comme sacré, on a perdu toute notion de décence que notre société se désagrège.

Le plus emmerdant dans l'affaire des augmentations des dirigeants d'Air France, c'est qu'ils ne semblent même pas comprendre qu'il y ait un problème.



Etranges pontes LR

On sent bien que ça démange tous les pontes LR de faire exactement ce que les procureurs de gauche leur ordonnent et de lâcher Fillon et que la seule chose qui les retient, c'est la peur de se prendre des claques par les militants.

C'est quand même extraordinaire d'être soumis à ses bourreaux à ce point. On dirait des femmes battues.

vendredi, mars 03, 2017

La débâcle de la fausse droite

Le spectacle des rats quittant le navire autour de Fillon est pitoyable, des gens sans honneur. En plus, ils sont bêtes, mais bêtes ... Comment peuvent-ils croire qu'un Juppé écrasé aux primaires ait la moindre chance ?

Je constate une fois de plus que la classe médiatico-politique se préoccupe beaucoup plus du qu'en-dira-t-on parisien que de la France.

Leur seule préoccupation est d'obéir aux injonctions, pardon, aux ordres, des salopards gauchistes (rappelons que toute cette affaire est bâtie sur du sable : les sommes en jeu sont dérisoires et les poursuites sont probablement inconstitutionnelles).

Il sont tellement pitoyables que, d'une certaine manière, cela devient comique.

Malheureusement, on ne peut même pas espérer de cette pantalonnade amènera la clarification tant espérée. Sauf si ...

Sauf si Fillon réussit à se maintenir et à atteindre le deuxième tour. Ou si Fillon est remplacé et le remplaçant prend la branlée du siècle.

Or, cette hypothèse a une forte probabilité : soit Fillon se maintient et il est au deuxième tour (je ne crois pas une seconde les sondages), soit il est remplacé et les électeurs de droite seront tellement vexés qu'ils vont se déchainer contre.

Les couilles molles de la fausse droite ne se rendent même plus compte qu'ils rendent une victoire de Marine Le Pen possible. Car ils sont en train de faire sauter les barrières psychologiques qui empêchent les électeurs de droite de voter Le Pen.

Finalement, tout ne va pas si mal. On aura encore cinq ans de merde, mais le paysage politique sera prêt pour une vraie alternance en 2022. Surtout que je n'oublie pas l'environnement international : Trump en sera à son deuxième mandat, le Brexit aura eu lieu et l'Euro n'existera probablement plus.

Sinon, je me pose une question : Zemmour aura-t-il ses 500 signatures ?


Fillon, c'est fini (les rats quittent le navire)

Les défections se multiplient autour de François Fillon. La situation devient intenable.

Ce n'est pas glorieux car ces défections sont basées sur du vent, ou, plus exactement, du bruit médiatique, un théâtre d'ombres. Il n'y a pas d'affaire Fillon : il a payé sa femme comme attachée parlementaire pendant des années comme beaucoup qui n'ont aucun ennui et, en plus c'est ancien, la belle affaire !

En même temps, cette injustice comporte une justice immanente. Pour être président, résister ne suffit pas, il faut tuer, et Fillon n'est est pas un tueur. Et puis, il est juste que la fausse droite paye des décennies de soumission à la gauche (si elle avait épuré la presse, la justice et l'université, elle n'en serait pas là).

Nous allons donc nous retrouver à choisir entre Macron et Juppé (pour ma part, je préfère Macron, ça permet au moins de liquider la fausse droite). De toute façon, placé devant ce choix, je voterai Le Pen, et je ne serai pas tout seul.

C'est Buisson qui doit se fendre la poire.

Il faudra un jour faire le procès de François Hollande, qui a réussi à fausser une élection cruciale. Le peloton d'exécution dans les fossés de Vincennes.

Fillon a certes un recours : l'appel au peuple. Mais pour que ça marche, il faudrait qu'il fût considéré comme l'homme du peuple, il est homme de de Castries.

Pour sauver les meubles, il pourrait appeler au secours Zemmour et de Villiers, mais cela suppose une audace et une imagination dont il est incapable. Il n'a déjà pas été capable de virer les félons avant qu'ils ne le quittent.

Le Pen, le moindre mal ?

Il y a quelques semaines, vous m'auriez interrogé sur mon vote, je vous aurais répondu : « Je vais m'abstenir, mais si vous tenez absolument à voter, vous pouvez voter Fillon, c'est le moindre mal ».

J'en suis désormais moins sûr.

Il n'y a pas d'affaire Fillon, cela fera comme les diamants de Bokassa : c'est juste une manoeuvre destinée à éliminer un candidat par une guerre de représentations. Une fois l'hystérie de la campagne passée, les imbéciles qui s'y sont laissé prendre oublieront même qu'elle a existé et, bien entendu, l'objectif ayant été atteint, les poursuites s'arrêteront.

En revanche, cette attaque de salopards de compétition a révélé toutes les faiblesses latentes du candidat Fillon.

Faiblesses personnelles, manque d'anticipation, manque de réactivité, manque d'agressivité, mais, surtout, faiblesse politique : une ligne anachronique (Thatcher, c'était en 1978 et Maastricht en 1992) et un parti laissé à lui-même (donc capable du pire, vu q'u'il est composé d'imbéciles, de lâches et d'arrivistes - beaucoup parvenant à être les trois à la fois). Un manque flagrant de compréhension de l'époque, il n'a visiblement pas compris Farage et Trump, Guilluy, Zemmour et de Villiers.

C'est pourquoi, reprenant ma phrase initiale, je dirais : « Je vais m'abstenir, mais si vous tenez absolument à voter, vous pouvez voter Le Pen, c'est le moindre mal ».

Pourquoi ? Parce qu'une élection de Marine Le Pen pourrait forcer cette union des droites indispensable à la France et clore, enfin, le malheureux épisode mitterrando-chiraquien (ce qu'a raté Sarkozy pendant son quinquennat). Marine Le Pen n'aura pas de majorité parlementaire sans l'UMP et l'UMP n'aura pas de pouvoir sans Le Pen, ils seront donc bien obligés de trouver un accord. Alors que, pour l'instant, l'élection de Fillon serait cinq ans de plus de Système.

Addendum :



  • Comme prévu, le parlement européen a voté hier à une écrasante majorité la levée de l'immunité parlementaire de MLP.
    Comme j'étais présent dans l'hémicycle, j'ai pu voir que la quasi totalité des députés UMP a voté pour (vote à main levée)
    Ils sont tellement cons qu'ils cautionnent au parlement européen ce qu'ils fustigent en France concernant Fillon, à savoir une instrumentalisation de la justice par les socialos pour voler l'élection présidentielle au peuple français.

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      Peter Hitchens soutient que UKIP a tort de s'attaquer au Labour, son vrai ennemi est le parti conservateur.
      En France, c'est pareil. Le FN a parfaitement raison de cibler l'UMP, j'espère une union des droites mais elle ne sera possible qu'après avoir mis l'UMP à genoux.


Addendum 2 : chez Philippe Bilger (c'est une brêle en politique, très bourgeois qui dine en ville, mais il arrive que des commentaires soient intéressants).

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Deux fois, ça suffit. La première François Fillon se fait voler une victoire immanquable à la tête du premier parti de la droite par Copé. La deuxième il est incapable de réagir en futur chef d’Etat à des accusations abracadabrantesques.

Qu’est-ce que ce général qui ne sait pas attaquer ses adversaires : cinq ans à Matignon et il n’a pas de dossiers sur Macron ? sur Hollande ? Il nous invoque les mânes du général et il n’a pas de Foccart à ses côtés ? Il croit que la politique se fait en gants blancs ? Il croit que les Pasqua, les Roland Dumas, et autres sicaires ne sont pas nécessaires ? Qu’est-ce que ce général qui se laisse enfermer par une troupe de juges dans une citadelle indéfendable ? Les Bazaine jadis on les fusillait.

Au lieu de traiter par le mépris ces Dandin du parquet national financier, invoquer son immunité parlementaire [il n'a pas l'immunité parlementaire] et parler fort au nom de la séparation des pouvoirs, seul fondement de la démocratie, il geint, joue les victimes, biaise sur le fond.

Au diable, ce paltoquet qui ne sait être ni César, ni de Gaulle.

Rédigé par : olivier seutet | 03 mars 2017 à 09:59
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mercredi, mars 01, 2017

Le putsch électoral peut-il rater ?

L'équipe Hollande + fanatiques judiciaires + vautours de presse a piégé François Fillon et celui-ci, mauvais comme cochon, a accumulé les erreurs stratégiques et tactiques qui ont joué dans la main de ses ennemis (à ce stade, on ne peut plus parler d'adversaires mais bien d'ennemis).

Si on a le goût de l'humour noir, on peut remarquer un coté comique à cette affaire : ce qui est reproché est anodin. Voir le comportement de ceux qui en font des tonnes dans cette affaire par rapport au ridicule des faits prête à rire.

Toujours est-il qu'il s'agit d'un véritable vol d'une campagne électorale à un moment crucial pour le pays. C'est une forfaiture, un crime contre le pays, dont j'espère, si Fillon ou Le Pen étaient élus, qu'il sera puni avec la plus grande sévérité.

Un signe de la grave crise de notre démocratie est qu'aucune voix ne se fait entendre à gauche pour soutenir Fillon et exiger un combat à la loyale.

La classe jacassante parisienne est persuadée que ce putsch électoral a déjà réussi, qu'Emmanuel Macron et Marine Le Pen seront au second tour et qu'Emmanuel Macron sera président.

Mais la caste n'est pas le peuple. Est-ce si sûr que le peuple va s'y laisser prendre ?

Digression : ces histoires remontent encore Trump dans mon estime. La comparaison Fillon / Trump est cruelle pour le Français.


mardi, février 28, 2017

Le Système aux abois fait feu de tous bois : Donald, Marine François et les autres

Le Système a échoué à empêcher Trump d'être élu. Il essaye donc de l'empêcher de gouverner.

On trouve des articles tendancieux comme celui-ci :

« Impeachment » contre Trump : une procédure irréaliste à ce stade

Rien n'est faux, mais, comme tout est orienté, à commencer par le choix du sujet, rien n'est vrai. On apprécie le perfide « à ce stade ».

En France, le Système a trop peur. Il ne prend plus de gants :

Affaires à répétition : comment donner raison à Marine Le Pen. Pour mieux faire élire Macron ?

Marine Le Pen face au gouvernement profond


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Une presse aux ordres, à la fois de ses patrons oligarques et du pouvoir d’État, fait la promotion d’un télévangéliste sorti de nulle part, et affublé de tous les attributs de ce que les Français ne supportent plus. Ayant connu toutes les élections présidentielles depuis 1965 je n’ai jamais vu un tel déferlement de propagande. Et je n’ai jamais assisté non plus à une telle instrumentalisation de la justice et de la police à des fins directement politiciennes.
[…] Que l’on comprenne bien, le propos n’est pas de considérer que François Fillon n’a rien à se reprocher, ou que le Front national est exempt de tout agissement à caractère pénal. Le problème est que cette accélération à ce moment-là d’affaires anciennes poursuit un but politique évident : empêcher le débat de fond. À tout prix. Prenons l’exemple de la transmission aux duettistes du Monde, amis du pouvoir, de pièces de procédure couvertes par le secret. Cette transmission effectuée par des fonctionnaires chargés de veiller à son respect est un manquement doublé d’une infraction pénale gravissime. Et puis, la phrase rituelle : « la justice doit passer, il n’y a pas de trêve » est une hypocrisie destinée à justifier toutes les manipulations. Des procédures pour des affaires ou des faits anciens ne sont marquées d’aucune urgence et peuvent évidemment être suspendues pendant une campagne électorale présidentielle. À titre d’exemple, la publication des lettres d’observations des Chambres régionales des Comptes, sur la gestion des collectivités locales est interdite 6 mois avant les élections locales. Justement pour éviter les manipulations.

[…]

Hypnotisés par Macron et Le Pen, Fillon est atone, Mélenchon mutique, Hamon à l’ouest, et tous les autres inaudibles. La voiture n’a plus de frein, pas d’airbag, l’accélérateur est coincé, et on fonce vers le mur.


Frédéric Lordon a choisi une métaphore marine … « Voguons donc avec entrain vers un deuxième tour tant espéré, qui ne nous laissera que le choix de la candidate de l’extrême droite et du candidat qui fera nécessairement advenir l’extrême droite ».
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Je ne suis pas sûr que les Français supportent très longtemps ces infâmes manipulations de la campagne électorale, mais je ne sais pas comment ils manifesteront leur colère.






dimanche, février 26, 2017

L'échec de Fillon

La campagne électorale de François Fillon est d'ors et déjà un échec.

Il devrait être grandissime favori, il ne l'est pas. Même s'il gagne (c'est quand même le plus probable), il n'aura pas la légitimité que donne une large victoire.

Pourquoi ?

Réponse courte : parce c'est un con.

Réponse longue : parce qu'il nous ramène quinze ans en arrière. Il fait campagne comme s'il n'y avait pas eu Sarko 2007, Buisson, Zemmour, de Villiers, (et leur plus d'un million d'exemplaires à eux trois), Guilluy, le supplice de la Grèce, le Brexit, Trump. Evidemment, quand on a comme conseiller Henri de Castries, les peines de la France profonde et l'intérêt de la France ...

L'affaire Pénélope n'aurait pas pris une telle ampleur si Fillon n'avait pas lui-même placé sa campagne sur le terrain de la morale parce que, au fond, il ne veut pas discuter de politique puisqu'il n'a aucune intention de changer la politique qui échoue depuis trente ans.

Guillaume Tabard : « L'inefficacité électorale du vieux logiciel anti-FN »

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Emmanuel Macron «ne se résout pas» à sa qualification en finale de la présidentielle ; François Fillon prévient qu'elle risque de gagner s'il n'est pas lui-même présent au second tour ; Benoît Hamon recherche l'unité de candidature à gauche pour empêcher un face-à-face entre «la droite dure et l'extrême droite». Mais en affichant leur obsession de la présidente du FN, ces candidats montrent aux électeurs, à leurs propres électeurs, que la courbe des sondages de Marine Le Pen leur importe plus que celles du chômage, des violences, de la pauvreté, du malaise des salariés, du niveau d'instruction… Alimentant ainsi, à l'inverse de leur souhait, ce vote Le Pen.
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Mélenchon, quoi que je pense de lui, est plus intelligent : en 2012, il était opposé à la sortie de l'Euro. En voyant ce qui est arrivé à Tsipras, il a changé d'avis.

Et pourtant, Fillon n'a rien à inventer, il lui suffit juste de ré-écouter le discours de Seguin de 1992. Même cela paraît au-dessus de ses capacités.

Sarkozy, en le qualifiant son premier ministre de collaborateur, avait été cruel mais juste.

Buisson raconte une anecdote éclairante : il est assis à coté du président, il se lève pour aller aux toilettes, quand il revient, le premier ministre lui a pris sa place. Fillon, ça vole haut.

Seul contrepoint : à mes yeux, la passion fillonesque pour la course automobile ne cadre pas bien avec cette médiocrité générale







Elections : les Français sont capables du pire

Un collègue à qui je disais que les Français ne seraient pas assez bêtes pour élire Macron, que tout de même le Brexit et Trump permettaient de garder espoir en la démocratie, m'a fait remarquer que les Français ont élu Mitterrand (quand les Britanniques et les Américains élisaient Thatcher et Reagan), réélu Mitterrand, élu et réélu Chirac, élu Hollande ...

Il y a de simples constats qui sont déprimants.

Marin de Viry : « Après trente ans d'antifascisme, Le Pen aux portes du pouvoir. Bravo les gars ! »

Marin de Viry : « Après trente ans d'antifascisme, Le Pen aux portes du pouvoir. Bravo les gars ! »

Votre livre pose un regard cruel sur le quinquennat Hollande. Vous l'avez vécu comme une épreuve ?

Marin de VIRY. - Comme une épreuve pour l'amour que je porte à mon pays, certainement. Cette épreuve a commencé depuis longtemps, et au fond elle est arrivée à son terme avec ce quinquennat: le pouvoir n'est plus capable de faire souffrir le pays, il a donné tout ce qu'il pouvait sur ce plan-là. Quand j'étais à Sciences Po au milieu des années 1980, on m'expliquait doctement que le meilleur régime possible, c'était la Cinquième République (avec des majuscules), pour les raisons historico-politiques que l'on sait, à laquelle il fallait nécessairement rajouter une couche de technocrates ayant intériorisé l'intérêt général, l'édifice étant complété par les partis politiques, qui avaient vocation à s'occuper de l'alternance. Laquelle consistait à mettre en œuvre une politique rocardo-barriste ou barro-rocardienne, suivant que le pays voulait plutôt un peu de mouvement ou un peu d'ordre. Cet immobilisme à trois têtes - institutions, partis, technocratie -, légèrement animé par l'alternance, ces moments d'effusion populaire, d'oscillations autorisées sous contrôle du système, nous a conduit dans le mur, dont je vous fais grâce de la description.

Alors que ce bel édifice rationnel aurait dû nous conduire vers l'idéal d'une économie sociale de marché où tout aurait été à sa place dans une perspective de progrès continu, c'est la confusion des esprits sur fond de déroute morale, intellectuelle, économique et sociale, qui a régné pendant bientôt quarante ans. Sous François Hollande, il faut ajouter à cette confusion un facteur « de gauche » qui - je crains de le dire en raison de l'amour sincère que je porte à l'idée socialiste que je ne partage pas -, aggrave le tableau.

C'est donc non seulement une épreuve patriotique, mais aussi une épreuve intellectuelle et politique. Intellectuelle, parce que le faux prétexte idiot du combat contre le fascisme - c'est-à-dire contre le Front National - a commencé en 1981 et que ça suffit, trente-cinq ans plus tard, de voir encore à l'œuvre cette procédure de mise en accusation automatique, que les « jeunes » appellent le «point Godwin» (si tu dis le premier le mot « facho » à ton adversaire, tu as gagné) qui a permis à la gauche de remplacer le principe de réalité par l'invective, et a substitué à la responsabilité une sorte de droit à faire n'importe quoi pourvu que l'intention soit sentimentalement correcte. Si je pleurniche au nom des plus hautes valeurs de l'homme, je suis exempté d'action et encore plus de résultat. A contrecourant des intérêts profonds de la société, une certaine gauche - pas la bonne, qui existe et que je vénère [moi pas, mais je me demande si Viry n'est pas un brin ironique] - a lutté de toutes ses forces contre l'intelligence, et donc l'altruisme véritable, avec probablement une forme de bonne conscience qui aggrave son cas. Résultat : Marine Le Pen est à nos portes. Bravo les gars !

Vous considérez que plusieurs centaines milliers de Français ont le niveau pour remplacer nos actuels ministres. C'est le gouvernement pour tous ?

Prenez un des trente ou quarante ministres du gouvernement actuel, homme ou femme. Faites abstraction de son brushing, de sa tenue lookée, de son chauffeur, de son inoxydable confiance en lui-même, de sa science du tweet qui clashe, du fait qu'il a été nommé parce qu'il apporte au gouvernement le soutien théorique d'un sous-courant d'une coquille partisane désertée par l'esprit et par les militants depuis longtemps, et concentrez-vous sur sa contribution à l'intérêt général. Deux point s: d'abord, elle est souvent objectivement très faible (quand elle n'est pas négative), et elle ne justifie pas cette débauche de moyens que l'on met à la disposition d'un ministre ; ensuite, vous vous demandez souvent pourquoi lui, ou pourquoi elle ? Vous connaissez forcément deux ou trois personnes qui feraient mieux le travail, pour plusieurs raisons : ils ou elles ne connaissent pas seulement le monde à travers la vie d'un parti, laquelle est une vie tronquée, ratatinée, obscure, minuscule, avec quelque chose d'ingrat et d'hostile qui, à la longue, dissout les qualités et l'énergie de celui ou celle qui y fait carrière. Vos amis la connaissent mieux, la vie. Ils connaissent le risque, le vrai travail, l'art de prendre les décisions. Ils parlent et écrivent en français, pas dans cette espèce de volapuk qui déclasse tout le monde: celui qui parle et celles et ceux à qui il s'adresse. Bref, la société civile, si riche, est complètement laissée de côté.























Flatter les ego est une anti-éducation

Feeding Your Inner Caligula

Comme d'habitude, Darymple est ravageur pour la modernité.



samedi, février 25, 2017

Charles Gave : la trahison des élites et la révolte des peuples

L’esprit paysan

L’esprit paysan français, vis-à-vis de l’Etat et du marché, a toujours été double.

D’une part, on demande à l’Etat protection et subventions. Les lois Méline ne datent pas d’hier.

D’autre part, une volonté farouche d’indépendance, toute demande d’aide vécue comme une déchéance.

Si la première tendance a écrasé la paysannerie française depuis la guerre (d'ailleurs, il n'y a plus de paysans mais des agriculteurs, transformés en semi-fonctionnaires mendiants)n, le désastre de cette politique conduit à une renaissance de la deuxième

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Certains, d’ailleurs, refusent toute aide, de peur de se faire broyer par cette machine devenue folle. Gérard Legruel, éleveur d’agneaux prés-salés à Créances dans la Manche et maraîcher de légumes anciens, met ainsi en garde la jeune femme qui va reprendre sa ferme. « Ne leur demande rien, ne leur dois rien. Parce que ce qu’ils te donnent d’une main, ils te le reprennent de l’autre. » Et cet ancien agriculteur productiviste, qui a tout lâché du jour au lendemain pour changer d’orientation, de lui lancer : « Soit tu es capable de gagner ta vie avec tes produits sans avoir besoin de leur aide, soit tu es morte. Car si tu as besoin d’eux, ils vont te pousser à t’endetter, à acheter des machines, à rénover tes bâtiments … Ils vont te faire augmenter tes rendements. Et tu vas crever, faire crever ta terre, et tu n’oseras plus regarder tes clients dans les yeux. »
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Les mensonges du pape François Zéro et les murs du Vatican

Pope Francis Tears at History’s Ancient Walls against Islam

Nous vivons une ère du mensonge. Il est particulièrement désastreux qu'un des menteurs en chef soit le pape François.

Le pape François a déclaré, d'une part, qu'il n'était pas chrétien de construire des murs plutôt que des ponts et, d'autre part, que le terrorisme musulman n'avait rien à voir avec l'islam.

Raymond Ibrahim fait juste remarquer, avec sa pertinence habituelle, que la pape François vit au Vatican à l'abri d'un mur précisément construit par des chrétiens pour se protéger de la violence musulmane.

Ce pape est une épreuve, une punition.









vendredi, février 24, 2017

Polanski et le chœur des demi-vierges

Polanski et le chœur des demi-vierges

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J’en ai plein le dos de l’épidémie de moraline qui nous accable jour après jour. On veut des gens parfaits — mais que celui qui n’a jamais péché, comme dit l’autre… Des hommes politiques parfaits — végétariens, amis des bêtes, buveurs d’eau : Hitler ! Il faut prendre les gens comme ils sont, et leur demander qu’ils nous donnent le mieux de leurs qualités — leurs défauts les regardent. Mazarin n’était pas un enfant de chœur, et certainement pas un type honnête — mais il a gagné la Fronde et la Guerre de Trente ans. Sans lui, nous parlerions espagnol. Eh bien, je continuerai à voter Mazarin — s’il s’en trouve.
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Je n'arrive jamais à être complètement en phase avec Brighelli. Je lui ai d'ailleurs laissé la commentaire suivant :

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Je ne suis pas d’accord avec votre insistance sur les qualités de l’artiste. Cela n’a rien à voir avec le sujet.

Votre défense reste valable pour un tonnelier.
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Ce que je n'ai pas dit à Brighelli, c'est que son insistance sur les qualités de l'artiste est une défense de caste et révèle le mépris des non-intellectuels, des non-artistes. Un plombier-zingueur n'aurait pas droit à la même défense ?

Passons, je suis globalement d'accord avec le moustachu.

Je suis chrétien, je sais que les hommes sont pécheurs. Et il n'y a pas besoin d'être chrétien pour savoir que nul homme n'est parfait et surtout pas les professeur-e-s (je plaisante) de morale.  Elles en ont un sacré coup dans le casque mais la lâcheté de nous autres leur laisse la parole.