L'appel des médecins de demain contre le suicide assisté
Bien sûr, toutes ces histoires de «mourir dans la dignité» se ramènent toujours à la même chose : considérer comme indignes de vivre les individus qui ne correspondent pas à certains critères, et, au final, que cela soit l'individu lui-même qui se juge indigne de vivre ne change pas grand'chose à la saloperie du raisonnement.
J'ai déjà abordé le sujet : euthanasie.
Voici ce qu'en pense Philippe Pozzo di Borgo :
J'ai côtoyé l'extrême fragilité, la différence insoutenable du polyhandicapé, du traumatisé crânien,
la laideur de celui qui ne sait plus se contenir [...], gémit et hurle sans contrôle. Auraient-ils tous
perdu leur dignité ?
En présence de ces extrêmes, j'ai appris à devenir [...] simple récepteur de l'autre dans son infinie
altérité. Désarmé face à cet autre tellement désarmant, je suis prêt à reconsidérer le monde avec
tendresse et engagement.
dimanche, août 31, 2014
Pour ceux qui confondent "catholique et "masochiste suicidaire"
Beaucoup de catholiques, notamment ceux de gauche, confondent "catholique" et "masochiste suicidaire" : la France est submergée par des vagues migratoires conquérantes, des islamistes égorgent des chrétiens, mais il ne faudrait pas le déplorer, il faudrait "tendre l'autre joue" jusqu'à l'extinction.
J'ai tendance à penser que cette doctrine suicidaire est passagère, adaptée à nos sociétés femelles, mais que, sous la pression de l'adversité, les catholiques retrouveront petit à petit leur mission de défenseurs de la Vérité.
Je recopie un commentateur du Figaro :
«Depuis le concile Vatican II, l'Eglise traditionnelle a disparu, remplacée par des discours révolutionnaires plus ou moins sérieux. Le pape François n'y échappe pas. L'article de J S Phillippart est très bien: documenté, vif, intelligent. Le problème est ailleurs. Parler de saint Augustin, de saint Thomas d'Aquin, ou des autres docteurs de l'Eglise n'a pas de sens pour les dirigeants du Vatican.
Cette référence n'existe plus. Et l'amour du prochain -qui relève de la charité personnelle- n'a rien à voir avec la gestion d'un Etat. Un Etat -fût-il chrétien!- n'a pas à tendre la joue, même s'il encourage tous les moyens favorisant une paix juste.»
Répliquer à la violence ou tendre l'autre joue : le dilemme du Pape et des Chrétiens
J'ai tendance à penser que cette doctrine suicidaire est passagère, adaptée à nos sociétés femelles, mais que, sous la pression de l'adversité, les catholiques retrouveront petit à petit leur mission de défenseurs de la Vérité.
Je recopie un commentateur du Figaro :
«Depuis le concile Vatican II, l'Eglise traditionnelle a disparu, remplacée par des discours révolutionnaires plus ou moins sérieux. Le pape François n'y échappe pas. L'article de J S Phillippart est très bien: documenté, vif, intelligent. Le problème est ailleurs. Parler de saint Augustin, de saint Thomas d'Aquin, ou des autres docteurs de l'Eglise n'a pas de sens pour les dirigeants du Vatican.
Cette référence n'existe plus. Et l'amour du prochain -qui relève de la charité personnelle- n'a rien à voir avec la gestion d'un Etat. Un Etat -fût-il chrétien!- n'a pas à tendre la joue, même s'il encourage tous les moyens favorisant une paix juste.»
Répliquer à la violence ou tendre l'autre joue : le dilemme du Pape et des Chrétiens
Libellés :
Catholicisme,
ethnomasochisme
samedi, août 30, 2014
Les pouvoirs du peuple entravés ?
Entretien de Maxime Tandonnet dans le Figaro :
***********
A la lecture de votre livre, on a le sentiment que l'Etat est finalement impuissant face à ces questions [la sécurité et l'immigration]. Malgré le volontarisme de Nicolas Sarkozy et la multiplication des projets de loi, la plupart des initiatives n'aboutissent pas. Quels sont les principaux obstacles auxquels vous vous êtes heurtés ? Sont-ils de nature institutionnelle, politique ? S'agit-il tout simplement de la chape de plomb du politiquement correct ?
En effet, j'ai été impressionné par la puissance des obstacles à l'action publique, pas seulement sur la sécurité d'ailleurs. Le sentiment de l'impuissance publique pèse en permanence sur les épaules d'un acteur du pouvoir politique. Les causes en sont multiples: la situation budgétaire calamiteuse, la prolifération des jurisprudences, constitutionnelles, européennes, qui limitent énormément le champ des décisions possibles, formant un étroit carcan, le climat de conservatisme et d'inertie générale. Un exemple sur lequel je reviens longuement dans le livre. Le président demandait avec insistance la nomination de 50 inspecteurs des services fiscaux, auprès des policiers dans les quartiers touchés par le trafic de stupéfiants afin de traquer les signes extérieurs de richesse. Il lui a fallu plus d'un an pour y parvenir et cette mesure s'est avérée décisive. Pour faire bouger la réalité, il faut une extraordinaire patience et détermination.
Les juridictions ont-elle une part de responsabilité dans cette situation? Laquelle?
Il me semble que nous vivons dans des sociétés où les contre-pouvoirs, en particulier celui des grandes juridictions, les cours suprêmes, l'emportent globalement sur le pouvoir politique. Il faut bien entendu des contreparties et des contrôles face au pouvoir politique mais lorsqu'un certain point d'équilibre est franchi, on tombe dans la paralysie et tous ceux qui ont expérimenté le coeur du volcan le savent. Il y a les choix politiques qui sont censurés par le conseil constitutionnel, comme la taxe carbone en 2010. On peut s'en réjouir au cas par cas sur certains dossiers, mais sur le long terme, c'est l'autonomie et la marge d'action du pouvoir politique qui ne cesse de se restreindre. En outre joue la force de l'autocensure car le travail de préparation de la décision politique consiste à anticiper en permanence sur la réaction des juridictions. Cela pose le problème dramatique de l'avenir de la démocratie, du pouvoir réel du Parlement élu au suffrage universel qui en est le coeur.
***********
Maxime Tandonnet décrit ce que Mathieu Bock-Coté appelle le chartisme : à coups de chartes et de traités, on limite de plus en plus les pouvoirs du peuple souverain. Bien sûr, on argue toujours d'excellentes raisons et de bonnes intentions, mais l'essentiel demeure : ceux qui négocient et signent ces chartes n'ont absolument aucune légitimité, même si c'est légal.
En effet, il n'y a aucune justification démocratique à la limitation du pouvoir populaire avec des traités signés à l'étranger.
C'est la méthode Monnet, basée explicitement sur le mépris de classe de l'oligarchie pour les peuples.
Le renforcement des pouvoirs du conseil constitutionnel, lui aussi dépourvu de la moindre légitimité, participe du même mouvement de défiance.
***********
A la lecture de votre livre, on a le sentiment que l'Etat est finalement impuissant face à ces questions [la sécurité et l'immigration]. Malgré le volontarisme de Nicolas Sarkozy et la multiplication des projets de loi, la plupart des initiatives n'aboutissent pas. Quels sont les principaux obstacles auxquels vous vous êtes heurtés ? Sont-ils de nature institutionnelle, politique ? S'agit-il tout simplement de la chape de plomb du politiquement correct ?
En effet, j'ai été impressionné par la puissance des obstacles à l'action publique, pas seulement sur la sécurité d'ailleurs. Le sentiment de l'impuissance publique pèse en permanence sur les épaules d'un acteur du pouvoir politique. Les causes en sont multiples: la situation budgétaire calamiteuse, la prolifération des jurisprudences, constitutionnelles, européennes, qui limitent énormément le champ des décisions possibles, formant un étroit carcan, le climat de conservatisme et d'inertie générale. Un exemple sur lequel je reviens longuement dans le livre. Le président demandait avec insistance la nomination de 50 inspecteurs des services fiscaux, auprès des policiers dans les quartiers touchés par le trafic de stupéfiants afin de traquer les signes extérieurs de richesse. Il lui a fallu plus d'un an pour y parvenir et cette mesure s'est avérée décisive. Pour faire bouger la réalité, il faut une extraordinaire patience et détermination.
Les juridictions ont-elle une part de responsabilité dans cette situation? Laquelle?
Il me semble que nous vivons dans des sociétés où les contre-pouvoirs, en particulier celui des grandes juridictions, les cours suprêmes, l'emportent globalement sur le pouvoir politique. Il faut bien entendu des contreparties et des contrôles face au pouvoir politique mais lorsqu'un certain point d'équilibre est franchi, on tombe dans la paralysie et tous ceux qui ont expérimenté le coeur du volcan le savent. Il y a les choix politiques qui sont censurés par le conseil constitutionnel, comme la taxe carbone en 2010. On peut s'en réjouir au cas par cas sur certains dossiers, mais sur le long terme, c'est l'autonomie et la marge d'action du pouvoir politique qui ne cesse de se restreindre. En outre joue la force de l'autocensure car le travail de préparation de la décision politique consiste à anticiper en permanence sur la réaction des juridictions. Cela pose le problème dramatique de l'avenir de la démocratie, du pouvoir réel du Parlement élu au suffrage universel qui en est le coeur.
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Maxime Tandonnet décrit ce que Mathieu Bock-Coté appelle le chartisme : à coups de chartes et de traités, on limite de plus en plus les pouvoirs du peuple souverain. Bien sûr, on argue toujours d'excellentes raisons et de bonnes intentions, mais l'essentiel demeure : ceux qui négocient et signent ces chartes n'ont absolument aucune légitimité, même si c'est légal.
En effet, il n'y a aucune justification démocratique à la limitation du pouvoir populaire avec des traités signés à l'étranger.
C'est la méthode Monnet, basée explicitement sur le mépris de classe de l'oligarchie pour les peuples.
Le renforcement des pouvoirs du conseil constitutionnel, lui aussi dépourvu de la moindre légitimité, participe du même mouvement de défiance.
Hollande est-il le problème ?
Le Figaro Magazine titre Hollande : le problème, c'est lui.
Je déteste François Hollande, mais ce titre et cet article me paraissent stupides.
Le problème, c'est qu'en trente ans, le PS a été noyauté par les militants associatifs subventionnés et les politiciens professionnels (c'est souvent les mêmes). Cela transforme le PS en parti d'extrême-gauche détaché des réalités et du plus simple bons sens, totalement étranger au monde de 2014. Voilà le vrai problème. Le PS est devenu le partis des dogmatiques défendant les abrités de toutes sortes.
N'importe quel président issu du PS aurait les mêmes difficultés que François Hollande à essayer de concilier l'inconciliable : la réalité et le PS.
Si François Hollande n'avait pas été un menteur pathologique, il n'aurait pas été élu. Mais n'importe quel candidat socialiste devait être menteur comme un arracheur de dents.
Simplement, il a peut-être encore moins de compétences comportementales que les autres, alors son inadéquation au poste se voit plus. Il ne faut pas oublier que, comme président du conseil général de Corrèze, il avait atteint son seuil d'incompétence.
D'ailleurs, il faudrait rayer la Corrèze de la carte à coups de bombe atomique : un département qui a donné à la France Queuille, Chirac et Hollande mérite d'être détruit.
Je déteste François Hollande, mais ce titre et cet article me paraissent stupides.
Le problème, c'est qu'en trente ans, le PS a été noyauté par les militants associatifs subventionnés et les politiciens professionnels (c'est souvent les mêmes). Cela transforme le PS en parti d'extrême-gauche détaché des réalités et du plus simple bons sens, totalement étranger au monde de 2014. Voilà le vrai problème. Le PS est devenu le partis des dogmatiques défendant les abrités de toutes sortes.
N'importe quel président issu du PS aurait les mêmes difficultés que François Hollande à essayer de concilier l'inconciliable : la réalité et le PS.
Si François Hollande n'avait pas été un menteur pathologique, il n'aurait pas été élu. Mais n'importe quel candidat socialiste devait être menteur comme un arracheur de dents.
Simplement, il a peut-être encore moins de compétences comportementales que les autres, alors son inadéquation au poste se voit plus. Il ne faut pas oublier que, comme président du conseil général de Corrèze, il avait atteint son seuil d'incompétence.
D'ailleurs, il faudrait rayer la Corrèze de la carte à coups de bombe atomique : un département qui a donné à la France Queuille, Chirac et Hollande mérite d'être détruit.
vendredi, août 29, 2014
Les banquiers sont-ils des salauds ?
Longue discussion en-dessous de ce billet : les banquiers sont-ils des salauds ?
Cela me semble beaucoup de mots pour un problème simple.
La banque, collecter les dépôts à court terme pour prêter à long terme, est plus qu'un métier honorable : c'est celui qui a permis le développement de l'Occident.
Mais les banquiers de 2014, ceux dont on parle dans les medias, ne sont plus des banquiers, ils n'en portent plus que le nom. Une usurpation. Ce sont des capitalistes de connivence qui profitent de leurs accointances étatiques pour traire la vache, c'est-à-dire le moutontribuable. Donc nulle surprise à ce que les banques soient peuplées d'énarques.
On a maintes fois démontré que les banques sont beaucoup trop grosses pour atteindre une efficacité optimale. Leur taille s'explique par le chantage au «too big to fail».
Je ne sais pas si le banquier de l'agence de Trifouillis-les Calbutes est un salaud. En revanche, je sais que son PDG à Paris en est un beau. Mais il n'est pas le seul, tous ses copains hauts fonctionnaires sont dans le même panier de crabes.
Cela me semble beaucoup de mots pour un problème simple.
La banque, collecter les dépôts à court terme pour prêter à long terme, est plus qu'un métier honorable : c'est celui qui a permis le développement de l'Occident.
Mais les banquiers de 2014, ceux dont on parle dans les medias, ne sont plus des banquiers, ils n'en portent plus que le nom. Une usurpation. Ce sont des capitalistes de connivence qui profitent de leurs accointances étatiques pour traire la vache, c'est-à-dire le moutontribuable. Donc nulle surprise à ce que les banques soient peuplées d'énarques.
On a maintes fois démontré que les banques sont beaucoup trop grosses pour atteindre une efficacité optimale. Leur taille s'explique par le chantage au «too big to fail».
Je ne sais pas si le banquier de l'agence de Trifouillis-les Calbutes est un salaud. En revanche, je sais que son PDG à Paris en est un beau. Mais il n'est pas le seul, tous ses copains hauts fonctionnaires sont dans le même panier de crabes.
jeudi, août 28, 2014
Les patrons français sont les rois des gogos (et ils ne sont pas seuls)
FIGAROVOX - La nomination d'Emmanuel Macron et le numéro de charme de Valls au Medef sont-ils l'acte de naissance d'une gauche réformiste en France?
Jean-Louis BOURLANGES - Les patrons français sont décidément les rois des gogos. Ont-ils oublié qu'Emmanuel Macron était à l'Élysée depuis 2012 et que Manuel Valls n'en est pas à sa première déclaration d'amour aux entreprises? En écoutant le Premier ministre sur France 2, je n'ai pas perçu l'annonce des réformes qu'attend le pays et j'observe que l'équation politique du gouvernement lui interdit de s'affranchir autrement que dans les mots des tabous de sa majorité.
[...]
Quant au gouvernement, il s'est bien gardé jusqu'à présent de mener la politique dont on l'accuse : il s'est inventé une fausse rigueur, il a refusé les vraies réformes et multiplié à l'adresse de nos partenaires des promesses qu'il n'a jamais honorées.
Jean-Louis BOURLANGES - Les patrons français sont décidément les rois des gogos. Ont-ils oublié qu'Emmanuel Macron était à l'Élysée depuis 2012 et que Manuel Valls n'en est pas à sa première déclaration d'amour aux entreprises? En écoutant le Premier ministre sur France 2, je n'ai pas perçu l'annonce des réformes qu'attend le pays et j'observe que l'équation politique du gouvernement lui interdit de s'affranchir autrement que dans les mots des tabous de sa majorité.
[...]
Quant au gouvernement, il s'est bien gardé jusqu'à présent de mener la politique dont on l'accuse : il s'est inventé une fausse rigueur, il a refusé les vraies réformes et multiplié à l'adresse de nos partenaires des promesses qu'il n'a jamais honorées.
mercredi, août 27, 2014
L'union nationale : une dangereuse illusion
Ivan Rioufol a écrit un billet que je trouve, pour une fois, idiot :
Pourquoi l'Union nationale serait nécessaire
En effet, le problème de la France n'est pas la désunion politique, mais, bien au contraire, la trop grande uniformité de l'offre politique, ce que d'aucuns baptisent l'UMPS et que, sur beaucoup de sujets, on pourrait baptiser UMPSFN.
La France souffre que les deux partis dits de gouvernements sont d'accord sur tout : étatistes, européistes, mondialistes, progressistes, anti-nationalistes, multiculturalistes, atlantistes. La seule question qui les sépare est affaire de clientèles électorales : sur qui doivent peser les impôts ?
Prôner l'union nationale, c'est garantir l'immobilisme.
Bien loin d'espérer un gouvernement d'union nationale, j'espère une offre politique qui divise, qui pose de vrais choix.
Après l'assassinat du duc de Guise pour raison d'Etat, Catherine de Médicis aurait dit au roi son fils : «C'est bien taillé, maintenant il faut coudre».
C'est une erreur logique et politique que de vouloir coudre avant d'avoir taillé. Bien entendu, on évite ainsi la part la plus exigeante, le sale boulot, celui qui salit les mains, mais il n'est plus temps d'avoir des scrupules mondains, des pudeurs de chaisières, il faut à la France des guerriers et non des lapins de coursive.
Nos derniers grands hommes, Clemenceau et De Gaulle, n'ont jamais fait autrement : ils ont toujours commencé par diviser -et de quelle manière !- avant de tenter de rassembler.
Pourquoi l'Union nationale serait nécessaire
En effet, le problème de la France n'est pas la désunion politique, mais, bien au contraire, la trop grande uniformité de l'offre politique, ce que d'aucuns baptisent l'UMPS et que, sur beaucoup de sujets, on pourrait baptiser UMPSFN.
La France souffre que les deux partis dits de gouvernements sont d'accord sur tout : étatistes, européistes, mondialistes, progressistes, anti-nationalistes, multiculturalistes, atlantistes. La seule question qui les sépare est affaire de clientèles électorales : sur qui doivent peser les impôts ?
Prôner l'union nationale, c'est garantir l'immobilisme.
Bien loin d'espérer un gouvernement d'union nationale, j'espère une offre politique qui divise, qui pose de vrais choix.
Après l'assassinat du duc de Guise pour raison d'Etat, Catherine de Médicis aurait dit au roi son fils : «C'est bien taillé, maintenant il faut coudre».
C'est une erreur logique et politique que de vouloir coudre avant d'avoir taillé. Bien entendu, on évite ainsi la part la plus exigeante, le sale boulot, celui qui salit les mains, mais il n'est plus temps d'avoir des scrupules mondains, des pudeurs de chaisières, il faut à la France des guerriers et non des lapins de coursive.
Nos derniers grands hommes, Clemenceau et De Gaulle, n'ont jamais fait autrement : ils ont toujours commencé par diviser -et de quelle manière !- avant de tenter de rassembler.
A propos de la politique française
Gilbert Keith Chesterton cité par Simon Leys :
«Il y a des formes destructives dans notre société, qui ne sont rien d'autre que destructives, car elles ne cherchent pas à modifier l'état des choses, mais à l'annihiler, en se basant sur une anarchie interne qui rejette toutes les distinctions morales sur lesquelles même les simples rebelles s'appuient encore. A présent, le criminel le plus dangereux est le philosophe moderne qui ne connaît plus aucune loi. L'ennemi n'émane pas des masses populaires, il se recrute parmi les gens éduqués et aisés, qui allient intellectualisme et ignorance, et sont soutenus en chemin par le culte que la faiblesse rend à la force. Plus spécifiquement, il est certain que les milieux scientifiques et artistiques sont silencieusement unis dans une croisade dirigée contre la famille et l'Etat.»
J'ai déjà utilisé cette citation.
Et juste pour le plaisir :
Simon Leys à Apostrophes
Vous remarquerez que Bernard Pivot a eu le «courage» d'inviter Simon Leys douze ans (oui, douze, six plus six. Et des ans, pas des mois) après la parution de son livre sur la révolution culturelle.
Le studio de l'inutilité : Chesterton
Je ne retrouve plus le passage de Leys que j'ai en tête mais je le restitue à ma façon : la nature humaine ne change pas. Il y a toujours eu des intellectuels fascinés par la violence, peut-être pour des raisons psychologiques. Il n'y a donc aucune raison de penser que les intellectuels du XXIème siècle ne reproduiront pas les errements, avec d'autres théories et d'autres arguments, de leurs prédécesseurs du XXème siècle.
Ca fait froid dans le dos.
«Il y a des formes destructives dans notre société, qui ne sont rien d'autre que destructives, car elles ne cherchent pas à modifier l'état des choses, mais à l'annihiler, en se basant sur une anarchie interne qui rejette toutes les distinctions morales sur lesquelles même les simples rebelles s'appuient encore. A présent, le criminel le plus dangereux est le philosophe moderne qui ne connaît plus aucune loi. L'ennemi n'émane pas des masses populaires, il se recrute parmi les gens éduqués et aisés, qui allient intellectualisme et ignorance, et sont soutenus en chemin par le culte que la faiblesse rend à la force. Plus spécifiquement, il est certain que les milieux scientifiques et artistiques sont silencieusement unis dans une croisade dirigée contre la famille et l'Etat.»
J'ai déjà utilisé cette citation.
Et juste pour le plaisir :
Simon Leys à Apostrophes
Vous remarquerez que Bernard Pivot a eu le «courage» d'inviter Simon Leys douze ans (oui, douze, six plus six. Et des ans, pas des mois) après la parution de son livre sur la révolution culturelle.
Le studio de l'inutilité : Chesterton
Je ne retrouve plus le passage de Leys que j'ai en tête mais je le restitue à ma façon : la nature humaine ne change pas. Il y a toujours eu des intellectuels fascinés par la violence, peut-être pour des raisons psychologiques. Il n'y a donc aucune raison de penser que les intellectuels du XXIème siècle ne reproduiront pas les errements, avec d'autres théories et d'autres arguments, de leurs prédécesseurs du XXème siècle.
Ca fait froid dans le dos.
mardi, août 26, 2014
lundi, août 25, 2014
Un hommage à Arnaud Montebourg
Parlez-vous le Montebourg ?
Je ne suis pas d'accord avec Arnaud Montebourg mais je m'associe assez volontiers à cet hommage sur la forme, certes loin d'être parfaite. Il y a des fautes de français, quelques tournures inélégantes, des hésitations, l'allusion à Cincinnatus est déplacée, mais quand on a écouté des discours de Hollande ou d'Ayrault, qui génèrent chez l'auditeur des pulsions suicidaires, le petit mieux montebourgeois soulage.
Conférence de presse d'Arnaud Montebourg du 25... par 20Minutes
Pour nos politiciens technocrates, la seule fonction de la culture est utilitaire : passer les concours et bien figurer dans les classements. C'est pourquoi ils cessent de se cultiver et d'apprendre après l'âge de vingt-cinq ans.
Nul, même parmi les plus malveillants d'entre nous, ne soupçonne Alain Juppé ou François Hollande d'avoir une vie intérieure, ni, d'ailleurs, quoi que ce soit d'intérieur. Leur ego démesuré s'extériorise aussi.
Je ne suis pas d'accord avec Arnaud Montebourg mais je m'associe assez volontiers à cet hommage sur la forme, certes loin d'être parfaite. Il y a des fautes de français, quelques tournures inélégantes, des hésitations, l'allusion à Cincinnatus est déplacée, mais quand on a écouté des discours de Hollande ou d'Ayrault, qui génèrent chez l'auditeur des pulsions suicidaires, le petit mieux montebourgeois soulage.
Conférence de presse d'Arnaud Montebourg du 25... par 20Minutes
Pour nos politiciens technocrates, la seule fonction de la culture est utilitaire : passer les concours et bien figurer dans les classements. C'est pourquoi ils cessent de se cultiver et d'apprendre après l'âge de vingt-cinq ans.
Nul, même parmi les plus malveillants d'entre nous, ne soupçonne Alain Juppé ou François Hollande d'avoir une vie intérieure, ni, d'ailleurs, quoi que ce soit d'intérieur. Leur ego démesuré s'extériorise aussi.
Libellés :
Arnaud Modeste Monteàrebours,
La lie
dimanche, août 24, 2014
Le mépris de classe d'Antoine Compagnon
Les déclarations d'Antoine Compagnon, reflet de l'arrogance de nos élites
Qui peut être surpris ? Le sentiment que la classe dirigeante le méprise et le trahit est peut-être le dernier ciment qui unit le peuple français. Et il a de solides raisons de penser que ce n'est pas seulement un sentiment, mais une réalité.
Qui peut être surpris ? Le sentiment que la classe dirigeante le méprise et le trahit est peut-être le dernier ciment qui unit le peuple français. Et il a de solides raisons de penser que ce n'est pas seulement un sentiment, mais une réalité.
Libellés :
classe jacassante,
mépris de classe
Complaisance
Chrétiens persécutés : pourquoi les Musulmans de France sont‐ils si peu audibles ?
Les phrases importantes sont :
*************
Il y a assurément de la complaisance [des musulmans en France vis-à-vis des islamistes], même si celle-ci n'est pas forcément explicite. Il est des silences éloquents pour ne pas dire complices. En effet, compte tenu des effets de la mondialisation de l'information, nul n'est censé ignorer ce qui se passe ailleurs, à commencer par les dignitaires religieux qui s'expriment régulièrement au nom de l'islam! C'est pourquoi, toute condamnation tiède ou tardive peut être assimilée, à tort ou à raison, à l'expression d'une forme de complaisance, qui, immanquablement, éclaboussera le musulman lambda.
*************
Cette complaisance des musulmans en France vis-à-vis des islamistes sautent aux yeux : quand ils sont indignés et qu'ils veulent organiser des manifestations, ils savent parfaitement le faire. S'ils ne le font pas à propos du terrorisme islamiste, c'est que l'islamisme ne les indigne pas au point d'organiser une manifestation. Ce n'est pas de la complicité, c'est au moins de la complaisance.
Moi qui ne prends pas les hommes pour des êtres déracinés et sans substance, je ne suis pas surpris. C'est dans l'ordre des choses.
Ils ne sont pas fous. Les fous, c'est nous, qui sommes incapables de tirer collectivement les conséquences pourtant simples de comportements humains élémentaires et universels.
Tenez, je ne l'avais pas vu, celle-là :
Les phrases importantes sont :
*************
Il y a assurément de la complaisance [des musulmans en France vis-à-vis des islamistes], même si celle-ci n'est pas forcément explicite. Il est des silences éloquents pour ne pas dire complices. En effet, compte tenu des effets de la mondialisation de l'information, nul n'est censé ignorer ce qui se passe ailleurs, à commencer par les dignitaires religieux qui s'expriment régulièrement au nom de l'islam! C'est pourquoi, toute condamnation tiède ou tardive peut être assimilée, à tort ou à raison, à l'expression d'une forme de complaisance, qui, immanquablement, éclaboussera le musulman lambda.
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Cette complaisance des musulmans en France vis-à-vis des islamistes sautent aux yeux : quand ils sont indignés et qu'ils veulent organiser des manifestations, ils savent parfaitement le faire. S'ils ne le font pas à propos du terrorisme islamiste, c'est que l'islamisme ne les indigne pas au point d'organiser une manifestation. Ce n'est pas de la complicité, c'est au moins de la complaisance.
Moi qui ne prends pas les hommes pour des êtres déracinés et sans substance, je ne suis pas surpris. C'est dans l'ordre des choses.
Ils ne sont pas fous. Les fous, c'est nous, qui sommes incapables de tirer collectivement les conséquences pourtant simples de comportements humains élémentaires et universels.
Tenez, je ne l'avais pas vu, celle-là :
samedi, août 23, 2014
Le cirque médiatique Juppé
Le cirque médiatique Juppé se met en place. Je pense que cela va finir comme les coqueluches des medias du passé, Balladur, Jospin, Delors, Rocard.
Mais je me méfie : la droite la plus bête du monde est capable de tous les exploits, y compris de choisir ce connard de Juppé comme candidat. Certaines poules mouillées prétendues de droite commencent à lui trouver des qualités (c'est si confortable de renoncer à se battre avant d'avoir engagé la bataille, de se soumettre d'avance au diktat moral de la gauche). D'autant plus que les medias ont pu imposer un minable conseiller général comme président, on n'est à l'abri d'aucune catastrophe.
Vous savez que je déteste Alain Juppé, il a tous les défauts : lèche-bottes du politiquement correct, européiste, atlantiste, dhimmi islamophile, immigrationniste, «citoyen du monde». Il s'est toujours trompé dans tout ce qu'il a fait : dix raisons de ne pas voter Juppé.
A ceux qui tirent argument qu'il serait un bon maire de Bordeaux, je rappelle que Jacques Chirac passait pour un bon maire de Paris. Sa présidence fut une catastrophe. Il y a un fossé gigantesque entre arroser judicieusement les clientèles dans une commune et diriger un grand pays. De Gaulle n'a jamais été maire de Colombey-les-deux-églises.
Alain Catastrophe Juppé est caricatural des technocrates à la française : il sait tout, ne comprend rien et prend tous les autres pour des cons. Le rôle à la mesure des ces gens là, c'est conseiller chargé du dossier des choux farcis au fin fond du ministère de la l'agriculture, certainement pas chef d'un pays en crise.
Et pourtant, je crains qu'une France qui a été capable d'élire François Hollande puisse élire Alain Juppé. Une partie de la France n'a plus le goût de vivre, elle cherche non plus des guerriers mais des fossoyeurs qui ne la dérangent pas trop dans son agonie. Pour une telle tâche, Hollande ou Juppé suffisent, Maurice, le cantonnier du coin, aussi.
Mais je me méfie : la droite la plus bête du monde est capable de tous les exploits, y compris de choisir ce connard de Juppé comme candidat. Certaines poules mouillées prétendues de droite commencent à lui trouver des qualités (c'est si confortable de renoncer à se battre avant d'avoir engagé la bataille, de se soumettre d'avance au diktat moral de la gauche). D'autant plus que les medias ont pu imposer un minable conseiller général comme président, on n'est à l'abri d'aucune catastrophe.
Vous savez que je déteste Alain Juppé, il a tous les défauts : lèche-bottes du politiquement correct, européiste, atlantiste, dhimmi islamophile, immigrationniste, «citoyen du monde». Il s'est toujours trompé dans tout ce qu'il a fait : dix raisons de ne pas voter Juppé.
A ceux qui tirent argument qu'il serait un bon maire de Bordeaux, je rappelle que Jacques Chirac passait pour un bon maire de Paris. Sa présidence fut une catastrophe. Il y a un fossé gigantesque entre arroser judicieusement les clientèles dans une commune et diriger un grand pays. De Gaulle n'a jamais été maire de Colombey-les-deux-églises.
Alain Catastrophe Juppé est caricatural des technocrates à la française : il sait tout, ne comprend rien et prend tous les autres pour des cons. Le rôle à la mesure des ces gens là, c'est conseiller chargé du dossier des choux farcis au fin fond du ministère de la l'agriculture, certainement pas chef d'un pays en crise.
Et pourtant, je crains qu'une France qui a été capable d'élire François Hollande puisse élire Alain Juppé. Une partie de la France n'a plus le goût de vivre, elle cherche non plus des guerriers mais des fossoyeurs qui ne la dérangent pas trop dans son agonie. Pour une telle tâche, Hollande ou Juppé suffisent, Maurice, le cantonnier du coin, aussi.
Libellés :
classe jacassante,
Juppé,
la France qui coule
L'infâme «essentialisation»
Dans le fil de commentaires en lien, je suis accusé d''infâme «essentialisation».
Que signifie cette accusation typiquement gauchiste ?
Elle signifie que, suivant une des expressions favorites de De Gaulle, je considère que les choses sont ce qu'elles sont. Que je les regarde en face, que j'appelle un chat un chat. Que les choses et les hommes ont une essence, qu'ils ne sont pas des notions indéfinies flottant dans des cerveaux malades et modelables à l'infini.
Pour la gauche, qui a un rapport conflictuel avec la réalité, c'est évidemment un crime impardonnable.
Considérer que, les choses étant ce qu'elles sont, une paire d'homosexuels n'est pas un couple, un pays plombée par la gabegie publique ne peut être prospère, l'islam est violent, un étranger n'est pas un autochtone, passe très mal à gauche.
Cela n'empêche pas les nuances. L'islam est aujourd'hui un danger. Je veux bien admettre (sans vraiment y croire) que, dans deux ou trois siècles, il aura changé. Mais, en attendant, c'est maintenant qu'il faut se défendre.
L'accusation d'«essentialisation» marque toujours le gauchisme de l'accusateur. Mais aussi ses limites intellectuelles et morales : l'incapacité à regarder la réalité en face.
Que signifie cette accusation typiquement gauchiste ?
Elle signifie que, suivant une des expressions favorites de De Gaulle, je considère que les choses sont ce qu'elles sont. Que je les regarde en face, que j'appelle un chat un chat. Que les choses et les hommes ont une essence, qu'ils ne sont pas des notions indéfinies flottant dans des cerveaux malades et modelables à l'infini.
Pour la gauche, qui a un rapport conflictuel avec la réalité, c'est évidemment un crime impardonnable.
Considérer que, les choses étant ce qu'elles sont, une paire d'homosexuels n'est pas un couple, un pays plombée par la gabegie publique ne peut être prospère, l'islam est violent, un étranger n'est pas un autochtone, passe très mal à gauche.
Cela n'empêche pas les nuances. L'islam est aujourd'hui un danger. Je veux bien admettre (sans vraiment y croire) que, dans deux ou trois siècles, il aura changé. Mais, en attendant, c'est maintenant qu'il faut se défendre.
L'accusation d'«essentialisation» marque toujours le gauchisme de l'accusateur. Mais aussi ses limites intellectuelles et morales : l'incapacité à regarder la réalité en face.
vendredi, août 22, 2014
L'austérité pour les autres
La politique économique de François Hollande est très claire : «l'austérité pour les autres».
On emmerde et on pressure le monde entier, sauf ses copains et ses clientèles électorales, c'est-à-dire les abrités. C'est l'austérité pour les autres, c'est-à-dire les exposés.
Favoriser les abrités et pressurer les exposés : la machine à perpétrer des injustices turbine à fond.
Charles Wyplosz propose une véritable autre politique.
Le mécanisme depuis trente ans est le suivant :
En période de vaches maigres, on augmente les dépenses publiques et on creuse les déficits.
En période de vaches grasses, on augmente les impots pour rattaper un peu les déficits.
Résultat : par effet cliquet, à chaque crise, l'économie communiste étouffe un peu plus l'économie libre. Les vaches maigres sont de plus en plus maigres et durent de plus en plus longtemps. Les vaches grasses sont de moins en moins grasses et meurent vite.
Nulle fatalité, nul coup funeste du sort : c'est la conséquence logique, prévisible (et prévue par les libéraux) de la politique suivie depuis trente ans. La France n'est pas victime de malheurs extérieurs mais de ses très mauvais choix.
Wyplosz propose d'inverser :
En période de vaches maigres, on baisse les impôts.
En période de vaches grasses, on baisse les dépenses publiques.
A court terme, les deux politiques creusent les déficits. Mais, à long terme, la politique Wyplosz soulage l'économie libre du joug de l'économie communiste. La prospérité revient. La dette est remboursée.
Bien sûr, cette politique n'a aucune chance pour des raisons de clientélisme. Les abrités sont bien trop nombreux et puissants.
Nous boirons le calice jusqu'à la lie.
Hors sujet : private joke. Il va sortir sur le pape un film intitulé Call me Francisco, c'est mieux que Call me Jambon mais ça va quand même nous faire rire cinq minutes.
On emmerde et on pressure le monde entier, sauf ses copains et ses clientèles électorales, c'est-à-dire les abrités. C'est l'austérité pour les autres, c'est-à-dire les exposés.
Favoriser les abrités et pressurer les exposés : la machine à perpétrer des injustices turbine à fond.
Charles Wyplosz propose une véritable autre politique.
Le mécanisme depuis trente ans est le suivant :
En période de vaches maigres, on augmente les dépenses publiques et on creuse les déficits.
En période de vaches grasses, on augmente les impots pour rattaper un peu les déficits.
Résultat : par effet cliquet, à chaque crise, l'économie communiste étouffe un peu plus l'économie libre. Les vaches maigres sont de plus en plus maigres et durent de plus en plus longtemps. Les vaches grasses sont de moins en moins grasses et meurent vite.
Nulle fatalité, nul coup funeste du sort : c'est la conséquence logique, prévisible (et prévue par les libéraux) de la politique suivie depuis trente ans. La France n'est pas victime de malheurs extérieurs mais de ses très mauvais choix.
Wyplosz propose d'inverser :
En période de vaches maigres, on baisse les impôts.
En période de vaches grasses, on baisse les dépenses publiques.
A court terme, les deux politiques creusent les déficits. Mais, à long terme, la politique Wyplosz soulage l'économie libre du joug de l'économie communiste. La prospérité revient. La dette est remboursée.
Bien sûr, cette politique n'a aucune chance pour des raisons de clientélisme. Les abrités sont bien trop nombreux et puissants.
Nous boirons le calice jusqu'à la lie.
Hors sujet : private joke. Il va sortir sur le pape un film intitulé Call me Francisco, c'est mieux que Call me Jambon mais ça va quand même nous faire rire cinq minutes.
jeudi, août 21, 2014
Joffre, l'âne qui commandait des lions (R. Fraenkel)
C'est un des meilleurs pamphlets que j'ai lu depuis longtemps. Le style est incisif, cruel, et le fond me paraît juste.
C'est bien ce qui me gêne : un pamphlet contre un type mort il y a quatre-vingts ans, c'est de mauvais goût. Même si je pense que l'auteur a l'excuse d'être dans le vrai et d'essayer de faire pièce à une propagande maligne.
Fraenkel accuse Joseph Joffre d'être responsable de l'horrible hécatombe d'août 14 (environ 300 000 morts en 3 semaines !) et d'avoir falsifié les documents pour le cacher (les magouilles de Joffre antidatant des documents pour s'attribuer la paternité de la bataille de la Marne sont mieux connues).
Pire, et c'est une tache ineffaçable sur l'honneur de Joffre, il a osé écrire, pour se dédouaner, que les troupes françaises n'avaient pas montré les qualités offensives qu'on attendait d'elles.
Quand on sait les actes de bravoure insensés qu'on a vus cet été là, c'est à hurler : ce messager blessé, qui préfère porter son pli plutôt que de se faire soigner et qui meurt d'hémorragie une fois sa mission accomplie, n'est-ce pas un trait digne de Philippidès à Marathon ? Cet officier blessé trois fois dans la même journée et qui chaque fois retourne au feu. La quatrième fois est la bonne : la blessure est mortelle. Ce régiment qui se fait hacher menu à Morhange, sur les 1000 partants, 50 survivants, cela vaut bien les Thermopyles ?
Quelle est la thèse de Fraenkel ? Joffre a toujours prétendu qu'il n'avait pas vraiment de plan d'opérations. Pour Fraenkel, c'est faux, il en avait un, mais tellement mauvais qu'il a préféré passer pour un imbécile imprévoyant que pour un fou criminel.
La plan de Joffre d'après Fraenkel : laisser les Allemands s'avancer à travers la Belgique et le nord de la France, puis couper les têtes de l'hydre par une attaque du sud vers le nord sur les arrières des colonnes ennemies, du coté des Ardennes. Le tout avec la seule armée d'active, les réserves étant tenues pour négligeables.
Cette conception est folle : elle ne tient aucun compte de la géographie, de la logistique et des possibilités de manoeuvre. Elle a d'ailleurs échoué avant même d'avoir commencé. C'est d'autant plus fou que début 1914 un exercice sur table simulant l'entrée des Allemands par la Belgique (Gallieni avait pris le commandement des armées allemandes !) a permis d'étudier plusieurs possibilités et d'aboutir à la conclusion dont nous avons des raisons de penser, avec notre savoir rétrospectif, qu'elle était la meilleure : stopper les Allemands au plus tôt en engageant les réserves avant qu'ils n'aient le temps de développer leur offensive.
En 1914, l'armée française fut sauvée par Lanrezac qui recula après le désastre de Charleroi, contre les ordres reçus de Joffre (il en fut limogé) et par Gallieni, qui prépara deux semaines à l'avance ce qui allait devenir la victoire de la Marne.
Nul en stratégie, Joffre a eu des méthodes de commandement dégueulasses, n'hésitant pas à mentir sciemment à ses subordonnés sur les effectifs de l'ennemi du genre «Allez-y à fond, il n'y a quasi personne devant», ce qui explique en partie les charges folles.
Bref, en plus d'être nul à la guerre, Joffre est enfoiré et mesquin.
Tout cela est connu des gens qui ont nommé Joffre.
Sa seule expérience du feu est une escarmouche du coté de Tombouctou. Il n'a jamais commandé d'armée ni travaillé en état-major. Il a toujours été assez médiocre. Ceux qui signent sa nomination ne peuvent guère se faire d'illusions.
Malheureusement, sa nullité paraît à certains politiciens un gage de docilité (ce en quoi ils se trompent).
Joffre aurait du être fusillé dans les fossés de Vincennes, et non pas élevé au maréchalat. Mais ceux qui l'avaient nommé auraient eu de sérieux comptes à rendre.
Voilà le grand crime (malheureusement peu développé par Fraenkel) : nommer au poste suprême, en connaissance de cause, un incompétent. Et pourquoi ? Parce qu'il ne sortait pas de la «jésuitière», parce que c'était un «bon républicain». C'est avec des arguments comme cela qu'on gagne les guerres !
Et ses méfaits vont loin, au-delà de la tombe : en 1940, nous avons hérité de son adjoint, Maurice Gamelin, nommé sur des critères identiques, avec le succès que l'on sait.
C'est bien ce qui me gêne : un pamphlet contre un type mort il y a quatre-vingts ans, c'est de mauvais goût. Même si je pense que l'auteur a l'excuse d'être dans le vrai et d'essayer de faire pièce à une propagande maligne.
Fraenkel accuse Joseph Joffre d'être responsable de l'horrible hécatombe d'août 14 (environ 300 000 morts en 3 semaines !) et d'avoir falsifié les documents pour le cacher (les magouilles de Joffre antidatant des documents pour s'attribuer la paternité de la bataille de la Marne sont mieux connues).
Pire, et c'est une tache ineffaçable sur l'honneur de Joffre, il a osé écrire, pour se dédouaner, que les troupes françaises n'avaient pas montré les qualités offensives qu'on attendait d'elles.
Quand on sait les actes de bravoure insensés qu'on a vus cet été là, c'est à hurler : ce messager blessé, qui préfère porter son pli plutôt que de se faire soigner et qui meurt d'hémorragie une fois sa mission accomplie, n'est-ce pas un trait digne de Philippidès à Marathon ? Cet officier blessé trois fois dans la même journée et qui chaque fois retourne au feu. La quatrième fois est la bonne : la blessure est mortelle. Ce régiment qui se fait hacher menu à Morhange, sur les 1000 partants, 50 survivants, cela vaut bien les Thermopyles ?
Quelle est la thèse de Fraenkel ? Joffre a toujours prétendu qu'il n'avait pas vraiment de plan d'opérations. Pour Fraenkel, c'est faux, il en avait un, mais tellement mauvais qu'il a préféré passer pour un imbécile imprévoyant que pour un fou criminel.
La plan de Joffre d'après Fraenkel : laisser les Allemands s'avancer à travers la Belgique et le nord de la France, puis couper les têtes de l'hydre par une attaque du sud vers le nord sur les arrières des colonnes ennemies, du coté des Ardennes. Le tout avec la seule armée d'active, les réserves étant tenues pour négligeables.
Cette conception est folle : elle ne tient aucun compte de la géographie, de la logistique et des possibilités de manoeuvre. Elle a d'ailleurs échoué avant même d'avoir commencé. C'est d'autant plus fou que début 1914 un exercice sur table simulant l'entrée des Allemands par la Belgique (Gallieni avait pris le commandement des armées allemandes !) a permis d'étudier plusieurs possibilités et d'aboutir à la conclusion dont nous avons des raisons de penser, avec notre savoir rétrospectif, qu'elle était la meilleure : stopper les Allemands au plus tôt en engageant les réserves avant qu'ils n'aient le temps de développer leur offensive.
En 1914, l'armée française fut sauvée par Lanrezac qui recula après le désastre de Charleroi, contre les ordres reçus de Joffre (il en fut limogé) et par Gallieni, qui prépara deux semaines à l'avance ce qui allait devenir la victoire de la Marne.
Nul en stratégie, Joffre a eu des méthodes de commandement dégueulasses, n'hésitant pas à mentir sciemment à ses subordonnés sur les effectifs de l'ennemi du genre «Allez-y à fond, il n'y a quasi personne devant», ce qui explique en partie les charges folles.
Bref, en plus d'être nul à la guerre, Joffre est enfoiré et mesquin.
Tout cela est connu des gens qui ont nommé Joffre.
Sa seule expérience du feu est une escarmouche du coté de Tombouctou. Il n'a jamais commandé d'armée ni travaillé en état-major. Il a toujours été assez médiocre. Ceux qui signent sa nomination ne peuvent guère se faire d'illusions.
Malheureusement, sa nullité paraît à certains politiciens un gage de docilité (ce en quoi ils se trompent).
Joffre aurait du être fusillé dans les fossés de Vincennes, et non pas élevé au maréchalat. Mais ceux qui l'avaient nommé auraient eu de sérieux comptes à rendre.
Voilà le grand crime (malheureusement peu développé par Fraenkel) : nommer au poste suprême, en connaissance de cause, un incompétent. Et pourquoi ? Parce qu'il ne sortait pas de la «jésuitière», parce que c'était un «bon républicain». C'est avec des arguments comme cela qu'on gagne les guerres !
Et ses méfaits vont loin, au-delà de la tombe : en 1940, nous avons hérité de son adjoint, Maurice Gamelin, nommé sur des critères identiques, avec le succès que l'on sait.
mercredi, août 20, 2014
Du bonheur d'être réac. Apologie de la liberté (D. Tillinac)
Certains trous du cul lecteurs reprochent à ce blog de ne pas être assez productif en période estivale. Je fais ce que je peux, j'aimerais les y voir.
Tillinac a parfois des idées politiques étranges, il répugne au conflit, ce qui l'amène à faire des concessions dommageables.
Cependant, c'est un styliste agréable et son opuscule est sans défaut (à part une phrase mal tournée dont je m'étonne qu'elle ait franchi le filtre de la correction). Son association du réac et de la liberté est pertinente. La mentalité du réac est bien rendue.
Une lecture d'été, à lire en chaise longue à l'ombre d'un charme.
Tillinac a parfois des idées politiques étranges, il répugne au conflit, ce qui l'amène à faire des concessions dommageables.
Cependant, c'est un styliste agréable et son opuscule est sans défaut (à part une phrase mal tournée dont je m'étonne qu'elle ait franchi le filtre de la correction). Son association du réac et de la liberté est pertinente. La mentalité du réac est bien rendue.
Une lecture d'été, à lire en chaise longue à l'ombre d'un charme.
samedi, août 16, 2014
Les pierres d'angle (C. Delsol)
Après L'âge du renoncement, Chantal Delsol cherche ce qu'on peut sauver des principes chrétiens qui construisent, qu'on le veuille ou non, notre société (sans christianisme, pas de personnes et pas de libertés individuelles, pas de Vérité et pas de quête de la Vérité).
Cette tentative me semble vaine. A mon sens, il n'y a qu'une manière de sauver les principes du christianisme : être chrétien. Tout le reste est irréaliste.
Puisque notre société est déchristianisée, elle a renoncé à elle-même, elle n'a donc qu'un destin : disparaître à brève échéance, comme a disparu l'empire romain. Ce qui n'empêcherait pas d'ailleurs une renaissance ultérieure du christianisme, sur les décombres. Car notre société peut disparaître, les hommes continueront à vivre et auront besoin de constituer une société, qui sera autre que la nôtre.
Cependant, Delsol a nombre de réflexions intéressantes.
Par exemple, elle explique que des sociétés sans père existent et peuvent encore exister (contrairement à ce que prétendent certains opposants à la dénaturation du mariage), mais elles ont toutes un point commun : ce ne sont pas des sociétés libres. Car le rôle du père est libérateur. Je rappelle qu'on a décrit le régime nazi comme le régime des enfants sans pères (pères tués à la guerre, estropiés, dévalorisés par le chômage).
Ou encore, elle met en lumière la contradiction entre la démocratie, qui suppose des citoyens adultes et responsables, et l'Etat-providence, qui nous traite tous comme des enfants irresponsables.
Pour Delsol, le mal absolu est le subjectivisme. S'il n'y a aucun critère objectif pour rien, alors ce que décrète l'Etat s'impose sans contestation possible, il ne peut plus y avoir d'Antigone qui conteste le pouvoir au nom de principes supérieurs, puisqu'il n'y a plus de principes supérieurs.
C'est le positivisme juridique, que le sénateur bolchévique Michel a excellemment résumé : «Ce qui est juste, c'est ce que dit la loi» (oui, on a pu entendre des phrases comme celles-ci en France en 2013. C'est stupéfiant). Si la loi dit 2+2=5 (comme les lois mémorielles), qui peut le contester puisque tout est affaire d'opinions subjectives ? La voie du totalitarisme est ouverte. Et qu'il soit mou, à coup d'abrutissement médiatique plutôt que de séjours à la Loubianka, ne change pas le fond.
Les pierres d'angle
Cette tentative me semble vaine. A mon sens, il n'y a qu'une manière de sauver les principes du christianisme : être chrétien. Tout le reste est irréaliste.
Puisque notre société est déchristianisée, elle a renoncé à elle-même, elle n'a donc qu'un destin : disparaître à brève échéance, comme a disparu l'empire romain. Ce qui n'empêcherait pas d'ailleurs une renaissance ultérieure du christianisme, sur les décombres. Car notre société peut disparaître, les hommes continueront à vivre et auront besoin de constituer une société, qui sera autre que la nôtre.
Cependant, Delsol a nombre de réflexions intéressantes.
Par exemple, elle explique que des sociétés sans père existent et peuvent encore exister (contrairement à ce que prétendent certains opposants à la dénaturation du mariage), mais elles ont toutes un point commun : ce ne sont pas des sociétés libres. Car le rôle du père est libérateur. Je rappelle qu'on a décrit le régime nazi comme le régime des enfants sans pères (pères tués à la guerre, estropiés, dévalorisés par le chômage).
Ou encore, elle met en lumière la contradiction entre la démocratie, qui suppose des citoyens adultes et responsables, et l'Etat-providence, qui nous traite tous comme des enfants irresponsables.
Pour Delsol, le mal absolu est le subjectivisme. S'il n'y a aucun critère objectif pour rien, alors ce que décrète l'Etat s'impose sans contestation possible, il ne peut plus y avoir d'Antigone qui conteste le pouvoir au nom de principes supérieurs, puisqu'il n'y a plus de principes supérieurs.
C'est le positivisme juridique, que le sénateur bolchévique Michel a excellemment résumé : «Ce qui est juste, c'est ce que dit la loi» (oui, on a pu entendre des phrases comme celles-ci en France en 2013. C'est stupéfiant). Si la loi dit 2+2=5 (comme les lois mémorielles), qui peut le contester puisque tout est affaire d'opinions subjectives ? La voie du totalitarisme est ouverte. Et qu'il soit mou, à coup d'abrutissement médiatique plutôt que de séjours à la Loubianka, ne change pas le fond.
Les pierres d'angle
mardi, août 12, 2014
Décès de Simon Leys
J'apprends le décès de Simon Leys. C'est une bien triste nouvelle.
Il y aurait beaucoup à dire mais l'essentiel tient en quelques mots : c'était un homme droit, juste et fin à une époque qui en compte très peu.
Notre époque est d'ailleurs jugée par le fait qu'elle passe ce décès sous silence alors qu'elle est prompte à verser des larmes de crocodile sur le moindre saltimbanque abruti, narcissique et dépourvu d'un quelconque intérêt.
Il est vrai que Simon Leys, par le contre-exemple qu'il donnait en se tenant droit, la vertu d'orthocivisme, était une insulte permanente à notre époque qui exalte la bassesse et la superficialité.
Il y aurait beaucoup à dire mais l'essentiel tient en quelques mots : c'était un homme droit, juste et fin à une époque qui en compte très peu.
Notre époque est d'ailleurs jugée par le fait qu'elle passe ce décès sous silence alors qu'elle est prompte à verser des larmes de crocodile sur le moindre saltimbanque abruti, narcissique et dépourvu d'un quelconque intérêt.
Il est vrai que Simon Leys, par le contre-exemple qu'il donnait en se tenant droit, la vertu d'orthocivisme, était une insulte permanente à notre époque qui exalte la bassesse et la superficialité.
dimanche, août 10, 2014
Les majorités pacifiques n'existent pas
Les majorités pacifiques n'existent pas
Certes, il n'y a que les imbéciles (très nombreux, et de plus en plus) pour croire à l'argument débile de la majorité-de-musulmans-pacifiques-opposés-aux-islamistes.
Tout de même, c'est irritant de le voir ressorti à tout propos. C'est vraiment nous prendre pour des cons. Ca ne tient pas une demi-seconde : comme l'explique très bien l'article, les majorités pacifiques, ça ne fait pas l'histoire, ça compte pour du beurre.
Ceux qui arguent de la «majorité pacifique des musulmans» sont des lâches refusant de constater un conflit évident pour ne pas avoir à combattre, des collabos en puissance (ou déjà en action).
Certes, il n'y a que les imbéciles (très nombreux, et de plus en plus) pour croire à l'argument débile de la majorité-de-musulmans-pacifiques-opposés-aux-islamistes.
Tout de même, c'est irritant de le voir ressorti à tout propos. C'est vraiment nous prendre pour des cons. Ca ne tient pas une demi-seconde : comme l'explique très bien l'article, les majorités pacifiques, ça ne fait pas l'histoire, ça compte pour du beurre.
Ceux qui arguent de la «majorité pacifique des musulmans» sont des lâches refusant de constater un conflit évident pour ne pas avoir à combattre, des collabos en puissance (ou déjà en action).
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