lundi, janvier 31, 2011
Mariage homo: de quel droit ?
A chaque lobby sa loi…
Publié le 31 janvier 2011 à 06h01 sur Causeur
Anne-Marie Le Pourhiet est professeur de droit public à l’Université Rennes 1 et vice-président de l’AFDC
Les associations d’homosexuels ont donc feint, comme l’on pouvait s’y attendre, d’être « déçues » par la décision du Conseil constitutionnel du 28 janvier 2011 constatant que la Constitution française n’impose nullement d’ouvrir la possibilité de se marier à deux individus du même sexe. Nulle personne sensée n’avait pourtant imaginé que l’institution de la rue Montpensier, que l’on dit composée de « Sages », allait se mettre soudain à faire divaguer la Constitution, comme le fait souvent la Cour européenne des droits de l’homme en livrant de la Convention du même nom des interprétations pour le moins constructives et fantaisistes. Il se trouve d’ailleurs que la Constitution française est absolument muette sur le mariage et que son article 34 se borne à renvoyer à la loi le soin de « fixer les règles concernant l’état et la capacité des personnes, les régimes matrimoniaux et les libéralités ».
Mais les avocats des deux lesbiennes requérantes et des associations qui les soutiennent y sont évidemment allées de l’éternelle rhétorique victimaire utilisée par toutes les militances catégorielles pour demander au Conseil de mettre un terme à l’odieuse discrimination dont seraient victimes les homosexuels du fait d’une législation civile attentatoire au principe constitutionnel d’égalité des citoyens devant la loi.
Seulement, la question juridique n’est, en l’occurrence, pas du tout celle-là. La loi française, en effet, ne prive pas une catégorie de personnes de l’accès à un « droit » qu’elle aurait créé. Il se trouve que le mariage n’a jamais été conçu autrement qu’entre un homme et une femme, seuls capables d’engendrer, et qu’il ne se définit donc pas en dehors d’une relation hétérosexuelle. Il est exclusivement la consécration institutionnelle de celle-ci. Ce que résumait Renaud dans une jolie chanson : « Même si j’étais pédé comme un phoque, je n’serais jamais en cloque. »
Le monopole hétérosexuel du mariage n’est donc pas le fruit d’une législation arbitraire, discriminatoire et « hétérocentriste », il est tout simplement sa définition même, de telle sorte que Jacques Chirac n’avait souffert d’aucune « absence » en parlant de « parodie de mariage ». Il ne peut s’agir que de cela, en effet, et les images du fameux « mariage de Bègles », évoquant celui de Thierry Le Luron et de Coluche, semblaient sorties de ces peintures haïtiennes représentant les mariages burlesques des carnavals antillais.
La loi française n’est donc pas discriminatoire, le traitement différent de situations différentes n’étant évidemment pas prohibé par le principe d’égalité, sauf à prétendre aussi abroger la condition d’âge nubile, autrefois fixée à la puberté et aujourd’hui à la majorité. Ce que veulent les militants homosexuels, c’est tout simplement faire changer le sens même du terme de mariage pour lui faire dire ce qu’il n’a jamais pu vouloir dire.
La question fondamentale est donc celle du sens et de la fonction du droit dans une société. Sans doute le droit sait-il depuis longtemps créer des fictions dont l’adoption est l’exemple type, mais il s’efforce toujours de les rendre vraisemblables et de ne pas s’écarter de la réalité possible. Faut-il aller toujours plus loin dans l’artificialisme en satisfaisant toujours plus de revendications aberrantes au nom d’un prétendu « progrès » et de la reconnaissance de droits illimités ou refuser rationnellement l’institutionnalisation de ce qui n’est tout simplement pas vraisemblable ?
Dans un article du 3 juillet 2010 consacré aux passions de certains individus pour leurs animaux domestiques, le journal Marianne faisait part du mariage d’un individu humain de sexe masculin avec sa chatte prénommée Cécilia. L’on sait, en effet, que des juristes anglo-saxons s’interrogent sur les moyens de léguer un héritage à un animal tandis que le mouvement de l’écologie profonde réclame, derrière l’américain Peter Singer, la rédaction d’une Déclaration universelle des droits des grands singes. Le Traité de Lisbonne a amorcé un pas en ce sens en stipulant que « l’Union et les États-membres tiennent pleinement compte des exigences du bien-être des animaux en tant qu’êtres sensibles ». Il y a fort à parier que les militants de la libération animale ne s’arrêteront pas là, d’autant que certaines légendes racontent que les singes seraient capables d’élever, à défaut d’éduquer, un enfant humain.
Nul doute qu’après la décision du Conseil constitutionnel, les associations d’homosexuels reprendront leur harcèlement en direction du législateur, tout comme le lobby mortifère du « droit de mourir dans la dignité » qui reprend sans relâche sa « lutte » après chaque refus essuyé. Dans son livre intitulé Quand les minorités font la loi (Les voies du droit, PUF, 2002), la juriste canadienne Andrée Lajoie a montré comment la tyrannie des minorités s’exerçait complémentairement dans les prétoires et les hémicycles. On s’en remet donc désormais au politique non sans avoir d’abord paradoxalement obtenu de celui-ci qu’il interdise le débat démocratique en incriminant pénalement les arguments adverses qualifiés de sexistes, homophobes, handiphobes ou autres. Le débat politique avec les « Khmers roses » (François Devoucoux de Buysson, éditions Blanche, 2003) a donc toutes les chances de se transformer en monologue agressif et sectaire.
Publié le 31 janvier 2011 à 06h01 sur Causeur
Anne-Marie Le Pourhiet est professeur de droit public à l’Université Rennes 1 et vice-président de l’AFDC
Les associations d’homosexuels ont donc feint, comme l’on pouvait s’y attendre, d’être « déçues » par la décision du Conseil constitutionnel du 28 janvier 2011 constatant que la Constitution française n’impose nullement d’ouvrir la possibilité de se marier à deux individus du même sexe. Nulle personne sensée n’avait pourtant imaginé que l’institution de la rue Montpensier, que l’on dit composée de « Sages », allait se mettre soudain à faire divaguer la Constitution, comme le fait souvent la Cour européenne des droits de l’homme en livrant de la Convention du même nom des interprétations pour le moins constructives et fantaisistes. Il se trouve d’ailleurs que la Constitution française est absolument muette sur le mariage et que son article 34 se borne à renvoyer à la loi le soin de « fixer les règles concernant l’état et la capacité des personnes, les régimes matrimoniaux et les libéralités ».
Mais les avocats des deux lesbiennes requérantes et des associations qui les soutiennent y sont évidemment allées de l’éternelle rhétorique victimaire utilisée par toutes les militances catégorielles pour demander au Conseil de mettre un terme à l’odieuse discrimination dont seraient victimes les homosexuels du fait d’une législation civile attentatoire au principe constitutionnel d’égalité des citoyens devant la loi.
Seulement, la question juridique n’est, en l’occurrence, pas du tout celle-là. La loi française, en effet, ne prive pas une catégorie de personnes de l’accès à un « droit » qu’elle aurait créé. Il se trouve que le mariage n’a jamais été conçu autrement qu’entre un homme et une femme, seuls capables d’engendrer, et qu’il ne se définit donc pas en dehors d’une relation hétérosexuelle. Il est exclusivement la consécration institutionnelle de celle-ci. Ce que résumait Renaud dans une jolie chanson : « Même si j’étais pédé comme un phoque, je n’serais jamais en cloque. »
Le monopole hétérosexuel du mariage n’est donc pas le fruit d’une législation arbitraire, discriminatoire et « hétérocentriste », il est tout simplement sa définition même, de telle sorte que Jacques Chirac n’avait souffert d’aucune « absence » en parlant de « parodie de mariage ». Il ne peut s’agir que de cela, en effet, et les images du fameux « mariage de Bègles », évoquant celui de Thierry Le Luron et de Coluche, semblaient sorties de ces peintures haïtiennes représentant les mariages burlesques des carnavals antillais.
La loi française n’est donc pas discriminatoire, le traitement différent de situations différentes n’étant évidemment pas prohibé par le principe d’égalité, sauf à prétendre aussi abroger la condition d’âge nubile, autrefois fixée à la puberté et aujourd’hui à la majorité. Ce que veulent les militants homosexuels, c’est tout simplement faire changer le sens même du terme de mariage pour lui faire dire ce qu’il n’a jamais pu vouloir dire.
La question fondamentale est donc celle du sens et de la fonction du droit dans une société. Sans doute le droit sait-il depuis longtemps créer des fictions dont l’adoption est l’exemple type, mais il s’efforce toujours de les rendre vraisemblables et de ne pas s’écarter de la réalité possible. Faut-il aller toujours plus loin dans l’artificialisme en satisfaisant toujours plus de revendications aberrantes au nom d’un prétendu « progrès » et de la reconnaissance de droits illimités ou refuser rationnellement l’institutionnalisation de ce qui n’est tout simplement pas vraisemblable ?
Dans un article du 3 juillet 2010 consacré aux passions de certains individus pour leurs animaux domestiques, le journal Marianne faisait part du mariage d’un individu humain de sexe masculin avec sa chatte prénommée Cécilia. L’on sait, en effet, que des juristes anglo-saxons s’interrogent sur les moyens de léguer un héritage à un animal tandis que le mouvement de l’écologie profonde réclame, derrière l’américain Peter Singer, la rédaction d’une Déclaration universelle des droits des grands singes. Le Traité de Lisbonne a amorcé un pas en ce sens en stipulant que « l’Union et les États-membres tiennent pleinement compte des exigences du bien-être des animaux en tant qu’êtres sensibles ». Il y a fort à parier que les militants de la libération animale ne s’arrêteront pas là, d’autant que certaines légendes racontent que les singes seraient capables d’élever, à défaut d’éduquer, un enfant humain.
Nul doute qu’après la décision du Conseil constitutionnel, les associations d’homosexuels reprendront leur harcèlement en direction du législateur, tout comme le lobby mortifère du « droit de mourir dans la dignité » qui reprend sans relâche sa « lutte » après chaque refus essuyé. Dans son livre intitulé Quand les minorités font la loi (Les voies du droit, PUF, 2002), la juriste canadienne Andrée Lajoie a montré comment la tyrannie des minorités s’exerçait complémentairement dans les prétoires et les hémicycles. On s’en remet donc désormais au politique non sans avoir d’abord paradoxalement obtenu de celui-ci qu’il interdise le débat démocratique en incriminant pénalement les arguments adverses qualifiés de sexistes, homophobes, handiphobes ou autres. Le débat politique avec les « Khmers roses » (François Devoucoux de Buysson, éditions Blanche, 2003) a donc toutes les chances de se transformer en monologue agressif et sectaire.
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dimanche, janvier 30, 2011
La France colonisée par ses colonies
Bernard Lugan : La gauche et la colonisation
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samedi, janvier 29, 2011
Le père de famille, le trader et l'expert (M. de Scitivaux)
Ce petit livre de juin 2009 est ce que j'ai lu de plus clair sur la crise que nous venons de subir.
Voici le mécanisme infernal :
> comme Charles Gave, Marc de Scitivaux est convaincu que la crise actuelle trouve ses racines dans la crise asiatique de 1995.
> suite à la crise de 1995, les pays asiatiques ont changé de politique. Ils ont adopté une approche mercantiliste. Grâce à des excédents commerciaux et des changes bloqués (folie illibérale empêchant les mécanismes de marché d'ajustement monétaire), ils se sont retrouvés à la tête de masses colossales de capitaux. Cette prospérité asiatique a entrainé l'inflation des matières premières. Les pétro-monarchies se sont elles aussi retrouvés avec d'immenses capitaux.
> au lieu d'investir ces capitaux chez eux, les nouveaux riches les ont investis dans le pays qui offre à leurs yeux le meilleur équilibre rendement / risque / innovation / protection, à savoir les Etats-Unis. Comme l'a fait remarqué Ben Bernanke lui-même, le fait que la propriété privée soit considérée comme moins respectée en Europe a empêché la diversification.
> conséquence logique de cet afflux de capitaux, les taux d'intérêt se sont écroulés, à des plus bas historiques. Deux types d'acteurs en ont profité pour s'endetter au-delà du raisonnable dans tous les pays occidentaux. Greenspan, qui a régulièrement monté les taux courts (sans effet sur les taux longs : c'était le célèbre conondrum), n'est pas le coupable idéal qu'on croit. En revanche, Bernanke, qui a baissé les taux court trop tôt, a favorisé le dernier run de spéculation, la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Le reproche qu'on peut faire à Greenspen est d'avoir été trop optimiste sur la nature humaine : il a averti, mais avertir ne suffit pas, il fallait sanctionner. Les banques ont été conduites à prendre des risques inconsidérés par le fait que les managers ne sont pas les propriétaires et qu'elles espéraient qu'en cas de crise les Etats les sauveraient. Greenspan aurait du être plus directif sur ces deux sujets.
> les Etats, notamment Européens, ont aggravé leur tendance à offrir des services non-payés, c'est-à-dire financés par l'endettement. Scitivaux remarque au passage que la dette publique américaine n'est pas très élevée et que la plupart des commentateurs, avec une incompétence généralisée, confondent le plafond de dette voté par le Congrès, qui comprend les futures retraites, et la dette réelle.
> les particuliers ont nourri une bulle immobilière, notamment aux USA, où une loi absurde oblige les banques à prêter à ceux qui n'en ont pas les moyens . Ce sont les désormais fameux subprimes.
> pendant ce temps, la population vieillissait et les fonds de pension, handicapés par cette baisse des taux, avaient du mal à servir les pensions promises.
> C'est alors que les petits génies matheux des banques inventèrent les CDO. Cette tambouille diabolique de créances risquées et de créances saines étaient censée offrir les rendements des créances risquées et le faible risque des créances saines. Les gestionnaires de fonds de pension se sont jetés dessus. En réalité, le produit était tellement complexe que les vendeurs ne savaient pas vraiment ce qu'ils vendaient tandis que les acheteurs ne savaient pas vraiment ce qu'ils achetaient. Encore une folie.
> personne n'y comprenant rien, tout le monde s'est fié aux agences de notation. Mais on se méprend sur leur fonction : malheureusement, celles-ci ne prévoient pas l'avenir mais se basent sur l'historique. Pour les produits nouveaux, comme les CDO, qui n'ont par définition pas d'historique, leurs avis ne vaut rien. Mais ça n'arrangeait personne de comprendre ce défaut des agences de notation.
> les banques avaient avantage à alimenter la bulle. Pour tout le monde, y compris un économiste, mieux vaut dire comme la meute (se tromper quand tout le monde se trompe ne porte pas à conséquence) que de se distinguer et de prendre le risque d'avoir tort tout seul. Pour Scitivaux, la faillite des économistes à prédire la crise vient plus d'un manque de courage que d'un manque d'intelligence.
> les nouvelles régulations des banques (qui se réfèrent beaucoup aux agences de notation) et les nouvelles normes comptables, à la fois excessivement complexes et atrocement pro-cycliques, ont transformé une crise locale, les subprimes, en crise systémique, par le relais des faillites, avérées ou potentielles, des banques.
On remarquera à toutes les étapes les mécanismes illibéraux qui ont aggravé la crise.
On constate également que, à des degrés divers, nous sommes tous coupables de la crise, nous avons tous d'une manière où d'une autre essayé d'avoir des «repas gratuits», ne serait-ce qu'en profitant de la bulle immobilière ou de services publics financés par l'endettement. Cette crise est le fruit d'une faillite de la raison qui a touché tous les pays occidentaux.
Un des problèmes les plus graves, que, je pense, certains d'entre vous, lecteurs, subissent tous les jours, est la disjonction de plus en plus fréquente des intérêts des dirigeants et des intérêts de l'entité qu'ils dirigent. Un dirigeant qui sait qu'il ne sera plus à son poste dans deux ans ne peut avoir les mêmes intérêts qu'une société qui a vocation à exister encore dans vingt ans.
De Scitivaux propose la méthode Galliffet. Galliffet a réprimé la Commune. Il n'était vraiment de gauche ! Pourtant, il fut dreyfusard. Il s'en expliquait simplement : «Je ne connais pas Dreyfus. Je ne connais pas le dossier. Mais je connais mes collègues de l'état-major : si ils pensent tous que Dreyfus est coupable, c'est sûrement qu'il est innocent.»
Une telle méthode est bien adaptée à l'économie : elle est tellement complexe qu'une idée à la mode qui fait l'unanimité, donc qui est assez simple pour être comprise par les imbéciles, a de bonnes chances d'être fausse.
Au passage, Marc de Scitivaux n'a pas de mots assez durs pour fustiger la chasse aux boucs-émissaires à laquelle se livrent nos politiciens et dont Nicolas Sarkozy semble s'être fait une spécialité.
Il cite une déclaration de Nicolas Sarkozy terrifiante : le président y explique que ce n'est pas la peine de lire des livres d'économies car la crise est tellement nouvelle qu'on ne peut rien en apprendre du passé. En dehors du mépris des études dont ces mots témoignent, ils révèlent une erreur d'analyse radicale : au contraire, cette crise est au fond comme toutes les crises d'endettement, seule la surface des choses changent.
Cette citation de Tocqueville est tellement appropriée que cela devrait tirer des larmes de rage à tout citoyen un peu émotif : «Une idée fausse mais claire et précise aura toujours plus de puissance dans le monde qu'une idée vraie mais complexe».
Marc de Scitivaux, qui a passé quelques années dans des ministères, affirme qu'aucune crise ne coutera aussi cher aux Français que les plans pour «revitaliser» l'industrie.
Cette incompétence de nos politiciens à analyser correctement la crise met en danger la démocratie. D'autant plus que, si la crise mondiale est finie, la crise des dettes étatiques européennes continue.
Seule bonne nouvelle : la reprise mondiale permettra peut-être d'étaler les efforts européens et à la démocratie de survivre en Europe, car là est bien l'enjeu.
Marc de Scitivaux qui, dès 1990, avait écrit que les Etats-providence ne survivraient pas à la mondialisation n'a pas bougé d'un iota sur ce sujet.
Voici le mécanisme infernal :
> comme Charles Gave, Marc de Scitivaux est convaincu que la crise actuelle trouve ses racines dans la crise asiatique de 1995.
> suite à la crise de 1995, les pays asiatiques ont changé de politique. Ils ont adopté une approche mercantiliste. Grâce à des excédents commerciaux et des changes bloqués (folie illibérale empêchant les mécanismes de marché d'ajustement monétaire), ils se sont retrouvés à la tête de masses colossales de capitaux. Cette prospérité asiatique a entrainé l'inflation des matières premières. Les pétro-monarchies se sont elles aussi retrouvés avec d'immenses capitaux.
> au lieu d'investir ces capitaux chez eux, les nouveaux riches les ont investis dans le pays qui offre à leurs yeux le meilleur équilibre rendement / risque / innovation / protection, à savoir les Etats-Unis. Comme l'a fait remarqué Ben Bernanke lui-même, le fait que la propriété privée soit considérée comme moins respectée en Europe a empêché la diversification.
> conséquence logique de cet afflux de capitaux, les taux d'intérêt se sont écroulés, à des plus bas historiques. Deux types d'acteurs en ont profité pour s'endetter au-delà du raisonnable dans tous les pays occidentaux. Greenspan, qui a régulièrement monté les taux courts (sans effet sur les taux longs : c'était le célèbre conondrum), n'est pas le coupable idéal qu'on croit. En revanche, Bernanke, qui a baissé les taux court trop tôt, a favorisé le dernier run de spéculation, la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Le reproche qu'on peut faire à Greenspen est d'avoir été trop optimiste sur la nature humaine : il a averti, mais avertir ne suffit pas, il fallait sanctionner. Les banques ont été conduites à prendre des risques inconsidérés par le fait que les managers ne sont pas les propriétaires et qu'elles espéraient qu'en cas de crise les Etats les sauveraient. Greenspan aurait du être plus directif sur ces deux sujets.
> les Etats, notamment Européens, ont aggravé leur tendance à offrir des services non-payés, c'est-à-dire financés par l'endettement. Scitivaux remarque au passage que la dette publique américaine n'est pas très élevée et que la plupart des commentateurs, avec une incompétence généralisée, confondent le plafond de dette voté par le Congrès, qui comprend les futures retraites, et la dette réelle.
> les particuliers ont nourri une bulle immobilière, notamment aux USA, où une loi absurde oblige les banques à prêter à ceux qui n'en ont pas les moyens . Ce sont les désormais fameux subprimes.
> pendant ce temps, la population vieillissait et les fonds de pension, handicapés par cette baisse des taux, avaient du mal à servir les pensions promises.
> C'est alors que les petits génies matheux des banques inventèrent les CDO. Cette tambouille diabolique de créances risquées et de créances saines étaient censée offrir les rendements des créances risquées et le faible risque des créances saines. Les gestionnaires de fonds de pension se sont jetés dessus. En réalité, le produit était tellement complexe que les vendeurs ne savaient pas vraiment ce qu'ils vendaient tandis que les acheteurs ne savaient pas vraiment ce qu'ils achetaient. Encore une folie.
> personne n'y comprenant rien, tout le monde s'est fié aux agences de notation. Mais on se méprend sur leur fonction : malheureusement, celles-ci ne prévoient pas l'avenir mais se basent sur l'historique. Pour les produits nouveaux, comme les CDO, qui n'ont par définition pas d'historique, leurs avis ne vaut rien. Mais ça n'arrangeait personne de comprendre ce défaut des agences de notation.
> les banques avaient avantage à alimenter la bulle. Pour tout le monde, y compris un économiste, mieux vaut dire comme la meute (se tromper quand tout le monde se trompe ne porte pas à conséquence) que de se distinguer et de prendre le risque d'avoir tort tout seul. Pour Scitivaux, la faillite des économistes à prédire la crise vient plus d'un manque de courage que d'un manque d'intelligence.
> les nouvelles régulations des banques (qui se réfèrent beaucoup aux agences de notation) et les nouvelles normes comptables, à la fois excessivement complexes et atrocement pro-cycliques, ont transformé une crise locale, les subprimes, en crise systémique, par le relais des faillites, avérées ou potentielles, des banques.
On remarquera à toutes les étapes les mécanismes illibéraux qui ont aggravé la crise.
On constate également que, à des degrés divers, nous sommes tous coupables de la crise, nous avons tous d'une manière où d'une autre essayé d'avoir des «repas gratuits», ne serait-ce qu'en profitant de la bulle immobilière ou de services publics financés par l'endettement. Cette crise est le fruit d'une faillite de la raison qui a touché tous les pays occidentaux.
Un des problèmes les plus graves, que, je pense, certains d'entre vous, lecteurs, subissent tous les jours, est la disjonction de plus en plus fréquente des intérêts des dirigeants et des intérêts de l'entité qu'ils dirigent. Un dirigeant qui sait qu'il ne sera plus à son poste dans deux ans ne peut avoir les mêmes intérêts qu'une société qui a vocation à exister encore dans vingt ans.
De Scitivaux propose la méthode Galliffet. Galliffet a réprimé la Commune. Il n'était vraiment de gauche ! Pourtant, il fut dreyfusard. Il s'en expliquait simplement : «Je ne connais pas Dreyfus. Je ne connais pas le dossier. Mais je connais mes collègues de l'état-major : si ils pensent tous que Dreyfus est coupable, c'est sûrement qu'il est innocent.»
Une telle méthode est bien adaptée à l'économie : elle est tellement complexe qu'une idée à la mode qui fait l'unanimité, donc qui est assez simple pour être comprise par les imbéciles, a de bonnes chances d'être fausse.
Au passage, Marc de Scitivaux n'a pas de mots assez durs pour fustiger la chasse aux boucs-émissaires à laquelle se livrent nos politiciens et dont Nicolas Sarkozy semble s'être fait une spécialité.
Il cite une déclaration de Nicolas Sarkozy terrifiante : le président y explique que ce n'est pas la peine de lire des livres d'économies car la crise est tellement nouvelle qu'on ne peut rien en apprendre du passé. En dehors du mépris des études dont ces mots témoignent, ils révèlent une erreur d'analyse radicale : au contraire, cette crise est au fond comme toutes les crises d'endettement, seule la surface des choses changent.
Cette citation de Tocqueville est tellement appropriée que cela devrait tirer des larmes de rage à tout citoyen un peu émotif : «Une idée fausse mais claire et précise aura toujours plus de puissance dans le monde qu'une idée vraie mais complexe».
Marc de Scitivaux, qui a passé quelques années dans des ministères, affirme qu'aucune crise ne coutera aussi cher aux Français que les plans pour «revitaliser» l'industrie.
Cette incompétence de nos politiciens à analyser correctement la crise met en danger la démocratie. D'autant plus que, si la crise mondiale est finie, la crise des dettes étatiques européennes continue.
Seule bonne nouvelle : la reprise mondiale permettra peut-être d'étaler les efforts européens et à la démocratie de survivre en Europe, car là est bien l'enjeu.
Marc de Scitivaux qui, dès 1990, avait écrit que les Etats-providence ne survivraient pas à la mondialisation n'a pas bougé d'un iota sur ce sujet.
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vendredi, janvier 28, 2011
Intermittents du travail, permanents du socialisme
Un jour, je m'étais engueulé avec une «intermittente du spectacle» qui traitait de manière hystérique Sarkozy de «fasciste» pour des broutilles.
Quand on lit les chiffres à peine croyables (à peine croyables pour qui n'est pas familier avec les folies du socialisme à la française)des Echos, on comprend mieux l'hystérie sonore destinée à empêcher tout débat :
> 3% des assurés, les intermittents font à eux seuls 33 % du déficit de l'assurance chomage.
> 1 Md € de déficit pour 100 000 assurés (soit un cadeau moyen de 10 000 € / intermittent /an).
Si les intermittents laissaient une seule seconde le débat se poser calmement, ils seraient foutus.
La cause de ces aberrations est évidemment que les assurances dites sociales ne devraient pas dépendre de l'Etat, et donc ne pas être soumises aux injustices du clientélisme. Car c'est bien le fond du problème du régime de faveur dont bénéficient les saltimbanques : comme ils sont très sonores, leur pouvoir de nuisance politique justifie aux yeux des décideurs de prendre de l'argent au travailleur qui ferme sa gueule pour le donner aux feignasses qui hurlent.
En réalité, il n'y a pas plus de raisons justes que l'assurance-chômage soit étatisée que, par exemple, l'assurance automobile.
L'insoutenable spectacle
Quand on lit les chiffres à peine croyables (à peine croyables pour qui n'est pas familier avec les folies du socialisme à la française)des Echos, on comprend mieux l'hystérie sonore destinée à empêcher tout débat :
> 3% des assurés, les intermittents font à eux seuls 33 % du déficit de l'assurance chomage.
> 1 Md € de déficit pour 100 000 assurés (soit un cadeau moyen de 10 000 € / intermittent /an).
Si les intermittents laissaient une seule seconde le débat se poser calmement, ils seraient foutus.
La cause de ces aberrations est évidemment que les assurances dites sociales ne devraient pas dépendre de l'Etat, et donc ne pas être soumises aux injustices du clientélisme. Car c'est bien le fond du problème du régime de faveur dont bénéficient les saltimbanques : comme ils sont très sonores, leur pouvoir de nuisance politique justifie aux yeux des décideurs de prendre de l'argent au travailleur qui ferme sa gueule pour le donner aux feignasses qui hurlent.
En réalité, il n'y a pas plus de raisons justes que l'assurance-chômage soit étatisée que, par exemple, l'assurance automobile.
L'insoutenable spectacle
Les homosexuels, le mariage et l'adoption (2)
Les activistes homosexuels recommencent à faire parler d'eux. Ils veulent imposer le mariage homosexuel comme un thème majeur de la campagne électorale de 2012. On aura tout entendu ! Le monde doit tourner autour de leur nombril, leurs préoccupations doivent devenir les préoccupations du pays entier.
En un sens, ils ont raison : si mon hypothèse du glissement vers le conservatisme des Français est exact, malgré tous leurs cris «c'est inéluctable, il est inutile de s'y opposer», le temps joue contre eux.
Pour le reste, je ne vais pas me répéter :
Les homosexuels, le mariage et l'adoption
Addendum : au fait, je résume l'argument de Thomas Sowell pour ceux qui ne lisent pas l'anglais :
> les homosexuels réclament le droit au mariage en vertu de la non-discrimination. C'est un faux argument. Le mariage ne les discrimine pas en fonction de ce qu'ils sont, comme l'interdiction du mariage interracial, mais en fonction de leur comportement. La loi ne discrimine pas plus en ne permettant pas aux homosexuels de se marier qu'en ne permettant pas à un cycliste d'aller sur l'autoroute. Les homosexuels peuvent parfaitement sa marier en changeant de comportement : un homme avec une femme, une femme avec un homme.
> Ne pas être marié n'empêche pas de s'aimer. Si la société a institué le mariage, c'est-à-dire légalisé et pérennisé le lien entre un homme et une femme, c'est qu'elle y trouve des avantages. Notamment, il y a des dissymétries entre l'homme et la femme (qu'il n'y a évidemment pas dans un couple homosexuel) que la loi considère de son devoir d'encadrer.
En un sens, ils ont raison : si mon hypothèse du glissement vers le conservatisme des Français est exact, malgré tous leurs cris «c'est inéluctable, il est inutile de s'y opposer», le temps joue contre eux.
Pour le reste, je ne vais pas me répéter :
Les homosexuels, le mariage et l'adoption
Addendum : au fait, je résume l'argument de Thomas Sowell pour ceux qui ne lisent pas l'anglais :
> les homosexuels réclament le droit au mariage en vertu de la non-discrimination. C'est un faux argument. Le mariage ne les discrimine pas en fonction de ce qu'ils sont, comme l'interdiction du mariage interracial, mais en fonction de leur comportement. La loi ne discrimine pas plus en ne permettant pas aux homosexuels de se marier qu'en ne permettant pas à un cycliste d'aller sur l'autoroute. Les homosexuels peuvent parfaitement sa marier en changeant de comportement : un homme avec une femme, une femme avec un homme.
> Ne pas être marié n'empêche pas de s'aimer. Si la société a institué le mariage, c'est-à-dire légalisé et pérennisé le lien entre un homme et une femme, c'est qu'elle y trouve des avantages. Notamment, il y a des dissymétries entre l'homme et la femme (qu'il n'y a évidemment pas dans un couple homosexuel) que la loi considère de son devoir d'encadrer.
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mercredi, janvier 26, 2011
mardi, janvier 25, 2011
On reparle de l'euthanasie
L'euthanasie ne résout pas un problème pratique : si l'on veut soulager les souffrances, on peut augmenter les soins palliatifs.
C'est un problème philosophique. Légaliser l'euthanasie, c'est imposer une vision de l'homme, de ses rapports à la société et à la vie.
Ces textes de Jean Dutourd de 1983 n'ont pas pris une ride :
La société des lemmings et des bobacks
Les premières pages sont hors sujet, mais comme elles ont un écho contemporain, je les ai laissées.
Vous trouverez aussi chez mon camarade Fromage Plus un texte d'analyse pratique de l'euthanasie.
L'abolition de la peine de mort, le mariage et l'adoption homosexuels, l'avortement et l'euthanasie légalisés ont ceci en commun de poser qu'il n'y a rien de supérieur à l'individu et à ses désirs, et surtout pas la société, et donc que le sacré n'existe pas (1).
C'est une assez bonne définition du nihilisme.
Mais les nihilistes modernes ont au moins cette qualité d'être cohérents : ils ne font pas assez d'enfants pour se perpétuer.
Il se peut, du fait de ce nihilisme, que le tiers ou la moitié de la population européenne (2) disparaisse, comme pendant la peste noire. Des enfants non-nés, c'est moins catastrophique que des morts, même si il ne faut pas s'imaginer que cela se passera sans douleur : la nature a horreur du vide et les populations qui ne sont pas atteintes de notre nihilisme tenteront de nous remplacer et, peut-être, y parviendront.
********************
(1) : j'ai été frappé par la confidence désabusée d'un de mes vieux professeurs de la génération de 68 : «Nous avons considéré que la loi Veil était un progrès. Il se se pourrait bien que, dans un siècle ou deux, nous soyons décrits dans les livres d'histoire comme des criminels».
(2) : évidemment, je parle de la véritable population européenne, pas les envahisseurs qu'on nous présente comme tels.
C'est un problème philosophique. Légaliser l'euthanasie, c'est imposer une vision de l'homme, de ses rapports à la société et à la vie.
Ces textes de Jean Dutourd de 1983 n'ont pas pris une ride :
La société des lemmings et des bobacks
Les premières pages sont hors sujet, mais comme elles ont un écho contemporain, je les ai laissées.
Vous trouverez aussi chez mon camarade Fromage Plus un texte d'analyse pratique de l'euthanasie.
L'abolition de la peine de mort, le mariage et l'adoption homosexuels, l'avortement et l'euthanasie légalisés ont ceci en commun de poser qu'il n'y a rien de supérieur à l'individu et à ses désirs, et surtout pas la société, et donc que le sacré n'existe pas (1).
C'est une assez bonne définition du nihilisme.
Mais les nihilistes modernes ont au moins cette qualité d'être cohérents : ils ne font pas assez d'enfants pour se perpétuer.
Il se peut, du fait de ce nihilisme, que le tiers ou la moitié de la population européenne (2) disparaisse, comme pendant la peste noire. Des enfants non-nés, c'est moins catastrophique que des morts, même si il ne faut pas s'imaginer que cela se passera sans douleur : la nature a horreur du vide et les populations qui ne sont pas atteintes de notre nihilisme tenteront de nous remplacer et, peut-être, y parviendront.
********************
(1) : j'ai été frappé par la confidence désabusée d'un de mes vieux professeurs de la génération de 68 : «Nous avons considéré que la loi Veil était un progrès. Il se se pourrait bien que, dans un siècle ou deux, nous soyons décrits dans les livres d'histoire comme des criminels».
(2) : évidemment, je parle de la véritable population européenne, pas les envahisseurs qu'on nous présente comme tels.
lundi, janvier 24, 2011
Sarkozy : pourquoi tant de haine ?
Il y a une hypothèse intéressante expliquant la rage que suscite Nicolas Sarkozy :
> Nicolas Sarkozy est victime de la société de consommation
> il est un adolescent attardé, multi-divorcé papillonnant et père laxiste
> il est vulgaire et peu intelligent (1), collé aux sondages, au portable et à la télé.
N'est-ce pas là un portrait du Français moyen ?
Les Français détestent Sarkozy à cause du miroir qu'il leur tend. Ils se prennent pour le peuple le plus intelligent du monde et ils découvrent en regardant Nicolas Sarkozy qu'ils sont tout juste capables de regarder passer les trains en faisant des moulinets avec les bras, parce qu'ils ne sont pas assez couillus pour monter dedans.
Les Français se rêvent en Bayard ou Louis XIV et N. Sarkozy leur montre qu'ils ressemblent à Bidochon.
***************
(1) : il a la rouerie du filou. C'est différent de l'intelligence.
> Nicolas Sarkozy est victime de la société de consommation
> il est un adolescent attardé, multi-divorcé papillonnant et père laxiste
> il est vulgaire et peu intelligent (1), collé aux sondages, au portable et à la télé.
N'est-ce pas là un portrait du Français moyen ?
Les Français détestent Sarkozy à cause du miroir qu'il leur tend. Ils se prennent pour le peuple le plus intelligent du monde et ils découvrent en regardant Nicolas Sarkozy qu'ils sont tout juste capables de regarder passer les trains en faisant des moulinets avec les bras, parce qu'ils ne sont pas assez couillus pour monter dedans.
Les Français se rêvent en Bayard ou Louis XIV et N. Sarkozy leur montre qu'ils ressemblent à Bidochon.
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(1) : il a la rouerie du filou. C'est différent de l'intelligence.
Notre sainte Sécu que le monde entier nous envie se finance auprès des horribles fonds de pension américains
Notre sainte Sécu que le monde entier nous envie se finance auprès des horribles fonds de pension américains
Mais, bien sûr, vous auriez l'esprit tordu si vous considériez que c'est une indication que notre système est bancal.
Mais, bien sûr, vous auriez l'esprit tordu si vous considériez que c'est une indication que notre système est bancal.
dimanche, janvier 23, 2011
L'armée de demain sera l'armée d'hier (en moins bien)
Il semble bien que la conscription, la levée en masse et tout le toutim, ne fût qu'une parenthèse.
Nous en revenons à la configuration qui a prévalu pendant la majeure partie de notre histoire : une armée de professionnels et des mercenaires.
Peut-être cette évolution était-elle inéluctable. Mais, en général, les technocrates présentent comme inéluctables les situations qu'ils ne veulent pas faire l'effort d'éviter. La Suisse prouve en tout cas qu'on pouvait faire autrement.
Ainsi, le lien entre la nation et l'armée est distendu au possible. Je parle bien entendu de la vraie armée, celle qui est faite de guerriers pour faire la guerre, pas de la pseudo-ONG, commandée par des généraux-carpettes, qui ramasse les poubelles quand les éboueurs sont en grève.
Et l'éloignement est des deux cotés : les civils, imprégnés d'irénisme maternaliste, ne comprennent même plus la nécessité de faire la guerre. Les valeurs militaires, honneur, fidélité et sacrifice leur sont devenues totalement étrangères et même dégoutantes. Réciproquement, les militaires se vivent de plus en plus séparés d'une nation qui les ignore voire les rejette et donnent leur fidélité à l'esprit de corps.
Cette configuration n'est pas forcément dommageable. Après tout, le 10 aout 1792, ce sont des Gardes Suisses qui se sont sacrifiés pour le roi de France, alors que les Gardes Françaises s'étaient carapatés depuis longtemps. Sacrifice tellement marquant que les autorités françaises refusent encore obstinément que le moindre hommage leur soit rendu, ce qui est une manière de leur rendre hommage à rebours : quand des saligauds comme Delanöe refusent de vous rendre hommage, vous avez le droit d'en tirer quelque orgueil.
Encore faut-il que cette armée professionnelle et mercenaire ait les moyens de sa mission. C'est ici que la bât blesse. Nous sommes descendus en dessous d'un seuil fatal. Je parle sciemment au présent. On ne fait pas naviguer un demi-porte-avions, on ne fait pas voler un demi-avion. Les Rafale, orgueil de notre Armée de l'Air, volent très peu, faute de pièces détachées.
Notre gouvernement, prétendu de droite, prépare ce que la gauche aurait hésité à faire : la réduction de l'armée à la gendarmerie plus la bombe atomique. Pour le nucléaire, le raisonnement est juste : il s'agit d'une capacité qu'il sera quasiment impossible de retrouver si on l'abandonne. Donc il est nécessaire de la garder en vie.
Mais, en réalité, ce raisonnement devrait s'appliquer à toutes les capacités opérationnelles de base. Or, on fait le contraire. L'armée de la France, avec ce que cela suppose d'indépendance, est en train de disparaître. Il ne reste plus qu'une armée française, seulement capable d'être supplétive des vrais puissants, les Américains, comme il y avait une armée vietnamienne (un peu plus docile, au moins, ils savaient se tenir à leur place).
Cependant, avec la gendarmerie, l'essentiel est peut-être sauvé. Car il n'est pas impossible que la prochaine guerre de la France soit civile et la gendarmerie sera alors l'arme la plus importante.
Si ce n'est pas le cas, si nous devons nous battre à l'extérieur ou à nos frontières, nous retrouverons les scènes exaltantes de 1870, 1914,1940 : la gabegie, la bêtise, l'impréparation, l'inadaptation. Le sang qui paye le manque de matière grise. Bref, la France fidèle à elle-même.
Je m'aperçois que la Suisse revient beaucoup dans ce billet sur l'armée française : c'est normal, les Suisses sont les seuls Européens qui comprennent encore un peu que l'homme libre est un homme armé.
Puissent les Français s'en souvenir à temps.
Nous en revenons à la configuration qui a prévalu pendant la majeure partie de notre histoire : une armée de professionnels et des mercenaires.
Peut-être cette évolution était-elle inéluctable. Mais, en général, les technocrates présentent comme inéluctables les situations qu'ils ne veulent pas faire l'effort d'éviter. La Suisse prouve en tout cas qu'on pouvait faire autrement.
Ainsi, le lien entre la nation et l'armée est distendu au possible. Je parle bien entendu de la vraie armée, celle qui est faite de guerriers pour faire la guerre, pas de la pseudo-ONG, commandée par des généraux-carpettes, qui ramasse les poubelles quand les éboueurs sont en grève.
Et l'éloignement est des deux cotés : les civils, imprégnés d'irénisme maternaliste, ne comprennent même plus la nécessité de faire la guerre. Les valeurs militaires, honneur, fidélité et sacrifice leur sont devenues totalement étrangères et même dégoutantes. Réciproquement, les militaires se vivent de plus en plus séparés d'une nation qui les ignore voire les rejette et donnent leur fidélité à l'esprit de corps.
Cette configuration n'est pas forcément dommageable. Après tout, le 10 aout 1792, ce sont des Gardes Suisses qui se sont sacrifiés pour le roi de France, alors que les Gardes Françaises s'étaient carapatés depuis longtemps. Sacrifice tellement marquant que les autorités françaises refusent encore obstinément que le moindre hommage leur soit rendu, ce qui est une manière de leur rendre hommage à rebours : quand des saligauds comme Delanöe refusent de vous rendre hommage, vous avez le droit d'en tirer quelque orgueil.
Encore faut-il que cette armée professionnelle et mercenaire ait les moyens de sa mission. C'est ici que la bât blesse. Nous sommes descendus en dessous d'un seuil fatal. Je parle sciemment au présent. On ne fait pas naviguer un demi-porte-avions, on ne fait pas voler un demi-avion. Les Rafale, orgueil de notre Armée de l'Air, volent très peu, faute de pièces détachées.
Notre gouvernement, prétendu de droite, prépare ce que la gauche aurait hésité à faire : la réduction de l'armée à la gendarmerie plus la bombe atomique. Pour le nucléaire, le raisonnement est juste : il s'agit d'une capacité qu'il sera quasiment impossible de retrouver si on l'abandonne. Donc il est nécessaire de la garder en vie.
Mais, en réalité, ce raisonnement devrait s'appliquer à toutes les capacités opérationnelles de base. Or, on fait le contraire. L'armée de la France, avec ce que cela suppose d'indépendance, est en train de disparaître. Il ne reste plus qu'une armée française, seulement capable d'être supplétive des vrais puissants, les Américains, comme il y avait une armée vietnamienne (un peu plus docile, au moins, ils savaient se tenir à leur place).
Cependant, avec la gendarmerie, l'essentiel est peut-être sauvé. Car il n'est pas impossible que la prochaine guerre de la France soit civile et la gendarmerie sera alors l'arme la plus importante.
Si ce n'est pas le cas, si nous devons nous battre à l'extérieur ou à nos frontières, nous retrouverons les scènes exaltantes de 1870, 1914,1940 : la gabegie, la bêtise, l'impréparation, l'inadaptation. Le sang qui paye le manque de matière grise. Bref, la France fidèle à elle-même.
Je m'aperçois que la Suisse revient beaucoup dans ce billet sur l'armée française : c'est normal, les Suisses sont les seuls Européens qui comprennent encore un peu que l'homme libre est un homme armé.
Puissent les Français s'en souvenir à temps.
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petite guerre d'Algérie
Oppression au nom du Bien : j'ai peur mais tout espoir n'est pas perdu
Commençons par une citation de Philippe Muray :
«Le nom de Céline appartient à la littérature, c’est-à-dire à l’histoire de la liberté. Parvenir à l’en expulser afin de le confondre tout entier avec l’histoire de l’antisémitisme, et ne plus le rendre inoubliable que par là, c’est le travail particulier de notre époque, tant il est vrai que celle-ci, désormais, veut ignorer que l’Histoire était cette somme d’erreurs considérables qui s’appelle la vie, et se bercer de l’illusion que l’on peut supprimer l’erreur sans supprimer la vie. Et, en fin de compte, ce n’est pas seulement Céline qui sera liquidé, mais aussi, de proche en proche, toute la littérature, et jusqu’au souvenir même de la liberté.»
Je suis hanté par cet article de Jacques Ellul de l'été 1945 expliquant qu'Hitler avait perdu militairement la guerre mais l'avait gagnée politiquement, que ses idées avaient triomphé.
En effet, que nous proposent d'autre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon si ce n'est un socialisme national ? Et ils ne sont pas les seuls à avoir repris des idées hitlériennes. L'antiracisme, qui en réalité est un racisme anti-blanc, est le miroir des idées nazies. Même obsession de la race, même quête du surhomme, en l'occurrence le métis, même travail pour une fusion organique où les idées dissidentes sont interdites, dans une optique très 1984, où l'adversaire est un hérétique à faire taire d'urgence au nom du Bien. Même soif d'épuration.
Mais Staline aussi a gagné. Car de l'autre coté, nous avons l'obsession mondialiste, le communisme de marché, l'homme nouveau, déraciné, dénationalisé, arraché à ses coutumes et à ses particularismes, partout interchangeable, réduit à sa dimension matérialiste de consommateur compulsif. L'UE est le temple de ce communisme de marché. Son citoyen idéal est l'immigré, ce déraciné. Victor Hugo rêvait d'une France se dissolvant dans l'Humanité (majuscule d'époque)grâce à la colonisation. L'UE est en train de réaliser le projet hugolien de disparition des nations en favorisant à tout crin notre colonisation par les ex-colonisés.
Et les tribunaux appuient ce suicide institutionnalisé sans faiblir. Il y a dans le procès Zemmour un coté procès de Moscou : l'idéal aurait été que l'accusé fasse sa confession, qu'il reconnaisse qu'il était habité par le Mal (1). Savez vous qu'avec les lois votées il y a quelques années, en Grande-Bretagne, la charge de la preuve en cas de racisme est inversée ? C'est à l'accusé de prouver qu'il est innocent.
Où est passé le libéralisme, qui ne niait ni les coutumes ni les nations, fait pour l'homme vrai, à la fois particulier, adulte, libre et responsable ? J'ai quelquefois l'impression d'être le dernier des Mohicans.
Je n'ai plus qu'un espoir, mais il est extrêmement fort.
Toutes ces politiques oppressives abaissent l'homme, lui offrent en perspective la médiocrité. Pourtant, il y a au fond de l'homme une étincelle de divin, une aspiration à la hauteur. C'est là dessus que buteront toujours ces petites magouilles visant à changer l'homme pour plus bas que lui.
Je me souviens qu'au début des années 80, d'éminents kremlinologues nous expliquaient que, à force d'envoyer au goulag les fortes têtes, ça y était, l'écrémage avait réussi, l'homme nouveau, soumis, était advenu et le communisme était établi à Moscou pour mille ans, malgré ses défauts. On connait la suite.
C'est pourquoi rien n'est gagné, mais tout n'est pas perdu. Tant qu'il restera des hommes pour passer le flambeau de la liberté, c'est-à-dire de l'intelligence, l'espoir ne mourra pas.
***********
(1) : on n'a pas assez insisté sur le fait que le procès Zemmour consistait à obtenir de l'accusé qu'il reconnaisse qu'il avait eu tort de dire la vérité, car personne n'a contesté que son affirmation était exacte.
«Le nom de Céline appartient à la littérature, c’est-à-dire à l’histoire de la liberté. Parvenir à l’en expulser afin de le confondre tout entier avec l’histoire de l’antisémitisme, et ne plus le rendre inoubliable que par là, c’est le travail particulier de notre époque, tant il est vrai que celle-ci, désormais, veut ignorer que l’Histoire était cette somme d’erreurs considérables qui s’appelle la vie, et se bercer de l’illusion que l’on peut supprimer l’erreur sans supprimer la vie. Et, en fin de compte, ce n’est pas seulement Céline qui sera liquidé, mais aussi, de proche en proche, toute la littérature, et jusqu’au souvenir même de la liberté.»
Je suis hanté par cet article de Jacques Ellul de l'été 1945 expliquant qu'Hitler avait perdu militairement la guerre mais l'avait gagnée politiquement, que ses idées avaient triomphé.
En effet, que nous proposent d'autre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon si ce n'est un socialisme national ? Et ils ne sont pas les seuls à avoir repris des idées hitlériennes. L'antiracisme, qui en réalité est un racisme anti-blanc, est le miroir des idées nazies. Même obsession de la race, même quête du surhomme, en l'occurrence le métis, même travail pour une fusion organique où les idées dissidentes sont interdites, dans une optique très 1984, où l'adversaire est un hérétique à faire taire d'urgence au nom du Bien. Même soif d'épuration.
Mais Staline aussi a gagné. Car de l'autre coté, nous avons l'obsession mondialiste, le communisme de marché, l'homme nouveau, déraciné, dénationalisé, arraché à ses coutumes et à ses particularismes, partout interchangeable, réduit à sa dimension matérialiste de consommateur compulsif. L'UE est le temple de ce communisme de marché. Son citoyen idéal est l'immigré, ce déraciné. Victor Hugo rêvait d'une France se dissolvant dans l'Humanité (majuscule d'époque)grâce à la colonisation. L'UE est en train de réaliser le projet hugolien de disparition des nations en favorisant à tout crin notre colonisation par les ex-colonisés.
Et les tribunaux appuient ce suicide institutionnalisé sans faiblir. Il y a dans le procès Zemmour un coté procès de Moscou : l'idéal aurait été que l'accusé fasse sa confession, qu'il reconnaisse qu'il était habité par le Mal (1). Savez vous qu'avec les lois votées il y a quelques années, en Grande-Bretagne, la charge de la preuve en cas de racisme est inversée ? C'est à l'accusé de prouver qu'il est innocent.
Où est passé le libéralisme, qui ne niait ni les coutumes ni les nations, fait pour l'homme vrai, à la fois particulier, adulte, libre et responsable ? J'ai quelquefois l'impression d'être le dernier des Mohicans.
Je n'ai plus qu'un espoir, mais il est extrêmement fort.
Toutes ces politiques oppressives abaissent l'homme, lui offrent en perspective la médiocrité. Pourtant, il y a au fond de l'homme une étincelle de divin, une aspiration à la hauteur. C'est là dessus que buteront toujours ces petites magouilles visant à changer l'homme pour plus bas que lui.
Je me souviens qu'au début des années 80, d'éminents kremlinologues nous expliquaient que, à force d'envoyer au goulag les fortes têtes, ça y était, l'écrémage avait réussi, l'homme nouveau, soumis, était advenu et le communisme était établi à Moscou pour mille ans, malgré ses défauts. On connait la suite.
C'est pourquoi rien n'est gagné, mais tout n'est pas perdu. Tant qu'il restera des hommes pour passer le flambeau de la liberté, c'est-à-dire de l'intelligence, l'espoir ne mourra pas.
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(1) : on n'a pas assez insisté sur le fait que le procès Zemmour consistait à obtenir de l'accusé qu'il reconnaisse qu'il avait eu tort de dire la vérité, car personne n'a contesté que son affirmation était exacte.
vendredi, janvier 21, 2011
Le programme économique du FN est totalement con (copyright Bob M.)
Mon camarade Bob Marchenoir, que beaucoup d'entre vous connaissent, s'est déchainé sur Causeur, à propos du programme économique du FN. Il confirme un de ses slogans préférés : la France est tellement de gauche que même l'extrême-droite y est de gauche.
Robert Marchenoir dit :
21 janvier 2011 à 18:25
» Face à des partis de gouvernement qui proposent comme unique horizon la réduction des déficits, etc »
Elisabeth Lévy sera bien aimable de nous indiquer qu’est-ce que les »partis de gouvernement » proposent pour réduire la dette. Je parle de mesures sérieuses, capables de remplir leur objectif. Pas de formules magiques et incantatoires.
Quel est le « parti de gouvernement » qui propose de réduire massivement la dépense publique ? Ce qui est évidemment la seule façon de réduire les déficits ? Et qui ne peut passer que par une réduction massive du nombre des fonctionnaires ?
Il n’y a pas pénurie de « partis de gouvernement » qui annoncent des économies sur les trombones et les machines a café.
Il n’y a pas pénurie de « partis de gouvernement » qui annoncent des augmentations d’impôts pour « faire payer les riches » (Hollande) et « utiliser l’arme fiscale » (Marine le Pen).
Autant pisser dans un violon.
Robert Marchenoir dit :
21 janvier 2011 à 18:58
« Car elle [Marine Le Pen] compte revenir sur la loi de 1973 ce qui signifie emprunter directement à la banque de France et rembourser à la banque de France. » (Eclair)
Oui, oui. La vieile scie qui traîne sur la section « économie » (faut le dire vite) de F.Desouche. Et puis la Banque de France prêtera à taux zéro, selon les mêmes économistes national-socialistes.
En fait, l’argent, c’est un truc qui pousse sur un arbre dans la cour de la Banque de France. Et ce sont ces salopards d’ultra-libéraux antlanto-sionistes (sous l’impulsion de Pompidou et du Juif Rotschild) qui ont barricadé l’accès à l’arbre magique planté dans la cour de la Banque de France.
C’est pourquoi le peuple souffre.
En d’autres termes, il suffit d’imprimer des assignats, de la fausse monnaie : voilà ce que vous nous proposez. Je suppose que c’est cela, le virage « républicain » de Marine le Pen : le vol institutionnalisé au plus haut sommet de l’Etat. Remarquez, on y est déjà. Dans les principes, il n’y a pas de changement.
C’est un peu ce que font aussi les Etats-Unis en ce moment, où la Réserve fédérale rachète la dette de l’Etat. Une auto-pipe, en quelque sorte.
La vertu budgétaire ne peut en aucun cas consister à ne pas dépenser plus que ce que l’impôt rapporte ; ce serait trop simple ; ce serait de droite.
Robert Marchenoir dit :
21 janvier 2011 à 19:18
« Vous voyez marchenoir dans notre monde l’argent est virtuel. Plus vous etes proche de la source plus vous pouvez en avoir facilement. »
Oui, c’est ça. c’est bien ce que je disais. Mélange de mentalité de voleur et de pensée magique. Ravages du dérérébrage contemporain. L’argent, c’est rien. Il suffit de déincher où se trouve le robinet, de l’ouvrir en grand et de se mettre dessous.
La seule notion que l’argent pourrait avoir un lointain rapport avec le travail, et donc avec la production, n’effleure pas un instant notre ami Eclair.
Vous êtes fonctionnaire, je suppose ? Ecolier ? Allocataire social ? Ca m’étonnerait que vous ayiez jamais tenu un stand de frites, en tous cas. Vous auriez au moins quelques notions rudimentaires d’économie.
Robert Marchenoir dit :
21 janvier 2011 à 18:25
» Face à des partis de gouvernement qui proposent comme unique horizon la réduction des déficits, etc »
Elisabeth Lévy sera bien aimable de nous indiquer qu’est-ce que les »partis de gouvernement » proposent pour réduire la dette. Je parle de mesures sérieuses, capables de remplir leur objectif. Pas de formules magiques et incantatoires.
Quel est le « parti de gouvernement » qui propose de réduire massivement la dépense publique ? Ce qui est évidemment la seule façon de réduire les déficits ? Et qui ne peut passer que par une réduction massive du nombre des fonctionnaires ?
Il n’y a pas pénurie de « partis de gouvernement » qui annoncent des économies sur les trombones et les machines a café.
Il n’y a pas pénurie de « partis de gouvernement » qui annoncent des augmentations d’impôts pour « faire payer les riches » (Hollande) et « utiliser l’arme fiscale » (Marine le Pen).
Autant pisser dans un violon.
Robert Marchenoir dit :
21 janvier 2011 à 18:58
« Car elle [Marine Le Pen] compte revenir sur la loi de 1973 ce qui signifie emprunter directement à la banque de France et rembourser à la banque de France. » (Eclair)
Oui, oui. La vieile scie qui traîne sur la section « économie » (faut le dire vite) de F.Desouche. Et puis la Banque de France prêtera à taux zéro, selon les mêmes économistes national-socialistes.
En fait, l’argent, c’est un truc qui pousse sur un arbre dans la cour de la Banque de France. Et ce sont ces salopards d’ultra-libéraux antlanto-sionistes (sous l’impulsion de Pompidou et du Juif Rotschild) qui ont barricadé l’accès à l’arbre magique planté dans la cour de la Banque de France.
C’est pourquoi le peuple souffre.
En d’autres termes, il suffit d’imprimer des assignats, de la fausse monnaie : voilà ce que vous nous proposez. Je suppose que c’est cela, le virage « républicain » de Marine le Pen : le vol institutionnalisé au plus haut sommet de l’Etat. Remarquez, on y est déjà. Dans les principes, il n’y a pas de changement.
C’est un peu ce que font aussi les Etats-Unis en ce moment, où la Réserve fédérale rachète la dette de l’Etat. Une auto-pipe, en quelque sorte.
La vertu budgétaire ne peut en aucun cas consister à ne pas dépenser plus que ce que l’impôt rapporte ; ce serait trop simple ; ce serait de droite.
Robert Marchenoir dit :
21 janvier 2011 à 19:18
« Vous voyez marchenoir dans notre monde l’argent est virtuel. Plus vous etes proche de la source plus vous pouvez en avoir facilement. »
Oui, c’est ça. c’est bien ce que je disais. Mélange de mentalité de voleur et de pensée magique. Ravages du dérérébrage contemporain. L’argent, c’est rien. Il suffit de déincher où se trouve le robinet, de l’ouvrir en grand et de se mettre dessous.
La seule notion que l’argent pourrait avoir un lointain rapport avec le travail, et donc avec la production, n’effleure pas un instant notre ami Eclair.
Vous êtes fonctionnaire, je suppose ? Ecolier ? Allocataire social ? Ca m’étonnerait que vous ayiez jamais tenu un stand de frites, en tous cas. Vous auriez au moins quelques notions rudimentaires d’économie.
Libellés :
Le Pen,
le socialisme partout
On touche le fond de la bêtise, mais la bêtise a-t-elle un fond ?
> Le ministre de la culture, Frédéric Mitterrand, a annoncé le retrait de Louis-Ferdinand Céline de la liste des célébrations nationales 2011. La présence de l'écrivain, auteur de textes antisémites, avait suscité la polémique. (AFP)
> Zinédine Zidane devrait attaquer en justice l'humoriste Christophe Alévêque au motif d'injures publiques, a annoncé vendredi son avocat.
> Zinédine Zidane devrait attaquer en justice l'humoriste Christophe Alévêque au motif d'injures publiques, a annoncé vendredi son avocat.
Libellés :
déclin de l'intelligence des Français
mercredi, janvier 19, 2011
Jean Dutourd est mort
Il me manque déjà. Il fait partie de ces vieux cons (bien sûr, le terme est affectueux), comme Maurice Druon, qui manquent aussi terriblement à la France.
Quelqu'un qui est farouchement opposé à la féminisation des noms de fonction, qui en a dénoncé toute la bêtise, ne peut être mauvais.
Un de ces livres que j'affectionne le plus est Les taxis de la Marne.
A bientôt, père Dutourd!
Quelqu'un qui est farouchement opposé à la féminisation des noms de fonction, qui en a dénoncé toute la bêtise, ne peut être mauvais.
Un de ces livres que j'affectionne le plus est Les taxis de la Marne.
A bientôt, père Dutourd!
Libellés :
conservatisme à la française,
Dutourd,
France
mardi, janvier 18, 2011
Politique : le danger des visions folles
Hitler avait une vision des juifs et de leurs méfaits qui nous paraît folle aujourd'hui mais qui lui a permis de construire une politique cohérente et d'obtenir les résultats criminels que vous savez.
Aujourd'hui, une bonne part de la population française, y compris parmi les dirigeants, est victime de visions fantasmagoriques porteuse de décisions cauchemardesques :
> «les races n'existent pas et tous les hommes ont vocation à vivre ensemble». On remarquera que c'est le symétrique, tout aussi fou, de la vision hitlérienne. En réalité, les races existent (1) mais elles n'expliquent pas tout. Elles ne sont qu'une composante des sociétés humaines aux multiples facettes. Le danger de cette vision, gros de guerres civiles, est dans«les hommes (sous-entendu, de différentes races qui n'existent pas) ont vocation à vivre ensemble» : l'histoire prouve exactement le contraire.
> «la France est victime du libéralisme». La France est peut-être victime du mondialisme, mais c'est différent (2). Dans un pays qui crève de trop de collectivisme, combattre le libéralisme ne peut qu'amener des catastrophes économiques et sociales.
Je crains qu'à partir des ces deux folies, nous soyons bien partis pour faire exactement le contraire de ce qui est souhaitable : protectionnisme économique et immigration massive au lieu d'ouverture économique et immigration restreinte.
Mais le pire n'est jamais sûr : il se peut que des gens intelligents prennent des décisions intelligentes. Il y a un siècle, la France connaissait une période de grande prospérité dans un contexte libéral : Peugeot, Renault, Citröen ...
Que faire ? L'idéologie étant imperméable aux faits, il faut se battre contre les mauvaises idées mais sans attendre de résultats immédiats. A court terme,il faut tenter d'imposer ponctuellement de bonnes mesures pour grignoter l'idéologie sur le mode «cause toujours». Par exemple, le statut d'auto-entrepreneur d'Hervé Novelli était une bonne idée et qui était trop petite pour apparaître sur l'écran-radar des grands penseurs anti-libéraux.
Je pense que les difficultés à venir, suscitées par la crise, que nous nommons financière par facilité, seront favorables à cette infiltration libérale. Le discours restera probablement socialiste, pas la réalité.
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(1) : pour ne pas qu'on me refasse trente-six fois la discussion : je me fous de ce que dit la biologie sur le sujet (à supposer qu'elle nie l'existence de races, ce qui n'est pas si sûr). La question est sociologique : tant qu'on mettra un Suédois de souche et un Sénégalais de souche côte à côte et que l'un pensera «je suis blanc» et l'autre «je suis noir», les races existeront.
(2) : il ne serait jamais venu à l'idée de Tocqueville, Say ou Bastiat de se revendiquer «citoyens du monde». Ils n'étaient pas assez bêtes pour cela : la cosmopolitisme est une forme de bêtise puisqu'il est basé sur l'incompréhension de la diversité des hommes et des cultures.
Aujourd'hui, une bonne part de la population française, y compris parmi les dirigeants, est victime de visions fantasmagoriques porteuse de décisions cauchemardesques :
> «les races n'existent pas et tous les hommes ont vocation à vivre ensemble». On remarquera que c'est le symétrique, tout aussi fou, de la vision hitlérienne. En réalité, les races existent (1) mais elles n'expliquent pas tout. Elles ne sont qu'une composante des sociétés humaines aux multiples facettes. Le danger de cette vision, gros de guerres civiles, est dans«les hommes (sous-entendu, de différentes races qui n'existent pas) ont vocation à vivre ensemble» : l'histoire prouve exactement le contraire.
> «la France est victime du libéralisme». La France est peut-être victime du mondialisme, mais c'est différent (2). Dans un pays qui crève de trop de collectivisme, combattre le libéralisme ne peut qu'amener des catastrophes économiques et sociales.
Je crains qu'à partir des ces deux folies, nous soyons bien partis pour faire exactement le contraire de ce qui est souhaitable : protectionnisme économique et immigration massive au lieu d'ouverture économique et immigration restreinte.
Mais le pire n'est jamais sûr : il se peut que des gens intelligents prennent des décisions intelligentes. Il y a un siècle, la France connaissait une période de grande prospérité dans un contexte libéral : Peugeot, Renault, Citröen ...
Que faire ? L'idéologie étant imperméable aux faits, il faut se battre contre les mauvaises idées mais sans attendre de résultats immédiats. A court terme,il faut tenter d'imposer ponctuellement de bonnes mesures pour grignoter l'idéologie sur le mode «cause toujours». Par exemple, le statut d'auto-entrepreneur d'Hervé Novelli était une bonne idée et qui était trop petite pour apparaître sur l'écran-radar des grands penseurs anti-libéraux.
Je pense que les difficultés à venir, suscitées par la crise, que nous nommons financière par facilité, seront favorables à cette infiltration libérale. Le discours restera probablement socialiste, pas la réalité.
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(1) : pour ne pas qu'on me refasse trente-six fois la discussion : je me fous de ce que dit la biologie sur le sujet (à supposer qu'elle nie l'existence de races, ce qui n'est pas si sûr). La question est sociologique : tant qu'on mettra un Suédois de souche et un Sénégalais de souche côte à côte et que l'un pensera «je suis blanc» et l'autre «je suis noir», les races existeront.
(2) : il ne serait jamais venu à l'idée de Tocqueville, Say ou Bastiat de se revendiquer «citoyens du monde». Ils n'étaient pas assez bêtes pour cela : la cosmopolitisme est une forme de bêtise puisqu'il est basé sur l'incompréhension de la diversité des hommes et des cultures.
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Quand on pense de travers, on ne peut guère aller droit
Tout le monde s'accorde à trouver l'ISF économiquement idiot. Et pourtant, personne n'a le courage de le supprimer car personne ne veut aller à l'encontre de la vision que la richesse, c'est le vol et que, donc, il faut punir les riches.
Cette façon de penser prouve que nous sommes dans une société socialiste (pour ceux qui en doutaient encore) puisque le socialisme est la politique de l'envie et de la jalousie.
Ce qui me terrifie dans cette histoire d'ISF, c'est la manière de raisonner : on plaque sur la réalité une vision préconçue au lieu d'élaborer une vision à partir des réalités.
Si nous étions pragmatiques, nous tiendrions le raisonnement suivant : il vaut mieux avoir le maximum de riches, il vaut mieux ressembler à la Suisse qu'au Mali, supprimons l'ISF et baissons le taux de la tranche supérieure de l'IRPP.
Mais non, nous nous enferrons dans des conneries qui n'ont jamais été intelligentes, même à une autre époque.
L'idéologie n'est pas ancrée dans la réalité, elle n'a pas le garde-fou des faits pour la ramener à la raison. Il peut donc en sortir n'importe quelle folie. C'est cela qui me fait peur, au moment où nous sommes mis à l'épreuve : cela pourrait être une occasion de remises en cause intelligentes, je crains que cela soit le prétexte à d'énormes conneries.
Cette façon de penser prouve que nous sommes dans une société socialiste (pour ceux qui en doutaient encore) puisque le socialisme est la politique de l'envie et de la jalousie.
Ce qui me terrifie dans cette histoire d'ISF, c'est la manière de raisonner : on plaque sur la réalité une vision préconçue au lieu d'élaborer une vision à partir des réalités.
Si nous étions pragmatiques, nous tiendrions le raisonnement suivant : il vaut mieux avoir le maximum de riches, il vaut mieux ressembler à la Suisse qu'au Mali, supprimons l'ISF et baissons le taux de la tranche supérieure de l'IRPP.
Mais non, nous nous enferrons dans des conneries qui n'ont jamais été intelligentes, même à une autre époque.
L'idéologie n'est pas ancrée dans la réalité, elle n'a pas le garde-fou des faits pour la ramener à la raison. Il peut donc en sortir n'importe quelle folie. C'est cela qui me fait peur, au moment où nous sommes mis à l'épreuve : cela pourrait être une occasion de remises en cause intelligentes, je crains que cela soit le prétexte à d'énormes conneries.
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lundi, janvier 17, 2011
Eric Zemmour est le grand vainqueur du procès Zemmour. La justice pourrait bien être la grande perdante.
Soit Eric Zemmour est condamné et il est le glorieux martyr de la liberté d'expression, soit il est relaxé et il est le glorieux vainqueur du monstre politiquement correct.
Eric Zemmour ne peut pas perdre (d'ailleurs, vu la jurisprudence de la cour européenne des droits de l'homme, si l'affaire trainait d'appel en appel, il finirait par gagner). Symétriquement, les associations antiracistes ne peuvent pas gagner.
En revanche, la justice française joue gros : le peu de crédibilité qui lui reste. Si elle condamne Zemmour pour des propos qui non seulement relèvent de l'évidence pour une écrasante majorité des Français mais sont factuellement justes, c'est elle-même qu'elle condamne, au discrédit et à la défiance.
Il est d'usage de déclarer «je fais confiance à la justice de mon pays». Si cet usage était remplacé par «je me méfie de la justice de mon pays», cela ne serait pas une bonne nouvelle.
Eric Zemmour ne peut pas perdre (d'ailleurs, vu la jurisprudence de la cour européenne des droits de l'homme, si l'affaire trainait d'appel en appel, il finirait par gagner). Symétriquement, les associations antiracistes ne peuvent pas gagner.
En revanche, la justice française joue gros : le peu de crédibilité qui lui reste. Si elle condamne Zemmour pour des propos qui non seulement relèvent de l'évidence pour une écrasante majorité des Français mais sont factuellement justes, c'est elle-même qu'elle condamne, au discrédit et à la défiance.
Il est d'usage de déclarer «je fais confiance à la justice de mon pays». Si cet usage était remplacé par «je me méfie de la justice de mon pays», cela ne serait pas une bonne nouvelle.
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