Laura et Mauranne seraient encore vivantes si Nicolas Sarkozy, sous l'influence de Bertrand Tavernier, n'avait pas aboli l'expulsion des délinquants et criminels étrangers.
Ils peuvent plaider la fatalité, les circonstances imprévisibles, mais ça ne tient pas : de quelque manière qu'on retourne la question, préférer afficher sa belle âme en faveur d'étrangers plutôt que de se soucier de la sécurité de ses concitoyens est une trahison, une saloperie.
J'espère qu'un jour, toutes les dettes se paieront.
Je m’aperçois que je n’ai jamais écrit de critique de ce film.
Dans L'armée des ombres, Ventura et Meurisse sortent d'un cinéma de Londres : « Pour les Français , la guerre sera finie quand ils pourront voir ce film merveilleux ».
Ce n’est pas mon film préféré (bien entendu, pas pour les raisons idiotes qui excitent les bien-pensants).
C’est un film de producteur : l’argent dépensé se voit à l’écran mais il manque la patte artistique d’un réalisateur de talent.
La première partie, la guerre civile, est bien. La deuxième partie, la reconstruction et les relations entre Rhett et Scarlett, est assez médiocre, manque de psychologie.
Alors il reste le merveilleux Technicolor.
Mais, dans le genre « film qui en jette », je préfère Lawrence d'Arabie ou Out of Africa. Je vois pourtant ce film du Vieux Sud avec plaisir.
Un couple en train de divorcer a un fils de 12 ans. Aucun des parents ne veut s'en occuper, ils ont leur vie à reconstruire, ils ne veulent pas de boulet. Ils décident de le mettre à l'orphelinat, le fils entend la conversation en écoutant aux portes et fugue.
Le film prend prétexte de la recherche du fugueur pour nous dresser un portrait très noir de nos contemporains, qui passent leur temps à se prendre en selfie. Ce film est russe, anti-hollywoodien : pas de héros, ou si peu, pas de morale, pas d'espoir.
Un film poignant, glaçant. Un chef d'oeuvre. Le monde moderne ne sera pas châtié, il est le châtiment : ce film le montre en deux heures.
Mon petit coeur de Français saigne que ce débat ait lieu outre-Atlantique, mais c'est le prix à payer d'être une nation vassale : zéro vie intellectuelle.
*********** Il aura fallu attendre que les Américains le disent ... La révolution part du coeur de la forteresse libérale : Dani Rodrik, titulaire d'une chaire dotée par la Fondation Henry Ford et consacrée à l'économie politique internationale, président de la International Economic Association, construit depuis plusieurs années une thèse qui va à l'encontre de la pensée dominante : l'Etat-Nation est indispensable au bon fonctionnement, sur le long terme, de l'économie de marché et de la mondialisation. On trouvera une bonne synthèse de ses analyses dans un article de vulgarisation que l'auteur a publié récemment et intitulé "Pourquoi les Etats-nations sont une bonne chose".
Retenons quelques idées fortes :
1. Le marché ne peut pas se donner à lui-même ses propres règles.
2. l'Etat national est le plus à même de fixer le cadre de l'économie de marché : il a fait ses preuves pour le démarrage des économies industrielles et il reste aujourd'hui un instrument puissant.
3. L'économie mondialisée, en démantelant ou en court-circuitant l'Etat-nation s'est privée d'un moteur profond de la croissance : la compétition entre des systèmes qui ont chacun leur cohérence, héritée de l'histoire, pour accueillir l'investissement, cultiver l'innovation, stimuler le commerce et développer la consommation.
Quelques remarques, tout d'abord, sur notre capacité collective à ne pas entendre le débat d'idées tel qu'il peut se dérouler ailleurs. Dani Rodrik n'en est pas à sa première formulation. Les éditions La Découverte avaient fait paraître à la fin des années 2000 un ouvrage de Dani Rodrik intitulé "Nations et mondialisation", qui avait relativement peu attiré l'attention. Pourtant le livre impliquait une possible réponse à la crise mondiale qui venait de commencer. Si les équipes de Nicolas Sarkozy avaient été un peu curieuses, elles auraient trouvé dans l'ouvrage un moyen élégant de surmonter la contradiction inhérente au sarkozysme : l'impossibilité de rendre la priorité aux intérêts des Français dans le système de l'Union Européenne tel qu'il a évolué depuis le début des années 1990.
Dani Rodrik fait souvent allusion au système de Bretton Woods, comme à un point d'équilibre entre Etats-nations et ouverture mondiale des économies. Ou plutôt, il insiste sur le fait que la mondialisation qui se mettait progressivement en marche à cette époque fonctionnait très bien parce qu'elle s'appuyait sur les Etats-nations. Si l'on applique le raisonnement à l'Europe, cela revient à penser que le Marché Commun était infiniment plus efficace, dans son fonctionnement, que l'Europe de Maastricht. C'est retrouver un constat fait par tous les historiens : la dynamique du capitalisme européen est née de la concurrence entre les Etats-nations qui émergent à partir de la fin du Moyen-Age. Le système de Maastricht est à l'opposé parce qu'il impose à dix-huit pays d'adopter un système monétaire qui est le fruit d'un équilibre très particulier, celui de la société allemande.
Relisons brièvement l'histoire économique et politique des quarante dernières années et nous verrons que d'autres chemins étaient possibles :
- En 1971, Richard Nixon casse le système de Bretton Woods en mettant fin à la convertibilité du dollar en or. Il était probablement impossible de rassembler une coalition d'Etats prêts à ramener Washington à la table de négociation d'un nouveau Bretton Woods. En revanche, il fallait en tirer la conclusion que le contrôle de la monnaie et de la politique de change pour une nation était essentiel dans un monde où les Etats-Unis tendaient à imposer leurs règles monétaires. Or c'est exactement le contraire qu'ont initié Valéry Giscard d'Estaing et Raymond Barre: ils se sont ralliés aux règles monétaires allemandes, les plus opposées à la conception américaine de la monnaie. La RFA a fait le choix, depuis quarante ans, d'une stabilité monétaire absolue (théoriquement) dans un monde de changes flottants ; elle n'a pu se permettre cette incongruité que parce qu'elle n'a pas eu pendant longtemps de salaire minimum ; et puis, surtout, parce que le reste de son environnement européen a accepté de renoncer à la flexibilité monétaire. Ce faisant, l'Europe a perdu une de ses forces : la compétition entre des systèmes à la fois proches et différents, qui tiraient la croissance vers le haut grâce à l'intensification du commerce entre eux.
- Le thatchérisme n'est pas du tout ce que l'on dit. Pour la "Dame de Fer", il n'y avait pas de capitalisme efficace possible en dehors de l'Etat-nation. Peut-être étonnerait-on Dani Rodrik en ressortant certains discours de Margaret Thatcher, dans lesquels celle-ci insiste sur le fait que le marché ne fonctionne pas sans un certain nombre de règles fixées par l'Etat. Le modèle qu'elle avait en tête était celui d'une économie touours plus ouverte, certes mais où les Etats-nations s'entendaient pour réguler les forces du marché. La Dame de Fer voulait avoir le droit chez elle de privatiser autant qu'elle le voulait. Mais elle ne voulait pas forcément imposer son modèle aux autres. Elle réclamait l'établissement de règles simples et d'accords équitables entre nations. En 1990, elle proposa à François Mitterrand que la France et la Grande-Bretagne veillent ensemble à ce que l'absoption par l'Allemagne de l'Ouest de l'ancienne RDA ne crée pas de déséquilibres pour la bonne marche de la Communauté Européenne. Mitterrand, non seulement, ne saisit pas la main tendue mais il bascula du côté allemand, plongeant notre pays dans un inévitable alignement sur des règles que nous n'avions pas choisies. Margaret Thatcher, isolée, fut mise en minorité dans son propre parti, où l'on avait tendance, de plus en plus, à détacher les enjeux du marché de l'Etat-nation. S'amorça une séquence qui vient de se terminer avec le vote du Brexit. On a toutes les raisons de penser que la France, mais aussi l'Europe, seraient aujourd'hui plus prospères si François Mitterrand avait choisi Margaret Thatcher plutôt qu'Helmut Kohl.
- Dani Rodrick a beaucoup travaillé sur la Turquie dans l'économie internationale. Il est évidemment sensible au fait que les pays dits émergents, tirent leur force d'un modèle national au sein duquel le marché peut se déployer. A des degrés différents, en tenant compte de leur histoire et de leur équilibre social, les BRICS et bien d'autres pays sont en train de changer le visage de la mondialisation : ils la rendent polycentrique. Si l'on suit le raisonnement de Rodrick sur les vertus de la compétitions entre les variantes du capitalisme que mettent en place les Etats-nations, le monde devrait être plus prospère dans les décennies qui viennent si l'Occident n'entrave pas l'émergence de sociétés ouvertes en Asie et en Afrique.
Quand on regarde de plus près, en même temps, la Grande-Bretagne, après Margaret Thatcher, a largement gardé un point d'équilibre national : elle n'est pas entré dans l'euro; elle a su rendre à Londres un rôle de capitale financière internationale. Dans ce cadre-là, le Brexit est beaucoup moins dramatique que ce qu'on voudrait nous faire croire : il s'agit largement, pour les Britanniques, de tirer les leçons d'une phase de la mondialisation où la désindustrialisation a atteint un point critique et les inégalités sociales sont devenues insupportables. Les Britanniques n'entendent pas renoncer au commerce mondial, au contraire, mais ils veulent ajuster les règles, retrouver un équilibre social. L'élection de Donald Trump, que cela plaise ou non, envoie un message du même type. Au lieu de nous fixer sur les hésitations de Theresa May ou les outrances de Donald Trump, il nous faudrait prendre conscience qu'un débat en profondeur est lancé dans les sociétés anglophones sur l'absence de contrepoids démocratiques et étatiques suffisants aux marchés tels qu'ils fonctionnent aujourd'hui. C'est dans cet environnement en train de se modifier que des voix comme celles de Dani Rodrick, modérées, raisonnables mais sans concession du point de vue de l'analyse scientifique, peuvent rencontrer une audience croissante.
La France de 2017, celle qui a élu Emmanuel Macron, est obsédée par le "modèle allemand" et seulement superficiellement amie de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis. Alors qu'il faudrait faire le contraire : nous inspirer largement des débats d'outre-Atlantique et revenir à une Europe des Etats-nations dans laquelle l'Allemagne n'est qu'un pays parmi d'autres.
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*********** Je pense qu’un pays qui au fond s’accommode d’un crime aussi immonde, sa classe dirigeante, son milieu politique et médiatique, tout compris, de l’extrême droite à l’extrême gauche, ses élites intellectuelles, administratives, journalistiques, qui le regardent comme une sorte de fait banalisé, comme le résultat d’une fatalité, et finalement, noyé dans l’indifférence, un pays qui s’habitue sur son sol à un degré de barbarie atteignant le niveau les pires barbaries de l’histoire de l’humanité, le meurtre sanguinaire de deux jeunes filles, est un pays qui est en train de crever.
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Là, nulle manifestation de la LICRA, nulle pâmoison spectaculaire des spécialistes du chocage.
D'où la confirmation (en avait-on besoin ?), que l'anti-racisme est un masochisme de blancs et une lutte contre les blancs pour les autres (dont, bizarrement, les asiatiques ne font jamais partie).
Article intéressant qui recoupe exactement mes analyses.
Sans compter que la bénédictine, c'est bon.
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FIGAROVOX.- Dans votre livre, vous dites que les chrétiens ont perdu la bataille culturelle et vous plaidez pour une «retraite stratégique». Quand et pourquoi les Chrétiens ont-ils perdu la bataille?
Rod DREHER.- Le récit classique dans la droite religieuse américaine est que c'est arrivé dans les années 1960, avec la révolution sexuelle. Je pense que ça remonte à bien plus loin.
Je crois que le point clé c'est les Lumières, qui nous ont coupé de nos racines chrétiennes.
Dans mon livre, je remonte jusqu'au nominalisme dans le haut Moyen-âge mais je comprends bien que c'est très abstrait. Je crois que le point clé c'est les Lumières, qui nous ont coupé de nos racines chrétiennes.
Ensuite cela s'est aggravé avec société de consommation, les nouvelles technologies, le relativisme.Tout cela fait qu'il est de plus en plus difficile de vivre avec la vérité chrétienne dans le monde. Dans une société de plus en plus individualiste coupée de la tradition, la seule autorité qui apparaisse comme justifiée est le moi. C'est ce que le philosophe Zygmunt Bauman appelle la société liquide. Il n'y a plus de bien commun, ce qui gouverne la politique est désormais l'émotion. C'est ce que le philosophe MacIntyre appelait l'émotivisme, qui règne autant à droite qu'à gauche.
Ne pensez-vous pas que l'évangélisme soit le comble de l'émotivisme individualiste?
Je crois que beaucoup d'évangéliques aux Etats-Unis sont plus catholiques que les catholiques, dans le sens où ils croient davantage à ce que l'Eglise enseigne.
J'ai été catholique avant de me convertir à l'orthodoxie. Je lisais Jean-Paul II et je trouvais cela formidablement nourrissant. Mais en entrant dans l'Eglise je me suis rendu compte que les catholiques américains pratiquaient en réalité
La plupart des églises américaines prêchent le « déisme éthico-thérapeutique », version molle et édulcorée du christianisme.
une forme de protestantisme. La plupart des églises américaines prêchent ce que les sociologues Christian Smith et Melinda Lundquist Denton appellent le «déisme éthico-thérapeutique», une version molle et édulcorée du christianisme qui en gros affirme qu'il faut être gentil et que les bons iront au paradis.
Une version totalement compatible avec le monde moderne et qui rejette la Tradition.
L'Eglise catholique a pourtant toutes les ressources pour résister aux forces de la modernité. Mais elle ne les utilise pas. Richard John Neuhaus, un prêtre célèbre aux Etats-Unis a écrit dans les années 1980 Le moment catholique: les paradoxes de l'église dans le monde postmoderne, où il expliquait qu'enfin les catholiques pouvaient prendre la parole dans l'espace public. Mais ce «moment catholique» n'est jamais arrivé.
Après le concile Vatican II la formation des jeunes catholiques a été complètement délaissée. Lorsqu'on regarde les sondages aujourd'hui, les catholiques américains ne sont pas différents de l'Américain moyen, et même un peu plus libéraux sur les questions sociétales. La plupart d'entre eux ne reconnaissent pas l'autorité de l'église sur ces sujets.
Ne pensez-vous pas que nous chrétiens Européens sommes bien plus avancés que les Etats-Unis dans la déchristianisation? Votre président jure toujours sur la Bible…
Certes les Etats-Unis tiennent la religion en plus haute estime que chez vous en France, mais le sentiment anti-chrétien n'a cessé de progresser.
Je pense que nous chrétiens américains avons beaucoup à apprendre des catholiques français. Vous avez vécu avec une laïcité militante depuis beaucoup plus longtemps. Nous, cela devient un problème aujourd'hui seulement.
Dire qu'on est chrétien dans l'espace public devient disqualifiant. Cela va arriver de plus en plus.
Trump a nommé un catholique fervent à la Cour suprême et la plupart des commentateurs ont dit qu'il ne serait pas un bon juge car il serait biaisé par sa foi. Cela va arriver de plus en plus. Dire qu'on est chrétien dans l'espace public devient disqualifiant.
J'ai été très surpris par le succès de la Manif Pour Tous en France. Aux Etats-Unis, nous avons l'idée que de toute façon l'Europe est fichue, qu'elle est déchristianisée depuis longtemps.
Nous avons une conscience religieuse bien plus forte, mais elle se cantonne à l'espace privé, et elle n'est pas intellectualisée. On ne voit pas les chrétiens manifester pour la famille. Je dirais que l'Amérique est plus religieuse que la France, mais que la France est plus traditionnelle que l'Amérique.
Dans votre livre vous évoquez la figure du philosophe écossais MacIntyre. En quoi vous a-t-il influencé?
C'est en le lisant que j'ai eu l'idée de «L'option bénédictine».
Dans son livre Après la vertu, il évoque l'échec des sociétés post-Lumières à pouvoir fonder une morale uniquement sur la raison. Ce qui aboutit à une morale fragmentaire et à l'incapacité de débattre dans l'espace public parce que nous pensons à partir de paradigmes et de présupposés différents.
Aujourd'hui la conversation entre un chrétien et un non chrétien sur l'avortement est quasiment impossible, par exemple. Il compare notre époque à la chute de l'empire romain. C'est là où il parle de Saint-Benoit, comme celui qui a préservé la Tradition et le monde des vertus pendant le déluge.
Cette expression «option bénédictine» m'est venu alors pour qualifier un mouvement que j'identifiais alors en tant que journaliste, conservateur et chrétien. Je me suis demandé ce que nous pourrions faire nous chrétiens d'aujourd'hui pour ressembler à Saint Benoit. On ne peut plus sauver l'empire. Nous devons tenir et préserver nos traditions et ce que nous tenons pour vrai à l'intérieur de l'effondrement de l'empire.
Le pouvoir du modèle bénédictin, et surtout les valeurs du monachisme peuvent nous inspirer aujourd'hui pour survivre dans le monde moderne: communauté, travail, ascèse, ordre, prière.
Comment mettre en œuvre «l'option bénédictine»?
Cela dépend où on se trouve: cela ne signifie pas la même chose à la ville ou à la campagne, en Europe ou aux
Je crois que le modèle monastique doit inspirer les familles. Il faut aussi limiter les nouvelles technologies, notamment auprès des enfants.
Etats-Unis. Je crois que l'essentiel est la pratique. Il faut créer des communautés, des écoles, des entreprises chrétiennes. Je crois que le modèle monastique doit inspirer les familles. Il faut aussi limiter les nouvelles technologies, notamment auprès des enfants.
Le communautarisme que vous prônez ne va-t-il pas à l'encontre de l'aspect universaliste et missionnaire du christianisme?
Je crois que les chrétiens doivent aller dans le monde. Mais dans un monde postchrétien, hostile au christianisme, je crois qu'il faut avoir une foi solide, appuyée sur une formation intellectuelle. On ne peut pas aller au combat désarmé!
Je crois que nous devons sortir du monde pour mieux nous former, pour ensuite y retourner pour évangéliser. Beaucoup de chrétiens américains veulent garder leurs enfants dans les écoles publiques, parce qu'ils veulent bien faire. Mais ils se rendent compte très rapidement que les enfants, peu formés religieusement et intellectuellement, ne résistent pas à l'esprit du monde. Comment résister lorsqu'on est entourés d'enfants de 9 ans avec des smartphones ayant accès illimité à la pornographie? C'est impossible.
Les chrétiens doivent-ils se retirer de la politique?
L'erreur des conservateurs américains est de croire que l'ennemi, c'est l'élite libérale de la côte est, et qu'il suffit de mettre un président conservateur, des juges conservateurs, pour gagner la bataille culturelle. C'est faux.
La culture ambiante est profondément déchristianisée. La droite religieuse conservatrice ne l'a pas remarqué. Elle a été complaisante envers elle-même envers la dégradation de sa propre foi. Elle croyait que l'ennemi était à l'extérieur: que c'était la gauche, les athées. Nous n'avons pas vu que notre propre manque d'attention à la formation intellectuelle des chrétiens conduirait à notre affaiblissement. Pour moi la foi est une manière de vivre plutôt qu'une façon de penser. On ne peut pas être des chrétiens du dimanche dans un monde postchrétien.
N'y a-t'il pas une contradiction chez les conservateurs américains qui sont obsédés par le combat pro-vie et la famille, mais ultra-libéraux économiquement?
J'ai écrit un livre en 2006 qui s'appelait Crunchy Cons, qui décrivait la contre-culture prônée par certains milieux conservateurs écolos, qui lisent Edmund Burke et portent des Birkenstock, et prônent un retrait de la société de consommation. Beaucoup de conservateurs américains m'ont alors accusé d'être de gauche!
Je pense que l'économie libérale menace ces choses et qu'être esclaves du marché et se foutre de l'environnement n'a rien de chrétien. Je crois à la nécessité de protéger la création.
Je suis un conservateur traditionnel, qui pense qu'il faut préserver la foi, la famille et les traditions. or une version illimitée de l'économie libérale menace ces choses. Etre esclaves du marché et se foutre de l'environnement, cela n'a rien de chrétien! Je crois à la nécessité de protéger la création.
Beaucoup de conservateurs américains comprennent qu'il faille poser des limites à la nature humaine, mais pensent qu'on peut exploiter la nature sans limites! Je ne suis pas un grand fan du pape François, mais je crois qu'il a raison d'écrire dans Laudato Si que «tout est lié»! J'ai quitté moi-même le parti républicain en 2008, à cause du fiasco de la guerre en Irak (que j'avais au début soutenu), et de la crise économique, dont les Républicains n'ont absolument pas pris la mesure.
Le problème c'est que le parti démocrate aussi est acquis à Wall Street au moins depuis l'élection de Bill Clinton en 1992. J'aimerais pouvoir voter pour des démocrates, car je suis plus à gauche économiquement que les Républicains, mais ils sont tellement hostiles à la cause pro-vie, tellement hostiles aux valeurs traditionnelles chrétiennes et à la liberté religieuse, que je ne peux pas.
Trump a séduit une majorité des catholiques (52%) et une écrasante majorité des Evangéliques (91%). N'est-il pas périlleux d'associer les chrétiens à son mandat?
La moindre réflexion sur la famille, la moindre interrogation sur les bienfaits de l'agenda LGBT est criminalisée. L'américain ordinaire en a assez de ce politiquement correct.
La moindre réflexion sur la famille, la moindre interrogation sur les bienfaits de l'agenda LGBT est criminalisée. L'américain ordinaire en a assez de ce politiquement correct, de s'entendre ordonner ce qu'il peut dire ou ne pas dire, penser et ne pas penser. Je crois que le succès de Trump vient de là.
J'ai écrit dans mon livre que Trump n'était pas la solution mais le symptôme d'un déclin culturel. Beaucoup de chrétiens ne savaient pas vraiment ce que pensait Trump au niveau du combat pro-life et de celui pour la liberté religieuse, mais étaient convaincus que Clinton elle, leur serait hostiles. Mais je crois hélas que Trump est une chose terrible pour les chrétiens. Les évangéliques surtout l'ont soutenu sans recul.
C'est un désastre et un pacte avec le diable. Les boucs-émissaires de l'échec de Trump seront les chrétiens.
********* Selon Paul-François Schira, pour survivre, la droite doit abandonner les élites mondialisées pour réconcilier la bourgeoisie de province et les classes populaires. Pour cela, elle doit cesser d'être la gestionnaire de l'idéologie dominante.
« Car il m'est apparu que l'homme était tout semblable à la citadelle. Il renverse les murs pour s'assurer la liberté, mais il n'est plus que forteresse démantelée et ouverte aux étoiles. Alors commence son angoisse qui est de n'être point » (Saint-Exupéry, Citadelle).
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Harouel, dont Zemmour fait la recension, est encore plus tranchant que Schira : la gauche , c'est la philosophie gnostique ; la droite, c'est la philosophie chrétienne. Comme nous vivons dans un monde déchristianisé, il n'y a plus de droite. Même ceux qui se prétendent de droite sont de gauche (c'est flagrant en France).
Il ne peut y avoir de vraie droite qu'à condition qu'elle soit de philosophie chrétienne (pas forcément de croyance chrétienne, mais il y a, évidemment, une relation).
Je le ressens profondément. L'homme, la communauté, le monde, la vie, la mort : je me sens en opposition profonde avec la gauche sur l'essentiel. « Chrétien de gauche » m'a toujours paru un oxymore, une malhonnêteté, un mensonge, un truc de gens pas nets. Les chrétiens de gauche, comme le pape François, sont plus de gauche que chrétiens.
*********** Ce sinistre Jupitre a choisi son camp.
Juste en face du mien.
Cet animal aurait pu être un adversaire. Il lui aurait suffi de faire semblant d’un minimum de loyauté.
Avec un adversaire, on discute, on débat.
Un ennemi, on le combat d’autant plus âprement qu’à la fin, on sait qu’il ne doit en rester qu’un.
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Ces histoires d’indépendance catalane m’intriguent beaucoup.
Il y a un tas de faits dérangeants.
Les leaders indépendantistes sont presque tous passés par des universités américaines. Le représentant catalan aux Etats-Unis s’appelle Andrew Davis, c’est vachement catalan comme nom ! Et puis la Catalogne s’islamise à la vitesse grand V. Au moins, en Corse, le premier graffiti que j’ai vu est « Arabi fora » et je n’ai pas eu besoin de traducteur pour m’explique que ça ne voulait pas dire « bienvenue aux arabes » mais, au moins, c’est cohérent : quand on veut foutre les Français dehors, on veut aussi foutre les arabes dehors. Pas en Catalogne : être « colonisé » par les Espagnols, c’est l’horreur absolue, mais être colonisé par les Américains et les arables, pas de problème. Ca a de quoi interroger un esprit logique qui considère qu'une porte doit être ouverte ou fermée et une identité défendue ou abandonnée.
Excellent article sur DeDefensa. John Laughland est un ancien diplomate anglais. Il explique très bien que, jusqu'à la catastrophe du Kosovo, la déclaration d'indépendance unilatérale était illégale au regard du droit international (excepté dans les cas d'oppression manifeste).
************** Le referendum a vu le oui l'emporter à 90%. Carles Puigdemont, président de la Catalogne, affirme même que l'indépendance sera proclamée la semaine prochaine. Comment l'Union Européenne doit réagir? Doit-elle respecter l'aspiration démocratique du peuple catalan ou respecter la légalité des structures étatiques en place?
Edouard Husson : Permettez-moi de formuler les choses autrement. La légitimité est à première vue du côté de l'Etat espagnol. Le référendum a été tenu de manière illégale. Et les 90% invoqués par Carles Puigdemont ne représentent pas une majorité des inscrits. Le roi d'Espagne ne réagit pas de manière surprenante lorsqu'il se pose en garant de l'union indéfectible entre la monarchie, l'Etat de droit et la démocratie. Et pourtant l'opinion internationale a été étonnée de la prise de position de Philippe VI. Ce n'est pas seulement que la réaction du gouvernement espagnol vis-à-vis des Catalans allant voter, par police interposée, apparaisse inutilement violente. C'est que, plus profondément, le gouvernement espagnol est complice de la machine à discipliner les peuples et stériliser leur créativité qu'est l'euro. Regardez où nous en sommes arrivés, nous autres Européens. Nos Etats sont prêts à un grand degré de violence contre leurs peuples. Le matraquage d'électeurs pacifiques est disproportionné même si l'on juge - c'est mon cas - que le referendum de dimanche ne repose sur aucune base légale. Mais l'Etat espagnol n'exerce-t-il pas, depuis le début de la décennie une grande violence vis-à-vis de toute l'Espagne en maintenant la discipline absurde de la monnaie unique, tout à fait inadaptée à une sortie de la crise économique et financière internationale. L'Espagne est devenue un microcosme de l'Europe au plan régional. Elle a sa région qui a réussi dans le système de la monnaie unique, la Catalogne, et qui veut pas payer pour les autres qui se débrouillent moins bien dans un système où l'Allemagne interdit la flexibilité monétaire comme variable d'ajustement de l'économie. L''obstination des leaders du mouvement indépendantiste à tenir le référendum contre la volonté du gouvernement espagnol le range du côté de tous ces Européens nantis et inconscients de la profonde injustice sociale qui s'est mise en place à l'échelle de la zone euro.
On ne joue pas avec la souveraineté sans risquer de déclencher de grands malheurs. La crise espagnole n'est pas simplement le face-à-face entre un gouvernement central et un mouvement autonomiste qui se radicalise. Il est l'aboutissement de l'insoutenable légèreté de l'Union Européenne, dont les dirigeants croient depuis vingt-cinq ans que l'on peut décider, au nom d'un système qui n'est cohérent qu'en apparence, de créer une union monétaire sans avoir créé une union politique au préalable. Allons jusqu'au bout de l'analyse: l'union monétaire ne fonctionne pas ni sur le plan des résultats économiques ni sur le plan de l'adhésion populaire.
L'Euroland s'est donc durci, imposant un véritable pouvoir de coercition dont les gouvernements nationaux se font le relais. Madrid fait taper sans retenue sur les indépendantistes catalans comme s'il fallait compenser toute la pression subie de la part du pouvoir européen - du triangle du pouvoir européen actuel: Berlin-Francfort-Bruxelles. Les indépendantistes catalans comme boucs émissaires de la crise espagnole? Le système de l'euroland est profondément injuste parce qu'il a, en quelque sorte figé les situations à un moment donné, entre gagnants et perdants d'une extension à toute l'Europe de la régulation monétaire à l'allemande. Pour des raisons qu'il serait trop long d'expliquer ici, les Catalans s'y trouvent très à l'aise, ce qui est moins le cas des Castillans et des Andalous. Les Catalans ont plutôt tendance à s'enrichir tandis que les autres, en Espagne, ont tendance à stagner ou s'appauvrir. Les Catalans ont un réflexe de riches, de rentiers que le spectacle de la pauvreté environnante insupporte et qu'ils veulent mettre hors de vue. Les indépendantistes catalans ne veulent plus se contenter de la très forte autonomie dont ils disposent déjà; ils font de l'indépendance une question de principe; ils veulent rompre les amarres avec toute solidarité entre régions d'Espagne. Au fond, les équipes dirigeantes de Barcelone et celle de Madrid sont d'accord pour garder l'euro quel qu'en soit le coût social: et Madrid est enragé de constater que Barcelone n'est plus prête à l'aider dans le maintien du système de coercition sociale. On voit bien ce que qui gêne dans le discours de Philippe VI. On rêve d'une autorité morale qui, dans le même discours, dénoncerait l'égoïsme des classes supérieures catalanes, rappellerait à l'Europe les souffrances sociales de l'Espagne - qui n'épargnent pas "la Catalogne d'en bas" - et en appellerait à une grande manifestation de solidarité à travers toute l'Espagne avec les petits et les humbles pour refonder l'unité nationale, la prospérité et la solidarité. Mais aucune voix forte ne s'est dressée en Europe.
L'Eglise catholique pourrait jouer ce rôle mais le pape François est un penseur abstrait, pétri de bons sentiments mais coupé des réalités économiques et sociales à la différence des papes du XXe siècle; et je ne connais pas assez l'épiscopat espagnol pour savoir si nous pouvons attendre qu'une voix forte s'élève. Plus généralement, les dirigeants de l'Union Européenne sont trop structurellement impliqués dans le durcissement de la crise pour aider à la résoudre. Quelle réponse crédible l'UE peut-elle apporter? Si elle ne prend pas la défense des indépendantistes catalans, elle aura l'air de trahir sa propre cause. Si elle ne respecte pas la souveraineté espagnole, elle ébranlera un peu plus ce qui fait sa propre légitimité: la confiance que les Etats souverains ont mise en l'Union à laquelle ils ont délégué, pour le pire, l'exercice d'une partie de leur souveraineté. En même temps qu'à une crise espagnole très sévère, nous assistons au début de l'agonie de l'Union Européenne. Nul ne peut dire à quelle vitesse la crise européenne générale va s'enclencher. Mais elle est inévitable.
*************
************* JB Noé : Mon premier contact avec le nationalisme catalan eut lieu il y a deux ans. J’envoyais un courriel à un professeur d’université à Barcelone, rédigé en espagnol. Celui-ci me répondit en catalan. Nous poursuivîmes donc la conversation en anglais. Cette anecdote est révélatrice des impasses du nationalisme catalan. Il est devenu une idéologie portée jusqu’à l’absurde (répondre en catalan à un locuteur français qui forcément ne maîtrise pas cette langue par refus d’utiliser l’espagnol, que le professeur en question maîtrise parfaitement) pour aboutir à une autre forme de domination (symbolisée par l’usage de l’anglais). La Catalogne est déchirée et il n’y a plus de dialogue possible entre les indépendantistes et le reste de l’Espagne.
[…] Malheur aux Catalans qui ne sont pas indépendantistes : ils sont brimés et, dans les administrations, leur progression professionnelle est arrêtée. La région ne semble plus qu’avoir une seule obsession en tête : l’indépendance.
L’indépendance ou l’hubris en action
La passion indépendantiste a rejoint les sommets de l’hubris, la démesure décrite par les Grecs comme étant déraisonnable et coupée du logos, de la raison. Impossible d’échanger avec un Catalan indépendantiste sur le sujet. Quand on leur demande quelle constitution ils prévoient en cas d’indépendance, comment ils feront pour assurer les services régaliens d’un État (diplomatie, armée, police, douane), ce qu’ils feront aussi lorsqu’ils auront quitté l’Union européenne, quelle monnaie ils prendront en place de l’euro, il n’y a aucune réponse. Les indépendantistes ne parlent que de passions, de luttes, d’oppression, mais ils n’ont aucun sens des réalités concrètes d’une indépendance ni des obligations dévolues aux États. Face à cette absence totale de dialogue, on comprend que la situation avec le gouvernement central soit bloquée. Madrid essaye de rester dans le domaine du droit, de rappeler que la tenue de ce référendum est illégale et qu’il ne respecte ni la constitution espagnole ni les lois votées par la Generalitat. Mais dans les villes en-dehors de Barcelone cela fait longtemps que les panneaux écrits en espagnol ont été retirés pour être remplacés par des panneaux en catalan. […]
La gauche extrême est prête à enclencher cette violence. Le terrorisme n’est jamais loin de la criminalité vénale. Si l’on commence à commettre des attentats pour des motifs politiques, on les poursuit pour des motifs financiers, sous couverture politique. Les Farcs contrôlent le trafic de drogue, les mafias albanaises ont fait du Kosovo leur base arrière, les terroristes basques se sont enrichis dans le trafic d’armes. Il en ira de même pour les éventuels terroristes catalans. Une alliance financière avec les islamistes n’est pas à exclure. La Catalogne, via le port de Barcelone, pourrait ainsi devenir une plaque tournante de l’entrée de la drogue en Europe. Les réseaux existent déjà vers le Maroc. Il faudra peu de chose pour les activer et pour relancer la chaine de la violence en Espagne. Ce sujet concerne directement la France. Outre que nous avons une frontière commune, les indépendantistes souhaitent l’indépendance de la Catalogne française. Nos insoumis français ont pris Podemos comme modèle et sont prêts à s’allier avec la CUP. Ce qui se joue en Espagne dépasse donc largement ses frontières.
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Et moi, quelle est mon opinion ?
D'abord, je n'en ai rien à foutre, de la Catalogne et des Catalans. Je ne suis pas de ceux qui se préoccupent des Tartares pour ne pas avoir à aimer leurs voisins. Que les Espagnols prennent leurs responsabilités. Je ne vais pas aller leur expliquer ce qu'ils doivent faire.
Ce mélodrame catalan ne m'intéresse donc que dans la mesure où il a un impact sur la France.
Les indépendantistes catalans sont des petits mecs (mille anecdotes comme celle de JB Noé le prouvent) qui ne méritent rien d'autre que le mépris (d'autant plus qu'ils se mêlent d'exporter leur indépendantisme en Roussillon français : un grand coup de pied au cul, voilà ce qui leur faut). Et Dieu sait si les minables sans scrupules prennent partout le pouvoir.
A l'évidence, l'indépendance catalane représenterait une grande victoire pour tous ceux (islamistes, européistes, américains, gauchistes) qui rêvent d'assassiner les vieilles nations européennes.
D'autre coté, l'indépendance catalane, forcément chaotique, entrainerait, presque à coup sûr, un éclatement de l'Euro que j'appelle de mes voeux.
Alors, je ne sais pas ce que je préfère, mais je sais que j'ai peur.
Contrairement à ce que croient les cons, l'histoire ne s'arrête pas et elle est tragique. Comme l'écrit avec sagesse Edouard Husson, on ne joue pas impunément avec la souveraineté. L'histoire s'apprête à nous présenter la note et elle va être salée. Elle pèsera son poids de larmes, de sang et de misère, et les morts ne se relèveront pas à la fin.
C'est un sujet qui me hante, sur lequel je reviens régulièrement (ici encore) : la victoire idéologique d'Hitler. C'est sa vision des rapports entre l'Etat et l'individu qui a gagné, en opposition complète avec l'idéal à l'ancienne de l'individu libre et responsable.
Jusqu'à il y a peu, on pouvait prétendre que, du moins, son complotisme, son racisme et son antisémitisme, fondamentaux pour sa vision du monde, étaient marginaux. Chacun voit bien que ces prismes idéologiques d'interprétation des événements progressent.
Atlantico : Que faudrait-il faire pour que les étrangers en situation irrégulière soient effectivement expulsés ? Quels moyens mettre en œuvre ?
Alain Marsaud : Un geste supplémentaire de volonté politique pourrait permettre d'avancer sur cette question. La droite a été très loin. C'est Monsieur Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur qui a mis fin à la double peine en faisant voter cette disposition. Les associations des droits de l'homme disaient que les étrangers qui sont condamnés sont doublement condamnés. Ils sont d'abord condamnés à de la peine de prison puis ils sont condamnés à quitter le territoire. Cela créé une forme d'inégalité avec les citoyens français qui ne connaissent que la peine de prison.
Certains politiciens français ont été convaincus et ont mis fin à la double peine. Les conséquences sont les suivantes. L'assassin de Nice, responsable de l'attentat en 2016 a été condamné. Si la double peine avait existé, il aurait été expulsé en Tunisie et nous n'aurions pas eu l'affaire de Nice. Le terroriste de Marseille a été condamné à sept ou huit reprises. Ce cas nous met face à l'inertie liée à l'idéologie, la paresse et à l'incapacité de résoudre le problème depuis plus d'une décennie. L'affaire a commencé avec sa première condamnation qui remonte à 2005. Que le gouvernement soit de gauche ou de droite, il y a la même inertie, ce qui est intolérable.
Pour vous donner une idée, Il y a quelques temps, un algérien a été condamné à sept ans de réclusion criminelle pour viol sur mineur. Il a été expulsé en Algérie et à notre grande surprise, l'Algérie l'a qualifié en sauf-conduit. Il récupérait le prisonnier mais finissaient par conclure à une erreur d'interprétation et déclaraient qu'il est de culture Française et doit de fait être pris en charge par les autorités françaises. Il y a une difficulté de la part de certains pays à accepter la prise en charge de leurs ressortissants. C'est souvent le cas lorsque la personne n'a pas de passeport ou alors s'il y a un doute sur sa nationalité. Le pays en question refuse toute prise en charge. Il y a tout de même quelques pays de bonne volonté comme le Liban. La Tunisie qui est sous contrainte de la France dans le cadre d'une lutte contre le terrorisme accepte de s'occuper de ses ressortissants. Il y a une paresse intellectuelle et une idéologie "droit de l'hommiste". Le pays comme l'Algérie fait comprendre que cette personne est en danger dans son pays. Toute les associations des droits de l'homme débarquent et crient au scandale. Certains d'entre eux créaient du désordre en entrant dans l'avion et le commandant de bord refusait de les embarquer au nom de la sécurité des passagers. Pour toutes ces raisons, c'est quelque chose qui n'a jamais fonctionné. Il m'est déjà arrivé de dire à l'Assemblée Nationale que tout étranger qui arrivait sur le sol français et qui ne voulait pas en repartir devait dès lors y rester parce que nous n'avons pas les moyens de les contraindre à quitter le territoire. Ne repartent que ceux qui sont impressionnés ou qui acceptent de repartir.
Il y aurait peut-être un changement de culture à adopter de la part des juges ?
Attention, cette affaire ne concerne pas les juges. On est dans une procédure administrative. Cela ne les concerne que lorsque l'on parle de la détention du prévenu dans un centre adapté. Les juges ont parfois une vision plus apaisée de la répression et de l'ordre public, c'est certain. Est-ce qu'il faut former les juges à plus de conscience de la réalité du terrain ? Je ne sais pas. Il faut que les familles des victimes saisissent la cour de justice de la République pour la responsabilité pénale des différents ministres depuis 2005.
Les ministres doivent comprendre que ce genre d'inaction est coupable et cela ne doit plus durer. Ils doivent se sentir sous le coup de poursuites. La cour de justice prendra ses responsabilités devant des parents qui ont vu leurs filles assassinées par ce type-là.
Les amis des droits de l'homme racontent que ces gens sont partis de leurs pays illégalement ou bien pour des raisons de persécution, de tortures, de mauvais traitements. S'ils retournent dans leurs pays, ils seront exposés à ces violences de la part de leur régime. Ces gens ont réussi à convaincre des fonctionnaires et des magistrats qu'il y avait aussi ce risque. D'autres, pour des raisons idéologiques souhaitent que nous ayons plus d'étrangers en France, qu'il faut accueillir les réfugiés. C'est une vision de la société. C'est la vision du village mondial. Je ne la partage pas. C'est une vision idéologique.
Malgré tous les événements de Nice, de Marseille, et de ces dernières années, ne pensez-vous pas que cette vision de village global soit remise en cause par les citoyens ?
Je ne sais pas. Je crée avec des amis un genre de comité dans lequel on va inciter toutes les victimes de ces événements à poursuivre les ministres devant la cour de justice. C'est peut-être un dispositif qui pourrait les convaincre de changer d'avis. Mais vous savez, l'idéologie est encore extrêmement forte. Regardez ce qui s'est passé. Il y a eu un dépôt de proposition de loi signé par des députés Républicains qui disent qu'il faut renvoyer à l'étranger des étrangers qui ont commis des délits en France, notamment ceux qui sont susceptibles d'une peine de réclusion de cinq ans d'emprisonnement. Ce sont des gens qui ont voté la fin de la double peine sous la pression sarkozienne. Aujourd'hui, ils changent d'avis. Ce sont quand même les mêmes personnes. Il faut discuter avec des fonctionnaires de préfecture. Tout le monde a baissé les bras depuis longtemps. Certaines personnes sont mises en détention puis sont relâchées au bout de trois jours parce qu'aucun vol n'a été trouvé. Il n'y a pas plus de contraintes.
Comme le fait remarquer Serge Federbusch, les deux jeunes femmes égorgée et éventrée par un terroriste musulman ont subi à Marseille un martyre hautement symbolique.
Tout le monde passe sous silence ceci :
Entendez-vous dans les campagnes Mugir ces féroces soldats ? Ils viennent jusque dans vos bras Égorger vos fils, vos compagnes !
Paraît-il que cela s'appelle la Marseillaise et, même, d'après certaines rumeurs sans doute infondées, ça serait notre hymne national.
Je n’aime pas la reductio ad Hitlerum, mais il y a des circonstances où cette analogie éculée crève les yeux.
Le plan Morgenthau, conçu dans les années 40 par les Américains, visait à ramener l’Allemagne à une économie pastorale, dépourvue d’industrie significative, afin de lui ôter tout moyen de s’affirmer et, in fine, de faire la guerre.
Or, on a l’impression que c’est exactement le plan appliqué depuis quelques décennies à la France, une économie pastorale et touristique, dépourvue d’industrie : on a perdu Alcatel, Alstom, les Chantiers de l’Atlantique, Péchiney, Arcelor, Areva est en danger … Paris est transformé en Disneyland même pas marrant.
Or, le bordel actuel de l’Europe et l’économie agricole, c’était justement l’idée qu’avait Hitler de l’avenir de la France.
Je constate, une fois de plus, que l’UE, c’est l’Europe d’Hitler par d’autres moyens. Il ne manque même pas l’obsession raciale, sauf qu’elle est inversée.
Bien sûr, les « raisonnables » vont m’expliquer que j’exagère, que les SS ne patrouillent pas dans les rues. Je me réjouis moi aussi que les SS ne patrouillent pas dans les rues. Cependant, si les moyens sont différents (1), le résultat est étrangement ressemblant à l’Europe rêvée d’Hitler : une Allemagne dominant le continent, une France impuissante, une Grande-Bretagne qui prend le large.
On peut se voiler la face, refuser de le voir. Mais, pour ma part, je trouve ces points communs fort dérangeants.
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(1) : bien sûr, il y a d’autres différences. Par exemple, l’Allemagne vassale des Etats-Unis. Ou le Grand Remplacement.
Il semblerait qu'il y ait eu cette semaine des affrontements avec morts entre les forces spéciales américaines et russes en Syrie. C'est une rumeur internet, d'où mon conditionnel, mais pas du tout invraisemblable.
En France, on ne comprend plus les enjeux, faute de vouloir une politique de puissance.
En toute hypothèse, il faut des renforts aux Américains sur ce front de l’Est. C’est pourquoi ils font venir d’Hassaké (province kurde de l’extrême Nord-Est syrien) plusieurs convois d’armement nocturnes, provenant de leurs bases irakiennes et composés chacun de 150 à 200 semi-remorques, pouvant donc transporter, chaque fois, des chargements de 5 à 6000 tonnes.
Mais il faut également aux Américains plus de renseignement militaire de terrain, compte tenu de l’intrication très mouvante des belligérants. On sait qu’ils donnent l’ordre à leurs supplétifs français de l’opération Chammal d’y contribuer. Une 4x4, aussi banalisée que possible, fonce alors droit vers le sud, sur l’autoroute Hassaké - Deïr ez-Zor. Elle tombe dans une embuscade presque banale d’une équipe de l’EI, armée de missiles antichars. Un seul suffira. Le véhicule n’avait sans doute pas sonamân.
Un oubli? Une négligence coupable des donneurs d’ordres? Toujours est-il qu’à son bord se trouvait une équipe kurde tout juste formée par des instructeurs français, dont l’un d’eux eût le malheur de devoir les accompagner, espérant sans doute lui-même grader. C’est très vraisemblablement ainsi que périssait l’adjudant G. (nom connu de l’auteur), soldat d’élite du 13e Dragons, laissant une veuve et une orpheline, qui soufflera bientôt sa première bougie sans lui.
Le premier communiqué militaire de la «coalition» annonçant l’information (n° 20170923–02) a été émis par l’état-major américain, prenant de court les Français. Il est rédigé en des termes pour le moins laconiques:
« ASIE DU SUD-OUEST - Un militaire français au service de la Coalition a été tué lors d’un incident lié à une situation de combat, au Moyen-Orient, le 23 septembre. Le nom du militaire et les circonstances entourant son décès seront divulgués à la discrétion des autorités nationales compétentes.»
On remarquera que le mot «France» n’y apparaît même pas! Daté en premier lieu du 23 septembre, ce communiqué américain a ensuite été postdaté au lendemain 24, afin de ne pas donner l’impression que le gouvernement français se contentait de relayer les communiqués de sa hiérarchie du Pentagone.
Cela étant dit, ce soldat français n’avait aucun droit, pas plus que ses collègues américains et autres, de fouler le sol syrien, raison pour laquelle la France utilisera dans son propre communiqué officiel l’euphémisme de «Levant» pour ne pas attirer l’attention sur sa présence illicite en Syrie, le lieu de sa mort. Imaginons un instant que la famille endeuillée se décide à intenter un procès en responsabilité au gouvernement français. Compte tenu de cette infraction caractérisée au droit international mais également national, c’est Emmanuel Macron lui-même qui en porte l’entière responsabilité. Ça ferait désordre.
Deux jours plus tard, c’est au tour du général Assapov de périr dans des conditions assez similaires, à Mazloum, même si ce sont vraisemblablement des mortiers de 120 mm d’origine turque qui ont été cette fois utilisés. Pour qui aurait des doutes, la porosité du «Conseil militaire de Deir ez-Zor» et des jihadistes est totalement avérée: le propre frère du routier Ahmed abu Khawla al Diri travaillait pour le compte de l’EI encore très récemment.