lundi, février 17, 2020

Décès de Michel Ragon

J’ai bien aimé Le marin des Sables (sur les pirates partis de Vendée), La mémoire des vaincus (sur les anarchistes) et Les mouchoirs rouges de Cholet (sur les chouans).

Il était anarchiste et ne supportait pas les communistes, qu’il appelait (on se demande bien pourquoi, n’est-ce pas ?) « les fusilleurs ». Cela le faisait rire jaune (mais il n’était pas surpris) que les petits bourgeois de merde style Besancenot se réclament de Trotsky, encore plus sanguinaire (si c’est possible) que Staline.

C’était un des très rares intellectuels contemporains pour qui « ouvrier » et « paysan » n’étaient pas des gros mots. J’aurais bien aimé savoir ce qu’il a pensé des Gilets Jaunes mais je m’en doute : à peu près le contraire de mes chers amis parisiens, de Mélenchon et de Martinez (marrant qu’ils se retrouvent dans le même camp. D’un autre coté, c’est logique. Ils ont en commun d'être des bourgeois matérialistes et égoïstes) qui les ont traités de « fascistes », « d’analphabètes », « à tirer dans le tas » et « qui m’empêchent de faire mes courses de Noël avec mes filles » .

Entre Vendéens, Michel Ragon s’était trouvé des convergences avec Philippe de Villiers.

C’est un parcours absolument inimaginable dans le naufrage scolaire actuel.





Je ne pense pas que cette video de Patrick Buisson soit déplacée (vous remarquerez qu'elle date d'avant les Gilets Jaunes et les anticipe bien) :





dimanche, février 16, 2020

Revenons aux fondamentaux.

Breezy

Troisième réalisation de Clint Eastwood, 1973.

Le film n'a pas très bien marché, ce qui prouve que le public n'a pas toujours bon goût. Eastwood pense que le studio a décidé que le film ne marcherait pas et a saboté sa diffusion.

Une jeune hippie, peut-être mineure (le film est ambigu), et un promoteur immobilier à la cinquantaine bien avancé tombent amoureux à Los Angeles.

Eastwood sait installer une atmosphère. Quelques touches réalistes empêchent de tomber dans le romantisme sirupeux. Les deux acteurs sont excellents et font beaucoup pour rendre cette histoire crédible (les couples avec 20 ou 30 ans d'écart entre un vieil homme et une jeune femme sont rares mais pas inconnus, parce qu'ils ne trompent pas la nature, ils peuvent avoir des enfants).

La touche politiquement incorrecte d'Eastwood : alors que d'autres histoires d'amour plus classiques échouent, celle-ci, qui est peut être illégale, fonctionne et se termine bien. Pas de punition divine hollywoodienne d'avoir brisé un tabou.

Les histoires de pédophilie qu'on nous fait en ce moment ajoutent à l'audace de ce film  (par la complexité des sentiments, il montre à quel point les notions d'emprise et de consentement sont idiotes, comme si tout amour n'impliquait pas des formes d'emprise et de consentement).




Les traitres (I. Rioufol)

Ce livre est excellent.

Non pas qu'il contienne une seule révélation, mais pour la première fois un journaliste grand public écrit ce que nous savons tous, avec clarté, sans tourner autour du pot.

Nos politiciens connaissent les maux de la France (islamisation, Grand Remplacement, violence, anarchie, atomisation, bureaucratie, effondrement éducatif, effondrement des missions régaliennes, tiers-mondisation ...). Les confidences de François Hollande et de tant d'autres, toujours officieuses, off, ne laissent aucun doute : ils ne peuvent pas plaider l'ignorance.

Ce sont donc des traitres au plein sens du mot : ils connaissent leur devoir mais font en toute conscience le contraire.

Ils doivent être jugés et condamnés. Ivan Rioufol en appelle à un procès des décideurs du Grand Remplacement.

Ensuite, Rioufol préconise un libéralisme raisonnable : libéralisme intérieur pour se défaire de la mauvaise emprise de l'Etat sur nos vies et protections extérieures.

C'est la grande force de ce livre : aller à l'essentiel, sans peur et sans reproche.


samedi, février 15, 2020

Il se confirme que Juan Branco est un enculé de gauchiste.




J'avais bien détecté le fond du personnage : un gauchiste comme les autres.

De toute façon, Jean Raspail nous a donné le critère il y a bien longtemps : le politicien qui vaudra le coup qu'on le suive sera un homme d'honneur, un type qui se tient droit, et qui préfère servir plutôt que se servir. Bref, honneur et patrie.




2P2M



C'est le grand crime, qui mérite procès et condamnation, de nos politiciens, tous partis confondus : se révolter contre le peuple, faire sécession, appliquer au peuple des règles qu'ils ne s'appliquent pas à eux-mêmes.

Mémoires (M. Druon)

Je les avais déjà lus, mais je pensais qu'il y avait une suite. Hé bien non. les mémoires de Druon s'arrêtent en 1945.

Maurice Druon est vaniteux comme un paon, mais ce défaut passe toujours assez bien car on y sent l'enfant abandonné par le suicide de son père.

Il fut pris dans une polémique avec François Bayrou.

Elle lui donna l'occasion de ce jugement (en 2004) que la suite des temps a pleinement validé : « M. François Bayrou, personnage secondaire et destiné à le rester, n'est remarquable que par sa persévérance à desservir les intérêts supérieurs de la France. »

Le début, les origines familiales, est laborieux. Le milieu, la vocation littéraire, aussi. Mais la fin, jeune officier de cavalerie pendant le désastre puis la vie à Londres, est bien enlevée.

Druon comprend que la cause militaire de la défaite est l'incompétence des généraux (Weygand est, à juste titre, particulièrement éreinté) et la cause politique la pusillanimité du personnel politique, incapable de s'élever à une vue globale sur la stratégie mondiale (comme beaucoup de jeunes, Druon a été irrité par la voix chevrotante du vieillard Pétain).

A l'instar de tous ceux qui ont été recueillis à cette époque, il en garde une reconnaissance éternelle aux Anglais.

Druon n'est pas un héros, il ne le prétend d'ailleurs pas, mais il a vécu.

Et puis, d'avoir été co-auteur du Chant des Partisans (notre troisième hymne national, avec la Marseillaise et le Chant du Départ), on est éternel (sans doute ce qui excitait la jalousie du minable Bayrou), bien plus que d'avoir été secrétaire perpétuel de l'académie française.

De ce chant rédigé en une après-midi, le 30 mai 1943, comme la Marseillaise le fut en une nuit, les auditeurs comprennent immédiatement qu'ils tiennent quelque chose.

Il est utilisé comme indicatif par la BBC, puis les paroles sont diffusées par les parachutages.

Je lis qu'il n'a été connu qu'à la Libération (mesquinerie de diminuer la Résistance ? Rage de  « démythifier » ?). C'est totalement faux (les témoignages sont nombreux et ce n'est pas un péteux de France Musique qui va y changer quelque chose).

Il sert de signal partout où il y a la Résistance, sifflé par les mendiants du métro, sifflé par les tabors marocains au passage du Garigliano, chanté par les maquis, dans les rues de Paris, dans les prisons et devant les pelotons d'exécution.

Grivois Griveaux

Vous connaissez sans doute l'Affaire.

Benjamin Griveaux, candidat du parti gouvernemental à la mairie de Paris, a envoyé à sa maîtresse des images de son sexe en érection, images qui ont été diffusées, on ne sait trop comment, par un réfugié russe. Devant le ridicule de la situation, il a retiré sa candidature.

Quelques réflexions :

1) L'immaturité d'un politicien de 42 ans, à l'ambition nationale, est frappante. Griveaux s'est comporté comme un adolescent boutonneux. D'ailleurs, comme Darmanin, il a une tête de puceau éternel.

On peut aussi regretter son manque de persévérance face à l'adversité. Jeff Bezos, milliardaire d'Amazon, face à la même situation, a envoyé bouler la foule des lyncheurs.

C'est là qu'il faut vous rappeler que LREM, ce n'est rien d'autre que les fonds de tiroir du PS et de l'UMP, des deuxièmes, voire des troisièmes, choix.

2) Cette affaire est sans doute une bonne occasion pour Emmanuel Macron de liquider un candidat fort mal parti.

3) Les politiciens se sont débarrassés de la souveraineté française, trop lourde à porter pour leurs frêles épaules. Ils n'ont plus de pouvoir, il est parti à Bruxelles, à Strasbourg et à Francfort. Ils ne peuvent donc pas nous vendre leur projet politique. Ils sont condamnés, pour meubler le vide, à nous parler de leur petite personne. Pas étonnant que cela leur revienne en boomerang.

4) Si nous exigeons des politiciens parfaits (nous-mêmes, sommes nous si parfaits ?), nous n'aurons que des neuneus. Vous me direz que c'est déjà le cas. Le groupe parlementaire LREM est une insulte aux trisomiques. Mais il ne faut pas trop nous en plaindre : faisons attention à ce que nous demandons, nous risquons de l'obtenir.

5) L'honneur consiste à s'interdire la bassesse, même profitable. Ceux qui ont diffusé cette video (on parle de Juan Branco) sont des merdes sans honneur. Vous, l'auriez vous fait ?

6) Les critères de la bien-pensance politiquement correcte sont fort complexes à comprendre : il y aurait donc le bon sexe (se faire usiner le derrière) et le mauvais sexe (exhiber son vit à sa maîtresse).

7) Cette combinaison de puritanisme et de voyeurisme est à vomir. Nous ne méritons pas ça. Ou alors, peut-être le méritons nous ?

Bref, Benjamin Griveaux fut trop arrogant et méprisant pour que je puisse le plaindre, mais, collectivement, le moins que l'on puisse dire, c'est que nous devrions avoir honte de cette affaire.

Ce n'est pas une victoire glorieuse de la sacrosainte transparence, mais un triomphe des sentiments les plus bas.

Le fond du problème est que la bassesse est cultivée par nos politiciens eux-mêmes, non seulement dans leurs comportements quotidiens, mais dans leurs décisions politiques : traité de Maastricht, traité de Lisbonne, affaire Fillon.

A force de cultiver la bassesse, on la récolte.

vendredi, février 14, 2020

NSP : la Nouvelle Société Psychiatrique (chronique des cinglés)



Vous connaissez ma thèse : la société occidentale actuelle est une machine à rendre fou, c'est la Nouvelle Société Psychiatrique.

Eolien et solaire : une autre manière de tuer la France

Coûteuses, inefficaces, l'arnaque des énergies renouvelables

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On aurait pu croire que le combat climatique allait remettre le nucléaire au premier rang des préoccupations écologiques. C'est du reste ce que suggère le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec) dont les avis, inutilement dramatiques, sont au moins cohérents. Si le dioxyde de carbone est l'ennemi numéro un de l'humanité, alors le nucléaire devient son plus sûr ami. Mais c'est mal connaître les écologistes français, qui dévoilent là le véritable objet de leur éternel combat. « Le nucléaire synthétise tout ce que les écolos haïssent, poursuit Durieux. Il permet la croissance, c'est une énergie disponible en continu, elle est pilotable, très fiable, bon marché. »

Les conséquences de cet égarement ne sont encore visibles qu'aux initiés. Les Français paient leur électricité deux fois moins cher que les Allemands mais, en réalité, ils la paient déjà trop cher, d'environ 20 %. Cette hausse, comme celle de l'essence, se poursuivra, ce qui promet un jour d'autres cohortes de “gilets jaunes”. Telle sera la France des renouvelables : un pays qui glissera lentement vers la paupérisation technologique, industrielle et donc sociale. « Les écologistes les plus conséquents tirent fort logiquement la conclusion que transition écologique rime avec décroissance, analyse Rémy Prud'homme. Moins de gens, moins de revenus, moins de mobilité, moins d'industrie, moins d'agriculture, moins d'échanges, moins de confort, avec moins de démocratie pour faire accepter tout cela. » Nous y sommes.
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Le gouvernement Macron est remarquablement cohérent : Macron est le Destructeur, tout ce qui peut rendre le déclin de la France irréversible, il le fait. Examinez le à cette aune, je vous défie de trouver une seule décision incohérente du gouvernement Macron.

Il n'y a qu'en Europe de l'ouest où l'écologisme est passé du statut de préoccupation parmi d'autres au statut d'obsession. Et d'obsession mortifère.

L'écologisme est une pulsion suicidaire. Pour l'écologiste européen, l'homme est de trop sur cette planète. L'homme ? Plus précisément, l'Européen. Plus précisément encore, le Français.

L'obsession anti-humaine des écologistes ne le cède en rien à l'obsession anti-juive des nazis. Comparaison excessive qui disqualifie mon propos ? Si vous pensez cela, c'est que vous n'avez pas fait attention à ce que racontent vraiment les écologistes.

Pour eux, le seul mode de vie humain acceptable, c'est l'âge de pierre. Si, dans le passage de notre mode de vie à l'âge de pierre, il doit mourir prématurément des millions d'hommes, ce n'est pas leur problème.

Je suis terrifié de la complaisance que rencontre dans les medias, dans le public, et même au Vatican, pareille folie anti-humaine.



jeudi, février 13, 2020

Mauvais débat Zemmour-Tillinac

Tillinac a été mauvais comme un cochon tout du long et Zemmour, comme chaque fois qu'il est question de Pétain, n'a rien compris au film.

Pétain

J'ai déjà dit ce que je pensais du pétainisme de Zemmour dans ce billet.

Il est hautement significatif, et ça résume tous les errements de cette discussion, que le nom de Hitler n'ait pas été prononcé, ni par Tillinac, ni par Zemmour.

C'est comme critiquer un film en ignorant qu'il a eu un réalisateur.

D'un bout à l'autre de ce drame, Pétain est roulé dans la farine par Hitler. Les fameux meubles qu'il croit sauver, ce sont ceux que Hitler veut bien lui laisser pour l'amener vers d'autres concessions.

Les chiffres hallucinants d'exploitation économique de la France occupée devraient mettre un point final à ce faux débat. Il suffit de les regarder en face.

La thèse du glaive et du bouclier est absurde parce que Pétain n'a jamais été qu'un bouclier en carton, entièrement à la merci des manoeuvres hitlériennes. Ce que De Gaulle avait bien senti.

Le coup d'Etat de 1958

Tillinac est totalement con de nier que le retour au pouvoir de De Gaulle en 1958 fût un coup d'Etat. C'est une des plus belles manoeuvres politiques de notre histoire.



Légalisation du cannabis : encore une idée de la gauche tarée qui foire.

Le Canada est vraiment un pays de merde, qui se laisse aller à toutes les conneries de la gauche tarée. Comme dit Bock-Coté, l’identité du Canada, c’est de ne pas avoir d’identité.

C'est donc, comme la Suède, un pays qui mérite de disparaître. Espérons que nos cousins québécois réussiront à s'en évader à temps.

Comme on connaît la gauche tarée par cœur, la suite est facile à prévoir :

1) pinailler sur l'expérience canadienne, pour dire qu'elle n'est pas représentative et qu'on ne peut en tirer aucune leçon négative. La pousser sous le tapis au maximum. Dans l'idéal, ne pas en parler.

2) Maintenir que le fantasme progressiste est une excellente idée qui n'a jamais été réellement expérimentée (comme le communisme) et qu'il faut absolument essayer, toute réticence étant taxée de ringardise ridicule.









mercredi, février 12, 2020

Bombardement messihanique

Un commentateur m'ayant fait remarquer que, face à la masse d'abrutis qui peuple notre monde, il fallait quelque fois foncer dans le tas, je vous offre cette video (oui, oui, je sais, Morandini est un traitre à juger et à fusiller) :

mardi, février 11, 2020

Mila, pour conclure : La liberté d’expression est-elle réductible à la politesse ?

L'édito
La liberté d’expression est-elle réductible à la politesse ?

C’est un curieux argument qui se déploie dans le débat public depuis l’affaire Mila. Certes on veut bien reconnaître qu’il y a en France un droit à la liberté d’expression, mais attention, il y aurait tout de même des limites à ne pas franchir, notamment celles de la politesse et de la civilité. L’argument n’est pas nouveau. On l’entend régulièrement de la part de croyants, musulmans ou autres. Ils se sentent blessés en tant que croyants (par ailleurs tout à fait pacifiques et tolérants) qu’on puisse tenir des propos orduriers envers leur religion.
Au moment de Charlie, certains n’étaient pas Charlie parce que « être Charlie » revenait pour eux à s’assimiler à un journal de caricaturistes vulgaires. Alors qu’être Charlie était et reste une position de principe qui n’avait rien à voir avec les convictions et la sensibilité des uns et des autres. Soutenir la liberté d’expression c’est justement soutenir ceux qui ne pensent pas comme vous et dont les positions ou les dessins peuvent parfois vous choquer. Soutenir ceux qui défendent vos idées, la belle affaire…
« Il ne s’agirait pas de déplaire en affichant des principes républicains alors qu’il est beaucoup plus payant et prudent de s’indigner de la grossièreté d’une adolescente. »
L’argument du savoir vivre est aussi celui de Ségolène Royal qui ne souhaite pas « ériger une adolescente qui manque de respect comme le parangon de la liberté d’expression ». Celui aussi de Martine Aubry qui appelle à « faire preuve de retenue et éviter ce genre de propos même si les menaces sont inacceptables ». Sans parler de Fabien Roussel, secrétaire national du Parti communiste français, qui a jugé sur RMC que les « propos injurieux » de Mila n’étaient « pas admissibles ». Ces trois personnes sont en campagne. Pour les municipales ou la présidentielle. Il ne s’agirait pas de déplaire en affichant des principes républicains alors qu’il est beaucoup plus payant et prudent de s’indigner de la grossièreté d’une adolescente.

« Dégueulis verbal »

Alain Finkielkraut, qu’on ne peut pas soupçonner de dérive clientéliste, de gauchisme culturel ou de lâcheté face aux principes républicains, a défendu, lui, une position qu’il veut « intransigeante » (soutien absolu à Mila) mais « nuancée », car précise-t-il, « je ne suis pas Mila ». L’auteur de L’Identité malheureuse (Stock, 2013), homme libre par excellence, qualifie les propos de Mila de « dégueulis verbal » et déplore, à juste titre, la perte de la politesse, de l’éducation, la disparition d’un « surmoi » éducatif qui puisse s’opposer à ce flot ordurier. Il ajoute « la liberté d’expression est une conquête de la civilisation et la grossièreté une défaite de la civilisation ». Déplorer l’hégémonie croissante de la vulgarité et de la grossièreté, qui ont explosé grâce au tout-à-l’ego crado des réseaux sociaux, comment ne pas s’y rallier ?
« En ces temps difficiles où justement, ceux qui n’ont que faire d’une tradition française qui emprunte à la fois à l’héritage des Lumières et à celui de la République, sont en guerre contre nos valeurs, comment faire valoir cette élégance ? »
Mais si la liberté d’expression est d’abord une bataille menée par les philosophes des Lumières du XVIIIe siècle, est-elle une conquête de la civilisation ? Comment définir cette civilisation ? L’ensemble des bonnes pratiques et des mœurs définissant un vivre ensemble ? Une élégance, un agrément, un respect mutuel fondé sur une histoire commune ? Nous pouvons tous signer des deux mains. Mais en ces temps difficiles où justement, ceux qui n’ont que faire d’une tradition française qui emprunte à la fois à l’héritage des Lumières et à celui de la République, sont en guerre contre nos valeurs, comment faire valoir cette élégance ?
Si la défense de nos valeurs s’appuie sur une élégance du style et des mœurs, prenons garde. Les adversaires de notre mode de vie sont les champions de l’élégance, celle qui couvre gracieusement les femmes d’un foulard, au nom de la modestie et de la pudeur, deux autres grandes et belles qualités : ils revendiquent une féminité de reconquête islamique, contre le déploiement de vulgarité des filles en mini-jupes, en string, sans parler des baigneuses topless.

Menace du « chantage à la blessure »

Les adversaires de notre mode de vie sont les champions de la politesse envers les religions. Ils attendent bonnes manières et égards envers leur croyance car toute parole un peu rude, un peu grossière, s’assimile pour eux à une blessure, une offense non seulement envers la religion mais aussi envers les croyants : c’est au nom de cette blessure intime que certains sont prêts à poursuivre en justice, n’hésitant pas à remettre en question nos lois fondamentales. Comme l’avaient fait en leur temps certains milieux catholiques d’extrême droite, « qui avaient laissé entendre, lors du vote de la loi Ferry sur l’école laïque obligatoire, que cette loi, en forçant les pères à scolariser leurs enfants, blessait leur conscience », ainsi que le rappelle l’historien Jacques de Saint-Victor qui s’inquiète d’une menace de « chantage à la blessure ».
« Mila n’a sûrement pas hérité du langage brillant des philosophes des Lumières, mais elle est leur héritière lorsqu’elle s’obstine à dire, malgré les insultes dont elle est l’objet, qu’on a le droit de critiquer une religion et que ce n’est pas du racisme. »
La liberté d’expression ne peut pas être circonscrite à la politesse et aux bonnes manières. Elle est sûrement une conquête de la civilisation mais encore plus sûrement des lois républicaines qui la garantissent : la loi qui abolit le blasphème en 1791, celle qui sanctuarise la liberté d’expression et le droit de critiquer les doctrines et croyances en 1881. La France c’est la liberté d’expression au risque de la vulgarité et du mauvais goût. C’est Charlie Hebdo et Hara-Kiri, Siné, Wolinski, Cabu, Reiser, Charb et Riss. C’est L’Assiette au beurre. Ce sont les caricatures anticléricales du XIXe siècle et du XXe, dont on a oublié la violence « blasphématoire ».
Mila n’a sûrement pas hérité du langage brillant des philosophes des Lumières (la barre est très haute !), mais elle est leur héritière lorsqu’elle s’obstine à dire, malgré les insultes dont elle est l’objet, qu’on a le droit de critiquer une religion et que ce n’est pas du racisme.

Alléger les haines, les ressentiments et la violence mais pas les principes

Mona Ozouf soulignait récemment que Voltaire lui-même n’hésitait pas à être ordurier. Dans sa lettre à d’Alembert, il écrivait : « Tous, calvinistes fanatiques, papistes fanatiques, tous ont trempé dans la même merde détrempée de sang corrompu ». Certes, cela a plus de panache que « le doigt dans le cul » à la religion musulmane proféré par Mila. Mais Mona Ozouf nous rappelle que la liberté d’expression est un principe hiérarchiquement supérieur dans lequel, en pays laïc, nous nous rejoignons. Et que la frontière est infime entre « avoir des manières » et « avoir des égards » (comment faire la différence ?) ; et qu’il existe aussi des croyances et des convictions envers lesquelles il n’y a pas à avoir d’égards.
« Mona Ozouf est une quintessence d’intelligence, de délicatesse et de distinction. Calmement, elle dit “Je suis Mila, oui bien sûr”… Et dieu qu’elle est élégante. »
Mona Ozouf dit d’elle-même qu’elle est « de l’Ancien régime ». Elle est très attachée à la civilité, à l’agrément entre les sexes, à la galanterie, à la conversation. Et à la littérature comme dernier espace, peut-être, qui rend compte de la complexité de la nature humaine, des différences et de la singularité, de l’articulation entre le personnel et l’universel. Elle évoque « des livres, des femmes, et des manières », de sa façon subtile et brillante dans son dernier ouvrage Pour rendre la vie plus légère (Stock) qui rassemble ses interventions dans l’émission Répliques d’Alain Finkielkraut.
Mona Ozouf nous invite à nous alléger des haines, des ressentiments et de la violence mais pas des principes. Sur le plateau de télévision, l’historienne répond avec grâce et humour, parfois avec gravité. Elle est une quintessence d’intelligence, de délicatesse et de distinction. Calmement, elle dit « Je suis Mila, oui bien sûr »… Et dieu qu’elle est élégante.

La gauche tarée en action : sa préférence pour les criminels.



17 criminels jamaïcains multi-récidivistes sont renvoyés en Jamaïque. C'est un drame pour la gauche tarée. La cabane sur le chien, la mort du petit cheval, l'holocauste qui recommence, les scènes d'hystérie ...

Par contre, ça : Écosse : au moins 44 jeunes filles abusées sexuellement par un gang de 55 demandeurs d’asile « pakistanais, afghans, turcs,… » Rien, aucune réaction, nada, banal ...

Cette inversion des valeurs a été définitivement expliquée par JL Harouel (ici et ), auquel on peut ajouter une pincée de Chesterton.

Elle n'en demeure pas moins très choquante, même, avec un parfait cynisme, sur un plan purement fonctionnel : aucune société gnostique n'a jamais été pérenne.

Islamisation de l'Europe : quand je vous dis que l'Allemagne est une vérole.

Quand l'Allemagne tentait de convaincre les musulmans de faire le djihad.

Une photo que j'aime bien :









Le sentimentalisme comme suicide civilisationnel

Dalrymple demande s'il faut rire ou pleurer de ce père d'une victime du terrorisme qui espère que ce qui est arrivé à son fils ne servira pas de prétexte à allonger les peines des terroristes.

Ce sentimentalisme ridicule commence dès l'enfance. Le sentimentalisme est une anti-éducation.

Nombre de connasses (mais aussi quelques connards) appellent leurs rejetons « mon ange » voire « mon petit ange ». Il est clair que cette mièvrerie sirupeuse va fabriquer des adultes de choc, aptes à affronter les difficultés de la vie avec sérénité et persévérance, en se tenant droit.

Et tout est comme ça. Le but des parents est de rendre leurs enfants « heureux », c'est-à-dire de n'en rien en exiger et de ne rien leur apprendre qui demande quelque effort.

Au fond, les parents ne savent plus à quoi ils servent, à part subvenir aux besoins matériels. Parce qu'ils considèrent les enfants comme un produit de consommation, ou au moins, un objet de désir.

Il est difficile de se sentir des exigences éducatives vis-à-vis d'enfants considérés comme des animaux de compagnie en moins obéissants. La plaisanterie de Coluche « y en a qu' ont des enfants parce qu'ils n'ont pas pu avoir de chiens » devient en occident une vérité anthropologique (les chiens sont désormais aussi mal éduqués que les enfants).

Le Figaro se lamente à propos des écrans (Enfants et écrans : les contradictions des parents) mais c'est toute l'attitude des parents qui est contradictoire : ils voudraient faire plaisir à leurs enfants comme à leur chien, ils voudraient qu'ils se tiennent tranquilles comme leur chien mais ils voudraient aussi qu'ils soient intelligents comme des hommes ayant bénéficié de l'éducation la plus exigeante.

Il y a là une contradiction que rien ne peut résoudre, alors, la plupart du temps, on va au plus facile, l'exigence éducative est sacrifiée, pas forcément dans le discours (on se raconte des histoires, on relativise), mais dans les faits, dans les comportements.

Et on obtient la génération de lamentables abrutis que nous connaissons.

lundi, février 10, 2020

Une époque presque aussi lointaine que le moyen-âge

Les limites de Finkielkraut sont celles de beaucoup.



Je ne suis pas étonné, puisqu'il nous a fait le même coup avec Trump  : incapable d'aller au-delà des apparences, tout même un peu gênant pour un « grand » intellectuel (dommage, car l'analyse du comportement médiatique de Trump est passionnante et son efficacité redoutable : les Démocrates n'arrivent toujours pas à mettre en place une stratégie gagnante).

Cette réaction vis-à-vis de Mila s'explique très bien :

1) Finkielkraut n'est pas un guerrier. Un guerrier défend les siens sans faire de chichis. Ce n'est pas Zemmour qui se laisserait aller ainsi au « oui, mais ».

2) Comme le dit très bien le touit, Finkielkraut ne considère pas Mila comme faisant partie des siens. Moi, si. C'est toute la différence entre nous.

De toute façon, c'est simple : Finkielkraut passe beaucoup dans les medias. Cela signifie qu'il n'est pas un danger pour le Système. Demandez à Renaud Camus.

Nous n'avons pas besoin de Finkielkraut, c'est un aimable mondain de temps de paix. Qu'il prenne de longues vacances, nous le resortirons quand nous aurons gagné.









Les conceptions de la nature humaine de l’islam, du matérialisme et du protestantisme semblent étroitement apparentées

Journaliste à Ottawa au Canada et fondateur d’une importante revue culturelle, Richard Bastien mène une réflexion sur les rapports entre foi et raison. Pour appuyer son analyse du post-modernisme nihiliste, l’auteur a publié un essai présentant les fondements de la pensée de cinq auteurs catholiques anglophones dont l’influence est très vive aujourd’hui : Newman, Chesterton, Lewis, Kreeft et MacIntyre. Tous ont grandi au sein d’une culture protestante adaptée au monde sécularisé. C’est dans ce contexte qu’ils ont découvert la richesse d’une tradition catholique à l’aise avec les acquis scientifiques de la modernité, mais non moins soucieuse de préserver les « vérités éternelles ». Ils nous révèlent que ce dont notre monde a le plus besoin, ce n’est pas tant de réformes économiques ou politiques, mais d’une cure spirituelle. Extrait :

La plupart des théologiens protestants étaient, et demeurent encore aujourd’hui, fermement convaincus que la conception catholique de la nature humaine repose sur une interprétation des Saintes Ecritures radicalement faussée par les philosophies païennes. A leur avis, même après avoir été baptisé, l’homme séparé de Dieu est pieds et poings liés au péché et ne peut absolument rien pour son salut. Sans le savoir, ces réformateurs protestants – que l’on ne confondra pas avec les anglicans – ont ouvert la voie au matérialisme scientifique, qui affirme que l’homme fait intégralement partie du monde naturel et ne peut donc s’affranchir du déterminisme “universel” régissant le monde de la nature. Admettre l’existence du libre-arbitre équivaut, dans cette optique, à nier l’universalité du principe de causalité, et donc des lois scientifiques. Il convient de signaler, en passant, que la négation de l’existence du libre arbitre fait partie intégrante de la foi musulmane qui affirme que Dieu est la cause exclusive de tout ce qui arrive. Les conceptions de la nature humaine de l’islam, du matérialisme et du protestantisme semblent donc plus étroitement apparentées qu’on ne le croit généralement. Et, en regard du libre arbitre, ces conceptions semblent toutes également éloignées de la conception classique et catholique.