mardi, avril 10, 2012

Plus il y a de riches, moins il y a de pauvres

«Plus il y a de riches, moins il y a de pauvres.»

Cette phrase, je l'ai entendue dans le podcast les Experts de BFM de ce matin.

Je le dis souvent d'une autre manière : je préférerais être cerné de milliardaires que de smicards, car il y a plus de chances de recevoir un pourboire de mille euros d'un milliardaire que d'un smicard.

Un coiffeur à Paris gagne cinquante fois plus qu'un coiffeur à Dakar et pourtant fait le même métier, tout simplement parce qu'il y a beaucoup plus de capital accumulé à Paris qu'à Dakar.

Hé bien, cette idée, qui est pour moi d'évidence, a suscité une vague de messages furibonds à la rédaction de BFM.

Pauvre France !

lundi, avril 09, 2012

Ministres communistes : la honte (2)

Je ne suis pas du tout surpris qu'il se soit trouvé un inconscient pour estimer que la possible présence de ministres communistes à notre gouvernement n'est pas pas vraiment une honte.

Une telle attitude ne peut s'expliquer que par la connerie (une connerie méchante, vicieuse, jalouse) ou une ignorance crasse.

Pour la connerie, je ne peux rien. En revanche, je peux tenter de guérir l'ignorance.

Bien sûr, la lecture du Livre noir du communisme suffit à remettre les pendules et les consciences à l'heure.

En attendant, je vous ai photographié quelques pages du Studio de l'inutilité (le fichier est un peu lourd), que je suis en train de lire :

Extrait : le Studio de l'inutilité

Pour l'anecdote : j'ai visité Tuol Sleng. C'est terrifiant de simplicité : il s'agit d'un ancien lycée. Pour torturer, il suffit de mettre deux cents personnes à vivre dans une salle de classe, de tremper les récalcitrants dans les jarres d'engrais et de jouer au ball-trap avec les bébés.

Sur les 16 000 à 20 000 personnes passées par Tuol Sleng, il y a eu en tout et pour tout quatorze survivants.

Douch, le tortionnaire en chef, n'a rien trouvé de mieux à dire que : «Je voulais être un bon communiste».

Au moins, les choses sont claires.

Et qu'on ne me dise pas que c'est hors-sujet : Jean-Luc Mélenchon a l'honnêteté, ou le cynisme, de ne pas cacher son admiration pour le régime chinois, c'est-à-dire, pour appeler les choses par leur nom, qu'il assume pleinement les millions de morts au nom du communisme chinois.

dimanche, avril 08, 2012

It's a riot

It's a riot

Encore un excellent article de Dalrymple. A propos du rapport de la commission d'enquête sur émeutes britanniques de 2011.

J'ai la flemme de traduire. Je résume.

Un seul point d'accord de Dalrymple avec le rapport : les émeutiers sont des victimes.

Mais pas de la police trop sévère, d'une société raciste ou de l'exclusion sociale, comme dit le très malhonnête rapport, envahi de psycho-blabla et socio-charabia. Non, ce sont des victimes des mauvaises idées des idéologues tarés qui ont inventé la culture de l'excuse.

Ils ont persuadés les pilleurs qu'ils avaient droit à tout alors que tout le monde sait, eux compris, qu'ils ne méritent rien. Les émeutiers n'avaient rien  à perdre, non parce qu'ils étaient pauvres -ils ne l'étaient pas- mais parce qu'ils savaient qu'ils ne perdraient rien, qu'ils ne seraient pas sanctionnés.

La commission, elle, vit dans un monde où toute colère est légitime, où le seul fait d'être en colère prouve qu'on est une victime et, donc, un Juste.

La commission aurait pu s'interroger sur la question du chômage des jeunes locaux alors qu'on importe de jeunes immigrés pour remplir des emplois non-qualifiés (même question en France). Mais, bien entendu, cela aurait mis en évidence les effets dévastateurs de l'assitanat.


Dalrymple à propos de l'élection d'un dhimmi islamiste en Grande-Bretagne


Theodore Dalrymple


A Little “Respect” Goes a Long Way


The odious George Galloway wins a parliamentary election in Britain.

6 April 2012
A recent election to the parliamentary seat of Bradford, in the north of England, has caused alarm in British political circles. The election was won, not by a candidate from any of the major political parties, but by George Galloway of the Respect party. Galloway is well-known as a leftist gadfly with a tendency to buffoonery, an eye to the main chance, and a record of public obsequiousness toward Saddam Hussein. He flirts with Islamism and has been suspected of corruption, but he always wins his libel actions against newspapers. He has been married four times, thrice to Muslims.

No one can say that the resounding defeat of the main political parties (Galloway received 56 percent of the vote, the Labour candidate 25 percent, and the Conservative 8 percent) was undeserved. Almost everyone in the country, of whatever political stripe, now believes that the British political class is unprecedentedly corrupt, opportunist, careerist, and uninterested in the national welfare. No one minds, then, that the main parties should have been humiliated.

But not by Galloway. This is the second parliamentary seat with a large Muslim electorate that he has won at the expense of the political establishment, principally that of the Labour party (both seats were traditionally Labour). He has done so by mixing left-wing ideas with vaguely Islamist sympathies. The very name of his party, Respect, is worrying if one has an ear for language. In street parlance, “respect” has the connotation not so much of obedience to the law so that everyone may go safely about his lawful business, but of the inspiration of fear in others such that they leave me alone even when I’m doing something illegal or unpleasant. “Intimidation” would probably be a better name for the party.

When the election results were announced, Galloway exclaimed, “All praise to Allah!,” to which his supporters responded, “Allah! Allah!” But the biggest cheer went up, at least according to the Guardian’s report, when he exclaimed: “Long live Palestine!”

Four days later, in the same newspaper, the political commentator Seumas Milne wrote that “the central thrust of Galloway’s pitch in Bradford was in fact about cuts, tuition fees, unemployment, poverty and the decline of a city.” This is a little like saying that when some of the people of Bradford marched through the streets calling for Salman Rushdie’s death after the publication of his Satanic Verses, they were protesting against the magic realist school of fiction.


Theodore Dalrymple is a contributing editor of City Journal and the Dietrich Weismann Fellow at the Manhattan Institute

samedi, avril 07, 2012

Sarokophobie, handicap ou atout ?

La sarkophobie trouve, à mon avis, sa force dans le fait que Nicolas Sarkozy est un miroir des Français moyens (quel Français moyen a lu La princesse de Clèves ? Sarko non plus). Les Français moyens n'aiment pas ce qu'ils voient dans ce miroir.

Quant à la sarkophobie médiatique, elle a les mêmes raisons en sens inverse : les bobos gauchos sont des prolophobes maladifs. Ils reconnaissant en Sarkozy un Français moyen. Ils en éprouvent une répulsion incontrôlable et envahissante. La gauche devrait s'interroger sur cette prolophobie, mais se remettre en question quand on est un représentant de droit divin du Bien ...

Bref, quand les Français détestent Sarkozy, c'est du masochisme. Quand les journalistes (par construction, dénationalisés) détestent Sarkozy, c'est de la prolophobie. Or, il pourrait bien que les Français finissent par ressentir que le mépris des «notoires et des notables» pour Sarkozy les vise par ricochet, les éloignant de la gauche. C'est pourquoi je pense que, dans l'intimité de l'isoloir, la sarkophobie est neutre, ses effets positifs et négatifs se compensent.

J'hallucine

Le petit Louis Sarkozy, fils du président français en exercice et de Cecilia Attias, va intégrer l’académie militaire à Leeds (Pennsylvanie). Une académie où l’on forme les futurs cadets de l’armée américaine

Je pense que cela se passe de commentaires.

Ministres communistes : la honte

Réflexions diverses de fin de campagne

Je partage avec Maxime Tandonnet une honte intense, très réelle, pas seulement rhétorique, à l'idée qu'il y aura peut-être, dans quelques semaines, au gouvernement de la France (par pudeur patriotique, je n'ose qualifier ce gouvernement de français), des ministres se réclamant du communisme.

J'éprouve la même honte que s'il y avait des ministres se réclamant du fascisme, puisqu'à mes yeux, la seule différence entre le communisme et le fascisme est que les communistes ont été parmi les vainqueurs de la seconde guerre mondiale, ce qui leur a permis de maquiller l'histoire en leur faveur (il y a une autre petite différence, macabre : le communisme a fait beaucoup plus de morts - et continuent à en faire- que le fascisme).

Je parle souvent de décadence. Ces mots peuvent quelquefois paraître creux. Des ministres communistes en sont une traduction très concrète.

Car se réclamer du communisme n'est pas anodin. C'est se référer à une vision du monde, à des idées et à une histoire qui furent les plus atroces de ce XXème siècle qui fut peut-être le pire siècle de l'histoire de l'humanité.

Des ministres communistes, cela signifie qu'il y a une part importante des Français qui ont la nostalgie de cette ignominie. C'est une insulte à l'intelligence -le communisme a échoué partout- et à la morale -le seul talent du communisme, c'est l'attentat aux libertés et le meurtre de masse.


vendredi, avril 06, 2012

En lisant Simon Leys lisant Chesterton

Simon Leys approche les quatre-vingts ans. Il est belge, vit en Australie et communique par fax avec son éditrice, qui ne l'a jamais vu.

Il s'était fait connaître en étrillant une maoïste à Apostrophes, seul cas dans l'histoire de cette émission où le passage de l'auteur a fait baisser les ventes. Il avait eu cette phrase mémorable qu'on pourrait rappeler à tous nos maoïstes plus ou moins repentis, les Sollers, les Kahn etc. : «Les idiots donnent des idioties comme les pommiers donnent des pommes».

Chacun de ses ouvrages est un bonheur. Vient de paraître Le studio de l'inutilité. On y trouve une citation de Chesterton, stupéfiante quand on songe qu'elle a nécessairement été écrite avant 1936, année de la mort de celui-ci. Voici :


Et ceci, qui paraît redoutablement adapté à la situation présente (car je ne puis croire que ce soit par un simple coïncidence que nous assistions simultanément au développement d'un mouvement en faveur de l'euthanasie et à une campagne pour autoriser le mariage des homosexuels) : «Il y a des formes destructives dans notre société, qui ne sont rien d'autre que destructives, car elles ne cherchent pas à modifier l'état des choses, mais à l'annihiler, en se basant sur une anarchie interne qui rejette toutes les distinctions morales sur lesquelles même les simples rebelles s'appuient encore. A présent, le criminel le plus dangereux est le philosophe moderne qui ne connaît plus aucune loi. L'ennemi n'émane pas des masses populaires, il se recrute parmi les gens éduqués et aisés, qui allient intellectualisme et ignorance, et sont soutenus en chemin par le culte que la faiblesse rend à la force. Plus spécifiquement, il est certain que les milieux scientifiques et artistiques sont silencieusement unis dans une croisade dirigée contre la famille et l'Etat.»

Leys cite aussi un écrit de 1926 :

«Les derniers en date de nos modernistes ont trouvé le moyen de proclamer une religion érotique qui simultanément exalte la luxure et interdit la fertilité (...) la prochaine grande hérésie sera tout simplement une attaque contre la moralité, et spécialement contre la moralité sexuelle. Et ça ne va pas venir des socialistes. La folie de demain n'est pas à Moscou, mais bien plutôt à Manhattan.»


Nous y sommes.


jeudi, avril 05, 2012

Le Mali expliqué par Bernard Lugan


Bernard Lugan : les deux guerres du Mali par realpolitiktv

Notre avenir : l'oscillation perpétuelle entre le drame et la médiocrité

Dans son discours de 1958, expliquant aux Français le plan Pinay-Rueff, De Gaulle déclare : «sans cet effort et ces sacrifices, nous resterions un pays à la traîne, oscillant perpétuellement entre le drame et la médiocrité».

Je me suis longtemps posé la question de l'avenir de la France. J'ai longtemps cru à un spectaculaire naufrage à la grecque. Puis je me suis dit que l'Etat français avait autrement plus de ressources oppressives que l'Etat grec et qu'il ne coulerait pas comme cela.

C'est en écoutant Jean-Pierre Petit que j'ai eu une révélation.

L'avenir de la France n'est en rien mystérieux : en fait, nous allons continuer, comme depuis trente ans à osciller perpétuellement entre le drame et la médiocrité.

Chaque crise sera plus profonde que la précédente, chaque sursaut moins haut que le précédent.

Finalement, il n'y aura pas de rupture, de grand soir ou d'effondrement. Il y aura  juste la poursuite de la décadence.

mercredi, avril 04, 2012

Jean-Pierre Petit prédit l'avenir et il est pas rose

Les experts BFM 04/04/2012

Ecoutez de la trentième minute à la fin. C'est saignant.

Mais, hélas, je partage entièrement le diagnostic et la prévision.

Je pense que, de crise en crise, nous sommes partis pour vingt ans de déclin.

Les jeunes politiciens, les NKM ou Montebourg, sont déjà pourris jusqu'à la moelle par une vision socialiste du monde. Donc, ceux qui sont susceptibles de nous sauver, nous devrons les attendre une génération, c'est-à-dire vingt ans.

La stratégie de l'échec


Nos politiciens sont tous engagés dans la stratégie de l'échec.

Elle tient en quelques mots : l'étatisme social-clientéliste qui règne en France est une stratégie catastrophique dans l'économie actuelle. Malheureusement, les Français, gouvernants et gouvernés sont drogués à la dépense publique, il est donc impossible de se faire élire sur un programme anti-catastrophe de réduction générale et drastique de la dépense publique.

«Attendons que les méchants spéculateurs, à qui nous demandons toutes les deux semaines de l'argent à genoux, nous mettent devant nos responsabilités, signifient aux Français ce que nous n'osons leur dire. Et après, nous réformerons.»

Cette stratégie appelle plusieurs réflexions :

> elle témoigne de la lâcheté de nos politiciens.

> elle est extrêmement dangereuse pour nos politiciens. Ayant fait des carrières feutrées, ils n'ont peut-être pas bien conscience du potentiel de violence d'un peuple trahi. Certes, il y a les CRS, mais c'est valable les premiers mois de crise : quand tout se délite, même les CRS ne suffisent plus.

> c'est très dangereux pour la France : comment prendre les bonnes décisions pour sortir de la crise alors que, depuis des mois, la campagne électorale se déroule sur des idées et des analyses radicalement fausses, que les issues de secours sont bouchées par des dinosaures marxistes ?

> enfin, je ne vois pas l'homme capable de mener une telle politique de la crise qui sauve. Pas un de ceux que je passe en revue n'a les qualités suffisantes, de très loin. Il faudrait être patriote, visionnaire et manoeuvrier.

Bref, avec la stratégie de l'échec, nous sommes assurés d'avoir l'échec, nullement le sursaut salvateur.

Fataliste, je ne me passionne pas pour les élections présidentielles ; tourné vers l'avenir, je suis déjà passé à autre chose


Je lis des commentateurs du Figaro absolument extatiques : l'élection de François Hollande serait une seconde libération, un nouveau août 44. Inversement, pour d'autres, l'élection de François Hollande serait une catastrophe cataclysmique.

J'avoue que qu'il m'est difficile d'y mettre tant de passion. La France va à la catastrophe et ni Sarkozy ni Hollande n'ont l'étoffe d'y faire face. Croire que tout le mal vient de Nicolas Sarkozy est d'une stupidité risible. Le mal remonte à 1974 et n'a fait que s'aggraver (merci, Mitterrand et Chirac). Quant à François Hollande, je crois effectivement que son élection serait une faute majeure, peut-être mortelle (1), dans une situation déjà dangereuse, mais Nicolas Sarkozy ne serait que marginalement meilleur.

Je suis comme un Français du printemps 1958  : les institutions actuelles sont pourries, je suis déjà passé à autre chose.

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(1) : cet homme hait la France traditionnelle, c'est-à-dire la France.

Richard Descoings est mort

Richard Descoings est mort. Je ne peux pas dire que je vais beaucoup le pleurer : à la tête de Sciences Po, il s'est comporté en véritable Attila de toute instruction, légitimant les lubies les plus dévastatrices du respect pour le savoir, de la "discrimination positive" à la suppression de l'épreuve de culture générale en passant par le salaire de footballeur.

Espérons que son remplacement sera l'occasion d'une salutaire remise en cause. Hélas, je ne me fais guère d'illusions.

mardi, avril 03, 2012

De l’impôt légitime à l’impôt inique par Charles Gave

De l’impôt légitime à l’impôt inique par Charles Gave

L'impôt c'est le vol.

Soyons plus exacts : un quart des budgets publics (et encore, en comptant très large) est consacré aux missions régaliennes, seules légitimes. Donc les impôts sont aux trois quarts du vol.

Je vois d'ici mes amis socialistes se précipiter pour me hurler aux oreilles que je suis un mauvais Français, que je dois me laisser tondre sans protester au nom de la «solidarité».

Hé bien non, votre «solidarité» n'est que l'alibi de l'escroquerie. D'ailleurs, vous le savez bien, amis socialistes : le jour où vous voulez être vraiment solidaires, vous n'envoyez pas un chèque à votre percepteur, qui l'accepterait pourtant d'enthousiasme comme recette exceptionnelle, mais à une association de votre choix.

dimanche, avril 01, 2012

François le Corrézien

Si vous voulez vous amuser sur les marchés, refusez les tracts du PS en gueulant distinctement, de manière à être entendu jusqu'à l'autre bout de la place du marché : «Non merci, je suis Corrézien».

  François Hollande : Corrézien le samedi, caméléon la semaine

La campagne de François Hollande à la lumière de la liturgie du dimanche des Rameaux

Cet article est excellent (La passion selon Hollande). Voici un extrait :

François Hollande a vécu, au cours des derniers mois, sa montée à Jérusalem. Ces mois furent longs. Très longs. C’est le principe même des primaires socialistes, c’en est le vice fondamental : exposer trop tôt un candidat à l’alternance aux vivats de l’opinion publique. Ce que le récit des Évangiles nous apprend – comme vérité politique fondamentale – dans la liturgie du dimanche des Rameaux, c’est que l’état de grâce ne dure qu’un temps, après quoi il faut qu’il disparaisse. En clair, François Hollande a mangé son pain blanc. Il a pu trop tôt se réjouir des acclamations des médias et d’une opinion publique qui, par nature, est versatile. Trop tôt, palmes et manteaux furent jetés au-devant de lui pour qu’il passe. Édouard Herriot disait que la politique était comme l’andouillette : ça devait sentir la merde, mais pas trop. Dans la veine de la métaphore gastronomique, on pourrait dire qu’une élection c’est comme un soufflé, c’est une question de timing : après l’heure, c’était pas l’heure, avant l’heure ça retombe.


[...] Le Parti socialiste devait préparer une tambouille gigantesque, il a préféré servir un aléatoire soufflé. Parce qu’à Terra Nova et les Inrockuptibles,c’est-à-dire chez ces banquiers qui dénoncent la banque, on ne mange pas n’importe quoi chez n’importe qui, d’autant plus qu’on comprend toujours tout à tout. Mais il y a une chose que l’on ne comprendra jamais, chez ces gens-là : c’est le peuple. On ne le comprendra jamais, parce qu’on le méprise. Et quand on ne le méprise pas, on le suspecte. On le suspecte – on a raison – de vouloir un jour tout, le lendemain son contraire. On le suspecte d’être populiste, le peuple. Et l’on finit par ne plus vouloir s’adresser à lui. Parce que c’est confortable de penser que la politique, on la fait entre soi. Au chaud. Entre gens bien qui s’entendent.

Vous savez que j'ai toujours trouvé les primaires du PS absolument connes (art. 1, art.2 et art. 3). Qu'on analyse ces primaires comme une des causes possibles de la défaite de Hollande me réjouit au plus haut point.

samedi, mars 31, 2012

Islam, islamisme et immigration

De ce que j'ai compris de l'islam, je suis assez proche de l'interprétation des islamistes.

Individuellement :

> un bon musulman immigré ne peut peut pas s'intégrer dans un pays occidental (donc de culture chrétienne). Il doit se conformer à des pratiques (hallal, pas d'alcool, cinq prières par jour, femmes voilées, polygamie, éviter le contact avec les impies, devoir de guerre sainte, etc...). qui empêchent l'intégration.

> inversement, un immigré qui s'intègre cesse d'être un bon musulman. L'intégration, ça va jusqu'à manger du porc parce qu'en France, on mange comme les Français.

Donc, quand on raisonne non plus au niveau de l'individu mais des populations, on a trois possibilités :

> les populations immigrées, assez nombreuses pour former des enclaves, restent, en proportion suffisamment forte, bonnes musulmanes et ne s'intègrent pas. Elles profitent même de la faiblesse des pays d'accueil pour les forcer à adopter leurs pratiques. C'est tout le débat, très important, contrairement à ce que disent certains imbéciles et certains traitres, sur le hallal. Nous suivons, hélas, ce processus de soumission.

> les immigrés musulmans cessent au bout de quelques générations de se sentir musulmans et s'intègrent. C'est la thèse de Dalrymple. Je ne crois pas à cette possibilité pour l'instant. Nous, occidentaux de souche, ne sommes pas assez fiers de nous et exigeants pour que ce transfert de fidélité soit attrayant et naturel. La minorité non-intégrée et la nostalgie grégaire des pseudos-intégrés sont trop puissantes.

> une évolution des coutumes et de l'interprétation de l'islam vers la modernité telle qu'on pourrait adopter un mode de vie occidental sans cesser d'être un bon musulman. On en parle beaucoup dans les medias mais, à ce jour, c'est de la poudre aux yeux. Au contraire, la revendication identitaire rétrograde musulmane progresse.

Dans tous les cas de terrorisme islamiste de nos contrées, le moteur psychologique est cette tension entre bon musulman et mode de vie occidental, déraciné de là-bas mais pas enraciné ici, les loyautés partagées et conflictuelles. Cette tension, quand elle devient insupportable, débouche sur un comportement suicidaire meurtrier. Tout le jeu pervers des prédicateurs islamistes consistent à attiser cette tension au point que leur bombe humaine, correctement conditionnée, explose (1).

Notre responsabilité d'hôtes de l'immigration musulmane n'est pas de manquer de générosité, avis idiot des repentants de tous poil, mais de manquer de fermeté, de ne pas trancher le noeud de cette tension en exigeant de choisir une loyauté et une seule.

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(1) : on me dit que Merah a agi seul :

1) c'est faux.

2) même si c'était vrai, il n'en resterait pas moins un produit des islamistes, comme Ravaillac est un produit des jésuites et Lee Harvey Oswald un produit des communistes.

vendredi, mars 30, 2012

Enfin quelqu'un qui fait la peau de cet imposteur de Bourdieu

Bourdieu : le « champ » de la tromperie intellectuelle et de l’idéologie totalitaire

Vanneste, première partie

Christian Vanneste : « le système actuel privilégie les députés godillots et le clientélisme »
Publié le 28/03/2012

Le fougueux député du Nord répond en philosophe aux questions de Contrepoints sur l’actualité politique et sociale.
Entretien exclusif de Contrepoints.

Contrepoints : Pensez-vous qu’il existe un espace pour le libéral-conservatisme ?

Christian Vanneste : Il faut commencer par distinguer trois niveaux : sémantique, politique et idéologique. Sur le plan sémantique il n’y a rigoureusement aucun espace, car l’opinion dominante en France refuse l’emploi des mots. Le terme conservatisme est systématiquement dénigré par les responsables. Écoutez le président de la République par exemple. Chaque fois qu’il emploie le mot conservateur c’est manifestement pour stigmatiser une attitude. Dans les pays anglo-saxons, les partis de droite s’assument comme conservateurs, ce qui correspond à ma position dans tous les domaines, alors que la gauche y désigne des libéraux. En France, même le mot libéral est quasiment une injure, parce qu’il y a une confusion entre le libéralisme politique et le libéralisme économique, bien-sûr toujours suspecté d’hyper-libéralisme, une espèce de capitalisme sauvage. Ce qui est consternant dans la mesure où parmi les plus grands penseurs libéraux, il y a un certain nombre d’auteurs français importants, ne serait-ce que Montesquieu, Benjamin Constant qui est complètement ignoré, Bastiat et l’immense Tocqueville, un des penseurs les plus lucides sur l’évolution de la démocratie. Leur occultation en France est tout à fait scandaleuse. Il faut rappeler que la philosophie libérale appartient à notre histoire.

Quant au champ politique, il est malheureusement en train de se rétrécir, puisque vous avez par exemple un courant qui a osé se réclamer du libéralisme, ce sont Les Réformateurs menés par Hervé Novelli, à la suite d’Alain Madelin, sur des positions davantage économiques. Pourtant même sur ce terrain, il n’a guère été suivi. On pourrait à peine citer quelques maigres avancées, comme le statut d’auto-entrepreneur. Le bilan reste très faible par rapport à ce qu’on aurait pu et dû faire. Si vous voulez, en paraphrasant Sieyès, on pourrait dire « qu’est-ce que le libéralisme ? Rien. Qu’est-ce qu’il devrait être ? Tout ». Car c’est exactement ce dont la France a besoin, dans une situation de recul que l’actuel président de la République n’a pas redressée.

Comment expliquer cette inertie ?

Cela peut se résumer ainsi : l’apparente résistance de la France à la crise repose sur une politique de consommation essentiellement fondée sur les prestations sociales et donc sur le transfert des revenus, alimenté par une dépense publique monstrueuse qui fait de la France un pays socialiste, que ce soit la droite ou la gauche qui gouverne. Quand vous avez 56% du PIB en dépense publique, vous êtes évidemment dans une structure socialiste. Cette dépense permet entre autres d’entretenir un secteur protégé confortable, avec des assistés dotés de revenus même quand le pays se porte mal, et avec de nombreux fonctionnaires qui ne ressentent pas les effets de la crise. Ce système est alimenté par le déficit, donc par la dette.

Malheureusement M. Sarkozy est quelqu’un qui parle beaucoup, qui s’agite beaucoup, mais qui n’a pas eu le courage de faire les réformes à la hauteur de nos problèmes, même s’il en a réalisé davantage que ses prédécesseurs.

Situez-vous la place du libéralisme à droite ou à gauche ?

Dans le paysage idéologique, il existerait un espace possible à droite, à condition d’avoir un libéralisme économique combiné avec un conservatisme social, ou bien avec un souci général des libertés individuelles primant sur l’égalitarisme. En revanche, il n’en existe pas pour le libertarisme, c’est-à-dire une pseudo émancipation des mœurs qui serait, de mon point de vue, une forme de suicide social.

Y a-t-il une droitisation de la campagne de M. Sarkozy ?

Le drame du président Sarkozy est qu’il n’a pas de ligne directrice. Il n’est pas un stratège mais un tacticien de la politique. Il prend des idées dans l’air du temps, qui peuvent être de droite dans la mesure où elles lui paraissent bonnes pour communiquer, mais dont l’éventuelle mise en place est suivie de mesures contradictoires en fonction des circonstances. Ce fut le cas par exemple avec la suppression de la « double peine », suivie de textes répressifs contre l’immigration. Les contre-mesures en appellent d’autres et ainsi de suite. Cette attitude empirique, dénuée de règle éthique et de cohérence, s’est particulièrement vue lors de l’ouverture à gauche, catastrophique puisqu’elle a montré que la droite a peur de défendre ses idées et s’inspire de la gauche avec vingt ans de retard. Au fond elle se cantonne dans une attitude purement pragmatique, fait diversion sur le sécuritaire et se contente de proposer un moindre mal économique, apparemment opposé à la gauche, alors que dans les pays anglo-saxons, elle a su imposer ses valeurs.

Sarkozy installe-t-il un climat de défiance sur les questions de sécurité ?

Nicolas Sarkozy fait une campagne en deux temps, d’abord réduire les marges du FN en séduisant son électorat. Bien entendu s’il passe le premier tour, il changera son fusil d’épaule et cherchera à se recentrer pour rallier les voix de François Bayrou. Il pense à la communication avant d’agir en usant d’une tactique opportuniste. C’est la thèse d’Éric Zemmour, lorsqu’il dit que le gouvernement est conçu comme un casting et non comme une équipe de gens compétents. La défiance vient de ce manque de vision : quand Nicolas Sarkozy lance une idée, il est automatiquement soupçonné de calcul électoraliste et donc cela la décrédibilise. Cela avait été le cas lors du débat sur l’Identité Nationale. D’une manière générale, le jeu politicien consiste à nourrir des espoirs avec des gesticulations. Hollande a ainsi promis du rêve, ce qui me paraît malheureux. L’élection de 2007 avait provoqué des attentes fortes et par son absence de perspective, le président a déçu et créé un sentiment de désillusion. Son actuel slogan de candidat sur la France forte ne suscite guère d’enthousiasme.

À propos de laïcité « à la française ». Que pensez-vous de la proposition de François Hollande d’inscrire la laïcité dans la Constitution ?

Parmi les idées intéressantes du président, la laïcité positive était excellente : elle consiste à ne privilégier aucune religion mais à les respecter toutes. C’est l’esprit du texte même, en abandonnant son orientation agressive et sectaire développée au début du XXème siècle. Lors de l’inventaire des biens du Clergé imposé de façon violente, c’était vraiment une guerre injuste entre l’État et l’Église. La laïcité positive est une prise en compte de la réalité des rapports apaisés tels qu’ils doivent exister entre la politique et les religions.

Cette mesure peut-elle freiner la montée des extrémismes religieux ?

L’idée d’introduire la laïcité dans la Constitution, c’est comme la volonté de supprimer le mot race, il s’agit d’un cache-misère sémantique. On change les mots pour ne pas parler des idées, puisque le mot race est justement utilisé pour interdire les discriminations. Comme avec les communistes, il y a une volonté de table rase. On veut garder le crime mais supprimer le mot qui le désigne, c’est idiot. Montesquieu disait qu’il ne fallait toucher à une loi qu’en tremblant, or sur ce sujet on doit trembler beaucoup, la Constitution est faite pour que l’on ne la change pas. Personnellement, je suis opposé à toute inflation législative.

Comment empêcher cette inflation de lois ?

Un moyen efficace serait de mettre en place un comité d’évaluation et de contrôle indépendant, pour que le Parlement s’occupe beaucoup plus de vérifier l’impact de la loi et les conséquences pratiques de sa mise en œuvre à long terme. Trop de lois sont inutiles ou inappliquées, comme celle interdisant les attroupements dans les halls d’immeubles qui attentent à la liberté de circuler. Il faudrait aussi empêcher les mandats multiples. Une idée à laquelle je tiens est le référendum d’initiative populaire, comme en Suisse. Car un gouvernement ne laisse jamais passer une proposition de loi qui lui déplaît, en revanche il va imposer des projets qui lui plaisent. Vous avez vu par exemple l’opération menée par le Gouvernement et un député pour pénaliser la négation du génocide arménien. Il s’agissait bien sûr de faire voter les 300 000 arméniens. Ce n’est pas de la bonne politique car même si le génocide des arméniens en 1915 dans l’Empire Ottoman est une certitude, la mission parlementaire créée durant ce mandat pour traiter de la question des lois mémorielles avait clairement conclu qu’il ne fallait plus de lois dès lors que la réforme de 2008 permettait les résolutions. Durant mon dernier mandat parlementaire j’ai été le membre de la majorité qui a le plus souvent voté contre les textes gouvernementaux, en étant aussi souvent libéral que conservateur. J’ai voté contre Hadopi par exemple, qui est une vraie atteinte aux libertés.

Pourquoi n’y a-t-il pas une rébellion des députés ?

Parce que le système actuel privilégie les députés godillots et le clientélisme.