mardi, février 04, 2014

Eloge du préjugé

Si j'avais le temps et si cela n'avait pas été fait avant moi par Burke, j'écrirais un éloge du préjugé.

On nous dit que les stéréotypes sont obligatoirement mauvais (c'est bien ce que sous-entendent les expressions comme «lutter contre les stéréotypes»). Ce biais contre les préjugés est ... un préjugé d'intellectuels méprisant la sagesse populaire.

Il n'y a aucune raison que les préjugés soient systématiquement faux et il y a de bonne chance que le préjugé des intellectuels contre les préjugés (des autres) soit une erreur. Les préjugés peuvent être ou faux ou vrais, il se trouve juste que ce sont des jugements collectifs légués par l'habitude. Mais les jugements personnels peuvent tout aussi bien être erronés.

En réalité, il y a plus de chances que les préjugés soient vrais : on peut espérer que l'épreuve du temps agit comme un filtre et permet de d'invalider certains jugements erronés et de conserver les justes. C'est une approche probabiliste et traditionaliste. Faire confiance à la tradition qui, elle au moins, est arrivée jusqu'à nous, est une démarche simple et très puissante.

En tout cas, une certitude : les préjugés sont utiles à ceux qui les transmettent et propagent, sinon ils disparaîtraient pour cause d'inutilité.

J'ajoute que tout le monde a des préjugés, car aucun homme ne peut juger de tout par lui-même. Alors changez vos habitudes : plutôt que d'être indulgents avec vos préjugés et sévères avec ceux des autres, essayez donc l'inverse.

L'ironie de la chose est que les préjugés les plus susceptibles d'être faux sont ceux des intellectuels, qui sont si courroucés par les préjugés (des autres).

En effet, les intellectuels sont mis à l'épreuve non des faits mais des autres intellectuels.

Le paysan, l'ingénieur ou le médecin sont mis à l'épreuve du réel : si leurs préjugés sont mauvais, le blé ne pousse pas, les malades meurent et les avions tombent. L'accident de la navette Challenger est en grande partie du à un préjugé des ingénieurs de la NASA sur la météo en Floride.

Pas de ça pour les intellectuels : peu importe que leurs préjugés soient idiots pourvu qu'ils soient partagés par les autres intellectuels, qui les jugent, font leurs réputations et leurs carrières. C'est le sens du célèbre «Mieux vaut avoir tort avec Sartre que raison avec Aron».

Il est donc probable que le préjugé des intellectuels contre les préjugés (des autres) est une erreur et un snobisme.

Bien sûr, on peut faire une longue liste de préjugés idiots. Mais on peut également faire une longue liste de préjugés valides et utiles.

Je vous laisse avec Burke (merci Aristide) :

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Vous voyez, Monsieur, que dans ce siècle de lumières, je ne crains pas d’avouer que chez la plupart d’entre nous les sentiments sont restés à l’état de nature ; qu’au lieu de secouer tous les vieux préjugés, nous y tenons au contraire tendrement ; et j’ajouterais même, pour notre plus grande honte, que nous les chérissons parce que ce sont des préjugés - et que plus longtemps ces préjugés ont régné, plus ils se sont répandus, plus nous les aimons. C’est que nous craignons d’exposer l’homme à vivre et à commercer avec ses semblables en ne disposant que de son propre fonds de raison, et cela parce que nous soupçonnons qu’en chacun ce fonds est petit, et que les hommes feraient mieux d’avoir recours, pour les guider à la banque générale et au capital constitué des nations et des siècles. Beaucoup de nos penseurs, au lieu de mettre au rebut les préjugés communs, emploient toute leur sagacité à découvrir la sagesse cachée qu’ils renferment. S’ils parviennent à leur but, et rarement ils le manquent, ils estiment qu’il vaut mieux garder le préjugé avec ce qu’il contient de raison que de se défaire de l’enveloppe pour ne garder que la raison toute nue ; et cela parce qu’un préjugé donne à la raison qu’il contient le motif qui fait sa force agissante et l’attrait qui assure sa permanence. En cas d’urgence le préjugé est toujours prêt à servir ; il a déjà déterminé l’esprit à ne s’écarter jamais de la voie de la sagesse et de la vertu, si bien qu’au moment de la décision, l’homme n’est pas abandonné à l’hésitation, travaillé par le doute et la perplexité. Le préjugé fait de la vertu une habitude et non une suite d’actions isolées. Par le préjugé fondé en raison, le devoir entre dans la nature de l’homme.

Sur ces questions, vos hommes de lettres et vos politiques sont d’un avis tout à fait différent, de même que chez nous tout le clan des esprits éclairés. Ils n’ont aucun respect pour la sagesse des autres ; mais en compensation ils font à la leur une confiance sans bornes. Il leur suffit toujours d’un seul motif pour détruire un ordre de choses ancien, c’est son ancienneté même. Quant à ce qui est nouveau, ils n’éprouvent aucune inquiétude au sujet de la durée d’un bâtiment construit à la hâte ; parce que la durée n’est d’aucune conséquence pour ceux qui estiment que rien ou presque rien ne s’est fait avant leur temps, et qui placent toutes leurs espérances dans l’innovation. Comme ils pensent très systématiquement que tout ce qui peut assurer quelque perpétuité est nuisible, ils ont déclaré une guerre inexpiable à toutes les institutions. Ils croient que les types de gouvernement peuvent varier comme la mode, sans que cela tire plus à conséquence ; et qu’il n’est nul besoin pour attacher les hommes à la constitution de leur pays, d’un autre principe que la commodité du moment. Ils semblent persuadé que le pacte entre le peuple et ses magistrats a ceci de singulier qu’il n’engage que le magistrat, sans condition de réciprocité : aussi la majesté du peuple est-elle en droit de dissoudre ledit pacte sans autre motif que sa volonté. Même leur attachement à leur pays n’existe qu’autant qu’il se rencontre avec tels de leurs projets flottants ; chez eux le patriotisme commence et finit avec le système politique qui s’accorde avec leur opinion du moment.

(Edmund Burke, Réflexions sur la Révolution française)
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Mœurs mérovingiennes

Mœurs mérovingiennes

Au-delà de l'allusion transparente à la vie sexuelle (je n'ose écrire «sentimentale», tant le sentiment me paraît peu compter dans ces affaires) de François Hollande, ce texte relève d'une vérité profonde bien expliquée par Chantal Delsol : la post-modernité triomphante retourne à des mœurs pré-chrétiennes.

Bien entendu,  je ne vois aucune raison de s'en féliciter.

Cette scène a été dessinée sur le vif au palais de l'Elysée :


lundi, février 03, 2014

«Membre de la communauté juive»

Il paraît d'après Valeurs Actuelles que l'épouse (la compagne ?) de Manuel Valls est «membre de la communauté juive».

Quelle tournure à la con !

Elle est juive. C'est si compliqué à écrire ?

Mon voisin n'est pas «membre de la communauté noire», il est noir. Et je ne suis pas «membre de la communauté française» ou «membre de la communauté catholique» ou «membre de la communauté blanche». Je suis blanc, français et catholique (entre autres caractéristiques).

Deux articles de Dalrymple sur la médiocrité des «élites»

Comme toujours, Dalrymple est un fin observateur de la nature humaine.

Triumph of the mediocre

Son hypothèse du triomphe de la médiocrité par l'abondance de diplômés du tertiaire sans talent ni intelligence rejoint certaines intuitions ou analyses de gens aussi variés que Blaise Pascal, Gustave Le Bon ou Raymond Boudon.

Je crois que c'est Christian Vanneste qui a dit «Un politicien moderne est quelqu'un qui a fait des études et qui, ne pouvant rien faire pour la société, a décidé de vivre à son crochet».

Ce n'est pas révéler un grand secret que de dire qu'on peut observer ce phénomène quotidiennement autour de soi. Des politiciens, on en voit beaucoup et pas seulement ceux dont c'est le métier officiel.

Son article sur François Hollande est moins intéressant mais il est dans la même veine, étudiant le même type de personnage :

A "normal" president

Vous ne trouvez pas qu'il y a comme une ressemblance ?



dimanche, février 02, 2014

Fil Gayet

J'ouvre un fil Julie Gayet car son cas me paraît intéressant : une progressiste de combat, au croisement du capitalisme de connivence, de la politique la plus sordide (celle des petits magouilleurs et des grands profiteurs), de la putasserie assumée et du cinéma français subventionné et soumis (pléonasme), et on rajoute une poignée de presse complice sur tout cela.



Bref, Julie Gayet est un assez bel exemple de tout ce qui merde en France. Je vous ai recopié ci-dessous les premiers commentaires, à vous de continuer.




  • Curmudgeon 1 hour ago
    JG, "égérie" de Bleu Tango, présente les créations. Gala nous émoustille : "Julie Gayet est sur toutes les lèvres, mais aussi bientôt dans le cœur des modeuses. L’actrice engagée - fidèle soutien du président Hollande - est également l’ambassadrice de la marque confidentielle Bleu Tango. Olé! [...]. Femme fatale, créature éthérée, la belle n’hésite pas à se mordre, songeuse, la lèvre inférieure".
    Évidemment, si elle se mord la lèvre inférieure, on comprend bien des choses.
  • In reply to:


  • Robert Marchenoir 8 hours ago
    La servilité des médias français est un savoureux spectacle. Selon Anne-Marie Moutet, journaliste française, qui écrit prudemment dans la presse anglaise :
    Mr Hollande also made a point of securing Ms Trierweiler's job at her current employers, Paris Match.
    Le président nomme donc les critiques littéraires de Paris-Match. C'est bon à savoir.
    Miss Gayet, meanwhile, is floating on air. Film PRs used to wail that it was "impossible to get an editor to put her on a magazine cover." This is now a thing of the past. Her acting talent is, at last, gaining critical recognition. She has just been nominated for a supporting actress César (the French Oscars) for her part as a somewhat sex-obsessed technical adviser to the Foreign Minister in Bertrand Tavernier's Quai d'Orsay, a thinly disguised comedy on Dominique de Villepin.
    This week, Le Monde ran a whole-page profile of her in which her humanitarian concerns, professionalism and talent are lauded in pure North Korean style. Her protégés miraculously find (or keep) their jobs in the French Culture ministry. Every fashion editor in town makes a point of featuring an obscure brand, Bleu Tango, whose face she agreed to become.
    Et puis :
    A dark grey limousine with tinted windows, complete with discreet police watcher, has been spotted parking in the Bastille neighbourhood cul-de-sac where she lives in a converted loft. http://www.telegraph.co.uk/new...




  • Curmudgeon 1 hour ago
    Le Monde sur JG :
    Faisant référence à ses activités parallèles dans une commission de financement de films, elle avait crânement ajouté : « Je vois passer tous les contrats de financement des films français. »
    Argent public ou privé, peu importe. Avec le producteur Charles Gillibert, elle a créé, en juillet 2013, la société Cinémaphore, qui espère attirer les capitaux des banques ou des fonds de pension pour finaliser des budgets de films « fragiles », non commerciaux. C'est d'ailleurs l'une des recommandations du cofondateur de Canal+, René Bonnell, dans son rapport sur le financement du cinéma français, rendu public le 8 janvier – il assure que Julie Gayet ne lui a pas soufflé l'idée.



Curmudgeon 1 hour ago
Il y a aussi le monde du spectacle. JG a été sélectionnée en vue des Césars. Tout le monde n'est pas convaincu :
http://m.leparisien.fr/laparis...








Menuel Valls a-t-il pété un plomb ?

Certains croient, suite à ses déclarations au Journal du dimanche, que Manuel Valls a pété un plomb.

Pas du tout. Notre torero d'opérette, notre ministre de l'intérieur en carton-pâte, notre Français de papier, notre homme à la mâchoire carrée en verre sait ce qu'il fait.

Dans l'état désespéré du gouvernement, il a tout intérêt à radicaliser les positions, à exacerber les opinions. En effet, la division de la droite est la seule chance de la gauche et je crois que, hélas, elle va réussir.

Certes, jouer la division des Français pour sauver un parti, ce n'est pas très glorieux. Mais où avez vous vu que ce genre de considérations était de nature à arrêter les socialistes ?

Le mot juste

Les nihilistes de gouvernement sont lancés dans une entreprise de liquéfaction de tout ce qui dépasse, dans un aplanissement généralisé de toutes les personnalités (normal : la Hollande, c'est le plat pays), pour qu'il ne reste plus sous un Etat tout puissant que des abrutis, débiles , jouisseurs, atomisés et interchangeables.

Un des instrument les plus puissants de cette entreprise totalitaire, c'est le massacre de le langue. Orwell nous l'a expliqué cent fois.

Des expressions telles que «sans-papiers», «justice sociale» ou «inégalités sociales» ont été maintes fois analysées.

Sur ce blog, j'écris quelquefois mes billets à la va-vite et je me laisse piéger. Il y a aussi que je suis obligé d'employer les mêmes expressions que tout le monde pour me faire comprendre.

Prenons le temps de nous arrêter sur «réformes sociétales». Le vocabulaire est à l'évidence nouveau. Mon correcteur orthographique et le Littré sont d'accord pour avouer leur ignorance.

Des choses et des idées nouvelles n'étant pas si fréquentes en politique, quand on se sent obligé de nous inventer un mot, c'est généralement pour nous faire passer un vieux truc bien dégueulasse. Comme dit la camarade Martine, quand c'est flou, c'est qu'y a un loup.

En quoi consistent ces «réformes sociétales» ?

A changer les moeurs par la loi. Pour ce qui a trait aux moeurs, un adjectif existe depuis longtemps : «moral».

Les «réformes sociétales» ne sont rien que des réformes morales. Alors pourquoi ne pas les appeler par leur nom ?

Bien sûr, à cause des connotations. On pense à Renan, puis, plus loin, à la Réforme et à la Contre-Réforme, aux guerres de religion. Et nos socialistes risqueraient d'apparaître pour ce qu'ils sont : des directeurs de conscience, des inquisiteurs d'une Sainte Inquisition de caricature, des petits curés de la bien-pensance. Des cons. Mais des cons vicieux et totalitaires.


samedi, février 01, 2014

La société adolescente

Je me souviens qu'un jour, assez lointain, j'avais choqué certains commentateurs en écrivant que les enfants sont des êtres inférieurs : leurs performances intellectuelles et physiques sont inférieures à celles des adultes.

Cela fait partie de leur condition d'enfants. Il n'y a rien là de dérangeant puisqu'un enfant grandit et s'améliore sans cesse. C'est l'objet de l'éducation que d'organiser cette croissance.

Or, les réactions outrées et totalement imbéciles (je n'avais fait qu'écrire une vérité d'évidence) m'avait fait prendre conscience à quel point nous vivions dans une société infantilisée.

Je sais, on peut me ressortir la sempiternelle phrase de Chesterton sur les valeurs chrétiennes devenues folles. L'injonction du Christ à retrouver un coeur d'enfant se transforme en «comportez vous comme des enfants».

Mais ce n'est pas un secret : plus qu'une société infantile, nous avons une société adolescente. Car les enfants n'ont pas cette obsession sexuelle qui est la nôtre, alors que les adolescents l'ont.

Tout se tient : la féminisation, le maternalisme, la forclusion du père et l'adolescence sans fin.

L'adolescent n'est jamais très loin du ridicule. Les anciennes expressions ont du bon : on appelait l'adolescence l'âge bête.

Or, une société d'adolescents, c'est non seulement une société d'imbéciles mais aussi une société d'esclaves. Rien n'est plus facile à endoctriner et à manipuler qu'un adolescent. Tous les politiciens le savent. Pas un dictateur qui ait oublié d'en faire l'expérience. Plus près de nous, quiconque connaît la pantalonnade que sont les «grèves de lycéens» n'a aucun doute sur la question.

Ce n'est pas un hasard si nombre de nos politiciens  (Dray, Julliard, Batho, Vallaud) ont commencé leur carrière politique dès le plus jeune âge en manipulant des lycéens.

Cette société adolescente explique aussi que les réformes «sociétales» que propose la gauche totalitaire ne soient pas rejetées avec un grand éclat de rire collectif. L'adolescence est l'âge où l'on souffre que tout ne soit pas possible, que deux hommes ne puissent pas se marier, qu'on ne puisse pas être une femme quand on est un homme, que les pauvres ne soient pas riches etc.

Ce n'est pas un hasard si notre société adolescente a élu des adolescents attardés, Sarkozy et Hollande, comme présidents de la république.

Ce problème est très répandu dans le monde, notamment en Occident, mais je pense qu'il est aggravé en France par le jacobinisme (comme il est aggravé aux Etats-Unis par le juridisme) qui prive les rares adultes des moyens de se défendre.

Le problème d'une société adolescente, c'est que les adolescents ne tiennent pas le choc face à une société d'adultes. Jean Cau pensait que le rôle des adultes serait joué par les Chinois. Je ne sais pas.

Zemmour en grande forme sur la théorie du genre

Zemmour 1

Zemmour 2

Il a sorti le canon et a atomisé Domenach.

Je suis très content qu'enfin Zemmour appelle un chat «un chat» et nomme un projet totalitaire pour ce qu'il est. Car lui, il passe à la télé.

Mais, bon, le drame est toujours le même : cette opposition fondamentale, philosophique, ne trouve aucune expression politique.

L'expérience tragique du gourou de la théorie du genre

L'expérience tragique du gourou de la théorie du genre

On s'aperçoit qu'il y a quand même des gens totalement allumés.

A propos de l'affaire Vincent Lambert

A propos de l'affaire Vincent Lambert

vendredi, janvier 31, 2014

Pourquoi Sarkozy ne reviendra pas


Sarkozy tentera de revenir mais échouera :

1) A cause de la forme  : pour revenir, il faut être parti. Or, Sarkozy ne parvient pas à laisser aller et à faire vraiment silence. Il a besoin d'être le centre du monde et qu'on parle  de lui, cela le perdra.

2) A cause du fond : Sarkozy n'a pas d'être politique. Un peu comme Hollande en période électorale, il est un écran blanc. Il est tour libéral et protectionniste, progressiste et conservateur, européiste et patriote.






jeudi, janvier 30, 2014

La Grande-Bretagne aurait-elle du s'abstenir d'entrer dans la Première Guerre Mondiale ?

We Should Have Stayed out in 1914 - major historian agrees

Dans la même veine, Peter Hitchens soutient que la Grande-Bretagne aurait du s'abstenir d'entrer dans la Seconde Guerre Mondiale.

Bin voyons !

J'aime bien Peter Hitchens mais il lui arrive d'être con comme un balai.

Pour le coup, il est victime d'un biais rétrospectif affligeant. Si l'on connaissait à l'avance les conséquences exactes de nos décisions, on en prendrait de bien meilleures, ah ça c'est sûr.

En raisonnant comme Hitchens, à la question «La Grande-Bretagne aurait-elle du s'abstenir d'entrer dans la Première Guerre Mondiale ?», on répond «oui».

Mais on répond aussi positivement à la question «La France aurait-elle du s'abstenir d'entrer dans la Première Guerre Mondiale ?»,  à la question «L'Allemagne aurait-elle du s'abstenir d'entrer dans la Première Guerre Mondiale ?»,  à la question «L'Autriche-Hongrie aurait-elle du s'abstenir d'entrer dans la Première Guerre Mondiale ?»,  à la question «La Russie aurait-elle du s'abstenir d'entrer dans la Première Guerre Mondiale ?».

Le raisonnement d'Hitchens revient à dire que, sans Première Guerre Mondiale, les pays européens se porteraient mieux. Fabuleuse découverte !

J'aime bien les uchronies, encore faut-il les manier avec discernement.

mercredi, janvier 29, 2014

Le rêve de Najat a existé, en 1920

Des bleus et des roses dans un kibboutz

J'en profite pour vous conseiller l'excellent blog de Michel Goya.

Nous apprenons donc qu'un kibboutz des années 20 a tenté d'élever garçons et filles de manière indifférenciée et qu'il a totalement échoué.

De cet exemple, je tire deux conclusions :

1) La connerie humaine n'a pas de fond. Je pensais que la dite théorie du genre était tellement conne que seuls des connards et des connasses post-soixante-huitards et leurs héritiers pouvaient soutenir de pareilles fadaises. Hé bien non, il y a eu des cons pour y penser avant.

2) On a une nouvelle preuve que la théorie du genre est absurde.

Je dis «une nouvelle preuve» car nos socialistes qui se croient à la pointe du progrès ont  dans le domaine social comme dans les autres un bon demi-siècle de retard, voire beaucoup plus. Thème que j'ai déjà abordé dans le billet Les vieilles idées de nos socialistes et la jeune science.

En économie, le virage «social-démocrate» de François Hollande qui a arraché des grognements d'extase à la classe jacassante, patronat compris, a cinquante ans de retard.

Revenons à nos moutons roses et bleus. Les débilités de la Beauvoir («on ne nait pas femme, on le devient») ne sont pas d'hier mais d'avant-hier.

Les recherches récentes (mais pas nouvelles au point que nos politiciens soient pardonnables de les méconnaître) montrent au contraire que les différences sexuelles sont profondément ancrées dans nos êtres et pas seulement une construction sociale. Même les Norvégiens s'en sont aperçu. Les preuves s'accumulent.

Bref, comme d'habitude, les socialistes nous vendent leur soupe comme le nec-plus-ultra de la mode et traitent de bouseux arriérés ceux qui ont le malheur de s'y opposer alors que ce sont eux les vrais arriérés en retard d'une époque.

Vive Najat ?


Le gouvernement poursuit sa politique nihiliste, ce que l'Eglise appelle la culture de mort et Eric Zemmour, avec pertinence, la religion de l'indifférenciation.

A priori, c'est une mauvaise nouvelle : les «avancées» ne sont jamais remises en question par une droite qui ne sait pas ce qu'elle pense et qui n'a pas de couilles.

Pourtant, j'en viens à penser, contrairement à  mon mode de réflexion habituel, que d'un mal pourrait sortir un bien.

En effet, je me dis que l'absurdité de l'égalitarisme ne peut pas ne pas éclater aux yeux de (presque) tous tellement ce gouvernement en pousse la logique folle.

Peut-être suis-je naïf.

L'expression politique de l'opposition

Le Jour de colère a prouvé une fois de plus que l'opposition au nihilisme gouvernemental a un problème d'expression politique. Elle n'a aucun support ni médiatique ni politique.

L'opposition institutionnelle, UMP et FN, ne la représente absolument pas.

Cette opposition n'arrive pas à se cristalliser faute de délivrer un message positif, qui ne soit pas seulement réactif. Or, c'est le boulot des partis politiques de parvenir à articuler un ensemble d'idées plus ou moins disparates en un programme politique positif susceptible de devenir un programme de gouvernement.

Il me semble que, de ce point de vue, la création de l'UMP fut une catastrophe, au compte de Chirac (une de plus). La division RPR / UDF avait une cohérence idéologique. Schématiquement, au RPR le bonapartisme, à l'UDF l'orléanisme. L'UMP, ce fut les ex-du RPR avec les idées de l'UDF, une regrettable confusion intellectuelle et donc politique.

Le FN est hors-jeu pour la prise du pouvoir (il ne fera jamais 50 % des voix au plan national) et l'UMP est incapable d'être une vraie opposition au socialisme progressiste.

Le scénario le plus optimiste que je puisse envisager est la dissolution de l'appareil d'Etat dans une banqueroute. Voyez comme je baigne dans l'allégresse politique !

mardi, janvier 28, 2014

La France contre l'Etat (et vice-versa)

Vous avez compris à mes derniers billets que je commence à en avoir ras la casquette (le béret, en l'occurrence) de cette fable idéologique qui raconte que la France est une création de l'Etat, et donc des fonctionnaires, ces surhommes.

On peut discuter de savoir si «quarante rois ont fait la France». Mais les rois et l'Etat, ce n'est pas du tout la même chose. Les liens familiaux, dynastiques, aristocratiques ou féodaux qui caractérisent le pouvoir royal n'ont aucun rapport avec les liens administratifs.

On peut aussi soutenir que la France s'est en partie faite contre l'Etat et qu'en certaines périodes, dont celle que nous vivons, l'Etat était le pire ennemi de la France.

J'ouvre par ce billet un fil de discussion que j'espère fructueux.

Bertez et le mensonge en politique

Vous savez que je considère que la politique française est pourrie par le mensonge.

Bruno Bertez a une réflexion intéressante :

La vérité et l'obscurité

Les Français ont-ils les politiciens qu'ils méritent ? Oui, puisqu'ils aiment les belles histoire plutôt que la vérité.

Emue et admirative

Piqué dans L'opinion :

Ce jour-là, notre ministre de la Francophonie, Mme Benguigui, n’en pouvait plus. Elle venait d’entendre le discours d’investiture du nouveau président malgache. Elle était « très, très émue » : « C’est un discours absolument fabuleux, plein d’espoir ». Le chef de l’Etat avait promis de tendre la main à ses ennemis en assurant : « Parce que lorsqu’il s’agit de Madagascar, il n’y a plus de camp ». Hélas, certains ont découvert que ce texte était le même, souvent au mot près, que celui de Nicolas Sarkozy pendant sa campagne de 2007 ! Notre homme, pas sot, avait juste changé le nom de France par celui de son pays. On ne jettera pas la pierre à la ministre : en sept ans on peut changer et admirer aujourd’hui ce que l’on détestait hier. Comme quoi, il ne faut désespérer de rien.