Voitures et poubelles brûlent, les journalistes regardent ailleurs
Ce qui m'intéresse dans cette histoire, ce n'est pas le fait que des voitures mais que les journalistes regardent ailleurs.
C'est une prédiction de Houellebecq réalisée : pour que l'immigration, l'islam et le terrorisme ne posent aucun problème politique, il suffit que les journalistes n'en parlent pas. Tout ce que les journalistes taisent disparaît de l'espace public et ne peut donc être l'objet de débats politiques. Simple comme bonjour.
Certes, les problèmes passés sous silence continuent à pourrir la vie des gens, cela accroît le malaise et génère de la défiance vis-à-vis de la caste. Mais c'est tout et, finalement, c'est peu.
Les impôts rentrent ? Les journalistes sont plus subventionnés que jamais ? Leurs amis de gauche et de droite avec lesquels ils sont copains-coquins ne sont pas menacés dans leur pouvoir ? Alors, ouère iz ze problème ?
Et puis, un jour, de silences complices en pudeurs consentantes, nous nous réveillerons dans un pays islamisé. Elle est pas belle, la vie ?
jeudi, juillet 16, 2015
mardi, juillet 14, 2015
Euro : tout le monde il a tort d'avoir raison
Certes, le mercantilisme allemand est une folie économique.
Mais les Allemands ont raison de vouloir des budgets équilibrés, ne serait-ce qu'à cause du vieillissement des populations européennes. Et ils ont raison, au moins en partie, de réclamer l'argent qu'ils ont prêté.
Sans être tous à équilibre, nous pourrions au moins nous efforcer de nous en rapprocher.
Les Grecs ont raison de dire que l'argent leur a été prêté non pour les sauver, mais pour sauver les banques allemandes (et françaises) -le FMI l'a admis-, que leur dette est impossible à rembourser et que ce n'est pas aux Allemands de leur dicter leur politique économique.
Alors tout le monde a raison sur des positions contradictoires, comment résout-on ce paradoxe ?
C'est simple : tout le monde, Allemands et Grecs, a tort de vouloir rester dans l'Euro. Surtout les Grecs, puisque l'Euro est un Mark déguisé.
Si les Grecs et les Allemands n'étaient pas liés par l'Euro, il n'y aurait aucun problème. Les Allemands et les Grecs seraient déliés de ce noeud absurde. Les Allemands auraient moins prêté aux Grecs, la drachme aurait dévalué plusieurs fois et tout cela se serait démerdé le plus naturellement du monde.
Il me semblait que les Grecs étaient spécialistes en tranchage de noeuds gordiens. A l'évidence, Alexis n'est pas Alexandre (bon, elle est facile, celle-là).
Mais, pendant ce temps, les technocrates dont l'Euro est le jouet se gobergent à Bruxelles, à Paris, à Francfort, à Berlin et peut-être même à Athènes. N'est-ce pas là l'essentiel ?
Mais les Allemands ont raison de vouloir des budgets équilibrés, ne serait-ce qu'à cause du vieillissement des populations européennes. Et ils ont raison, au moins en partie, de réclamer l'argent qu'ils ont prêté.
Sans être tous à équilibre, nous pourrions au moins nous efforcer de nous en rapprocher.
Les Grecs ont raison de dire que l'argent leur a été prêté non pour les sauver, mais pour sauver les banques allemandes (et françaises) -le FMI l'a admis-, que leur dette est impossible à rembourser et que ce n'est pas aux Allemands de leur dicter leur politique économique.
Alors tout le monde a raison sur des positions contradictoires, comment résout-on ce paradoxe ?
C'est simple : tout le monde, Allemands et Grecs, a tort de vouloir rester dans l'Euro. Surtout les Grecs, puisque l'Euro est un Mark déguisé.
Si les Grecs et les Allemands n'étaient pas liés par l'Euro, il n'y aurait aucun problème. Les Allemands et les Grecs seraient déliés de ce noeud absurde. Les Allemands auraient moins prêté aux Grecs, la drachme aurait dévalué plusieurs fois et tout cela se serait démerdé le plus naturellement du monde.
Il me semblait que les Grecs étaient spécialistes en tranchage de noeuds gordiens. A l'évidence, Alexis n'est pas Alexandre (bon, elle est facile, celle-là).
Mais, pendant ce temps, les technocrates dont l'Euro est le jouet se gobergent à Bruxelles, à Paris, à Francfort, à Berlin et peut-être même à Athènes. N'est-ce pas là l'essentiel ?
Libellés :
Euro ou démocratie ils ont choisi pour vous,
UERSS
L'Europe, son système social et l'aboulie
Récemment, Angela Merkel remarquait que l'Europe fait 7 % de la population mondiale, 25 % du PIB et 50 % des dépenses sociales et qu'il allait falloir beaucoup travailler pour se payer un tel modèle.
Je relie cela à deux thèses de Rémi Brague :
1) les Européens ne croient plus en rien. «L'Europe» est leur dernière croyance, très fade.
2) le goût du travail bien fait, caractéristique occidentale, était lié au christianisme. La déchristianisation entraine la disparition du goût du travail.
Une première explication du système social européen est le social-clientélisme : les politiciens achètent des électeurs à crédit avec des prestations sociales, d'où les déficits abyssaux.
Mais il me semble qu'il y a une deuxième explication plus profonde, qui nous ramène à Brague : les Européens sont abouliques, ils ne croient plus à rien, ils ne savent plus ce qu'ils veulent et, notamment, ils ne savent plus pour quoi ils vivent, ce qui les lient. C'est la citation de Vaclav Havel : «Le drame de l'homme moderne n'est pas qu'il ignore le sens de la vie. C'est que cela le préoccupe de moins en moins».
Les prestations sociales à crédit achètent la paix (sociale, bien sûr), entre des gens qui ne se connaissent plus vraiment de raisons de se supporter les uns les autres, par le moyen du divertissement, au sens le plus pascalien du mot. Il est connu que la prime de rentrée scolaire passe dans les téléviseurs à écran plat. On s'abrutit de télévision, payée par les prestations sociales, pour oublier qu'on s'emmerde dans la vie, qu'on n'a rien en commun avec son voisin et qu'on ne travaille pas fort.
Donc Angela Merkel se trompe : notre système social existe justement parce que nous n'avons plus envie de travailler. Ni de faire quoi que ce soit ensemble. Ni d'affronter les difficultés de la vie.
Je relie cela à deux thèses de Rémi Brague :
1) les Européens ne croient plus en rien. «L'Europe» est leur dernière croyance, très fade.
2) le goût du travail bien fait, caractéristique occidentale, était lié au christianisme. La déchristianisation entraine la disparition du goût du travail.
Une première explication du système social européen est le social-clientélisme : les politiciens achètent des électeurs à crédit avec des prestations sociales, d'où les déficits abyssaux.
Mais il me semble qu'il y a une deuxième explication plus profonde, qui nous ramène à Brague : les Européens sont abouliques, ils ne croient plus à rien, ils ne savent plus ce qu'ils veulent et, notamment, ils ne savent plus pour quoi ils vivent, ce qui les lient. C'est la citation de Vaclav Havel : «Le drame de l'homme moderne n'est pas qu'il ignore le sens de la vie. C'est que cela le préoccupe de moins en moins».
Les prestations sociales à crédit achètent la paix (sociale, bien sûr), entre des gens qui ne se connaissent plus vraiment de raisons de se supporter les uns les autres, par le moyen du divertissement, au sens le plus pascalien du mot. Il est connu que la prime de rentrée scolaire passe dans les téléviseurs à écran plat. On s'abrutit de télévision, payée par les prestations sociales, pour oublier qu'on s'emmerde dans la vie, qu'on n'a rien en commun avec son voisin et qu'on ne travaille pas fort.
Donc Angela Merkel se trompe : notre système social existe justement parce que nous n'avons plus envie de travailler. Ni de faire quoi que ce soit ensemble. Ni d'affronter les difficultés de la vie.
lundi, juillet 13, 2015
Quand un européiste ouvre (presque) les yeux ...
Pour éviter le Grexit, on a détruit l'idéal européen
***************
Nos puissants leaders ont montré qu'ils ne voulaient vraiment pas de Grexit, les Grecs non plus. Mais on ne voit pas comment la Grèce pourra tenir ses engagements, et donc une nouvelle crise aura lieu, dans six mois, dans un an…
Cette nuit, l'Europe a changé de nature. Elle est devenue perverse. On a imposé à un petit pays membre des conditions que l'on exigeait auparavant par les armes. C'est un petit progrès par rapport à l'histoire, mais c'est la destruction de l'idéal européen.
***************
Bien sûr, ma divergence avec Wyplosz est simple : cette nuit, «l'Europe» n'a pas changé de nature. Elle a révélé sa vraie nature.
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Nos puissants leaders ont montré qu'ils ne voulaient vraiment pas de Grexit, les Grecs non plus. Mais on ne voit pas comment la Grèce pourra tenir ses engagements, et donc une nouvelle crise aura lieu, dans six mois, dans un an…
Cette nuit, l'Europe a changé de nature. Elle est devenue perverse. On a imposé à un petit pays membre des conditions que l'on exigeait auparavant par les armes. C'est un petit progrès par rapport à l'histoire, mais c'est la destruction de l'idéal européen.
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Bien sûr, ma divergence avec Wyplosz est simple : cette nuit, «l'Europe» n'a pas changé de nature. Elle a révélé sa vraie nature.
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Euro ou démocratie ils ont choisi pour vous,
wyplosz
La Chine, l'étatisme et l'agriculture française
Je mélange ces deux sujets a priori séparés mais mes futés commentateurs trouveront des liens.
Comme d'habitude, je suis intéressé par ce que raconte Charles Gave. Ce qu'il dit n'est pas parole d'Evangile mais on peut retenir trois points :
1) il a fait fortune avec ses analyses.
2) Je le suis depuis assez longtemps pour savoir que ses analyses se révèlent souvent justes, sauf en politique où il pèche par naïveté.
3) Ses analyses sont originales.
Bref, il y a quelques raisons de l'écouter :
Marre de la Grèce: Parlons du sujet dont personne ne parle, la Chine.
Autre sujet, l"agriculture française. Jean-Robert Pitte fait partie, comme Charles Gave, de ces personnes dont je suis les interventions depuis des années (voire des décennies, ça ne me rajeunit pas) et le temps qui passe m'a permis d'acquérir une grande confiance :
Libéraliser l'agriculture, le seul moyen de la sauver
**************
Nos agriculteurs paient lourdement une politique néfaste qui remonte aux Trente Glorieuses et à une conception dirigiste de la Politique Agricole Commune de l'Europe. Ils ont été incités à produire plus, à s'endetter lourdement et les prix étaient garantis. En cas de surproduction, l'Etat et Bruxelles payaient. Cela n'est plus possible aujourd'hui. Nous devons sortir du dirigisme et les subventions ne devraient aller qu'à des projets de reconversion. Les viticulteurs de la plaine du Languedoc ont vécu la même évolution. Aujourd'hui, les prix du vin ne sont plus garantis et il n'y a plus guère de manifestations. Il faut libéraliser l'agriculture, comme le reste de l'économie en France. Nous restons un peu trop marqués par la planification et le modèle soviétique…[je rappelle que, à ma grande stupéfaction, on apprenait le plan quinaquennal soviétique à l'ENA jusqu'à la fin des années 90 !]
[…]
Les agriculteurs, y compris les éleveurs laitiers, qui se sont tournés vers la qualité et vers une commercialisation moins tournée vers la grande distribution s'en sortent beaucoup mieux.
[…]
Nous vivons dans un système para-soviétique où l'Etat doit garantir les prix, et où la production est contrôlée par l'Etat. Ce n'est pas une conception économique qui convient à un modèle libéral. L'ajustement doit se faire selon la demande, et non par le biais d'une ingérence de l'Etat. Le modèle actuel remonte à la Deuxième guerre mondiale, lorsque la France avait faim et qu'elle devait produire beaucoup. Aujourd'hui, les rendements en matière agricole ne sont pas optimaux. La surproduction engendre énormément de gaspillage. Chaque année, d'énormes quantités de fruits et de lait sont détruites. Les syndicats attendent tout de l'Etat, notamment qu'il rachète le surplus. Ils s'en vont négocier quelques centimes auprès des autorités de Bruxelles. C'est encore très vrai pour le lait et la viande, beaucoup moins pour le vin.
Que pensez-vous de l'éventuelle mise en place du Traité de libre-échange transatlantique entre l'Union européenne et les Etats-Unis ? Quel effet aura-til sur les agriculteurs français et la qualité de leur production ?
Les Etats-Unis, bien qu'étant un pays libéral en règle générale, ne le sont pas sur le plan agricole, comme le Japon d'ailleurs. Ils ne sont donc pas un modèle à suivre.
Mais comment les agriculteurs français pourront-ils soutenir la concurrence avec les agriculteurs américains dont les exploitations sont souvent gigantesques et les normes sanitaires inférieures ?
S'ils font de la qualité, des produits originaux, le problème ne se posera pas. Evidemment, s'ils se contentent de vendre des produits médiocres, ce ne sera pas possible. La question ne se posera sans doute pas pour le lait, mais plutôt pour la viande, car la viande américaine est d'excellente qualité, et bien moins chère que la viande française.
**************
Un point de vue opposé à celui de Pitte (et au mien) :
Agriculture : la grande misère des paysans français
Elevons nous à une perspective historique.
Les révolutions viennent des villes parce que s'y trouvent les centres de pouvoir et les concentrations de population dont le conflit est révolutionnaire.
Les paysans ne faisaient que des jacqueries, sans conséquences, mais les rats des villes sont souvent des rats des champs qui ont déménagé («Première ! Deuxième ! Troisième génération ! Nous sommes tous des enfants de paysans !»).
La transformation des paysans français, à coup de subventions «européennes», d'indépendants farouches en quémandeurs tendant sébile est une réussite majeure du «système» : si les révoltes paysannes se contentent de réclamer trois euros six sous de subventions en plus, ça n'ira jamais péter loin. Et puis, surtout, la mentalité paysanne a été changée.
Comme d'habitude, je suis intéressé par ce que raconte Charles Gave. Ce qu'il dit n'est pas parole d'Evangile mais on peut retenir trois points :
1) il a fait fortune avec ses analyses.
2) Je le suis depuis assez longtemps pour savoir que ses analyses se révèlent souvent justes, sauf en politique où il pèche par naïveté.
3) Ses analyses sont originales.
Bref, il y a quelques raisons de l'écouter :
Marre de la Grèce: Parlons du sujet dont personne ne parle, la Chine.
Autre sujet, l"agriculture française. Jean-Robert Pitte fait partie, comme Charles Gave, de ces personnes dont je suis les interventions depuis des années (voire des décennies, ça ne me rajeunit pas) et le temps qui passe m'a permis d'acquérir une grande confiance :
Libéraliser l'agriculture, le seul moyen de la sauver
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Nos agriculteurs paient lourdement une politique néfaste qui remonte aux Trente Glorieuses et à une conception dirigiste de la Politique Agricole Commune de l'Europe. Ils ont été incités à produire plus, à s'endetter lourdement et les prix étaient garantis. En cas de surproduction, l'Etat et Bruxelles payaient. Cela n'est plus possible aujourd'hui. Nous devons sortir du dirigisme et les subventions ne devraient aller qu'à des projets de reconversion. Les viticulteurs de la plaine du Languedoc ont vécu la même évolution. Aujourd'hui, les prix du vin ne sont plus garantis et il n'y a plus guère de manifestations. Il faut libéraliser l'agriculture, comme le reste de l'économie en France. Nous restons un peu trop marqués par la planification et le modèle soviétique…[je rappelle que, à ma grande stupéfaction, on apprenait le plan quinaquennal soviétique à l'ENA jusqu'à la fin des années 90 !]
[…]
Les agriculteurs, y compris les éleveurs laitiers, qui se sont tournés vers la qualité et vers une commercialisation moins tournée vers la grande distribution s'en sortent beaucoup mieux.
[…]
Nous vivons dans un système para-soviétique où l'Etat doit garantir les prix, et où la production est contrôlée par l'Etat. Ce n'est pas une conception économique qui convient à un modèle libéral. L'ajustement doit se faire selon la demande, et non par le biais d'une ingérence de l'Etat. Le modèle actuel remonte à la Deuxième guerre mondiale, lorsque la France avait faim et qu'elle devait produire beaucoup. Aujourd'hui, les rendements en matière agricole ne sont pas optimaux. La surproduction engendre énormément de gaspillage. Chaque année, d'énormes quantités de fruits et de lait sont détruites. Les syndicats attendent tout de l'Etat, notamment qu'il rachète le surplus. Ils s'en vont négocier quelques centimes auprès des autorités de Bruxelles. C'est encore très vrai pour le lait et la viande, beaucoup moins pour le vin.
Que pensez-vous de l'éventuelle mise en place du Traité de libre-échange transatlantique entre l'Union européenne et les Etats-Unis ? Quel effet aura-til sur les agriculteurs français et la qualité de leur production ?
Les Etats-Unis, bien qu'étant un pays libéral en règle générale, ne le sont pas sur le plan agricole, comme le Japon d'ailleurs. Ils ne sont donc pas un modèle à suivre.
Mais comment les agriculteurs français pourront-ils soutenir la concurrence avec les agriculteurs américains dont les exploitations sont souvent gigantesques et les normes sanitaires inférieures ?
S'ils font de la qualité, des produits originaux, le problème ne se posera pas. Evidemment, s'ils se contentent de vendre des produits médiocres, ce ne sera pas possible. La question ne se posera sans doute pas pour le lait, mais plutôt pour la viande, car la viande américaine est d'excellente qualité, et bien moins chère que la viande française.
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Un point de vue opposé à celui de Pitte (et au mien) :
Agriculture : la grande misère des paysans français
Elevons nous à une perspective historique.
Les révolutions viennent des villes parce que s'y trouvent les centres de pouvoir et les concentrations de population dont le conflit est révolutionnaire.
Les paysans ne faisaient que des jacqueries, sans conséquences, mais les rats des villes sont souvent des rats des champs qui ont déménagé («Première ! Deuxième ! Troisième génération ! Nous sommes tous des enfants de paysans !»).
La transformation des paysans français, à coup de subventions «européennes», d'indépendants farouches en quémandeurs tendant sébile est une réussite majeure du «système» : si les révoltes paysannes se contentent de réclamer trois euros six sous de subventions en plus, ça n'ira jamais péter loin. Et puis, surtout, la mentalité paysanne a été changée.
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Charles Gave,
Jean-Robert Pitte,
paysannerie française
dimanche, juillet 12, 2015
Rappel : on nous a vendu l'Euro comme le garant de la paix entre les peuples qui, sinon, se feraient la guerre, ces cons. Heureusement que les européistes, êtres supérieurs et pacifiques, sont là pour les sauver de leurs peccamineuses pulsions et patati et patata ...
Saisi au vol dans le Figaro :
«Le sentiment du peuple grec à l'égard de l'Allemagne ne cesse de se transformer en haine depuis quelques jours. Le vice-président du Parlement européen et membre de Syriza, Dimitrios Papadimoulis, explique que l'on "veut humilier la Grèce et les Grecs ou renverser le gouvernement Tsipras". Sa cible ? Angela Merkel, la Chancelière allemande, et son ministre des Finances, Wolfgang Schäuble. Un avis partagé par le député Dimitri Savestakis (Syriza) qui parle de "vengeance froide".»
«Le sentiment du peuple grec à l'égard de l'Allemagne ne cesse de se transformer en haine depuis quelques jours. Le vice-président du Parlement européen et membre de Syriza, Dimitrios Papadimoulis, explique que l'on "veut humilier la Grèce et les Grecs ou renverser le gouvernement Tsipras". Sa cible ? Angela Merkel, la Chancelière allemande, et son ministre des Finances, Wolfgang Schäuble. Un avis partagé par le député Dimitri Savestakis (Syriza) qui parle de "vengeance froide".»
Migrants africains : comment casser l'entonnoir libyen ?
Migrants africains : comment casser l'entonnoir libyen ?
J'enrage : cela serait si simple un coup d'arrêt à cette invasion migratoire. On coule quelques dizaines de bateaux, on monte des camps de réfugiés en Libye, bref, on fait comme les Australiens et basta.
J'enrage : cela serait si simple un coup d'arrêt à cette invasion migratoire. On coule quelques dizaines de bateaux, on monte des camps de réfugiés en Libye, bref, on fait comme les Australiens et basta.
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Bernard Lugan,
invasion migratoire
Après Mélenchon, après les Français, Tsipras, un autre baisé de Hollande
Il se dit de plus en plus que François Hollande, c'est-à-dire, qu'on le veuille ou non, la France, a laissé croire aux Grecs qu'il les soutiendrait pour mieux les lâcher en rase campagne afin de complaire aux Allemands. J'ai honte.
François Hollande est coutumier de ces petites habiletés de sous-chef de bureau au conseil général de Corrèze. Et son compère Moscou-Vichy, ça ne vole pas plus haut. C'est pas des aigles qu'on a élus.
Il l'a fait au PS, avec Mélenchon par exemple.
Je ne me souviens plus des chiffres exacts mais l'esprit y est : Mélenchon, membre du PS, souvenons nous, dépose une motion au congrès du parti et François Hollande, premier secrétaire, lui promet (tout le monde sait que les scores sont magouillés) que sa motion fera plus de 10 %, pour sauver la face. Au final, Mélenchon fait 4 % et voue depuis une haine inextinguible à François Hollande.
Quant aux Français, nous nous sommes tous faits baiser, surtout les crétins qui ont voté pour lui, inutile que j'insiste.
Maintenant au tour de Tsipras.
Je n'en peux plus de toute cette bassesse, de ces minables finasseries de petit arrangeur, de ces magouilles de commis aux choux farcis. Et je suis d'autant plus frustré et amer que je dois reconnaître que toutes ces manières de pourriture lui réussissent, au moins à court terme : François Hollande est président de la république et il n'est pas exclu qu'il soit réélu en 2017. Quant au long terme ... après moi, le déluge.
Je sais bien que la politique n'est pas propre, mais il y a des limites. Comme disait Herriot (1), la politique, c'est comme l'andouillette, ça doit sentir la merde mais pas trop. Aujourd'hui, l'odeur de chiottes venant de l'Elysée devient incommodante. C'est -comment dire ? - nauséabond !
On peut se consoler avec De Gaulle : «En politique, il arrive quelquefois qu'un geste conforme à l'honneur soit un bon investissement de long terme». Piètre consolation.
*****************
(1) : deux anecdotes peu flatteuses sur Herriot : au printemps 1940, il était surtout préoccupé de sa ville de Lyon, qu'il voulait déclarer ville ouverte afin de lui éviter la destruction. En 1945, il refusa un poste ministériel proposé par De Gaulle en arguant que sa priorité était de reconstruire le parti radical. Conclusion gaullienne : «Je lui parlai de la France, il me parla du parti radical». Bref, un minable. Un minable important, qui compte, mais un minable tout de même. Comme Hollande.
Tiens, il me rappelle aussi Juppé : normalien, maire d'une grande ville, mais étroit, étriqué, incapable d'élévation et de caractère (ne pas confondre le caractère et l'ego : l'ego, Juppé en a a revendre, mais aucun courage intellectuel, prêt à toutes les soumissions, européistes, islamistes, etc).
François Hollande est coutumier de ces petites habiletés de sous-chef de bureau au conseil général de Corrèze. Et son compère Moscou-Vichy, ça ne vole pas plus haut. C'est pas des aigles qu'on a élus.
Il l'a fait au PS, avec Mélenchon par exemple.
Je ne me souviens plus des chiffres exacts mais l'esprit y est : Mélenchon, membre du PS, souvenons nous, dépose une motion au congrès du parti et François Hollande, premier secrétaire, lui promet (tout le monde sait que les scores sont magouillés) que sa motion fera plus de 10 %, pour sauver la face. Au final, Mélenchon fait 4 % et voue depuis une haine inextinguible à François Hollande.
Quant aux Français, nous nous sommes tous faits baiser, surtout les crétins qui ont voté pour lui, inutile que j'insiste.
Maintenant au tour de Tsipras.
Je n'en peux plus de toute cette bassesse, de ces minables finasseries de petit arrangeur, de ces magouilles de commis aux choux farcis. Et je suis d'autant plus frustré et amer que je dois reconnaître que toutes ces manières de pourriture lui réussissent, au moins à court terme : François Hollande est président de la république et il n'est pas exclu qu'il soit réélu en 2017. Quant au long terme ... après moi, le déluge.
Je sais bien que la politique n'est pas propre, mais il y a des limites. Comme disait Herriot (1), la politique, c'est comme l'andouillette, ça doit sentir la merde mais pas trop. Aujourd'hui, l'odeur de chiottes venant de l'Elysée devient incommodante. C'est -comment dire ? - nauséabond !
On peut se consoler avec De Gaulle : «En politique, il arrive quelquefois qu'un geste conforme à l'honneur soit un bon investissement de long terme». Piètre consolation.
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(1) : deux anecdotes peu flatteuses sur Herriot : au printemps 1940, il était surtout préoccupé de sa ville de Lyon, qu'il voulait déclarer ville ouverte afin de lui éviter la destruction. En 1945, il refusa un poste ministériel proposé par De Gaulle en arguant que sa priorité était de reconstruire le parti radical. Conclusion gaullienne : «Je lui parlai de la France, il me parla du parti radical». Bref, un minable. Un minable important, qui compte, mais un minable tout de même. Comme Hollande.
Tiens, il me rappelle aussi Juppé : normalien, maire d'une grande ville, mais étroit, étriqué, incapable d'élévation et de caractère (ne pas confondre le caractère et l'ego : l'ego, Juppé en a a revendre, mais aucun courage intellectuel, prêt à toutes les soumissions, européistes, islamistes, etc).
Libellés :
Les conneries de Hollande
samedi, juillet 11, 2015
C'est à n'y rien comprendre (Tsipras n'est pas cru, il est cuit)
L'Eurogroupe enfonce l'épée dans le bide de Tsipras jusqu'à la garde. Maintenant qu'il a commencé à céder, ils lui disent que le compte n'y est pas, qu'il faut céder encore plus.
Tiens, encore un article pour expliquer que l'européisme est une idéologie mortifère :
Jean-Pierre Le Goff : « L'Europe est devenue une utopie de substitution »
Je partage le désarroi de Charles Wyplosz (qui est d'une espèce rare et paradoxale : un partisan de l'Euro doté d'un bon sens économique) :
Grèce : on va crier victoire mais tout le monde a perdu
***************
[…]
Le Grexit est-il évité ? Finalement, Alexis Tsipras a présenté un programme. Une partie de ce petit miracle vient de l'aide de la France. Ce programme est étrange, puisqu'il ressemble à celui qu'il avait soumis au référendum, contre lequel il a fait campagne, et contre lequel il a un puissant mandat démocratique. On verra dans les heures qui viennent si les Européens l'acceptent. Mais la vraie question concerne les intentions de la BCE. En refusant pour des raisons obscures (pression sur l'électorat grec? [Je rappelle le cas de Schacht, en 1930, banquier central qui a fait tomber volontairement un gouvernement - allemand, il est vrai] Peur de l'opinion publique de l'Europe du Nord ? Dissensions internes ?) de continuer à fournir des liquidités aux banques grecques en pleine hémorragie de retraits des dépôts, il a contraint le gouvernement à les fermer. Il faut maintenant les faire repartir. Pour cela la BCE doit rouvrir le robinet. Mais c'est trop tard. Les banques grecques sont sans doute en faillite (on ne le sait pas, la BCE, désormais autorité de surveillance européenne, garde un silence total). Pour cela, l'État a besoin de beaucoup d'argent frais, qu'il n'a bien sûr pas. Sans une injection rapide d'euros, les banques ne pourront pas redémarrer et la seule solution sera d'injecter des drachmes, et donc de quitter la zone euro. Rien
Le nouveau plan va-t-il enfin réussir ? C'est très improbable. On parle d'un nouveau prêt de quelque 50 milliards d'euros. D'après le FMI, qui a avancé ce chiffre la semaine dernière, la quasi-totalité de ce montant est destiné à honorer les dettes passées. Rien n'est prévu pour recapitaliser les banques. La logique d'austérité continue. Quand aux réformes promises, elles ne produiront leurs effets que très progressivement. En attendant? La mer bleue et les olives, sans doute. Curieusement, le plan grec ne parle pas de remise de dette, pourtant essentielle. S'agit-il d'une carotte soigneusement cachée, que l'on ressortira plus tard si les Grecs sont de bons garçons et de bonnes filles ?
Tout ça pour ça? S'il y a accord, on évitera le Grexit, pour l'instant. Les politiques de tous bords pourront faire ce qu'ils adorent: déclarer victoire et essayer d'oublier le problème. Mais le problème demeure, il reviendra, et la Grèce sera encore plus affaiblie. Franchement, c'est à n'y rien comprendre.
***************
Oui, c'est à n'y rien comprendre.
Enfin si, je comprends une chose : que j'ai bien fait de vous citer Shakespeare il y a deux jours.
La vie n’est qu’une ombre errante ; un pauvre acteur
Qui se pavane et s’agite une heure sur la scène
Et qu’ensuite on n’entend plus ; c’est une histoire
Racontée par un idiot, pleine de bruit et de fureur,
Et qui ne signifie rien.
Bien sûr, il y a l'hypothèse des machiavélismes conjoints, Tsipras préparant en secret la sortie de la Grèce de l'Euro et les Allemands aussi. Mais la plupart du temps, l'hypothèse du machiavélisme est une auto-suggestion pour nous rassurer, pour continuer à croire que nos dirigeants, bien qu'ils nous paraissent fous et incompétents, savent ce qu'ils font.
Je comprends le désarroi des Français lucides au lendemain des accords de Munich : était-ce un lâche abandon ou une ruse pour préparer le réarmement ?
Tiens, encore un article pour expliquer que l'européisme est une idéologie mortifère :
Jean-Pierre Le Goff : « L'Europe est devenue une utopie de substitution »
Je partage le désarroi de Charles Wyplosz (qui est d'une espèce rare et paradoxale : un partisan de l'Euro doté d'un bon sens économique) :
Grèce : on va crier victoire mais tout le monde a perdu
***************
[…]
Le Grexit est-il évité ? Finalement, Alexis Tsipras a présenté un programme. Une partie de ce petit miracle vient de l'aide de la France. Ce programme est étrange, puisqu'il ressemble à celui qu'il avait soumis au référendum, contre lequel il a fait campagne, et contre lequel il a un puissant mandat démocratique. On verra dans les heures qui viennent si les Européens l'acceptent. Mais la vraie question concerne les intentions de la BCE. En refusant pour des raisons obscures (pression sur l'électorat grec? [Je rappelle le cas de Schacht, en 1930, banquier central qui a fait tomber volontairement un gouvernement - allemand, il est vrai] Peur de l'opinion publique de l'Europe du Nord ? Dissensions internes ?) de continuer à fournir des liquidités aux banques grecques en pleine hémorragie de retraits des dépôts, il a contraint le gouvernement à les fermer. Il faut maintenant les faire repartir. Pour cela la BCE doit rouvrir le robinet. Mais c'est trop tard. Les banques grecques sont sans doute en faillite (on ne le sait pas, la BCE, désormais autorité de surveillance européenne, garde un silence total). Pour cela, l'État a besoin de beaucoup d'argent frais, qu'il n'a bien sûr pas. Sans une injection rapide d'euros, les banques ne pourront pas redémarrer et la seule solution sera d'injecter des drachmes, et donc de quitter la zone euro. Rien
Le nouveau plan va-t-il enfin réussir ? C'est très improbable. On parle d'un nouveau prêt de quelque 50 milliards d'euros. D'après le FMI, qui a avancé ce chiffre la semaine dernière, la quasi-totalité de ce montant est destiné à honorer les dettes passées. Rien n'est prévu pour recapitaliser les banques. La logique d'austérité continue. Quand aux réformes promises, elles ne produiront leurs effets que très progressivement. En attendant? La mer bleue et les olives, sans doute. Curieusement, le plan grec ne parle pas de remise de dette, pourtant essentielle. S'agit-il d'une carotte soigneusement cachée, que l'on ressortira plus tard si les Grecs sont de bons garçons et de bonnes filles ?
Tout ça pour ça? S'il y a accord, on évitera le Grexit, pour l'instant. Les politiques de tous bords pourront faire ce qu'ils adorent: déclarer victoire et essayer d'oublier le problème. Mais le problème demeure, il reviendra, et la Grèce sera encore plus affaiblie. Franchement, c'est à n'y rien comprendre.
***************
Oui, c'est à n'y rien comprendre.
Enfin si, je comprends une chose : que j'ai bien fait de vous citer Shakespeare il y a deux jours.
La vie n’est qu’une ombre errante ; un pauvre acteur
Qui se pavane et s’agite une heure sur la scène
Et qu’ensuite on n’entend plus ; c’est une histoire
Racontée par un idiot, pleine de bruit et de fureur,
Et qui ne signifie rien.
Bien sûr, il y a l'hypothèse des machiavélismes conjoints, Tsipras préparant en secret la sortie de la Grèce de l'Euro et les Allemands aussi. Mais la plupart du temps, l'hypothèse du machiavélisme est une auto-suggestion pour nous rassurer, pour continuer à croire que nos dirigeants, bien qu'ils nous paraissent fous et incompétents, savent ce qu'ils font.
Je comprends le désarroi des Français lucides au lendemain des accords de Munich : était-ce un lâche abandon ou une ruse pour préparer le réarmement ?
Des tribunaux islamiques en France (et payés par le contribuable, comme de juste)
Bientôt des tribunaux islamiques à Mayotte, payés par les Français !
Nous le devons à Sarkozy. Je dis cela pour tous ceux qui croient qu'il a une différence avec Hollande autre que de style.
Tous ces bobos discours sur «la république» et «la laïcité» ne veulent dire qu'une chose : «combattons les catholicisme et favorisons l'islam».
Et dire qu'un de mes collègues s'offusque de La nuit du ramadan de la mairie de Paris. Il n'a encore rien vu, le pauvre !
Pendant ce temps, un général américain a trouvé plus dangereux que l'EIIL : l'islamisation de l'Europe. On ne peut guère lui donner tort.
Nous le devons à Sarkozy. Je dis cela pour tous ceux qui croient qu'il a une différence avec Hollande autre que de style.
Tous ces bobos discours sur «la république» et «la laïcité» ne veulent dire qu'une chose : «combattons les catholicisme et favorisons l'islam».
Et dire qu'un de mes collègues s'offusque de La nuit du ramadan de la mairie de Paris. Il n'a encore rien vu, le pauvre !
Pendant ce temps, un général américain a trouvé plus dangereux que l'EIIL : l'islamisation de l'Europe. On ne peut guère lui donner tort.
Grexit: pourquoi la France a lâché Tsipras
Il est rare que je cite in extenso le billet d'un autre blog, mais celui-ci me paraît à la fois important et juste.
On remarquera que dans cette affaire François Hollande reste fidèle à lui-même, l'enculé mielleux et fourbe que ses connaissances décrivent. Moscou-Vichy aussi est mielleux et fourbe.
Grexit: pourquoi la France a lâché Tsipras
TOPICS:Tsipras

POSTED BY: ÉRIC VERHAEGHE 11 JUILLET 2015
Les cinq mois de pouvoir exercé par Tsipras, émaillés d’un jeu complexe de stop and go dont il apparaît aujourd’hui qu’il aura plus coûté aux Grecs qu’il ne leur aura rapporté, n’ont pas encore livré tous leurs secrets. Parmi eux, le rôle exact joué par la France de François Hollande ne manquera d’attiser d’innombrables commentaires enflammés et contradictoires.
Tsipras, le syndrome Hollande?
Lorsque François Hollande s’était fait l’apôtre, lors du discours du Bourget, de la lutte contre la finance, il avait englobé dans son combat électoral cette Europe de l’austérité qu’Alexis Tsipras a dénoncée à son tour, et dont il avait promis la fin en arrivant au pouvoir. En réalité, ce qu’on appelle l’austérité n’est guère que le retour plus ou moins strict aux critères de Maastricht. Mais une mode s’est emparée de la gauche européenne qui avait appelé à voter oui au referendum de 1993: celle de nier aujourd’hui les conséquences pourtant simples d’un choix opéré en toute connaissance de cause il y a vingt ans.
Toujours est-il que, souvenons-nous en, en 2012, à peine élu, François Hollande a entrepris de combattre le mini-traité préparé avant son arrivée, qui durcissait le respect (très théorique, au demeurant) des 3% de déficit public. Dans la foulée, il avait revendiqué un plan de relance de 1.000 milliards d’euros, plusieurs fois remis au goût du jour au gré des arrivées électorales: avec Matteo Renzi, en Italie, puis avec Jean-Claude Juncker à la Commission.
Ces revendications françaises se sont toutes échouées comme un vieille baleine sur une plage de la mer Baltique: Angela Merkel n’a jamais voulu en entendre parler et François Hollande est chaque fois retourné dans sa niche sans obtenir la moindre concession des Prussiens.
Cette obstination dans l’échec donnait un avant-goût des mésaventures que Tsipras vient de subir. Hollande a eu l’intelligence de comprendre rapidement qu’il valait mieux embrasser la main qui donnait à manger, plutôt que de chercher à la mordre.
Tsipras victime d’une trahison de Hollande?
C’est que Tsipras n’a pas forcément vu clair dans le jeu tordu de François Hollande. A peine élu, Tsipras a imaginé que la France pourrait l’aider et qu’elle prendrait le flambeau d’une croisade européenne contre l’Allemagne austéritaire. François Hollande, fidèle à ses pratiques acquises au parti socialiste et à l’ENA, ne l’a surtout pas détrompé.
Très vite, Tsipras a envoyé des émissaires en France (Varoufakis en l’espèce) pour proposer une alliance hostile à l’Allemagne. Le double jeu de la France a alors astucieusement commencé. D’un côté, la France (Moscovici compris) n’a eu de cesse d’expliquer qu’un accord était possible, voire très proche, et qu’au fond les Grecs n’avaient pas à s’en faire: tout finirait par s’arranger, sans modifier les lignes rouges énoncées très tôt.
En particulier, la France a toujours laissé croire à Tsipras que l’Allemagne, sous l’influence de Hollande, se rallierait à un nouveau plan d’aide n’incluant pas une réforme des retraites ni une augmentation de la TVA.
Dans le même temps, Tsipras n’a pas vu que la France négociait pour son propre compte dans son dos, sous une forte pression allemande. L’absence de réforme structurelle en France pose en effet un vrai problème de déficit public, très supérieur à 3% et sans issue réaliste. Par ce point faible, l’Allemagne et la Commission ont habilement neutralisé la position française: en échange d’une absence de sanction infligée à la France pour ses propres débordements budgétaires, l’Allemagne a obtenu que la France ne s’oppose pas à une ligne dure sur la question grecque.
On imagine la désillusion de Tsipras lors du referendum lorsqu’il a compris que la France le lâchait pour sauver ses propres abattis.
L’absence française en Europe
Pour la France, le levier dont l’Allemagne dispose à cause de nos déficits publics excessifs (que François Hollande maintient pour préserver la paix sociale) s’avère politiquement désastreux.
Certes, il permet à Hollande d’espérer une réélection en 2017, parce qu’il épargne les fonctionnaires et évite des suppressions trop massives de dépenses publiques. En termes de présence internationale, toutefois, et singulièrement européenne, la France paie le prix fort pour son incurie.
Aux yeux de nos partenaires, la France est, avec la Grèce, l’homme malade de l’Europe, avec un secteur public boursouflé et incontrôlable. L’absence de véritable réforme de l’Etat, la prime donnée, comme en Grèce, à une fonction publique politisée, dépensière et technophobe, sont autant d’indices qui ruinent nos positions dans le jeu multilatéral.
A long terme, les trahisons auxquelles cette position défavorable nous oblige nous coûteront très cher. Les Grecs ne sont probablement pas prêts d’oublier la bonhomie avec laquelle François Hollande a lâché Tsipras en lui expliquant que son salut viendrait d’un accord donné aux créanciers sur l’austérité. Les fonctionnaires français qui ont prêté la main à ce renoncement resteront longtemps dans les annales comme des exécuteurs pires que les technocrates de la Troïka.
Jusqu’où la France pourra-t-elle ruiner son patrimoine diplomatique pour préserver le calme dans ses frontières? C’est probablement la seule question qui se posera en France dans les années à venir.
Le syndrome de Stockholm grec
La capitulation en rase campagne d'Alexis Tsipras devant la caste européiste me décourage.
L'avenir me démentira peut-être, mais je vous rappelle qu'à choisir entre le machiavélisme et la connerie pour interpréter le comportement incompréhensible d'un dirigeant, je choisis la connerie jusqu'à preuve du contraire. Donc, pour l'instant, à mes yeux, Tsipras est un con.
Je suis découragé. Tsipras est un con, mais c'est lui que les Grecs ont élu comme une bouée de sauvetage. Il est arrivé au pouvoir en promettant le beurre et l'argent du beurre : l'Euro sans la déflation impitoyable.
Eric Zemmour cite Joseph Stiglitz : «Ce qui pourrait arriver de pire à l'Europe, c'est que l'Euro réussisse».
Phrase à l'interprétation évidente : l'Euro ne peut être qu'un échec économique, pour les raisons expliquées maintes fois ici. En revanche, il peut très bien réussir dans sa mission d'être la camisole de force des peuples européens.
Or, c'est exactement ce qui se passe sous nos yeux en Grèce : les Grecs sont plombés par l'Euro (1) et pourtant, ils veulent y rester.
Ils font une erreur d'analyse : ils se croient victimes de la troïka alors qu'ils sont victimes de leur appartenance à l'Euro. La troïka ne fait qu'exiger l'application de la logique d'une zone monétaire à l'un des membres surendetté. C'est d'ailleurs pourquoi les Allemands sont si fermes : ils ont la logique pour eux.
Et les Grecs ont peur, à juste raison, de la sortie de l'Euro. Ne pas entrer dans une monnaie unique est facile, les Anglais et les Danois s'en félicitent tous les jours. En sortir est une tout autre histoire. Ce n'est pas du tout un saut dans l'inconnu, au rebours de ce que racontent les imbéciles : on sait bien que c'est le chaos économique pendant un an à un an et demi, voire deux ans si la transition est mal gérée. D'autres pays l'ont vécu avant la Grèce.
L'appartenance à l'Euro place donc les Grecs devant le dilemme suivant : la misère en continu pendant des années ou le chaos tout de suite. L'horreur ou la fin (chaotique) de l'horreur. Je sais ce que je choisirais, mais je ne suis pas grec (cependant, je fais le même choix pour la France).
C'est le syndrome de Stockholm concocté par les européiste. Une arme politique fabriquée comme on fabrique des armes bactériologiques. Il se trouve, hélas, que cette arme se révèle très efficace pour soumettre les peuples européens.
Bon allez, pour vous consoler, des merveilles d'un autre pays qui aurait intérêt à sortir de l'Euro :
Waking up Milan with Gianni Agnelli's Ferrari 166 MM
***********************
(1) : et non par la dette. L'Euro est la cause, le dette la conséquence : sans l'arme de la dévaluation, il est garanti que les Grecs ne désendetteront jamais. C'est mécanique. C'est d'ailleurs ce mécanisme qui brise systématiquement les unions monétaires bancales.
L'avenir me démentira peut-être, mais je vous rappelle qu'à choisir entre le machiavélisme et la connerie pour interpréter le comportement incompréhensible d'un dirigeant, je choisis la connerie jusqu'à preuve du contraire. Donc, pour l'instant, à mes yeux, Tsipras est un con.
Je suis découragé. Tsipras est un con, mais c'est lui que les Grecs ont élu comme une bouée de sauvetage. Il est arrivé au pouvoir en promettant le beurre et l'argent du beurre : l'Euro sans la déflation impitoyable.
Eric Zemmour cite Joseph Stiglitz : «Ce qui pourrait arriver de pire à l'Europe, c'est que l'Euro réussisse».
Phrase à l'interprétation évidente : l'Euro ne peut être qu'un échec économique, pour les raisons expliquées maintes fois ici. En revanche, il peut très bien réussir dans sa mission d'être la camisole de force des peuples européens.
Or, c'est exactement ce qui se passe sous nos yeux en Grèce : les Grecs sont plombés par l'Euro (1) et pourtant, ils veulent y rester.
Ils font une erreur d'analyse : ils se croient victimes de la troïka alors qu'ils sont victimes de leur appartenance à l'Euro. La troïka ne fait qu'exiger l'application de la logique d'une zone monétaire à l'un des membres surendetté. C'est d'ailleurs pourquoi les Allemands sont si fermes : ils ont la logique pour eux.
Et les Grecs ont peur, à juste raison, de la sortie de l'Euro. Ne pas entrer dans une monnaie unique est facile, les Anglais et les Danois s'en félicitent tous les jours. En sortir est une tout autre histoire. Ce n'est pas du tout un saut dans l'inconnu, au rebours de ce que racontent les imbéciles : on sait bien que c'est le chaos économique pendant un an à un an et demi, voire deux ans si la transition est mal gérée. D'autres pays l'ont vécu avant la Grèce.
L'appartenance à l'Euro place donc les Grecs devant le dilemme suivant : la misère en continu pendant des années ou le chaos tout de suite. L'horreur ou la fin (chaotique) de l'horreur. Je sais ce que je choisirais, mais je ne suis pas grec (cependant, je fais le même choix pour la France).
C'est le syndrome de Stockholm concocté par les européiste. Une arme politique fabriquée comme on fabrique des armes bactériologiques. Il se trouve, hélas, que cette arme se révèle très efficace pour soumettre les peuples européens.
Bon allez, pour vous consoler, des merveilles d'un autre pays qui aurait intérêt à sortir de l'Euro :
Waking up Milan with Gianni Agnelli's Ferrari 166 MM
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(1) : et non par la dette. L'Euro est la cause, le dette la conséquence : sans l'arme de la dévaluation, il est garanti que les Grecs ne désendetteront jamais. C'est mécanique. C'est d'ailleurs ce mécanisme qui brise systématiquement les unions monétaires bancales.
Libellés :
Euro ou démocratie ils ont choisi pour vous,
Ferrari
vendredi, juillet 10, 2015
Les européistes torturent les démocraties européennes et les peuples se soumettent
Aujourd'hui, deux thèses s'opposent sur Alexis Tsipras :
*****************
Europe et démocratie : la double illusion !
Grexit: incompréhensible stratégie de Tsipras
Jacques Sapir : Tsipras a-t-il capitulé ?
J'apprécie que Rioufol s'intéresse vraiment à la jeunesse (et non pour l'instrumentaliser) :
La Grèce met au défi l'Europe paillasson
*****************
Elargissons.
Mon équation, fidèles lecteurs vous la connaissez bien, est simple :
> démocratie => souveraineté => frontières => nation
En bonne logique, la contraposée coule de source :
> supranationalisme (européisme ou mondialisme) => effacement des frontières => abandon de souveraineté => fin de la démocratie
Or, il me semble que les peuples sont tétanisés par cette prise de pouvoir des technocrates.
L'Europe bruxelloise (devrait-on dire aujourd'hui «berlinoise» ?) devient la prison des peuples, mais ceux-ci n'essaient pas trop de s'évader. Bien sûr, ils s'abstiennent ou votent pour les partis «populistes» mais tout cela ne fait pas une révolution. Et je ne comprends pas vraiment pourquoi.
Certains prétendent que tant que les magasins sont pleins, il n'y a pas de révolte, encore moins de révolution. L'argument ne me satisfait pas, il est trop matériel. Alors je continue de m'interroger.
Addendum
Ah, s'il n'y avait pas Zemmmour ...
Crise en Grèce : "Le plus grand ennemi de... par rtl-fr
- c'est un européiste comme les autres, juste beaucoup plus rusé. La preuve : son referendum mal gaulé ne posait pas la question de la sortie de l'Euro et il a accepté presque toutes les conditions des créanciers.
- c'est un anti-européiste qui a déjà décidé de la sortie de la Grèce de l'Euro mais qui prépare le peuple grec et qui manoeuvre pour en mettre la responsabilité sur les Allemands.
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Europe et démocratie : la double illusion !
Grexit: incompréhensible stratégie de Tsipras
Jacques Sapir : Tsipras a-t-il capitulé ?
J'apprécie que Rioufol s'intéresse vraiment à la jeunesse (et non pour l'instrumentaliser) :
La Grèce met au défi l'Europe paillasson
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Elargissons.
Mon équation, fidèles lecteurs vous la connaissez bien, est simple :
> démocratie => souveraineté => frontières => nation
En bonne logique, la contraposée coule de source :
> supranationalisme (européisme ou mondialisme) => effacement des frontières => abandon de souveraineté => fin de la démocratie
Or, il me semble que les peuples sont tétanisés par cette prise de pouvoir des technocrates.
L'Europe bruxelloise (devrait-on dire aujourd'hui «berlinoise» ?) devient la prison des peuples, mais ceux-ci n'essaient pas trop de s'évader. Bien sûr, ils s'abstiennent ou votent pour les partis «populistes» mais tout cela ne fait pas une révolution. Et je ne comprends pas vraiment pourquoi.
Certains prétendent que tant que les magasins sont pleins, il n'y a pas de révolte, encore moins de révolution. L'argument ne me satisfait pas, il est trop matériel. Alors je continue de m'interroger.
Addendum
Ah, s'il n'y avait pas Zemmmour ...
Crise en Grèce : "Le plus grand ennemi de... par rtl-fr
Polony chez Bilger
Polony chez Bilger
Je suis perplexe, c'est le moins que je puisse dire, sur les idées économiques de Natacha Polony. En revanche, ce qu'elle dit sur la géographie et la beauté de la France, son horreur des abords des villes ravagés par les centres commerciaux (1).
Ce qu'elle dit sur nos politiciens tombent pile-poil dans ce billet.
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(1) : je ne suis pas très vieux, pourtant, j'ai vu cette destruction. Avant, il n'y a pas si longtemps, on abordait une ville par les champs, puis les premières maisons espacées et, petit à petit, le réseau de rues se densifiait. Maintenant, on aborde les villes par le MacDo et le Leclerc.
Libellés :
France d'avant,
Natacha Polony
Miracle : Emmanuel Macron a lu des vrais livres avec de vraies idées dedans ... et il se sent très seul au gouvernement
Emmanuel Macron, l'élève d'Aristote
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Si, comme le disait Montherlant, toute supériorité est un exil, le ministre de l'Économie doit se sentir bien seul dans ce gouvernement. Passer du statut d'assistant de Paul Ricoeur à celui de François Hollande est sans aucun doute un gain considérable en terme d'ambition mais toute médaille a son revers: c'est aussi une perte sèche pour la vie de l'esprit. Le chef de l'État ne cache pas, en effet, son indifférence pour la littérature, la philosophie, les beaux-arts, toutes ces vieilleries inutiles et encombrantes qui le détournent de ses deux uniques passions: la politique et le sport.
Fleur Pellerin, notre ministre de la Culture, n'a rien lu de Modiano et ne prend pas la peine de se déplacer pour remettre le prix de la BNF à Michel Houellebecq. Najat Vallaud-Belkacem avec sa réforme du collège a donnéle coup de grâce aux humanités.
Manuel Valls, dans L'OEil, a envisagé des cours d'improvisations à la Jamel Debbouze dans les écoles. Quand il parle d'un livre (Zemmour, Onfray, Todd), c'est pour exiger que personne ne le lise.
Au milieu de cette nuit, le jeune homme brille avec autant plus d'aisance. Ainsi,il peut prendre une heure, à Bercy, pour, devant un parterre de lycéens, dialoguer avec Fabrice Luchini sur les mérites comparés du Bateau ivre de Rimbaudet de Noces de Camus. C'était au début du mois de juin. L'auditoire était conquis.
****************
Ma rubrique sur notre personnel politique s'intitule «la lie».
Ce n'est pas un mouvement d'humeur de ma part. Je suis convaincu que le personnel politique actuel, à cause de l'omniprésence de la «com», de leur parcours, de leur cooptation et un tas d'autres raisons, certaines profondes, est la lie de notre société, la racaille des beaux quartiers.
C'est sans doute pour cela qu'elle s'entend si bien avec la racaille des banlieues.
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Si, comme le disait Montherlant, toute supériorité est un exil, le ministre de l'Économie doit se sentir bien seul dans ce gouvernement. Passer du statut d'assistant de Paul Ricoeur à celui de François Hollande est sans aucun doute un gain considérable en terme d'ambition mais toute médaille a son revers: c'est aussi une perte sèche pour la vie de l'esprit. Le chef de l'État ne cache pas, en effet, son indifférence pour la littérature, la philosophie, les beaux-arts, toutes ces vieilleries inutiles et encombrantes qui le détournent de ses deux uniques passions: la politique et le sport.
Fleur Pellerin, notre ministre de la Culture, n'a rien lu de Modiano et ne prend pas la peine de se déplacer pour remettre le prix de la BNF à Michel Houellebecq. Najat Vallaud-Belkacem avec sa réforme du collège a donnéle coup de grâce aux humanités.
Manuel Valls, dans L'OEil, a envisagé des cours d'improvisations à la Jamel Debbouze dans les écoles. Quand il parle d'un livre (Zemmour, Onfray, Todd), c'est pour exiger que personne ne le lise.
Au milieu de cette nuit, le jeune homme brille avec autant plus d'aisance. Ainsi,il peut prendre une heure, à Bercy, pour, devant un parterre de lycéens, dialoguer avec Fabrice Luchini sur les mérites comparés du Bateau ivre de Rimbaudet de Noces de Camus. C'était au début du mois de juin. L'auditoire était conquis.
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Ma rubrique sur notre personnel politique s'intitule «la lie».
Ce n'est pas un mouvement d'humeur de ma part. Je suis convaincu que le personnel politique actuel, à cause de l'omniprésence de la «com», de leur parcours, de leur cooptation et un tas d'autres raisons, certaines profondes, est la lie de notre société, la racaille des beaux quartiers.
C'est sans doute pour cela qu'elle s'entend si bien avec la racaille des banlieues.
jeudi, juillet 09, 2015
Saint Alexis aux résultats
Il y avait Saint Pierre aux liens, aujourd'hui il y a Saint Alexis aux résultats.
Quand tout est dit, une fois que la poussière des débats est retombée, la politique se juge aux résultats. C'est, par exemple, ce qui condamne sans rémission le communisme, quelles que soient les intentions des communistes.
Cela ne clôt pas la discussion politique : quand a-t-on le recul suffisant pour juger du résultat ? Qu'est-ce que le long terme ? Le court terme ? Qu'est-ce qu'un bon résultat ? Difficile à juger, puisqu'il y a comparaison avec ce qui aurait pu être et qui n'a pas été.
Mais c'est sûr, Alexis Tsipras sera jugé aux résultats, quelle que soit la définition qu'on en donne.
Je suis très curieux de ce qu'on dira de lui dans dix ans.
Il est rare de voir l'Histoire avec un H, qu'on lit en général dans les livres, se faire sous nos yeux. Le 11 septembre 2001 ne m'a pas fait la même impression, trop brusque et presque lointain.
Il faut que je remonte à la chute du mur de Berlin, à Reagan, Thatcher et Gorbatchev pour avoir la même impression. J'étais jeune mais je m'en souviens bien.
Il y a, en gros, trois analyses qui courent aujourd'hui sur Alexis Tsipras et sur sa politique :
Mais on peut se souvenir de Macbeth :
Life's but a walking shadow ; a poor player,
That struts and frets his hour upon the stage,
And then is heard no more : it is a tale
Told by an idiot, full of sound and fury,
Signifying nothing
La vie n’est qu’une ombre errante ; un pauvre acteur
Qui se pavane et s’agite une heure sur la scène
Et qu’ensuite on n’entend plus ; c’est une histoire
Racontée par un idiot, pleine de bruit et de fureur,
Et qui ne signifie rien.
Ou, plus de circonstance, d'Oedipe :
C’est le temps seul qui révèle l’homme juste ; un seul jour dévoile le perfide.
***************
(1) : François Huguenin s'est fait un petit plaisir avec Emmanuel Macron.
Quand tout est dit, une fois que la poussière des débats est retombée, la politique se juge aux résultats. C'est, par exemple, ce qui condamne sans rémission le communisme, quelles que soient les intentions des communistes.
Cela ne clôt pas la discussion politique : quand a-t-on le recul suffisant pour juger du résultat ? Qu'est-ce que le long terme ? Le court terme ? Qu'est-ce qu'un bon résultat ? Difficile à juger, puisqu'il y a comparaison avec ce qui aurait pu être et qui n'a pas été.
Mais c'est sûr, Alexis Tsipras sera jugé aux résultats, quelle que soit la définition qu'on en donne.
Je suis très curieux de ce qu'on dira de lui dans dix ans.
Il est rare de voir l'Histoire avec un H, qu'on lit en général dans les livres, se faire sous nos yeux. Le 11 septembre 2001 ne m'a pas fait la même impression, trop brusque et presque lointain.
Il faut que je remonte à la chute du mur de Berlin, à Reagan, Thatcher et Gorbatchev pour avoir la même impression. J'étais jeune mais je m'en souviens bien.
Il y a, en gros, trois analyses qui courent aujourd'hui sur Alexis Tsipras et sur sa politique :
- la thèse de Charles Gave : l'escroc machiavélique. Plus la crise grecque dure sans que la BCE ne coupe les vivres, plus les Grecs peuvent se gaver d'euros aux dépens des autres Européens. Euros dont la valeur fera un bond avec le retour à la drachme.
- la thèse des européistes : le brouillon incompétent et démagogue.
- la thèse des gauchistes : le héros gaullien.
L'intérêt de la politique, si différente de la morale (1), est qu'elle peut être contradictoire. Mes trois hypothèses ne sont pas tout à fait incompatibles. Tsipras pourrait être considéré par les Grecs comme un héros pour avoir escroqué les autres Européens.
Mais on peut se souvenir de Macbeth :
Life's but a walking shadow ; a poor player,
That struts and frets his hour upon the stage,
And then is heard no more : it is a tale
Told by an idiot, full of sound and fury,
Signifying nothing
La vie n’est qu’une ombre errante ; un pauvre acteur
Qui se pavane et s’agite une heure sur la scène
Et qu’ensuite on n’entend plus ; c’est une histoire
Racontée par un idiot, pleine de bruit et de fureur,
Et qui ne signifie rien.
Ou, plus de circonstance, d'Oedipe :
C’est le temps seul qui révèle l’homme juste ; un seul jour dévoile le perfide.
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(1) : François Huguenin s'est fait un petit plaisir avec Emmanuel Macron.
Un guerrier universitaire
Je reproche souvent aux universitaires, aux intellectuels et demi-intellectuels en général, de se réfugier dans le monde des idées pour éviter d'affronter les réalités.
Celui-ci ne sent pas le renfermé :
Histoire : les cinq guerres de Zeev Sternhell
Un autre historien ô combien guerrier, Marc Bloch, disait qu'il y avait des militaires qui ne seraient jamais des guerriers et des civils qui étaient des guerriers dans l'âme. Je me demande à quelle catégorie appartient Sternhell, probablement la seconde.
Celui-ci ne sent pas le renfermé :
Histoire : les cinq guerres de Zeev Sternhell
Un autre historien ô combien guerrier, Marc Bloch, disait qu'il y avait des militaires qui ne seraient jamais des guerriers et des civils qui étaient des guerriers dans l'âme. Je me demande à quelle catégorie appartient Sternhell, probablement la seconde.
Angela, Alexis, Jean-Claude ... et James
Une citation amusante (et inquiétante) de Peter Hitchens :
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As I write, I have no idea how or where it may end, but I am reminded of Dominic Cummings’s warning about Britain’s government.
‘Everyone thinks there's some moment, like in a James Bond movie, where you open the door and that's where the really good people are, but there is no door.’
There is no door in Brussels or Berlin either. These people are human, they lack sleep, they don’t understand economics, they let petty ambition or dogma blind them to obvious facts. They may not even have been very bright in the first place.
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Traduction :
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En écrivant, je n'ai aucune idée comment cela [la crise européenne] va finir mais je me rappelle un avertissement de Dominic Cummings concernant le gouvernement britannique :
«Tout le monde pense qu'à un moment, comme dans les films de James Bond, une porte va s'ouvrir et derrière il y aura les gens vraiment bons, mais il n'y a pas de porte.»
Il n'y a pas de porte non plus à Bruxelles ou à Berlin. Ces gens sont humains, ils manquent de sommeil, ils ne comprennent rien à l'économie, ils se laissent aveugler par les ambitions minables ou par les dogmes face aux faits d'évidence. Il se peut même qu'ils n'aient jamais été vraiment intelligents.
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Cela me rappelle une autre citation, d'Alain Madelin :
«Face à une décision gouvernementale incompréhensible, si votre explication hésite entre le machiavélisme et la connerie, choisissez la connerie.»
Il n'y a pas de surhommes, pas plus dans les ministères qu'ailleurs. Probablement moins, vu comment nous sélectionnons notre classe dirigeante.
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As I write, I have no idea how or where it may end, but I am reminded of Dominic Cummings’s warning about Britain’s government.
‘Everyone thinks there's some moment, like in a James Bond movie, where you open the door and that's where the really good people are, but there is no door.’
There is no door in Brussels or Berlin either. These people are human, they lack sleep, they don’t understand economics, they let petty ambition or dogma blind them to obvious facts. They may not even have been very bright in the first place.
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Traduction :
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En écrivant, je n'ai aucune idée comment cela [la crise européenne] va finir mais je me rappelle un avertissement de Dominic Cummings concernant le gouvernement britannique :
«Tout le monde pense qu'à un moment, comme dans les films de James Bond, une porte va s'ouvrir et derrière il y aura les gens vraiment bons, mais il n'y a pas de porte.»
Il n'y a pas de porte non plus à Bruxelles ou à Berlin. Ces gens sont humains, ils manquent de sommeil, ils ne comprennent rien à l'économie, ils se laissent aveugler par les ambitions minables ou par les dogmes face aux faits d'évidence. Il se peut même qu'ils n'aient jamais été vraiment intelligents.
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Cela me rappelle une autre citation, d'Alain Madelin :
«Face à une décision gouvernementale incompréhensible, si votre explication hésite entre le machiavélisme et la connerie, choisissez la connerie.»
Il n'y a pas de surhommes, pas plus dans les ministères qu'ailleurs. Probablement moins, vu comment nous sélectionnons notre classe dirigeante.
mercredi, juillet 08, 2015
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