lundi, mai 31, 2010

La politique bloquée

J'entends souvent :«Nous avons les responsables politiques que nous méritons : nous les élisons… de quoi se plaint-on ?»

Je suis hanté en ce moment par la phrase d'Huntington : «Après avoir inventé la démocratie représentative, les Français ont inventé la démocratie non-représentative».

Mot cruel, mais juste : tous les symptômes et les signes montrent les Français se sentent peu ou pas représentés par leurs élus.

Et la cause en est relativement claire : la bien-pensance, au pouvoir médiatico-politique, censure tout un pan du spectre politique, le conservatisme.

Mis à part Jean-Marie Le Pen, qui est repoussé dans son coin, en partie à cause de ses propres obsessions, on ne nous propose toujours le choix qu'entre un progressiste de droite et un progressiste de gauche. Jamais un conservateur.

Nicolas Sarkozy n'est en rien le représentant d'une «droite décomplexée», cette assertion est un bobard. Au contraire, notre «droite» est plus que jamais soumise au magistère de la gauche, qui, elle, est sans complexes, voire carrément arrogante.

Pour caricaturer, on n'a le choix qu'entre «voulez vous le mariage homosexuel tout de suite ou la semaine prochaine ?» «Voulez vous plus d'immigration ou beaucoup plus d'immigration ?» (1) ...

Jamais on ne nous propose «voulez vous refuser le mariage homosexuel ?» ou «voulez vous arrêter l'immigration ?»

Les racines de ce phénomène sont connues : elle est dans la stratégie d'influence de groupes placés à des points stratégiques.

On voit bien que les politiciens ne recherchent pas l'approbation des Français mais l'approbation des journalistes et des curés de la bien-pensance. C'est pourquoi il est logique que les journalistes soient pris dans le même discrédit que les politiciens.

Or, cette censure du conservatisme, qui provoquerait un malaise en des temps normaux, devient extrêmement dangereuse dans des temps agités comme ceux vers lesquelles nous allons.

Tout d'abord parce que, j'en suis convaincu, le conservatisme est la solution de la plupart de nos maux. Se priver du conservatisme, c'est se priver de la possibilité de résoudre nos problèmes. Ca ne peut que mener à la catastrophe.

Ensuite, même si j'ai tort, même si le conservatisme n'est pas la solution de nos maux, le fait de censurer et de priver de représentants une tendance politique que je soupçonne importante ne peut qu'engendrer la rancœur, la colère ou l'indifférence à la vie politique. Tous sentiments qui augurent mal de l'avenir.

Tant qu'on bavarde, qu'on se bat sur des mots (ah, l'absurde débat sur le «rigueur» qui n'en est pas une), on repousse le moment où il faudrait montrer quelque courage et agir. Et comme nos politicards crèvent de trouille d'aller contre contre la bien-pensance socialiste, corporatiste et immigrationniste, et contre quelques agitateurs colériques, ils continuent à bavasser indéfiniment au lieu d'agir immédiatement. Procrastination, quand tu nous tiens ...

N'oubliez jamais que les pauvres n'ont qu'une chose qu'on ne peut pas leur prendre : leur patrie.

Nier la France, nier ses spécificités, ses coutumes, faire comme si la France était n'importe quel pays et que n'importe quel pays pouvait être la France (c'est ce que sous-entend le discours fallacieux qui réduit la France aux mystérieuses «valeurs républicaines». Si la France n'est qu'une question de valeurs, n'importe quel pays peut les adopter et devenir la France), c'est arracher aux pauvres leur ultime assurance en cas de crise grave. On a connu des politiques plus judicieuses !

La première chose que Clemenceau a dite en arrivant au pouvoir est : «Le pays saura qu'il est défendu». Les Français d'aujourd'hui peuvent à bon droit dire : «Nous savons que le pays n'est pas défendu».

Et pour être bien certaine que le pays ne puisse être défendu, notre intelligentsia a corseté toute velléité d'auto-défense dans des entraves non démocratiques, faites de traités, de normes, chartes, de déclarations solennelles des droits de ceci ou cela, de conseils tartempionnels, de commissions théodulesques, de cours internationales de machin, de supra-choses-bidules, qui ont tous pour point commun de correspondre aux préjugés de la bien-pensance.

Aujourd'hui, pour reprendre mes exemples, le respect des traités nous contraint à terme à accepter le mariage homosexuel et l'invasion migratoire.

A partir de là, on nous joue la comédie fétichiste de l'Etat de droit : «Nous, on voudrait bin, mais on peut point, c'est la faute à lacharte Bidule. Oui, c'est con mais que voulez vous, mon bon monsieur ? Faut respecter l'Etat de droit».

Que peut-on attendre d'autre d'élites dénationalisées, qui vivent dans leur bulle, détachées du peuple ? Nous allons vers le pire : le ressort longtemps comprimé de la frustration qui se détend en des violences sauvages.

Ivan Rioufol propose ce qui me semble une excellente solution (avec des défauts bien sûr) :

Le référendum pour débloquer la société

Mais en sommes nous capables ? Plus précisément : nos politiciens sont-ils capables de se dessaisir d'une partie de leur pouvoir maintenant pour éviter de se faire lyncher demain ? Je ne sais. Je ne compte pas sur leur intelligence, fort limitée (2), plutôt sur leur instinct de survie, qui quelquefois fait des miracles.

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(1) : je rappelle que, sous le gouvernement du «fasciste» Sarkozy, ils entrent en France plus de 200 000 immigrés par an.

(2) : les meilleurs Français, les vrais intelligents, ne font pas de politique, ils partent à l'étranger.

jeudi, mai 27, 2010

Réformes des retraites : tous socialistes !

La vraie solution aux problèmes des retraites, c'est la capitalisation, avec un fond de secours financé par l'impôt.

On sait pourquoi les politiciens ont peur de cette solution : en réduisant le pouvoir de l'Etat, elle réduit les privilèges de ceux qui savent traire leurs concitoyens par l'intermédiaire de la force étatique, à savoir les fonctionnaires et assimilés, dont les politicards eux-mêmes.

Néanmoins, les Français productifs,notamment ceux du privé, ont intérêt à cette solution. Je suis donc étonné qu'aucune offre politique en ce sens n'ait émergé. Cela reste pour moi un mystère qu'aucun politicien n'ait entrepris d'occuper ce terrain. Peut-être la pensée unique socialiste qui règne dans les medias décourage-t-elle ceux qui savent que leurs discours seront déformés, vilipendés, ou, simplement, passés sous silence ?

dimanche, mai 23, 2010

Apéros géants, binge drinking et tutti quanti

Les jeunes ont toujours bu de l'alcool que ce soit pour fêter la quille ou la réussite du concours. Et puis, tout simplement, pour boire.

Car devenir adulte n'est pas facile, alors on boit. Mais un homme qui a été éduqué finit par accepter de ne plus être un enfant.

Seulement voilà, nos enfants ont été éduqués à rester des enfants, alors ils boivent sans fin, sans jamais devenir adultes, ou alors à regret, sans vraiment comprendre ce qui leur arrive, ils boivent comme des rois qui ne se remettent pas d'être tombés de leur trône. Ils ne boivent pas en sachant tout au fond que ce n'est qu'un passage qui finira.

Ils ont la cuite triste, anonyme et moutonnière, celle d'enfants sans caractère d'un monde sans espoir.

Il n'y a aucune fantaisie dans leurs beuveries. Ils ne sont pas Gabin et Belmondo dans un singe en hiver, ce n'est pas à eux que viendrait l'idée de déclamer du Péguy à la statue de Jeanne d'Arc pour entrer en communication avec la Sainte, ils ne connaissent plus Péguy, ou de considérer qu'un bain de minuit en février à Deauville (en venant de Paris beurrés comme petits Lu - il y a prescription), c'est classe, ils croient que les riches et les endroits pour riches, c'est pas «solidaire» et qu'il faut en dire du mal.

Ces jeunes me font pitié, on ne leur a pas appris qu'ils sont mortels, alors ils ne savent pas maîtriser leur peur de la mort, encore moins que les hommes devenus adultes, qui, pourtant, eux aussi ont la trouille. Alors ils boivent, tristes et désespérés, ou alors abrutis, et ils grimacent quelques malheureux sourires.

Le scolaire de la honte

Le scolaire de la honte

De Gaulle : la grandeur et le néant (D. Venner)

Dominique Venner accuse De Gaulle d'être en grande partie responsable de la mort de la France(élites dénationalisées, invasion migratoire, mœurs puériles). La question mérite assurément d'être posée, puisque notre agonie devient visible avec Giscard, soit cinq ans seulement après que De Gaulle eut quitté le pouvoir.

Voyons l'acte d'accusation :

> Dominique Venner est pétainiste. Il considère que l'armistice était inévitable et que le gouvernement de Vichy était légitime.

> la résistance pétainiste au sein de l'armée a fait plus que la résistance gaulliste.

> De Gaulle était un diviseur qui, pour s'imposer, a entretenu un climat de guerre civile par deux fois (aussi à propos des affaires d'Algérie). Et, par deux fois, il a favorisé la gauche pour éliminer ses adversaires de droite. Le reproche principal de Venner est là : De Gaulle a usé de ses immenses talents politiques pour sa grandeur, qu'il confondait abusivement avec celle de la France.

> De Gaulle avait une idée abstraite de la France , «une certaine idée», et méprisait son peuple («les Français sont des veaux»), ce qui a préparé la dénationalisation des élites, toute en mépris du peuple français (n'est pire insulte que populiste). Notons que De Gaulle, en disant à Peyrefitte que la France est «une nation de race blanche et de culture grecque et latine», était mille fois plus concret que les traitres qui nous tympanisent avec les «valeurs de la raie publique» et le «pays des drouâdelôme». En même temps, il accuse De Gaulle d'avoir négliger la force des idées et d'avoir laissé les gauchistes infiltrer la fonction publique et notamment l'éducation, avec les ravages qu'on voit aujourd'hui.

Les deux premières accusations sont controuvées. En revanche les deux dernières méritent examen. Venner est là sur un terrain beaucoup plus solide.

On trouvera étrange que les autres nations européennes, qui n'ont pas eu un De Gaulle, soient touchées des mêmes maux que nous.

mercredi, mai 19, 2010

Retraites : nous crèverons de notre bêtise

La solution, non point parfaite -il n'existe aucune solution parfaite, sauf dans le monde criminel des utopies socialistes-, de nos problèmes de retraite est connue, c'est la capitalisation.

Mais voilà, elle a été diabolisée pour des raisons d'idéologie et de soif de pouvoir inextinguible. En effet, la retraite par répartition offre aux politiciens et aux «partenaires sociaux» (nom politiquement correct des vautours copains-coquins du syndicalisme) un champ sans égal pour le déploiement de leur mégalomanie. Sans compter que spolier les jeunes grâce à la contrainte étatique au profit des vieux soixante-huitards leur garantit de rester au pouvoir.

Les Français ne sont pas dupes des conneries qu'on leur raconte : dès qu'ils le peuvent, ils mettent de l'argent de coté pour leur retraite, une capitalisation décidée spontanément, mais sans les avantages d'un système organisé dans ce but.

Nous nous y prenons si tard que la transition sera douloureuse mais nous aurons au moins l'expérience de la foule de pays qui nous ont précédés pour nous guider. Hélas, un ministre vient encore de déclarer qu'il n'était pas question d'évoquer la capitalisation (1).

Nous crèverons de cette bêtise de refuser un système meilleur parce qu'une oligarchie qui tire avantage du système mauvais existant nous répète des fadaises pour faire durer un peu plus longtemps son gagne-pain.

Car, tout comme l'Euro éclatera, la retraite par répartition disparaîtra (2). C'est inscrit dans la démographie.

L'intelligence aurait consisté à préparer cette transition, comme le Chili, il y a vingt ans. Le simple bon sens consisterait à la faire tout de suite. La bêtise consiste à la repousser encore de dix ans.

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(1) : on le comprend. La capitalisation, ce sont des citoyens responsables. La répartition, ce sont des citoyens-enfants réfugiés dans le giron de l'Etat-mamma qui décide pour eux. Un politicien véreux incline à préférer la solution qui augmente son pouvoir.

(2) : presque : il ne serait pas idiot d'avoir un système minimal de répartition comme filet pour les plus imprévoyants.

mardi, mai 18, 2010

Il faut démonter l'Euro

Vous ne serez pas étonnés d'apprendre que je suis d'accord avec cet article à une nuance près : l'éclatement de l'Euro arrivera, oui.

Mais ça sera très long et très douloureux car les politiciens qui nous dirigent ont bâti leur carrière sur l'Euro et Bruxelles représente pour eux une retraite dorée en cas de défaite électorale.

Ils (et avec eux, les journalistes qui leur servent la soupe) ont donc tout intérêt à préserver le système qui les a faits rois. Cependant arrivera un moment où la clientèle électorale qui voudra sortir de l'Euro sera telle que des politiciens en feront leur électorat et qu'ils gagneront les élections.

En attendant, nous allons souffrir, beaucoup et longtemps.

A moins que la combinaison funeste de l'invasion migratoire et des tensions économiques crée un mélange explosif qui ouvre la voie à toutes les aventures les plus terribles.

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Il faut démonter l'Euro

Le Figaro 19/05/2010

L'économiste et le président de Philippe Villin Conseil livrent un regard pessimiste sur l'avenir de la monnaie unique.

L'euro se noie. L'euro s'est noyé. C'était prévisible. C'était prévu par beaucoup, et notamment par les auteurs de ces lignes, dès le début des années 1990. Aujourd'hui, ce qui était prévu est arrivé. Au premier choc économique majeur, celui de 2007-2009, les économies nationales dissemblables de la zone, déjà affaiblies par des années d'euro trop cher, ont fortement divergé. Privées de la possibilité de dévaluer et de mener ainsi des politiques monétaires adaptées à leurs particularités, plusieurs d'entre elles ont eu recours à des déficits budgétaires massifs pour amortir les effets de la grande récession. Et ces déficits, dans plusieurs cas, mettent en cause leur solvabilité.

Deux points essentiels sont à retenir dans la crise:

1. Le fonds d'intervention de 750 milliards d'euros - obtenu de haute lutte par Nicolas Sarkozy - ne permet que de faire face au danger immédiat de liquidité, mais n'améliore en rien, sur le fond, la solvabilité des débiteurs.


Bien au contraire, il va aggraver leurs difficultés en accroissant d'abord leur endettement et leurs charges d'intérêts. De plus, les plans d'austérité sévère dans lesquels s'engagent la Grèce, le Portugal et l'Espagne vont aggraver la récession, réduire les recettes fiscales, accroître les demandes d'aides sociales et de transferts, et donc creuser encore davantage les déficits publics. Des politiques déflationnistes appliquées à des économies en récession marquée, c'est la politique de Gribouille. Elle nous enferme toujours davantage dans le «tunnel Trichet», cette stratégie sans issue qui se voudrait irréversible. Elle conduit directement à la mécanique dévastatrice de majoration des dettes par la déflation, l'erreur dramatique qui a transformé la crise boursière en grande dépression dans les années 1930, alors qu'une sortie de l'euro redonnerait à nos économies l'oxygène qui leur manque.

Tout cela pour sauver le dogme de la monnaie unique, raison majeure de la sous-performance de la zone au cours des dernières années, et qui demeurera si celle-ci est maintenue.

2. Mais, de toute façon, l'euro était déjà en voie de décomposition, et cela ne date pas d'aujourd'hui. Il y a eu plusieurs étapes:

Tout d'abord, toutes les promesses de ses concepteurs ont été démenties.

L'euro «fort» (c'est-à-dire cher) était censé favoriser la croissance et l'emploi, contrairement à tous les enseignements de l'économie, mais conformément au credo officiel lors de sa mise en place en 1999. Toute l'évolution qui a suivi a confirmé le bien-fondé de l'analyse économique et l'absurdité de cet argument de propagande. L'euro devait aussi obliger à la convergence les économies nationales et leurs conjonctures jusque-là relativement indépendantes, ou même divergentes, ainsi que leurs rythmes d'inflation. Il n'en a évidemment rien été.

Ainsi, non seulement l'euro fort a pénalisé, à des degrés divers, les exportations de tous ses membres vers les pays tiers, mais, de plus, les divergences irrépressibles des coûts au sein même de la zone ont favorisé les exportations allemandes et laminé toutes les autres.

L'euro devait, par magie pure, constituer un «bouclier» contre les aléas de la conjoncture économique aussi bien que boursière, protégeant l'Europe des à-coups dont les infortunés pays tiers subiraient la rigueur. On a vu!

Il devait aussi parachever l'unification du grand marché européen en déterminant une convergence complète des prix et en instaurant une transparence parfaite pour le consommateur. Et là encore rien de tel ne s'est produit.

Il devait enfin marquer un progrès essentiel de l'intégration politique, mais il est aujourd'hui, à propos des politiques monétaires et budgétaires, un sujet majeur de discorde.

En deuxième lieu, l'euro est déjà entré en déliquescence parce que les conditions initiales restrictives du traité de Maastricht, qui étaient censées assurer son bon fonctionnement, ont été passées par pertes et profits: le pacte de stabilité et de croissance limitait strictement l'importance des déficits publics que les gouvernements nationaux étaient autorisés à pratiquer. Il est mort aujourd'hui. Et si ces principes ont été jetés aux orties c'est bien parce qu'ils étaient totalement irréalistes.

Il était aussi prévu que la Banque centrale européenne (BCE) n'interviendrait jamais pour refinancer un gouvernement national en difficulté. Elle rachète aujourd'hui les obligations grecques des banques pour leur éviter des pertes, qui ne résultent pourtant que de leurs seules décisions, et pour contribuer ainsi à refinancer la Grèce.

Quant à la sacro-sainte indépendance de la BCE à l'égard des pouvoirs politiques, on vient de voir que le principe en est aboli. Les dirigeants politiques lui ont dicté leur loi.

Les investisseurs internationaux ont tiré les conséquences découlant des perspectives déflationnistes que ces politiques accréditent, en révisant à la baisse les valeurs des actions des entreprises de la zone, ainsi que celle de l'euro. Ce dernier va continuer à baisser, et c'est une bonne nouvelle pour les économies européennes dont la compétitivité est en partie restaurée par la dévaluation monétaire, de façon très classique, sans malheureusement tenir compte de la situation spécifique de chaque pays comme pourrait le faire un ensemble de dévaluations différenciées.

3. Que faire?


L'euro tel qu'il a été conçu est mort, submergé sous le poids des déséquilibres qu'il engendre. Sa remise à flot est impossible. «Coordonner les politiques budgétaires» en Euroland signifie revenir en plus strict au pacte de stabilité qui, limitant étroitement les déficits budgétaires nationaux, supprime le seul amortisseur de conjoncture disponible et laisse les économies nationales à la merci de tous les cahots de conjoncture, ce qui est socialement inacceptable et ne réglera rien. C'est une fausse fenêtre ou un trompe-l'œil pour les naïfs. C'est pourtant l'exigence allemande immédiate, qui fait fi de l'intérêt de ses partenaires.

L'euro ne pourrait éventuellement subsister qu'en tant que monnaie d'une fédération levant une part majeure de l'impôt dans la zone, et qui compenserait conjoncturellement et structurellement les pays économiquement les plus affaiblis par cette monnaie unique. Dans l'actuel Euroland, les pays du sud, y compris la France, risqueraient alors de constituer progressivement un vaste «mezzogiorno» de l'Europe, ou l'équivalent, à beaucoup plus grande échelle, de ce que sont pour la France les régions assistées de l'outre-mer.

Mais instituer une Europe véritablement fédérale suppose nécessairement un vote des électeurs de chaque pays concerné. On ne saurait concéder en catimini à la Commission un examen a priori des budgets des États, soustrayant du même coup leurs politiques au processus démocratique. La fuite en avant vers le fédéralisme suppose de définir un périmètre, un projet, et d'organiser une ratification démocratique. Or on peut aisément imaginer l'issue d'un tel vote, au vu des réactions allemandes devant toute aide à la Grèce.

En réalité, la seule voie possible, c'est de mettre à profit l'accalmie temporaire, et fragile, que les 750 milliards de prêts virtuels ont permis d'obtenir, et que la poursuite de la baisse de l'euro vis-à-vis du dollar peut conforter, pour organiser une restructuration - c'est-à-dire un défaut partiel - de la dette des pays les moins solvables et le démontage de l'euro de manière organisée.

Dans la politique actuelle, toute la charge de l'aide financière à ces économies repose sur les contribuables des pays qui fournissent l'aide, et sur les sacrifices difficilement tolérables que doivent supporter les salariés des pays insolvables eux-mêmes. Il faut négocier un partage plus équitable entre pays surendettés, pays prêteurs et banques qui ont souscrit des montants déraisonnables de dettes de qualité douteuse émises par des pays aujourd'hui insolvables.

Ce partage assuré, et la faillite partielle étant convenablement gérée, la Grèce pourrait donner le signal de la sortie de l'euro sans catastrophe et dans un certain calme plutôt que dans l'affolement ou la débâcle. Plusieurs pays de la zone, instruits par l'expérience puisqu'ils n'ont pas voulu l'être par la raison économique initiale, devraient alors saisir cette opportunité de retrouver leurs marges de manœuvre monétaire et budgétaire, et de ce fait la voie de la compétitivité et de la croissance, grâce à la dévaluation et à l'étalement dans le temps de la dette, des efforts et des réformes.

Cela ne réclame de nos responsables qu'un peu de modestie et de bon sens. Est-ce vraiment trop demander? L'arrogance et l'obstination de ceux qui nous ont conduits sur la voie du désastre doivent céder devant l'acceptation des réalités. Errare humanum, perseverare diabolicum.

La démocratie à la française : le conseil d'Etat a imposé l'immigrationnisme

Eric Zemmour : "Le Conseil d'Etat a toujours gagné sa guérilla juridique face au politique"

dimanche, mai 16, 2010

Cécile Duflot est une connasse

C'est décidément la journée des connasses.

Je ne connaissais pas Cécile Duflot car je savais ce que j'allais y trouver si je m'y intéressais. Ca n'a pas raté : je viens de regarder On n'est pas couché. Elle est bien aussi conne que je le soupçonnais.

Elle a du bagou a en dégouter d'avoir des oreilles, c'est une bavasseuse comme tous les politiciens d'aujourd'hui. Et après ? Rien. Le vide, le creux, le néant.

Clotilde Reiss libérée : une Bisounours de retour à Bisounoursland (qu'elle n'aurait jamais du quitter)

Quand on est Bisounours, on ne sort pas de Bisounoursland, on ne s'aventure pas dans le vrai monde, c'est trop dangereux et on n'est pas éduqué pour affronter le danger. On reste entre Bisounours à se caresser la fourrure.

Je suis sûr, que cons comme on est, on va fêter le retour de Clotilde Reiss au lieu de l'engueuler et de lui faire baver des ronds de chapeau. Car elle a quand même fait très fort : confondre l'Iran avec le pays de Candie, pour une prétendue spécialiste, cela montre une imbécillité peu ordinaire (malgré les extraordinaires progrès qu'on fait quotidiennement dans ce domaine, c'est bien le seul où l'on progresse).

C'est comme l'autre connasse, non contente de partir se balader de façon totalement irresponsable dans une région infestée de pirates, avec des gosses en plus, elle a le toupet de se plaindre que son crétin de mari s'est pris une balle mortelle lors des opérations de libération. Et il n'y a personne au gouvernement pour l'envoyer paitre comme elle le mérite.

Bref, tout ça, c'est bien beau, mais ça fait tout même une conne de plus en France. Ce n'est pas une bonne nouvelle.

samedi, mai 15, 2010

Know thyself

Know Thyself

Rather than pointing fingers, Greek citizens should look in the mirror.
7 May 2010

In normal circumstances, people in Britain would have viewed the riots in Athens with a certain disdainful amusement: those excitable Mediterraneans at it again! What else can you expect, really? But thanks to Prime Minister Gordon Brown, Britain is now the Greece of the North Sea; he has turned the healthiest public finances in Europe into the sickest, with a budget deficit as large as Greece’s (and soon to be much larger) and a public debt that will before long exceed 100 percent of GDP. So when we look at what is happening in Athens, we have the eerie sensation that this might be London a few weeks or months hence. We have seen our future, and it riots.

In fact, Greece is only a particularly acute or virulent case of the sickness that afflicts much of the Western world. Greece’s overall debt is higher, no doubt, and its deficit larger, than those of other countries, but the difference is one of degree, not of kind. Like most of the rest of us, the Greeks have been living beyond their means.

When the crowd tried to storm the Greek parliament, shouting, “Thieves! Thieves!,” its anger was misdirected. It was a classic case of what Freudians call projection: the attribution to others of one’s own faults. It is true that the Greek politicians are much to blame for the current situation, and no doubt many of them are thieves; but their real crime was not stealing, but offering a substantial proportion of the Greek population a standard of living that was economically unjustified, maintained for a time by borrowing, and in the long run unsustainable, in return for votes. The crime of that substantial proportion of the Greek population was to accept the bribe that the politicians offered; they were only too prepared to live well at someone else’s expense. The thieves were not principally the politicians, but the demonstrators.

Such popular dishonesty is by no means confined to Greece. In varying degrees, most countries in the West have displayed it, Britain above all. It is perhaps an inherent problem wherever the universal franchise is unaccompanied by widespread virtues such as honesty, self-control, providence, prudence, and self-respect. Greece is therefore a cradle not only of democracy, but of democratic corruption.

The Greek demonstrators did not understand, or did not want to understand, that if there were justice in the world, many people, including themselves, would be worse rather than better off, and that a reduction in their salaries and perquisites was not only economically necessary but just. They had never really earned their wages in the first place; politicians borrowed the money and then dispensed largesse, like monarchs throwing coins to the multitudes.

It is an obvious but often forgotten lesson of economics: what cannot continue will not continue.

Theodore Dalrymple, a physician, is a contributing editor of City Journal and the Dietrich Weismann Fellow at the Manhattan Institute. His most recent book is The New Vichy Syndrome.

A propos des apéros géants

La jeunesse boit, en attendant mieux, ou pire

Les apéros géants ne me gênent pas. En revanche, ce qui me met très mal à l'aise, c'est encore une fois la manifestation de l'instinct grégaire de notre jeunesse. Les pédagogistes ont eu bien raison de détruire toute culture scolaire : on se retrouve avec une foule de petits cons manipulables à souhait. Comme l'écrit Dalrymple, le monde moderne, c'est l'individualisme sans l'individualité.

Nous sommes vraiment à la merci d'un dictateur un peu habile (une femme ?) qui saura tirer profit de ces jeunes.

Marc de Scitivaux chez Lupus

Marc de Scitivaux chez Lupus

Marc de Scitivaux, comme toujours excellent.

Cette crise a au moins une vertu : elle permet de distinguer les bons économistes, qui font des prévisions justes, des autres.

vendredi, mai 14, 2010

Le retour du Général (Benoit Duteurtre)

Délicieux (comme toujours) roman de Benoit Duteurtre.

Suite à une sombre histoire de mayonnaise industrielle imposée par « Bruxelles », le général De Gaulle revient au pouvoir, âgé de cent vingt ans, pour sauver les œufs mayonnaise à la française. Il chasse les fossoyeurs, dont Sarkozy, et fait du gaullisme.

Evidemment, il dérange tout le monde, à commencer, bien sûr, par les gaullistes auto-proclamés (Chirac et Sarkozy sont habillés pour l'hiver).

Je ne vous en raconte pas plus.

Comme le remarque Brighelli, il y a une parenté baroque avec Mélancolie française d'Eric Zemmour.

Finalement, du fait de la légèreté de ce livre, on ressent peut-être encore plus profondément la perte de la France, assassinée au profit d'une république métissée, diverse, solidaire, ouverte, spontanée, repentante, anti-colonialiste, écologiste, festive, concernée, apatride, déracinée, inhumaine, irréelle, inculte, barbare, stérile et sans intérêt.

Duteurtre est toujours aussi charmant.

Amelia (B. Marck)

Bernard Marck est spécialisé dans la biographie d'aviateurs.

Il semble que, pour celle que certains considèrent comme la plus grande aviatrice (pour ma part, je ne m'aventurerais pas à ce jugement), il ait eu quelques difficultés. Amelia Earhart manque d'aspérités à force de perfection (sauf dans les vertus familiales). Peut-être aussi que ce livre de commande, programmé pour sortir en même temps que le film, n'inspirait pas l'auteur.

Amelia Earhart avait d'éminentes qualités, flair, persévérance, intelligence, mais il semble qu'il lui a manqué le soin maniaque de Lindbergh, et peut-être un peu de chance, pour survivre. Lindbergh avait ce supplément d'âme qui fait de lui un pilote de génie. Amelia était juste excellente.

Lindbergh et Earhart avaient aussi en commun des enfances chaotiques. Peut-être n'est-ce pas un hasard : il faut en avoir un grain, avoir une revanche à prendre, pour se livrer au sport de combat qu'était l'aviation de records des pionniers.

Marck se perd sur la fin, qui occupe un tiers du livre, à propos de la disparition de l'héroïne.

Deux hypothèses sont en concurrence :

> l'hypothèse «officielle» : l'aviatrice et son navigateur se sont perdus et sont tombés en mer.

> l'hypothèse de Goerner : volontairement(à des fins d'espionnage) ou involontairement, le Lockheed Electra est passé à proximité d'une base secrète japonaise et a été forcé d'y atterrir. Les aviateurs y seraient morts discrètement, exécutés ou de maladie.

Même si la seconde hypothèse a de sérieux indices en sa faveur, aucune des deux n'emportent la conviction.

Ce mystère continue de passionner certains.


Il est dommage que cette aviatrice remarquable soit essentiellement remémorée pour sa mort.

Papophobie : rigolons avec les abonnés du Monde

Lire les commentaires des abonnés du Monde est source de grande poilade. Mais dès que le pape est mis en cause, c'est le délire (vous connaissez mon explication psychnalytique).

Je vous ai fait un petit florilège :

L'avortement est un problème féminin, je ne vois pas ce que les hommes ont à décider dans cette affaire. Surtout des religieux...

Transposons : la pédophilie des prêtres est un problème pastoral, je ne vois pas ce que les non-catholiques ont à décider dans cette affaire. Surtout des athées...

Il est urgent de légaliser le mariage des prêtres.


C'est vrai ça, quelle urgence !

Le défi le plus dangereux, c'est sûrement la surpopulation humaine ! La bêtise absolue de l'Eglise catholique et des fanatiques de tous poils de toutes croyances qui veulent accroître leur cheptel de brebis crédules nous fait aller droit dans le mur.

Et la bêtise absolue des lecteurs du Monde et des fanatiques de tous poils de toutes croyances qui veulent accroître leur cheptel de brebis crédules et qui nous fait aller droit dans le mur ?

Le défi le plus dangereux, c'est la religion, et plus précisément la religion catholique.

Précisons encore : catholique romaine ayant son siège au Vatican et Benoît XVI comme pape. En revanche, la religion à barbus dynamiteurs, aucun danger.

Je suis catholique et affligé par tant de haine. De plus en plus souvent, j'ai du mal à reconnaitre mon Eglise dans ce Pape tellement éloigné du message d'amour et de tolérance du Christ. Les vrais chrétiens ont d'après moi d'autres "défis" à relever aujourd'hui: lutte contre la pauvreté, la misère et l'intolérance ; accueil des autres, de tous les autres. Vive les futurs mariés portugais, et qu'ils reçoivent les amitiés d'un hétérosexuel catholique qui se réjouit pour ses frères gays.


Encore un catholique français qui a confondu l'église du village avec la section locale du parti socialiste de Bisounoursland et Jésus avec Vincent Mc Doom.

jeudi, mai 13, 2010

L'Europe persévère dans l'erreur

L'Europe persévère dans l'erreur. Ce qui, comme vous le savez, est diabolique. Il ne faut pas plus de supra-nationalité, plus de fédéralisme, plus d'Europe. L'Europe n'est pas la solution, c'est le problème.

L'Europe n'existe pas, il n'y a que les nations qui existent. L'européisme est une construction idéologique qui suppose une haine de soi, une haine de son pays et le refus des réalités. Les commentaires des lecteurs des journaux gauchistes, plus naïfs et plus francs que les journalistes professionnels et les politiciens, sont tout à fait édifiants sur ce point : se dire «européen», en réalité européiste, c'est d'abord refuser d'être français, allemand, etc.

C'est en vertu de ce principe idéologique de refus de la réalité que les européistes ont méthodiquement entrepris de nier la réalité la plus gênante : les peuples. On les a réduits au silence en les baillonnant dans des traités, des chartes et des analyses constitutionnelles (1).

La manœuvre des européistes est très claire : ils espèrent qu'à force de nier, de dénigrer, de vilipender, d'emprisonner le sentiment national, de l'empêcher de s'exprimer, de ne le laisser vivre que pour des choses ridicules (le béret et la baguette), on finira par le faire disparaître des têtes. Evidemment, cette stratégie a une chance en Europe qu'elle n'a nulle part ailleurs : la culpabilisation du nationalisme à cause des guerres mondiales.

Seulement voilà : l'Euro pourrait bien être l'arme du suicide de cette Europe là. Les européistes, ces salopiauds, ont voulu créer un fait accompli irréversible, en faisant bien attention à ne pas prévoir un mécanisme de sortie de l'Euro.

Mais l'économie est impitoyable, elle est prosaïque. Les discours, les idéologies, elle s'en fiche. Un sou est un sou. S'être aventuré sur ce terrain où leurs mensonges ont du mal à prendre pourrait bien être la plus grosse bourde des européistes.

Tant que les Allemands ne se sentiront pas solidaires des Grecs, l'Euro est condamné à l'éclatement. Or, si mon analyse (les nations existent, pas l'Europe) est juste, les Allemands ne se sentiront jamais solidaires des Grecs, l'Euro éclatera. Je ne sais pas quand, je ne sais pas comment, mais il éclatera.

Et cela restera un des crimes des européistes de ne pas avoir prévu ce mécanisme d'éclatement, le rendant d'autant plus douloureux et chaotique.

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(1) croyez vous que, si il avait été consulté, le peuple français aurait été de l'avis du conseil constitutionnel, que les traités européens sont supérieurs en droit aux lois françaises ?

mercredi, mai 12, 2010

Vive Bruxelles !

Ce n'est pas souvent que je félicite la bureaucratie bruxelloise, mais, pour le coup, en proposant de mettre sous tutelle les budgets nationaux, elle est parfaitement logique :

> soit on a une monnaie unique et il faut qu'une instance supra-nationale surveille les budgets des différents pays.

> soit on refuse cette surveillance, mais alors il faut abandonner la monnaie unique.

N'oublions pas que ceux qui, à force de propagande, nous ont imposé l'Euro sont les héritiers de gens détestant les nations, fauteuses à leurs yeux de toutes les guerres, et rêvant de faire de l'Europe une fédération de régions, les nations étant détruites par la machinerie européiste.

La proposition bruxelloise est dans cette lignée. Ce n'est qu'une étape de plus de cette stratégie de long terme.

A l'inverse, je pense que la destruction des nations est profondément nocive, qu'elle fait des citoyens des déracinés et qu'elle prépare le chaos. C'est pourquoi je suis pour un abandon ordonnée de l'Euro. Je préfère que la France ressemble à la Suisse qu'à la Belgique.

Mais il faut choisir : ceux qui s'insurgent contre la proposition bruxelloise tout en se déclarant partisans de l'Euro sont des idiots ou des menteurs.

mardi, mai 11, 2010

Frankenchet et ses copains en action

Deux solutions :

> d'un coté, la solution que nous appellerons nordique : réduction des déficits et des dettes publics grâce au travail et à des mesures intelligentes de transformation de l'Etat.

> de l'autre, la solution que nous appellerons sudiste : faire marcher la planche à billets, générer de l'inflation, bouffer l'épargne et l'investissement. Mais, gros avantage, ça ne demande aucun effort, ni physique ni intellectuel.

Bien sûr, résultat de cette brillante politique, les pays du sud restent, suivant le mot de de Gaulle, des «pays à la traîne, oscillant perpétuellement entre le drame et la médiocrité.»

Mais De Gaulle, ce con, essayait de faire atteindre à la France la haute ambition qu'il avait pour elle. Les vrais intelligents, qui ont fait les grandes écoles, comme Juppé, Rocard, Sarkozy ou Aubry, ont une technique bien plus rusée : ils abaissent leur ambition pour la France jusqu'à la rendre accessible à sa médiocrité. En fait, ils l'abaissent tellement qu'elle devient une ambition pour eux-mêmes : rouler avec chauffeur et vivre dans des palais de l'Ancien Régime. Une ambition à la taille des nains qu'ils sont.

Et alors, que croyez vous que Trichet et sa bande ont choisi pour l'Euroland ? Hé oui, la monétisation des dettes publiques, autrement dit, la solution sudiste.

Les Allemands doivent se sentir bien seuls.