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mercredi, juillet 19, 2017

Pierre et Marlène sont dans le bateau de Jupiter ...

Article dévastateur :

Macron sacrifie Villiers et l’armée pour protéger Schiappa et les féministes

Article encore plus dévastateur quand on le remplace dans le contexte :

Confiance





Cedant Arma Togae et la démission de Pierre de Villiers

Puisque la mode est un psychologisme (conséquence de la prise de pouvoir des femmes, dirait Zemmour), j'ai lu un article sur Macron disant qu'il n'est pas déraciné, on sait qu'il vient d'Amiens, mais, comme Hollande, sans attaches, car il n'y a, comme tous les narcissiques, que sa petite personne qui compte, tout son monde s'ordonne autour de lui, tout et tous n'existent que dans leur rapport à lui, il ne s'attache rien ni à personne, mais tous devraient s'attacher à lui.

Revenons à la politique. Nulle surprise : Macron, c'est Hollande-bis, en plus jeune et plus dynamique, en plus intelligent. Bref, en pire, en plus dangereux. Macron, c'est le triomphe de Terra Nova, la dissolution de la France, noyée, par le haut, dans le mondialisme, par le bas, dans le communautarisme.

Dans cette optique, il est évidemment essentiel, l'école, l'Eglise et la justice étant détruites, d'achever la seule institution française qui restait debout : l'armée. C'est simple, logique et implacable.

Les Français ont-ils voté pour cette politique en connaissance de cause ? La réponse est, bien sûr, négative. C'est le boulet que traine Macron d'une campagne électorale avortée, viciée et vicieuse. Les Français, et c'est déjà très condamnable, ont juste voté pour une marque de lessive.

Le manque de légitimité va hanter son quinquennat et il est mal parti. Plutôt que de commencer modestement et de bâtir sa légitimité pas à pas, en surmontant les obstacles l'un après l'autre, il attaque bille en tête. Cela semble un coup d'audace, mais pourrait vite se transformer en claquage.

Mais la plus à plaindre dans ce cirque, c'est la France.


mardi, juillet 11, 2017

Budget de la Défense : Bercy, ce nid de traîtres à la nation

Budget de la Défense : Bercy, ce nid de traîtres à la nation

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Derrière ces arbitrages malheureux, se pose la question du mondialisme béat de la technostructure française. Aux yeux des hauts fonctionnaires de Bercy, la France est une idée dépassée, et la puissance française un souvenir moisi à jeter aux oubliettes. Rien ne remplacera jamais, dans cette doctrine, les bienfaits de l’État-Providence. La puissance américaine est supposée pourvoir au reste.

Combien de hauts fonctionnaires ne sont-ils pas convaincus aujourd’hui que le format parfait pour la France consiste à se débarrasser de nos possessions ultramarines (Corse comprise), à se concentrer sur la prise en charge de la pauvreté (pour l’accroître subrepticement, bien entendu), et à beugler des credos mondialistes ? Cette idée-là est majoritaire, et laisse peu de place à la Défense.
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Verhaeghe tape fort, mais tape-t-il vraiment à coté  ?

Je rappelle (je ne devrais pas avoir à le faire, mais nous vivons dans un monde où beaucoup de gens ont perdu la tête) que la défense du pays est la raison d'être ultime de l'Etat, que, si l'Etat manque à cette mission, toutes les autres ne valent rien, que porter atteinte à la défense du pays est la définition même de la trahison. Et que, dans ce cas, non seulement les fonctionnaires de Bercy n'ont plus de raison d'être, mais ils sont chanceux de ne pas connaître la paille humide des cachots.

lundi, mai 09, 2016

Les militaires, les livres et l'efficacité

Michel Goya, fait un constat historique pas con : quand les militaires peuvent s'exprimer et écrire, la France gagne les guerres. Quand on intime l'ordre aux militaires de la fermer, la France perd les guerres.

C'est une gigantesque latte, sans jamais les citer, contre Hollande et Juppé. Ce n'est pas la première et pas la dernière (1).

Hé oh, la guerre

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Les guerres se gagnent, aussi, par la critique ouverte et tolérée (tant qu’on ne révèle pas de secret opérationnel) de ce qui se fait, surtout lorsque ce qui se fait ne nous conduit pas visiblement vers la victoire. Tout ce qui bloque ce débat : l’autoritarisme « droit dans ses bottes », la prétention élitiste au monopole de la pensée, le petit calcul politique, la peur de déplaire à l’Elysée, la peur de ne pas avoir un poste prestigieux ou très bien payé à l’issue de son commandement, l’argument de la critique « dans un fauteuil », etc., tout cela est un facteur de défaite. Les cimetières des batailles perdues sont pleins de militaires à qui on a demandé de fermer leur gueule. Les histoires des désastres sont pleines de citoyens à qui on interdit de réfléchir.

Au fait, on en est où de la guerre contre l’Etat islamique et les autres organisations djihadistes. Ça va mieux ?

PS : Clemenceau disait qu'après le milligramme, plus petite unité de poids et le millimètre, plus petite unité de distance, le militaire était la plus petite unité d'intelligence....C'était plus un bon mot qu'une croyance et au moins, ça c'était drôle.
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Si je m'intéresse tant aux militaires et à leur liberté de parole, c'est pour une raison simple. Il n'y a plus que deux institutions en France (à part l'islam) qui pensent sur le long terme, ne sont pas amnésiques et ont encore des moyens d'action.

Ce sont l'Eglise et l'armée.

L'Eglise est cependant dans le piteux état intellectuel et psychologique que l'on sait (même si je ne perds pas espoir d'une résurrection). Il ne reste donc que l'armée.

Certes, elle n'est pas séparée de la société et en subit les maux, mais elle reste un petite lueur, un amer auquel on se raccrochera peut-être le jour venu.

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(1) : [...] une hypocrisie qui n’est pas l’apanage des « socialistes ». Ainsi, Natacha Polony peut, à juste titre, dénoncer la réponse inadaptée, et somme toute minable qu’Alain Juppé à faite au Général Soubelet et qui lui a valu un article vengeur du Général Desportes. Car, le cas du Général Soubelet est exemplaire. Le voici mis à la retraite d’office par le gouvernement pour avoir dit, lors d’une audition parlementaire, l’état déplorable de la gendarmerie et avoir mis en cause le fonctionnement de la justice. On peut ne pas partager tous les constats du Général Soubelet. Mais, devant des parlementaires, il devait dire ce qu’il pensait, quitte à ce que ces parlementaires interrogent d‘autres responsables, et ne tiennent pas compte de ces propos. La sanction qui le frappe est inacceptable, et constitue de la part du gouvernement une faute inexcusable. Mais, que Monsieur Juppé joigne sa voix aux loups est un aveu lourd de sens. Ainsi, cet ancien Ministre des Affaires Etrangères préfère le silence complice à la vérité qui fâche. Voilà ce qu’il faut dire à tous quand il viendra, peut-être, quémander nos suffrages. [...]




samedi, août 01, 2015

Un 14 juillet très en retard

J'avais mis ces textes de coté puis je les ai oubliés. Pourtant, le sujet est important et même primordiale : sans défense, pas d'existence et donc rien n'est possible sauf la mort. C'est ce que les pacifistes oublient.

Et je rappelle Julien Freund, dont j'ai l'impression qu'il revient à la mode, ce qui est bon signe : vous pouvez être pacifiste de tout votre soûl, ça ne sert à rien, c'est l'ennemi qui vous choisit. Quand un matin, quelqu'un vous dit : «On va jouer à un jeu marrant. Ca s'appelle la guerre. Tu es mon ennemi et je vais te tuer», vos options sont limitées soit vous soumettre ou mourir, souvent les deux, soit vous battre.

Je sais bien que beaucoup préfèrent se soumettre par peur de la mort, mais la soumission n'empêche pas l'exécution (ça rime), bien au contraire. Souvent, presque toujours, se battre est la solution raisonnable à long terme.

Comme d'habitude, c'est moi qui souligne. De même, les commentaires entre crochets.

Général Desportes : l'armée française n'a pas les moyens des missions qu'on lui confie

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[…]

La réintégration [du commandement intégré de l'OTAN] avait été justifiée par la nécessité de faire avancer l'Europe de la défense [toujours ce fétiche européiste : on pose comme principe que l'Europe de la défense serait bonne, qu'elle serait une nécessité, sans jamais le démontrer]. Hélas, c'est un échec profond  [encore un échec de Sarkozy] : celle-ci n'en a pas du tout tiré parti. Il est aujourd'hui indispensable de se lancer dans la construction de l'Europe de la défense, en étant réaliste: tout ce qui s'est fait jusqu'à présent n'a produit que des résultats extrêmement limités. L'OTAN est un frein à la construction de l'Europe de la défense. Les Etats-Unis doivent progressivement laisser les Européens traiter eux-mêmes leurs propres problèmes sécuritaires.

[…]

Un des problèmes de l'armée française est qu'elle manque de profondeur stratégique. Les armées françaises ne sont jamais capables d'engager pour suffisamment longtemps des effectifs qui dépassent le cap de la bataille pour gagner la guerre elle-même. [Et quand ça sera la guerre avec les quartiers islamistes, il y aura des désertions de CPF en pagaille, le problème d'effectifs sera multiplié par ouh là là, mais chut ! Il ne faut pas parler des recrutements à la petite semaine de nos armées, enfin si Michel Goya en parle].

Elles sont donc amenées de façon récurrente à s'engager, combattre, revenir car l'action n'est jamais menée complètement, jusqu'à son terme.
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Le grand paradoxe militaire français

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[…]

Il n'y a pas un homme politique français qui nie l'augmentation de la dangerosité du monde depuis une vingtaine d'années. Or, qu'ils soient de gauche ou de droite, les gouvernements n'ont cessé de réduire la taille de nos armées De gauche ou de droite [ils font la même politique de gauche, c'est pourquoi il est inutile et même nocif de voter ], les gouvernements n'ont cessé de réduire la taille des armées. Refusant, par démagogie ou par croyance sincère aux bienfaits de l'assistanat, toute baisse dans les dépenses sociales, ils se sont attaqués à l'armée pour faire des économies. C'est toujours plus facile de s'en prendre à un corps non syndiqué! Depuis la fin du cabinet Raymond Barre (1976-1981), le dernier homme politique français à avoir bien géré l'État, nos gouvernements ont tous fait preuve de lâcheté budgétaire.

Jacques Chirac, qui fut le fléau de notre pays [le voici enfin jugé à sa juste valeur, l'homme du regroupement familial], ne s'est pas contenté d'être laxiste sur les dépenses publiques. En prenant la funeste décision de suspendre le service militaire obligatoire, il a cassé le dernier moule où se forgeait, qu'on le veuille ou non, la solidité de la nation française. Votée au mois d'août 1913, la «loi des trois ans», qui instaurait un service militaire de cette longueur, «strictement et rigoureusement égal pour tous, sans aucune dispense», avait été un formidable intégrateur social. Sans elle, jamais l'armée du général Joffre n'aurait tenu face à l'agression allemande d'août 1914.

[…]

En politique, il faut savoir faire des choix simples. Le monde est-il plus dangereux qu'hier? Oui. Il faut donc réarmer.
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Bien sûr, il n'y a aucune chance que la France réarme. Nos politiciens ont bâti leurs carrières sur l'universalisme délirant, sous ses formes républicaniste et européiste, et sur le social-clientélisme. Si ces clochards de la pensée, cyniques et désabusés, croient en une seule chose, c'est que la France et les Français sont indignes d'eux. Le réarmement les obligerait à renoncer à ce qu'ils sont, c'est impensable pour ces êtres égocentriques et narcissiques.


Le soldat, gardien de l'espace et du passé, sentinelle de la longue durée

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[…]

Pourquoi a-t-on voulu cacher le soldat ? La réponse est claire: parce qu'il incarne une réalité que certaines élites aimeraient bien détruire, qu'il importe de toute façon à leurs yeux d'enfermer dans le grenier poussiéreux des choses à jamais réduites à la caducité, le fait national. La présence du soldat dans la vie quotidienne risquerait de rappeler aux Français qu'ils sont une nation, de légitimer la question, décrétée taboue, de l'identité nationale. L'escamotage du soldat s'inscrit dans cette haine de soi que les tenants de l'idéologie dominante veulent contaminer au peuple dans son entier. Plus : on a voulu cacher le soldat parce qu'on a voulu cacher l'histoire comme histoire nationale. L'opinion articule la figure du soldat à l'idée d'espace, de frontières, de territoires. Mais il est tout aussi exact de l'articuler à l'idée de temps. Il n'est pas seulement le gardien de l'espace, il est aussi, l'un des gardiens du passé, la sentinelle de la longue durée.

[…]

Tout comme le professeur et le prêtre, le soldat est un héritier et un passeur d'héritage. Tous les trois sont les derniers héritiers au coeur d'une société d'inhéritiers, la nôtre, qui a transformé en catéchisme la triste vulgate issue de Bourdieu, selon laquelle l'appellation «héritier culturel» est une insulte. C'est toute, l'histoire de France qui vit dans chaque soldat. C'est elle qui bat dans son coeur. Ce sont 15 siècles, 40 rois et 5 Républiques, qui habitent ses gestes. Autrement dit un soldat ne représente pas seulement la France dans son état actuel, ni non plus uniquement la politique française d'aujourd'hui (par exemple au Mali).

Il représente tout le passé de la France. Tous les soldats de toutes les batailles depuis Hugues Capet, et même avant, celles de l'Ancien Régime, celles de l'Empire et celles de la République, revivent à leur façon sous l'uniforme du soldat français tel qu'il défile le 14 Juillet. Acceptant le risque d'être tué à l'ennemi, le soldat est pourtant aussi résurrectionnel: même à l'heure du don suprême, celle de sa propre vie, de sa jeunesse, tous les soldats de France trouvent leur résurrection en lui.

[…]

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lundi, avril 20, 2015

Pendant ce temps, le «chef» des armées cultive son narcissicisme à la télé ...

Certaines images sont intemporelles. Je suis sûr que vous penserez aux photos de la soirée du 5 juin 1944. Même s'il s'agit là d'un exercice profitant d'une situation opérationnelle .




mardi, février 24, 2015

Pourquoi la France doit se réarmer d'urgence

Pourquoi la France doit se réarmer d'urgence

Extrait (je souligne) :

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De manière générale, les tâches régaliennes classiques d'un pays (défense extérieure de ses frontières et de son espace maritime, sécurité intérieure des personnes et des biens, justice efficace et rapide, alphabétisation de la jeunesse) sont, en France, passées progressivement au deuxième plan derrière les nouveaux objectifs «progressistes» d'un État se pensant avant tout comme l'assistante sociale de la population vivant sur son territoire [la mère de François Hollande était assistante sociale. Tout un symbole].

Cette politique de lente translation d'un État fort vers un État providence, cette constante diminution des dépenses militaires en faveur d'une constante augmentation des dépenses sociales, a constitué une double erreur stratégique.

Premièrement, elle n'a pas pris en compte la réalité du monde tel qu'il était, de plus en plus éclaté, de plus en plus dangereux; dominé par la radicalisation des religions et par l'accroissement des pulsions nationalistes des pays émergents.

Deuxièmement, elle n'a tiré aucune leçon de l'échec du socialisme partout où il a été appliqué dans le monde depuis la fin de la Première Guerre mondiale ; elle n'a pas voulu admettre que l'assistanat ne motive pas les individus et qu'il retarde donc le progrès des sociétés. À un jeune de 20 ans l'État s'est mis à dire: «Tu n'as plus de service militaire à faire, mais si tu te débrouilles, tu toucheras un revenu d'“insertion” sans vraiment travailler!»
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Je crois que la dernière fois que des phrases aussi fortes ont été écrites dans Le Figaro, c'était par Louis Pauwels dans les années 80.

Pour que le Fig y revienne, le vent aurait-il tourné ?






dimanche, décembre 21, 2014

Stratégie de la dinde : les dindons, c'est nous

La stratégie de la dinde

Vous connaissez la stratégie de la dinde : en extrapolant ce qui lui arrive tous les jours, la dinde conclut que les humains sont là pour la nourrir et qu'elle ne doit s'inquiéter de rien. Puis arrive Noël.

Taleb en parle à propos des cygnes noirs.

Une armée digne de ce nom doit être gérée en dépit du bon sens financier. En effet, elle doit faire le plein de redondances, de doublons, de fonctions inutiles à courte vue, car, pour faire face à l'imprévu, et l'ennemi n'étant pas un imbécile, la guerre est forcément pleine d'imprévus, l'inutile et le redondant sont indispensables.

Vous me direz que les moyens financiers ne sont pas extensibles à l'infini et qu'il faut bien choisir. Certes, mais le moins possible, c'est pourquoi il faut, pour assurer une bonne défense, être le plus riche possible.

La guerre est une nécessité vitale (qui justifie, au fond, l'existence de l'Etat, nos politiciens semblent l'oublier), c'est aussi un luxe.

Notre pays où l'achat de clientèles électorales et l'embauche de fonctionnaires inutiles sont devenus les priorités financières écrasant tous les autres besoins,  nous n'avons plus les moyens de faire la guerre (sauf la guerre atomique, peu probable).

Ne vous laissez pas tromper par l'actualité : combattre quelques bandes d'abrutis en 4x4 dans un coin de désert n'a rien à voir avec la guerre que pourrait nous faire un ennemi déterminé et organisé.

lundi, février 18, 2013

Indéfendables socialistes

Le budget de la défense est une excellente pierre de touche pour juger du sens des responsabilités d'un gouvernement.

En effet, la défense est une assurance vitale de long terme, dont l'utilité immédiate ne saute pas aux yeux et qui concerne des personnels qui ne protestent pas. Vision cohérente avec le fait que tous les dirigeants français de Clovis à De Gaulle (1) ont considéré que la défense était la mission première de l'Etat et la justification de son existence.

Un État français qui renonce à sa mission de défense ne mérite plus d'exister. C'est aussi simple que cela.

Dans notre situation où aucune évolution extérieure ne justifie une baisse du budget de la défense (c'est le contraire), tout mouvement en ce sens est donc un signe grave de fuite de ses responsabilités et de trahison des devoirs de sa charge de la part du gouvernement.

Or, tous les signes montrent que c'est précisément ce qu'il prépare : des coupes drastiques réduisant à néant la capacité opérationnelle de l'armée française, sauf pour le défilé du 14 juillet. La question de la capacité nucléaire n'est pas tranchée.

À mes yeux, l'Etat trahissant sa mission première, il perd toute légitimité.

Cela ne changera rien à mon quotidien (pour l'instant), mais il n'y a pas de quoi se fendre la pipe.

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(1) : on pourrait discuter des années 20-30 ou de Vichy.

dimanche, décembre 02, 2012

Premier vol du drone de combat Neuron




Ce n'est qu'un démonstrateur. Ce vol reste tout de même une bonne nouvelle.

Je suis pessimiste pour la suite à cause des sempiternelles restrictions budgétaires (il faut choisir, ou payer notre défense, ou payer des feignasses assistées et des clientèles électorales. Nos politichiens ont choisi. Mal, hélas).

Comme l'écrit JD Merchet :

Le Neuron poursuivra ses essais en France jusqu'en 2014, avant d'être testé en Suède puis en Italie. Ce démonstrateur debouchera-t-il sur un programme d'avion de combat piloté à distance ?

Il est évidemment trop tôt pour le dire, mais c'est la logique des choses à moins que l'Europe ne renonce définitivement à occuper une place dans l'aéronautique militaire. 

Quoi qu'il en soit, il s'agit du premier vol d'un démonstrateur d'avion de combat dans notre pays depuis celui du Rafale le 4 juillet 1986 - il y a plus d'un quart de siècle. 

Quelles missions ?

Evidemment, la première que l'on imagine est la suppression des défenses anti-aériennes ennemies : on envoie un Neuron dans une zone «chaude» et il bombarde. Pas de risque médiatico-politique en cas de perte : il n'y a pas de pilote à bord.

jeudi, mai 31, 2012

Judiciarisation de la guerre : une preuve de plus que nous sommes devenus cons

Le Drian est "très préoccupé" par la judiciarisation des opérations militaires

La spécificité du métier de soldat, c'est le droit de tuer et l'engagement à se faire tuer si nécessaire. Quand un soldat meurt en opérations, c'est que quelque chose a merdé, sinon, c'est le salopard d'en face qui meurt. Comme disait Henri IV, à la guerre, il faut laisser beaucoup de choses au hasard.

Je trouve très choquant les parents de soldats tués au combat qui font un procès civil : c'est la négation totale de l'engagement de celui qui est mort. La mort pour un soldat n'est pas un accident du travail comme pour le type de la DDE qui, pressé d'aller au boulot (c'est juste pour illustrer, ça n'a aucun rapport avec la réalité), a un accident de la route.

Juger selon les critères civils, c'est une dégueulasserie en même temps qu'une idiotie.

Les soldats meurent et, à l'origine de leur mort, il y a toujours des erreurs et même des fautes, car rien n'est jamais parfait, les moyens sont toujours limités, l'ennemi attaque les points faibles et les généraux sont humains. Laissons les militaires régler leurs problèmes entre eux, dans leur cadre très spécifique.

La guerre, c'est un autre monde que celui des civils. D'ailleurs, l'armée américaine a découvert que c'était très mauvais pour le moral des soldats de ne pas séparer ces deux mondes. C'est pourquoi, malgré les moyens modernes, elle limite les communications avec les familles.

Soyons logiques : tant qu'à nier la spécificité de l'engagement des soldats et les particularités de la guerre, poussons l'idiotie jusqu'au bout, pourquoi les familles ne font-elles pas un procès aux talibans ?

Mais les cons, ça ose tout ...

mardi, mai 22, 2012

Hollande, les conneries commencent (3) : le bouclier anti-missiles

Otan : François Hollande ne s'est pas opposé au bouclier antimissile

Les Français s'en foutent, les journalistes du tout-venant sont trop cons pour s'y intéresser, et pourtant, je pense que c'est première grosse bourde de Guimauve le conquérant.

mardi, août 03, 2010

Commerce libre et immigration limitée

Pour justifier l'immigrationnisme, auquel je m'oppose farouchement, on m'a souvent répondu «Toi qui es libéral, tu es pour la libre circulation des biens, donc tu dois être pour celle des personnes : un objet ne doit pas avoir plus de droit qu'une personne».

A cela, je répliquais d'une part que cette leçon de libéralisme venant de gens en général pas du tout libéraux m'était suspecte et que, d'autre part, faire une équivalence entre un bien et une personne me paraissait un sophisme, un objet n'a pas de droits. Mais, je n'avais pas réfléchi à la question plus avant.

Mais internet, spécialement LHC (béni soit son nom) et à Roro, est une merveille, j'ai trouvé ce texte :

Pour le libre échange et une immigration limitée

Le concept fondamental est celui d'invitation.

Pour qu'un bien circule, il faut qu'il soit invité dans le pays hôte. Celui qui invite un bien dans le pays hôte, c'est l'acheteur. C'est cela qui rend le libre échange des biens supportable : les biens ne débarquent pas chez vous contre votre volonté, vous les avez invités. Vous ne voyez pas, par exemple, les Chinois venir déverser leurs déchets en France.

Inversement, l'immigration de peuplement (c'est-à-dire la colonisation) que nous subissons, personne ne l'a invitée. Certains politiciens ont laissé faire pour se constituer un prolétariat de substitution, des industriels en ont profité, mais jamais, au grand jamais, le peuple français, seul légitime, n'a décidé d'inviter les immigrés. C'est si vrai que les politiciens ont toujours fait très attention de ne pas lui demander son avis, car ils connaissaient d'avance la réponse, négative.

L'auteur préconise donc une mesure que je propose d'imposer aux connards de RESF : si quelqu'un veut inviter un étranger chez lui, qu'il le fasse, mais à ses frais, que l'étranger ne bénéficie d'aucun système collectiviste et que l'invitant réponde de ses actes ad vitam eternam ou jusqu'à naturalisation (1).

On remarquera que cette idée d'immigration invitée s'oppose au droit du sol. En effet, un étranger ne peut acquérir la citoyenneté qu'en étant délié de la nécessité d'être invité, c'est-à-dire en ayant acquis une légitimité dans le pays d'accueil, par le travail etla propriété. L'auteur va même plus loin en écrivant que le droit du sol est une trahison par l'Etat de son devoir fondamental de protection de ses citoyens.


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(1) : j'imagine la tête des bien-pensants «sanspapiéristes» si toute la misère du monde venait camper chez eux et à leurs frais, pas en bas dans la rue, espace public, mais bien chez eux, dans leur espace privé ! Emmanuelle Béart avec le méchoui sur ses tapis précieux ! Comme d'habitude, la gauche finance sa générosité sur le dos des citoyens qui n'en peuvent mais.

dimanche, juillet 12, 2009

On baisse notre culotte nucléaire

La France est la seule puissance nucléaire qui démantèle son usine de production de matière fissile. Ce mouvement est quasiment irréversible : on n'imagine pas refaire une usine en cas de besoin.

Bien sûr, on peut apporter quelques nuances : il y a probablement des stocks.

Mais, tout de même, c'est un beau baisser de culotte au moment où tant de pays, pas forcément sympathiques, cherchent à tout prix, la bombinette.

Ca me rappelle le contremaître du chantier où j'avais fait un stage : «Evidemment, si il baisse son froc, pourquoi il s'étonne qu'on l'enc.... ?»

samedi, septembre 20, 2008

La guerre d'Algérie a-t-elle été perdue ?

Ces dernières semaines, j'ai lu dans des blogs et dans des journaux qu'il faudrait s'inspirer en Afghanistan des méthodes de la guerre d'Algérie.


Le raisonnement se présente ainsi : certes, la guerre d'Algérie a été politiquement perdue, mais l'ALN a été étouffée, c'est donc une victoire militaire, dont il ne faut pas oublier les leçons.

Ce raisonnement me parait très douteux.

La stratégie ne vit pas pour soi, mais pour permettre la victoire politique. Une défaite politique est donc, obligatoirement, une défaite militaire.

Soit que la stratégie militaire ait été insuffisante, soit que la victoire n'était tout simplement pas possible dans les conditions qui prévalaient, auquel cas c'est une erreur militaire majeure de s'engager dans une guerre qu'on ne peut pas gagner (Sun Tsu doit s'en retourner dans sa tombe).

Je transpose à l'Afghanistan de la manière suivante :

il y a peut-être quelques tactiques inspirées de la guerre d'Algérie qui seraient efficaces en Afghanistan, mais comme la tactique est liée à la stratégie et que la stratégie algérienne a échoué, il va falloir y réfléchir à deux fois.

Le premier impératif me semble donc être de définir des buts de guerre tels que la victoire soit possible (1).

Le seul but de guerre qui me parait accessible, c'est d'empêcher des terroristes de se réinstaller confortablement en Afghanistan.

Tout le reste, amener la paix et la démocratie et patati et patata, je n'y crois pas. Je ne crois pas non plus à la théorie des complotistes sur ce fameux oéloduc qui serait la seule et unique véritable raison de l'intervention occidentale en Afghanistan. Pour une raison simple : le pétrole n'est pas une denrée rare (2) !

(1) : on peut raisonner à l'inverse : définir les buts de guerre d'abord puis se donner les moyens de la victoire. Mais, en Afghanistan, où l'on sent bien que les moyens seront de toute façon limités, mieux vaut commencer par définir des buts de guerre limités en fonction des moyens.

(2) : je sais ce que cette affirmation a d'iconoclaste, pourtant, c'est la pure vérité : les sources de pétrole sont abondantes et diversifiées. Je sais aussi que le pétrole occupe une position fantasmatique dans l'imaginaire politique qui fait que les décisions le concernant sont souvent éloignées de la rationalité.

jeudi, septembre 18, 2008

Quand la France prend exemple sur le Danemark et la Hollande ...

Sans offense pour nos amis danois ou bataves, la France tend à devenir, sur la scène internationale, un acteur du même niveau que le Danemark ou la Hollande.

En tout cas, c'est très clairement l'avenir que nos dirigeants préparent à notre beau pays.

Defence Analysis est une lettre mensuelle britannique spécialisée dans les questions de défense qu'il m'arrive de parcourir de temps en temps et que je trouve généralement très pertinente.

Son étude de la réforme actuelle des armées françaises se conclut par cette phrase radicale : «Paris is actually abandoning the capability to pursue serious war fighting». Autrement dit, en langue de Molière : «Paris est réellement en train d'abandonner toute capacité à mener une vraie guerre».

C'est clair, c'est net, c'est ce que je redoute depuis un certain temps. Et c'est totalement irresponsable. Cette démission est l'aboutissement de la politique de défense menée depuis vingt ans.

Sans la menace de la force armée, la diplomatie n'est qu'aboiement de roquet.

Finis la place dans le monde, l'indépendance et la sécurité, vive le protectorat américain. Bien sûr, on ne nous le dit pas si franchement, il y a des pudeurs et des susceptibilités à ménager, mais c'est bien de cela qu'il s'agit.

Le Danemark et la Hollande, vous dis-je.

vendredi, septembre 12, 2008

Mac Cain prend l'avantage ?

Comme vous le savez, je pronostique une courte victoire de John Mc Cain.

Voici le point de vue d'Ivan Rioufol :

Bloc-notes: pourquoi John McCain peut gagner

La France anti-Bush, ce bel effet de la pensée unique, plébiscite Barack Obama. Pourtant, cette semaine, John McCain devance le sémillant patricien dans les sondages. La désignation d’une mère de cinq enfants, Sarah Palin, 44 ans, comme colistière du vieux guerrier couturé a donné un coup de jeune à la révolution conservatrice entamée il y a près de trente ans avec Ronald Reagan. À ceux qui prophétisent l’épuisement de ce cycle, son apparent renouveau apporte un premier démenti.

Cependant, la combativité de Palin ne suffit pas à expliquer la progression de McCain. Sa propre vision du monde trouve aussi une adhésion populaire. " Levez-vous pour défendre notre pays de ses ennemis (…) Battez-vous à mes côtés ! ", a-t-il lancé à St Paul (Minnesota). S’il n’a pas prononcé son nom, il a remercié le "président de nous avoir dirigés au cours des jours sombres qui ont suivi la pire attaque de notre histoire sur le sol américain". C’est ce rappel d’un monde dangereux, décrit par George W. Bush après le 11 septembre 2001, qui pourrait amener un autre républicain à la Maison-Blanche, malgré la prétendue déroute des néoconservateurs. Et c’est cette même réalité conflictuelle qui, de la Russie revancharde aux djihadistes rêvant d’humilier l’Occident, commence à s’imposer à une Europe qui croyait que son pacifisme ne lui vaudrait jamais d’ennemis. Le souffle de la guerre réveille les consciences.

L’instabilité planétaire donne plus de crédibilité à McCain qu’à Obama, malgré le virage à droite du démocrate devenu défenseur de la peine de mort pour les violeurs d’enfants ou du port d’armes. Sa couleur de peau, son histoire, son brio ne suffisent plus à masquer l’imprécision de ses idées et le flou de son autoportrait en "citoyen du monde". Est-ce cet homme qui aime rappeler ses origines multiples, au point de parler de " sa foi musulmane" dans un récent lapsus, qu’attendent les Américains ? Peut-être vient-il trop tôt, s’il doit venir.

L’engouement pour Obama, partagé par 80 % des Français, témoigne d’un idéal pour un monde métissé, solidaire, pacifié. François Bayrou voit d’ailleurs un créneau dans cet "humanisme" de livre d’images. Cependant, la remontée de McCain, épaulé par une plébéienne qui se compare à "un pitbull avec du rouge à lèvres" témoigne également du désir de protection des peuples. L’utopie incarnée par l’élitiste démocrate pourrait ne pas suffire à le faire élire, le 4 novembre.


Où sont les guerriers ?

Forcément, la droite française n’a d’yeux que pour la star de la gauche américaine. Or elle devrait regarder les raisons du décollage de McCain. "Obama, c’est mon copain", déclare Nicolas Sarkozy. "Je me sens plus proche des valeurs qu’(il) incarne", ajoute Laurent Wauquiez, secrétaire d’État, qui a participé à la convention du Parti démocrate. Il n’est venu à l’idée d’aucun UMP, sauf erreur, de se rendre à la convention républicaine. Pourtant la révolution conservatrice se laisse voir aussi dans une France soucieuse de ses racines et de ses valeurs. La déroute du PS n’est pas étrangère à ce phénomène qui lui échappe. La réprobation qui a accueilli la publication, par Paris Match, des photos de talibans exhibant les dépouilles de nos soldats tués, ou les indignations que suscitent les empiétements de l’islam sur la laïcité, peuvent être vues comme des résistances au relativisme d’hier.

Pareillement, le pacifisme mou de la France antiguerre et antibu­shiste découvre les dangers que fait courir sa propre faiblesse, face aux unilatérales démonstrations de force d’ex-kagébistes russes et d’islamistes de la Reconquista. Derrière le monde irénique vanté par les faux gentils, toujours prêts aux accommodements, apparaissent les brutalités de ceux qui n’ont jamais compris que le rapport de forces. L’Europe bonne fille, qui réduit benoîtement ses budgets militaires, saura-t-elle résister longtemps aux provocations d’une Russie surarmée, qui a exclu mercredi l’envoi d’observateurs dans les républiques séparatistes de Géorgie, contredisant ainsi Nicolas Sarkozy ? La guerre soude l’Union européenne. Mais où sont les guerriers?


Benoît XVI à Paris

Le retour du religieux n’est pas le moindre des phénomènes qui accompagne cette révolution culturelle. La visite qu’entame aujourd’hui Benoît XVI, à Paris puis à Lourdes, rappelle que la France laïque, en quête d’identité, n’a pas renoncé à ses racines chrétiennes. La renaissance du Collège des Bernardins, où le Pape adressera son premier message cet après-midi, est symbolique d’une Église ayant décidé de se ressaisir en renouant avec son passé intellectuel. Construit à Paris au XIIIe siècle, cet édifice cistercien fut dès l’origine le lieu de réflexion et de recherche qu’il est à nouveau aujourd’hui, après avoir été détourné de sa vocation depuis la Révolution. Une résurrection, en somme.


Les complotistes du 11 Septembre

Sept ans après le 11 Septembre, les théories du complot "américano-sioniste" ne cessent de s’auto-alimenter par la rumeur et la propagande. Cette fois, c’est le comique Jean-Marie Bigard qui a soutenu qu’un missile américain avait détruit le Pentagone, et non un avion détourné. Mardi, il a "demandé pardon à tout le monde" pour cette sottise. Mais pour les révisionnistes, il est devenu victime du politiquement correct.

«On dépossède les jeunes soldats tombés du sens de leur mort»

Je ressentais très mal la visite en Afghanistan des familles des soldats tués dans l'embuscade. Cet interview sur le blog de JD Merchet met des mots sur mon malaise.

Les morts au combat appartiennent à la Nation. En re-privatisant cette mort par cette visite, on nie, on efface, le caractère public, plus grand qu'eux-mêmes, de leur sacrifice, bref, on lui ôte son sens.

Nous vivons vraiment dans une société qui marche sur la tête.

Un entretien avec la sociologue Danièle Hervieu-Léger, à propos de la visite des familles de soldtats en Afghanistan

Dix-sept membres des familles de soldats français tués en Afghanisan, lors de l’embuscade du 18 août ou lors d’opérations précédentes, sont aujourd'hui à Kaboul, accompagnées par le ministre de la Défense Hervé Morin. Ce déplacement, très critiqué dans le milieu militaire, suscite de nombreuses interrogations. Danièle Hervieu-Léger, présidente de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS), sociologue des religions, a été membre de la commission sur le Livre blanc de la Défense. Elle nous livre son analyse .

Comment réagissez-vous à ce déplacement très inhabituel ?

On peut comprendre le désir des familles de se faire une idée plus concrète de ce qui a pu se passer là-bas, de l’environnement dans lequel vivaient leurs enfants, des circonstances de leur mort. L'Etat, en organisant ce déplacement, soutient la demande légitime des parents de pouvoir inscrire cette mort dans la biographie de leurs enfants et de leurs familles, et donc de lui donner son sens privé. Mais la République entérine, dans le même mouvement, la privatisation de la mort de ses soldats au combat. La question est donc de savoir quelle place occupe cette privatisation dans le processus beaucoup plus large, qui touche notre société, d’effacement du sens de la mort au combat.

Notre pays ne sait donc plus comment parler des soldats qui meurent à la guerre?

Ce qui se passe autour de cet évènement dramatique, c’est bien une logique de privatisation. Pour une part, le traitement médiatique de l'évènement a contribué a une transformation de ces morts au combat en un fait divers dramatique. Un fait divers, c’est un fait privé rendu public par sa communication médiatique. Lorsque Paris Match a publié un dossier sur les soldats tombés dans l’embuscade [Une semaine avant le reportage avec les talibans, ndlr.] j'ai été frappée par le fait que la manière dont le sujet était traité n’aurait pas substantiellement différente si ces dix jeunes gens avaient perdu la vie dans un accident de leur autocar ! La spécificité de la mort au combat disparaissait complètement derrière une logique de fait divers (ce qui ne signifie absolument pas la minorisation du caractère tragique de l'évènement, mais situe celui-ci sur un autre plan). Mais ne tapons pas sur les médias : ils ne sont que la caisse d’amplification d'un phénomène plus profond.

Comment expliquer cette privatisation de la mort des soldats ?

Une mort au combat n’est pas une mort ordinaire, fût-elle dramatique. Elle ne peut se comprendre - elle ne prend son sens que si elle est inscrite dans un grand récit. Dans l'Antiquité, les morts au combat étaient des Héros, qui sortaient de l'humanité commune. En France, la mort au combat s'est longtemps inscrite dans le grand récit national dont Valmy est l'emblème: celui des citoyens qui donnent leur vie pour la nation. On peut avoir des sentiments très divers à l'égard de ce récit, mais le fait est qu'il a fonctionné durablement. Or on observe aujourd'hui, et particulièrement s'agissant de ces opérations militaires lointaines, une impuissance produire ce sens collectif . Quel récit collectif sommes nous capable de mettre en avant qui puisse donner un sens au sacrifice de ces jeunes ? Et l'absence d'un tel récit, qui va au-delà du sens subjectif que chacun d'eux pouvait donner à l'éventualité de mourir au combat et que chacun assumait en s'engageant dans l'armée, on dépossède les jeunes soldats tombés du sens de leur mort.

Le chef de l’Etat a pourtant invoqué la lutte contre le terrorisme ?

Oui, mais la référence à l'ennemi qu'on combat ne suffit pas. Il faut savoir quelles fins positives on poursuit en combattant. Dès lors qu'on s'engage dans la guerre, il faut un horizon utopique pour donner sens à la perte de la vie de ces jeunes gens de vingt ans. On tient bien un discours sur la liberté, mais il est tellement abstrait et tellement démenti par la réalité du monde et en particulier par l'enlisement d'autres guerres menées soit-disant au nom de la liberté qu’il ne parvient pas à prendre corps dans la conscience collective.

Dans les travaux du Livre blanc sur la défense, la question de la «résilience» a été beaucoup discutée. A cet égard, quel regard portez -vous sur l’attitude des autorités françaises dans la gestion des morts en Afghanistan ?

La résilience, c’est la capacité - individuelle ou collective - de résister et de rebondir dans une situation dramatique. Elle n’est pas, comme le disent certains, une culture de la peur, bien au contraire. Cette résilience est, là encore, directement indexée sur la capacité à produire un récit qui donne un sens à l'évènement. Elle implique la mobilisation de toutes sortes de ressources, mais elle a également partie liée avec le symbolique. Une question qui se pose est celle des gestes qui permettent de produire ce sens partagé de l'évènement, qui permette d'assumer ensemble la mort des soldats ? On touche là à la question du rituel. Le rituel permet de produire du sens collectif, parce que en inscrivant les individus (ici, les jeunes soldats et chaque citoyen ) dans une lignée commune, qui est bien plus que le simple agrégat des individus qui se rassemble pour le célébrer, et qui incorpore les vivants et les morts, il permet une affirmation de la continuité de notre destin commun. La République, qui repose sur l'idée d'un consentement renouvelé en permanence de l'adhésion de chaque individu à la communauté nationale, peine toujours à mettre en place des rites qui lui soient propres. Et elle a une pente spontanée à réendosser les rituels religieux (c'est à dire catholiques romains) qui sont à sa disposition culturelle. On l'a vu très clairement dans la cérémonie aux Invalides. Cette vacuité de la ritualité publique ouvre logiquement la voie à une compensation compassionnelle, qui est une logique de l’émotion et de l’individu. Celle-ci a sa place et elle est attendue dans notre société d'individus, mais elle ne suffit pas à produire du sens partagé, donc du lien social.

lundi, juin 02, 2008

Gloire à la Marine Nationale !

Je n'aime pas beaucoup la Marine Nationale : c'est un repaire d'aristos conservateurs, anti-gaullistes obsessionnels. Ce n'est pas seulement cela, mais c'est aussi cela.

Ceci pour dire que l'avis qui suit n'est pas dicté par le sentimentalisme.

La France reçoit plus des trois quarts de ses approvisionnements de la mer, l'économie fonctionne en flux tendu.

La mer et le contrôle des voies maritimes, y compris à très longue distance, par exemple du coté de la Chine, sont donc des enjeux d'une importance qu'on ne peut pas exagérer.

Or, l'abandon du deuxième porte-avions signifie le renoncement à ce contrôle et donc, par voie de conséquence, une plus grande vulnérabilité.

On peut constater des pertes de capacité similaires dans l'armée de terre et dans l'armée de l'air.

En un mot comme en cent, ça me fait peur.

Je connais l'histoire, le monde n'est pas calme, les étrangers ne sont pas tous gentils, et quand on a négligé son armée, il se révèle plus couteux de la rétablir qu'il n'aurait été de la conserver. Nous avons par le passé assez souffert de ce genre de négligence.

Et le retard se paye en sang, en sueur et en larmes.

Oui, j'ai peur de ces dirigeants et de ce peuple, oublieux de leur histoire, négligents des menaces, rêveurs béats par lâcheté, incompétents.

mercredi, avril 23, 2008

Ne pas baisser la garde, qu'il disait

Nicolas sarkozy a récemment déclaré qu'il ne fallait pas baisser la garde en matière de défense.

Bien entendu, comme souvent les politiciens français, il fait exactement le contraire de ce qu'il a dit.

Le deuxième porte-avions est repoussée aux calendes grecques du fait de l'impécuniosité étatique.

Or, il ne fait aucun doute que, si la France veut pouvoir défendre ses intérêts partout dans le monde, il faut un deuxième porte avions. En effet, avant de nous attaquer, nos ennemis ne consulteront pas le calendrier de disponibilité du Charles De Gaulle, ou alors, à notre détriment.

Nos gouvernants ont un sens des priorités qui fait que l'on peut les qualifier de dangereux irresponsables. Ils négligent les mission essentielles de l'Etat, diplomatie, défense, police, justice, et se consacrent à l'accessoire : un haut-fourneau en Lorraine ou le prix des billets de train pour familles nombreuses.

Nous en sommes réduits, au-delà du raisonnable, à faire la politique de nos moyens plutôt que de nous donner les moyens de notre politique.

Nous nous dirigeons tout droit vers le schéma suivant : la France, un pays de nains militaires dotés de l'arme atomique.

Est-ce vraiment cela que nous voulons ? Quand en a-t-on débattu devant les Français ?

L'Etat qui se mêle de tout et fait tout mal, l'Etat prêt à tout et bon à rien, travaille petit à petit à faire le malheur de la France : malheur économique, malheur social, malheur militaire et politique.

Le pire n'est jamais sûr, mais quand on accumule les impasses et les risques, on finit par s'en prendre un sur le coin du nez.

Et comme les vautours ne manquent pas, une fois qu'un malheur arrive, économique ou politique, il se trouve toujours quelques-uns pour donner le coup de pied qui envenime les choses.

dimanche, décembre 16, 2007

«Vous ne les connaissez pas : ce sont des militaires, ils vont s'embrouiller.»

«Vous ne les connaissez pas : ce sont des militaires, ils vont s'embrouiller.» : cette phrase cruelle de De Gaulle à propos du putsch des généraux s'est révélée juste.

Au début des années 60, De Gaulle faisait un très fort reproche aux militaires français. L'arme atomique s'annonçait qui allait changer toute la défense nationale et la stratégie et eux lisaient les écrits de Mao tsé Toung sur la guerilla et débattaient de le meilleure façon de controler un village pouilleux au fin fond de l'Oranais.

Non seulement, De Gaulle taxait les militaires d'imbécilité et de myopie, mais il n'était pas loin de considérer cela comme une forme de trahison de leurs devoirs.

Or, j'ai été surpris de constater que certains militaires français n'étaient pas, en 2007, guéris de cette imbécilité. Un cahier CDEF intitulé Vaincre une guerilla ? Le cas français en Algérie argue que la guerre d'Algérie a été gagnée militairement et perdue politiquement.

C'est stupide. Churchill a eu une phrase qui aurait pu être reprise par De Gaulle, Staline, Roosevelt et Hitler : «Au plus haut niveau, politique et stratégie sont une seule et même chose.»

On ne peut gagner une guerre militairement et la perdre politiquement : on gagne ou on perd, militairement et politiquement.

L'Algérie n'était pas la France. Toutes les Sections Administratives Spéciales et autres hochets pour amuser les soldats coloniaux n'y changeaient rien.

Une partie de la haine des militaires OAS pour De Gaulle tient aussi à cela : il leur a rappelé que ce qui les faisait bicher, faire les cakous à la Lyautey dans le bled, ça n'était pas leur devoir, qu'ils se faisaient plaisir, mais que ce n'était pas le besoin de la France.