Lire Rémi Brague est toujours un plaisir : il est précis, clair et net.
Rémi Brague : « Certains ‘laïcards' exploitent la peur de l'islam pour en finir avec le christianisme »
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Mais comment faire appliquer la loi sur le voile à l'école et la burqa dans la rue si la loi n'est pas appliquée de manière stricte pour toutes les religions ?
Quel rapport entre un monument public et une pièce de vêtement, qui relève du privé ? Le vrai parallèle à l'érection d'un tel monument serait la construction d'une mosquée. Qui l'interdit ? Bien des municipalités la favorisent plutôt.
De toute façon, on a souvent l'impression que le fait qu'une loi soit appliquée est en France plutôt une option. Combien de lois sont restées sans décrets d'application? Verbalise-t-on les femmes qui portent un costume qui masque leur visage? Le fait-on dans « les quartiers » ?
Est-ce illusoire de vouloir appliquer la laïcité de la même manière pour toutes les religions dans un pays de culture chrétienne ?
« Toutes les religions », cela ne veut pas dire grand-chose. Ce qui est vrai, c'est que la «laïcité» à la française—expression qui est d'ailleurs tautologique—a été taillée à la mesure du christianisme, par des gens qui le connaissaient très bien. N'oublions pas que le petit père Émile Combes avait passé ses thèses de lettres, l'une sur saint Thomas d'Aquin et l'autre (en latin) sur saint Bernard.
J'ai eu l'occasion d'expliquer ailleurs qu'il n'y a jamais eu de séparation de l'Église et de l'État, car le mot supposerait qu'il y aurait eu une unité que l'on aurait ensuite déchirée.
Ce qu'il y a eu, c'est la fin d'une coopération entre deux instances qui avaient toujours été distinguées. La prétendue « séparation » n'a fait que découper suivant un pointillé vieux de près de deux millénaires. Et les historiens vous expliqueront que ceux qui ont le plus soigneusement évité les contaminations ont été plutôt les papes que les empereurs ou les rois.
Le problème avec l'islam n'est pas, comme on le dit trop souvent, qu'il ne connaîtrait pas la séparation entre religion et politique (d'où l'expression imbécile d'« islam politique »). Il est bien plutôt que ce que nous appelons « religion » y comporte un ensemble de règles de vie quotidienne (nourriture, vêtement, mariage, héritage, etc.), supposées d'origine divine, et qui doivent donc primer par rapport aux législations humaines.
[…]
Certains « laïcards » rêvent d'en finir avec le christianisme, en lui donnant le coup de grâce tant attendu depuis le XVIIIe siècle. Ils exploitent la trouille que bien des gens ont de l'islam pour essayer de chasser de l'espace public toute trace de la religion chrétienne, laquelle est justement, ce qui peut amuser, celle contre laquelle l'islam, depuis le début, a défini ses dogmes.
Face au problème de l'islamisme, certains observateurs n'hésitent pas à condamner en bloc toutes les religions. S'il existe des intégrismes partout, la menace est-elle de la même nature? Existe-t-il aujourd'hui une menace spécifique liée à l'islam ?
Ce qu'il faut voir avant tout, c'est que la notion de « religion » est creuse et que, quand on parle de « toutes les religions », on multiplie encore cette vacuité.
On entend dire: « l'islam est une religion comme les autres » ou, à l'inverse: « l'islam n'est pas une religion comme les autres ». Mais, mille bombes!, aucune religion n'est une religion comme les autres!
Chacune a sa spécificité. Vouloir mettre dans le même panier, et en l'occurrence dans la même poubelle, christianisme, bouddhisme, islam, hindouisme, judaïsme, et pourquoi pas les religions de l'Amérique précolombienne ou de la Grèce antique, c'est faire preuve, pour rester poli, d'une singulière paresse intellectuelle.
Quant à appliquer la notion catholique d'« intégrisme » ou protestante de « fondamentalisme » à des phénomènes qui n'ont rien à voir avec ces deux confessions, cela relève du fumigène plus que d'autre chose. Les plus grands massacres du XXe siècle, le Holodomor d'Ukraine et la Shoah, ont été le fait de régimes non seulement athées, mais désireux d'extirper la religion.
Une menace liée à l'islam ? La plus grave n'est sûrement pas la violence. Celle-ci n'est qu'un moyen en vue d'une fin, la soumission de l'humanité entière à la Loi de Dieu. Et si elle est le moyen le plus spectaculaire, elle n'est certainement pas le plus efficace.
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Incidente.
Il est parfois très difficile de ne pas mépriser ses contemporains : Rémi Brague explique très clairement que parler « des religions », en bloc et sans distinction, est de l'idiotie et la moitié des commentateurs du Figaro se précipitent pour parler « des religions » sous l'article qui vient de leur expliquer qu'ils sont idiots de le faire.
Vous me direz, optimistes que vous êtes : « Il reste l'autre moitié ».
dimanche, novembre 05, 2017
samedi, novembre 04, 2017
Catalogne : fin de la récréation ?
Catalogne : la grande peur des élites européennes
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L’Union européenne, qui avait si ardemment encouragé la dislocation de la Yougoslavie, et si longtemps prôné une « Europe des régions » destinée à affaiblir les Etats, a, tout à coup, perçu le danger : elle ne peut pas se permettre une dislocation de l’Espagne et une fragilisation de toute l’Europe méditerranéenne, dont les économies sont déjà affaiblies par la toute-puissance d’un euro plus fait pour l’Allemagne que pour elles. C’est toute l’Europe occidentale qui en subirait le contrecoup ; la construction européenne pourrait même être remise en cause.
Au même moment, Bruxelles prend conscience qu’il est plus facile de faire appliquer les directives européennes dans un Etat discipliné comme la France que dans quinze länder allemands [drôle de comparaison]: le régionalisme débridé pourrait passer de mode.
*************
Bref, l'Europe à 95, c'est pas gagné.
Je n'arrive pas à prendre ces histoires catalanes au sérieux. Ca me fait marrer (je m'excuse auprès des Catalans s'il y en a dans la salle). Pour moi, l'indépendantisme catalan est un truc de bobos qui s'emmerdent comme le féminisme est un truc de pétasses bourgeoises désoeuvrées qui veulent faire parler d'elles (Puigdemont, Schiappa, même combat).
Éric Zemmour : "Puigdemont rappellera aux amoureux de l'histoire de France le destin tragi-comique du général Boulanger.
Je ne sais pas si ces pantalonnades finiront bien ou mal, mais ça sera à coup sûr avec un grand éclat de rire de ma part.
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L’Union européenne, qui avait si ardemment encouragé la dislocation de la Yougoslavie, et si longtemps prôné une « Europe des régions » destinée à affaiblir les Etats, a, tout à coup, perçu le danger : elle ne peut pas se permettre une dislocation de l’Espagne et une fragilisation de toute l’Europe méditerranéenne, dont les économies sont déjà affaiblies par la toute-puissance d’un euro plus fait pour l’Allemagne que pour elles. C’est toute l’Europe occidentale qui en subirait le contrecoup ; la construction européenne pourrait même être remise en cause.
Au même moment, Bruxelles prend conscience qu’il est plus facile de faire appliquer les directives européennes dans un Etat discipliné comme la France que dans quinze länder allemands [drôle de comparaison]: le régionalisme débridé pourrait passer de mode.
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Bref, l'Europe à 95, c'est pas gagné.
Je n'arrive pas à prendre ces histoires catalanes au sérieux. Ca me fait marrer (je m'excuse auprès des Catalans s'il y en a dans la salle). Pour moi, l'indépendantisme catalan est un truc de bobos qui s'emmerdent comme le féminisme est un truc de pétasses bourgeoises désoeuvrées qui veulent faire parler d'elles (Puigdemont, Schiappa, même combat).
Éric Zemmour : "Puigdemont rappellera aux amoureux de l'histoire de France le destin tragi-comique du général Boulanger.
Je ne sais pas si ces pantalonnades finiront bien ou mal, mais ça sera à coup sûr avec un grand éclat de rire de ma part.
Parlez français !
Nous affrontons des combats difficiles.
Mais, aujourd'hui, je vous propose un combat assez facile et fondamental : la défense de la langue française.
Les idées des hommes passent par les mots, c'est pourquoi la défense de la langue n'est jamais un vain combat.
Vous me direz peut-être que les Québecois refusent les mots anglais et voient pourtant leur langue colonisée par les anglicismes. Certes.
Vous devez avoir un guide sûr : le bon goût. Et vous avez la liberté de parler comme vous désirez : rien ne vous oblige à partager les tics verbaux des imbéciles. Il y a un plaisir certain à parler correctement à des baragouineurs.
« Il faut défendre la langue française contre les Trissotin du féminisme »
Écriture inclusive : un outil d’exclusion
Enfin Malherbe vint, et, le premier en France,
Fit sentir dans les vers une juste cadence,
D'un mot mis en sa place enseigna le pouvoir,
Et réduisit la muse aux règles du devoir.
Par ce sage écrivain la langue réparée
N'offrit plus rien de rude à l'oreille épurée.
Les stances avec grâce apprirent à tomber,
Et le vers sur le vers n'osa plus enjamber.
Tout reconnut ses lois; et ce guide fidèle
Aux auteurs de ce temps sert encor de modèle.
Marchez donc sur ses pas ; aimez sa pureté,
Et de son tour heureux imitez la clarté.
Si le sens de vos vers tarde à se faire entendre,
Mon esprit aussitôt commence à se détendre,
Et, de vos vains discours prompt à se détacher,
Ne suit point un auteur qu'il faut toujours chercher.
Il est certains esprits dont les sombres pensées
Sont d'un nuage épais toujours embarrassées ;
Le jour de la raison ne le saurait percer.
Avant donc que d'écrire apprenez à penser.
Selon que notre idée est plus ou moins obscure,
L'expression la suit, ou moins nette, ou plus pure.
Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement,
Et les mots pour le dire arrivent aisément.
Surtout qu'en vos écrits la langue révérée
Dans vos plus grands excès vous soit toujours sacrée.
En vain vous me frappez d'un son mélodieux,
Si le terme est impropre, ou le tour vicieux ;
Mon esprit n'admet point un pompeux barbarisme,
Ni d'un vers ampoulé l'orgueilleux solécisme.
Sans la langue, en un mot, l'auteur le plus divin
Est toujours, quoi qu'il fasse, un méchant écrivain.
Nicolas Boileau, L’art poétique, chant I, v.131-162
Mais, aujourd'hui, je vous propose un combat assez facile et fondamental : la défense de la langue française.
Les idées des hommes passent par les mots, c'est pourquoi la défense de la langue n'est jamais un vain combat.
Vous me direz peut-être que les Québecois refusent les mots anglais et voient pourtant leur langue colonisée par les anglicismes. Certes.
Vous devez avoir un guide sûr : le bon goût. Et vous avez la liberté de parler comme vous désirez : rien ne vous oblige à partager les tics verbaux des imbéciles. Il y a un plaisir certain à parler correctement à des baragouineurs.
« Il faut défendre la langue française contre les Trissotin du féminisme »
Écriture inclusive : un outil d’exclusion
Enfin Malherbe vint, et, le premier en France,
Fit sentir dans les vers une juste cadence,
D'un mot mis en sa place enseigna le pouvoir,
Et réduisit la muse aux règles du devoir.
Par ce sage écrivain la langue réparée
N'offrit plus rien de rude à l'oreille épurée.
Les stances avec grâce apprirent à tomber,
Et le vers sur le vers n'osa plus enjamber.
Tout reconnut ses lois; et ce guide fidèle
Aux auteurs de ce temps sert encor de modèle.
Marchez donc sur ses pas ; aimez sa pureté,
Et de son tour heureux imitez la clarté.
Si le sens de vos vers tarde à se faire entendre,
Mon esprit aussitôt commence à se détendre,
Et, de vos vains discours prompt à se détacher,
Ne suit point un auteur qu'il faut toujours chercher.
Il est certains esprits dont les sombres pensées
Sont d'un nuage épais toujours embarrassées ;
Le jour de la raison ne le saurait percer.
Avant donc que d'écrire apprenez à penser.
Selon que notre idée est plus ou moins obscure,
L'expression la suit, ou moins nette, ou plus pure.
Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement,
Et les mots pour le dire arrivent aisément.
Surtout qu'en vos écrits la langue révérée
Dans vos plus grands excès vous soit toujours sacrée.
En vain vous me frappez d'un son mélodieux,
Si le terme est impropre, ou le tour vicieux ;
Mon esprit n'admet point un pompeux barbarisme,
Ni d'un vers ampoulé l'orgueilleux solécisme.
Sans la langue, en un mot, l'auteur le plus divin
Est toujours, quoi qu'il fasse, un méchant écrivain.
Nicolas Boileau, L’art poétique, chant I, v.131-162
Libellés :
massacre de la langue française,
parlez français
vendredi, novembre 03, 2017
Droite-gauche, ce n'est pas fini (JL Harouel)
Le titre de ce livre est nullissime. Il est même trompeur. Quelqu'un qui croirait trouver un livre assez léger de politique actuelle serait déçu.
Mais le livre en lui-même vaut le coup. Eric Zemmour en a fait la recension :
Éric Zemmour : « Les racines religieuses de la gauche et de la droite »
La thèse d'Harouel est simple : il corrige la très célèbre formule de Chesterton sur les « vertus chrétiennes devenues folles ».
Pour Harouel, la gauche n'est pas faite de vertus chrétiennes devenues folles mais d'idées hérétiques (donc d'idées chrétiennes devenues folles, voir Belloc) digérées : la gnose (1) pour le gauchisme sociétal, le millénarisme (2) pour le communisme.
Le parallèle entre gauchisme sociétal et gnose est impressionnant : haine des différences homme-femme ; haine du mariage et de la procréation ; éloge de l'homosexualité ; préférence pour le déviant, pour le criminel, pour l'ennemi, pour l'Autre absolutisé ; existence d'une avant-garde éclairée, d'initiés séparés des hommes ordinaires ; individualisme exacerbé s'affranchissant de toute morale ordinaire ; mélange de débauche et de puritanisme ; et last but not least anti-judaïsme obsessionnel ...
Le parallèle, que je vous épargne, entre communisme et millénarisme est tout aussi édifiant.
Harouel fait remonter la fusion entre millénarisme et gnose à Joachim de Flore.
L'intérêt de ce livre est que Harouel tient ces similitudes non pour une désastreuse (pour l'humanité) coïncidence, mais pour le fruit d'un cheminement historique qu'il essaie de retracer.
Par exemple, même s'il l'a rejeté ensuite, Karl Marx a été très influencé par un gnostique illuminé, Weitling.
La gnose fait un détour par la mode des spiritualités orientales. Au XIXème siècle, occultisme, spiritisme et socialisme sont très liés. Victor Hugo faisant tourner les tables pour découvrir, ô surprise, que les esprits partagent ses convictions socialistes est hilarant (Fantine la prostituée et Valjean le bagnard sont des héros gnostiques : toujours cette préférence pour les déviants).
Plus d'un socialiste se justifie par sa croyance en la métempsycose et c'est assez logique. En effet, si toutes les saloperies, goulag, holodomor, exterminations diverses et variées, sont justifiées par le but de faire advenir le paradis socialiste sur terre, au moins on se console en se disant que les malheureux qu'on a violés, torturés et massacrés pour la bonne cause vont se réincarner dans un monde meilleur.
En tout cas, vous ne serez plus étonnés des affinités entre New Age et socialisme.
Cela aboutit, par un chemin tortueux et désespérant pour l'humanité, à la mortifère religion de l'humanité que traduit la religion des doits de l'homme.
Au fond, pour être droits-de-l'hommiste, il ne faut pas être très intelligent. Quand on a l'intelligence des saints, on n'est pas droits-de-l'hommiste. D'ailleurs, le droit-de-l'hommisme n'a jamais donné aucun saint.
La franc-maçonnerie (très imprégnée du mépris gnostique du peuple - qu'on veut d'ailleurs remplacer) est l'église cachée du droit-de-l'hommisme, tandis que l'Etat est son bras armé. Cette confusion du spirituel et du temporel au service d'une cause fausse (le sens de l'histoire n'existe pas) est mortelle, au sens le plus littéral, pour la France.
Un des fruits empoisonnés de la gnose, c'est le mépris de la raison, qui est très présent de nos jours. Il y a aujourd'hui neuf occidentaux sur dix pour estimer que l'émotion est supérieure à la raison, qu'il vaut mieux ressentir les choses que les penser.
En face, il y a, ou il devrait y avoir, le catholicisme et la droite.
Même si l'Eglise romaine a dérivé vers le droit-de-l'hommisme et le socialisme, elle a, étant donné que « mon royaume n'est pas de ce monde », vocation à combattre les utopies.
Alain Besançon fait remarquer que les condamnations théologiques du socialisme étaient plus précises, plus profondes et plus exactes au XIXème siècle. Que la connaissance des horreurs du socialisme concret est allée de pair avec des condamnations plus circonstancielles, plus superficielles.
Le chrétien (qu'on prendra dans la suite de ce billet pour équivalent de l'homme de droite) ne croit pas que la Mal puisse être extirpé de l'homme, il essaie de tirer la meilleure part d'une situation dont il sait quelle restera insatisfaisante jusqu'au Jugement Dernier.
Il ne croit pas aux utopies, il ne croit donc pas aux crimes qu'on doit commettre en leur nom. Là où l'utopiste prend, le chrétien donne ; c'est toute la différence entre la « solidarité » socialiste et la charité chrétienne.
Le chrétien s'efforce aussi de mettre en ordre une société qu'il sait perfectionnable à l'infini. Il croit donc en la sécurité et en la justice, il n'a pas cette préférence pour les assassins et pour les violeurs de MM. Hugo et Badinter. Harouel en profite pour nous glisser un passage décapant sur le Mur des Cons, révélateur à la fois du mépris du peuple, de la morale commune et des victimes et d'une conviction d'une supériorité morale des juges.
La priorité politique du chrétien est la sécurité des citoyens, sans laquelle la liberté et la la responsabilité sont des mensonges. Il ne rechigne pas à punir les criminels puisqu'il sait que le Mal ne vient pas de l'extérieur (comme le croit le gnostique, d'où la théorie à la mode que tout le mal vient non des individus mais de la société) mais que le Mal est en l'homme dès la Chute originelle.
Contrairement au gnostique, qui est par nature marcioniste (hérésie consistant à rejeter l'Ancien Testament), le chrétien est héritier de peuple juif et donc reconnaît sans réticence la nécessité des nations (pape François, entends-tu ?), à l'exemple de la nation juive. Il en découle que la défense des nations est parfaitement chrétienne.
Ce qui différencie le libéralisme, de droite, d'origine chrétienne, du libéralisme de gauche, c'est le réalisme, le refus d'en faire un absolu, applicable partout. De manière intéressante, Harouel considère que Smith et List (théoricien du protectionnisme allemand) étaient tous deux libéraux mais s'adressaient à des sociétés différentes : la Grande-Bretagne dominatrice de Smith avait intérêt à un libre-échangisme maximal tandis que l'Allemagne naissante de List avait intérêt à des barrières douanières.
Le libéralisme de droite, c'est très simple : libéral à l'intérieur, raisonnablement protectionniste à l'extérieur, parce que les nations existent et que le libéralisme n'est pas un absolu, mais juste un moyen d'exprimer la responsabilité de l'homme sous le regard de Dieu.
La conclusion est la partie la plus faible, peut-être parce qu'il ne peut faire autrement.
Les religions font les civilisations, et non le contraire. Il peut arriver que les civilisations se suicident par de mauvais choix religieux. C'est précisément le cas de l'Europe déchristianisée.
Mais le droite survivra parce quelle est indispensable (on peut ne pas y croire).
Mon opinion est différente : la droite survivra seulement si la France se rechristianise. Ce n'est pas impossible : la spécialité de l'Eglise est tout de même la résurrection. En attendant, prions, ne faisons pas que cela, mais faisons le aussi.
Bien sûr, les petites magouilles des petits arrivistes de LR sont très à la surface des choses. Je vous parle du temps long.
***********
(1) : la gnose affirme l'existence d'un dieu supérieur, connu des seuls initiés, qui ont vocation à devenir de purs esprits. Tout ce qui tend vers ce but est bon, y compris, bien entendu, s'affranchir de la morale commune.
(2) : le millénarisme suppose qu'en faisant une certaine action, en général exterminer tous les riches, les dignitaires et les juges, on fera advenir le paradis sur terre pour mille ans.
Mais le livre en lui-même vaut le coup. Eric Zemmour en a fait la recension :
Éric Zemmour : « Les racines religieuses de la gauche et de la droite »
La thèse d'Harouel est simple : il corrige la très célèbre formule de Chesterton sur les « vertus chrétiennes devenues folles ».
Pour Harouel, la gauche n'est pas faite de vertus chrétiennes devenues folles mais d'idées hérétiques (donc d'idées chrétiennes devenues folles, voir Belloc) digérées : la gnose (1) pour le gauchisme sociétal, le millénarisme (2) pour le communisme.
Le parallèle entre gauchisme sociétal et gnose est impressionnant : haine des différences homme-femme ; haine du mariage et de la procréation ; éloge de l'homosexualité ; préférence pour le déviant, pour le criminel, pour l'ennemi, pour l'Autre absolutisé ; existence d'une avant-garde éclairée, d'initiés séparés des hommes ordinaires ; individualisme exacerbé s'affranchissant de toute morale ordinaire ; mélange de débauche et de puritanisme ; et last but not least anti-judaïsme obsessionnel ...
Le parallèle, que je vous épargne, entre communisme et millénarisme est tout aussi édifiant.
Harouel fait remonter la fusion entre millénarisme et gnose à Joachim de Flore.
L'intérêt de ce livre est que Harouel tient ces similitudes non pour une désastreuse (pour l'humanité) coïncidence, mais pour le fruit d'un cheminement historique qu'il essaie de retracer.
Par exemple, même s'il l'a rejeté ensuite, Karl Marx a été très influencé par un gnostique illuminé, Weitling.
La gnose fait un détour par la mode des spiritualités orientales. Au XIXème siècle, occultisme, spiritisme et socialisme sont très liés. Victor Hugo faisant tourner les tables pour découvrir, ô surprise, que les esprits partagent ses convictions socialistes est hilarant (Fantine la prostituée et Valjean le bagnard sont des héros gnostiques : toujours cette préférence pour les déviants).
Plus d'un socialiste se justifie par sa croyance en la métempsycose et c'est assez logique. En effet, si toutes les saloperies, goulag, holodomor, exterminations diverses et variées, sont justifiées par le but de faire advenir le paradis socialiste sur terre, au moins on se console en se disant que les malheureux qu'on a violés, torturés et massacrés pour la bonne cause vont se réincarner dans un monde meilleur.
En tout cas, vous ne serez plus étonnés des affinités entre New Age et socialisme.
Cela aboutit, par un chemin tortueux et désespérant pour l'humanité, à la mortifère religion de l'humanité que traduit la religion des doits de l'homme.
Au fond, pour être droits-de-l'hommiste, il ne faut pas être très intelligent. Quand on a l'intelligence des saints, on n'est pas droits-de-l'hommiste. D'ailleurs, le droit-de-l'hommisme n'a jamais donné aucun saint.
La franc-maçonnerie (très imprégnée du mépris gnostique du peuple - qu'on veut d'ailleurs remplacer) est l'église cachée du droit-de-l'hommisme, tandis que l'Etat est son bras armé. Cette confusion du spirituel et du temporel au service d'une cause fausse (le sens de l'histoire n'existe pas) est mortelle, au sens le plus littéral, pour la France.
Un des fruits empoisonnés de la gnose, c'est le mépris de la raison, qui est très présent de nos jours. Il y a aujourd'hui neuf occidentaux sur dix pour estimer que l'émotion est supérieure à la raison, qu'il vaut mieux ressentir les choses que les penser.
En face, il y a, ou il devrait y avoir, le catholicisme et la droite.
Même si l'Eglise romaine a dérivé vers le droit-de-l'hommisme et le socialisme, elle a, étant donné que « mon royaume n'est pas de ce monde », vocation à combattre les utopies.
Alain Besançon fait remarquer que les condamnations théologiques du socialisme étaient plus précises, plus profondes et plus exactes au XIXème siècle. Que la connaissance des horreurs du socialisme concret est allée de pair avec des condamnations plus circonstancielles, plus superficielles.
Le chrétien (qu'on prendra dans la suite de ce billet pour équivalent de l'homme de droite) ne croit pas que la Mal puisse être extirpé de l'homme, il essaie de tirer la meilleure part d'une situation dont il sait quelle restera insatisfaisante jusqu'au Jugement Dernier.
Il ne croit pas aux utopies, il ne croit donc pas aux crimes qu'on doit commettre en leur nom. Là où l'utopiste prend, le chrétien donne ; c'est toute la différence entre la « solidarité » socialiste et la charité chrétienne.
Le chrétien s'efforce aussi de mettre en ordre une société qu'il sait perfectionnable à l'infini. Il croit donc en la sécurité et en la justice, il n'a pas cette préférence pour les assassins et pour les violeurs de MM. Hugo et Badinter. Harouel en profite pour nous glisser un passage décapant sur le Mur des Cons, révélateur à la fois du mépris du peuple, de la morale commune et des victimes et d'une conviction d'une supériorité morale des juges.
La priorité politique du chrétien est la sécurité des citoyens, sans laquelle la liberté et la la responsabilité sont des mensonges. Il ne rechigne pas à punir les criminels puisqu'il sait que le Mal ne vient pas de l'extérieur (comme le croit le gnostique, d'où la théorie à la mode que tout le mal vient non des individus mais de la société) mais que le Mal est en l'homme dès la Chute originelle.
Contrairement au gnostique, qui est par nature marcioniste (hérésie consistant à rejeter l'Ancien Testament), le chrétien est héritier de peuple juif et donc reconnaît sans réticence la nécessité des nations (pape François, entends-tu ?), à l'exemple de la nation juive. Il en découle que la défense des nations est parfaitement chrétienne.
Ce qui différencie le libéralisme, de droite, d'origine chrétienne, du libéralisme de gauche, c'est le réalisme, le refus d'en faire un absolu, applicable partout. De manière intéressante, Harouel considère que Smith et List (théoricien du protectionnisme allemand) étaient tous deux libéraux mais s'adressaient à des sociétés différentes : la Grande-Bretagne dominatrice de Smith avait intérêt à un libre-échangisme maximal tandis que l'Allemagne naissante de List avait intérêt à des barrières douanières.
Le libéralisme de droite, c'est très simple : libéral à l'intérieur, raisonnablement protectionniste à l'extérieur, parce que les nations existent et que le libéralisme n'est pas un absolu, mais juste un moyen d'exprimer la responsabilité de l'homme sous le regard de Dieu.
La conclusion est la partie la plus faible, peut-être parce qu'il ne peut faire autrement.
Les religions font les civilisations, et non le contraire. Il peut arriver que les civilisations se suicident par de mauvais choix religieux. C'est précisément le cas de l'Europe déchristianisée.
Mais le droite survivra parce quelle est indispensable (on peut ne pas y croire).
Mon opinion est différente : la droite survivra seulement si la France se rechristianise. Ce n'est pas impossible : la spécialité de l'Eglise est tout de même la résurrection. En attendant, prions, ne faisons pas que cela, mais faisons le aussi.
Bien sûr, les petites magouilles des petits arrivistes de LR sont très à la surface des choses. Je vous parle du temps long.
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(1) : la gnose affirme l'existence d'un dieu supérieur, connu des seuls initiés, qui ont vocation à devenir de purs esprits. Tout ce qui tend vers ce but est bon, y compris, bien entendu, s'affranchir de la morale commune.
(2) : le millénarisme suppose qu'en faisant une certaine action, en général exterminer tous les riches, les dignitaires et les juges, on fera advenir le paradis sur terre pour mille ans.
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vertus chrétiennes folles
L’infantilisation de la politique
L’infantilisation de la politique
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On l’a constaté, depuis son élection, l’ancien professeur de théâtre Justin Trudeau n’est jamais aussi heureux que lorsqu’il peut se déguiser. Dès qu’il trouve une fête folklorique ou religieuse, il enfile le costume de la communauté en question.
Certes, il symbolise bien ici le Canada multiculturaliste, qui embrasse toutes les identités parce qu’il n’en a aucune.
Mais surtout, il exemplifie ce qu’on pourrait appeler l’infantilisation de la politique. Le premier ministre ne veut plus convaincre, il veut plaire, et n’est jamais aussi heureux que lorsqu’il peut transformer son travail en jeu de rôle devant un électorat qu’il suppose rempli d’analphabètes politiques.
Traditionnellement, la politique incarnait avec sérieux le destin collectif.
Un homme politique, une fois élu, était censé prendre de la hauteur. Il était responsable d’une chose aussi grave que l’avenir du pays. Mais qui parle ainsi aujourd’hui risque la moquerie. On lui dira de se décoincer. De relaxer. Un premier ministre, d’abord et avant tout, doit être cool. C’est ainsi qu’il charmera les masses. C’est la politique adaptée au modèle de la téléréalité.
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Bien entendu, cette infantilisation de la politique n'est pas innocente. Elle vise, avec succès hélas, à remplacer la raison par l'émotion, « Trudeau fait la bonne politique » par « Trudeau est sympa ».
Je crois que, ce mouvement étant très lié à l'effondrement de l'intelligence des Occidentaux, il est profond et très difficilement réversible.
Mais dites moi, un dirigeant qui adore se déguiser, ça ne vous rappelle rien ?
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On l’a constaté, depuis son élection, l’ancien professeur de théâtre Justin Trudeau n’est jamais aussi heureux que lorsqu’il peut se déguiser. Dès qu’il trouve une fête folklorique ou religieuse, il enfile le costume de la communauté en question.
Certes, il symbolise bien ici le Canada multiculturaliste, qui embrasse toutes les identités parce qu’il n’en a aucune.
Mais surtout, il exemplifie ce qu’on pourrait appeler l’infantilisation de la politique. Le premier ministre ne veut plus convaincre, il veut plaire, et n’est jamais aussi heureux que lorsqu’il peut transformer son travail en jeu de rôle devant un électorat qu’il suppose rempli d’analphabètes politiques.
Traditionnellement, la politique incarnait avec sérieux le destin collectif.
Un homme politique, une fois élu, était censé prendre de la hauteur. Il était responsable d’une chose aussi grave que l’avenir du pays. Mais qui parle ainsi aujourd’hui risque la moquerie. On lui dira de se décoincer. De relaxer. Un premier ministre, d’abord et avant tout, doit être cool. C’est ainsi qu’il charmera les masses. C’est la politique adaptée au modèle de la téléréalité.
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Bien entendu, cette infantilisation de la politique n'est pas innocente. Elle vise, avec succès hélas, à remplacer la raison par l'émotion, « Trudeau fait la bonne politique » par « Trudeau est sympa ».
Je crois que, ce mouvement étant très lié à l'effondrement de l'intelligence des Occidentaux, il est profond et très difficilement réversible.
Mais dites moi, un dirigeant qui adore se déguiser, ça ne vous rappelle rien ?
Syndrome de la France folle : marche blanche pour Alexia
Mort d'Alexia Daval : une marche blanche organisée dimanche
On leur assassine leur fille, leur épouse, et ils organisent une marche blanche ? Encore cinq minutes et ils ajouteront « Vous n'aurez pas ma haine » ? Ils font pitié et, en même temps, ils suscitent une grande colère.
Ce phénomène des marches blanches comme manifestions d'impuissance et d'apathie a été analysé dès son apparition, au moment de l'affaire Dutroux. Cela n'a cessé de s'aggraver.
J'ai envie de leur dire : « Marcher ? C'est tout ce que vous leur faites, aux assassins ? ».
Pour notre pays, c'est, au sens le plus fort, dramatique. Des gens qui se contentent de marcher quand on assassine leur fille, que ferait-il si le pays était envahi (d'ailleurs, il l'est) ? Réponse facile : rien.
On leur assassine leur fille, leur épouse, et ils organisent une marche blanche ? Encore cinq minutes et ils ajouteront « Vous n'aurez pas ma haine » ? Ils font pitié et, en même temps, ils suscitent une grande colère.
Ce phénomène des marches blanches comme manifestions d'impuissance et d'apathie a été analysé dès son apparition, au moment de l'affaire Dutroux. Cela n'a cessé de s'aggraver.
J'ai envie de leur dire : « Marcher ? C'est tout ce que vous leur faites, aux assassins ? ».
Pour notre pays, c'est, au sens le plus fort, dramatique. Des gens qui se contentent de marcher quand on assassine leur fille, que ferait-il si le pays était envahi (d'ailleurs, il l'est) ? Réponse facile : rien.
jeudi, novembre 02, 2017
Crise catalane : entre légalité et légitimité
Crise catalane : entre légalité et légitimité
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Et aujourd'hui, à travers toute l'Europe, les régionalistes indépendantistes appellent haut et fort à la reconnaissance de leurs droits, mais nulle part nous ne les entendons rappeler l'importance de leurs devoirs - cette gigantesque force qui les a portés durant des décennies, voire davantage, qui les ont faits ce qu'ils sont aujourd'hui.
Ils oublient ce qu'ont été les prises de terre durant les siècles passés, et le risque encouru par des régions qui auraient été autonomes, c'est-à-dire dépourvues d'un Etat central puissant pour assurer leur défense. Le système politique, économique et juridique qui protège la Catalogne aujourd'hui, l'autorisant à se rêver indépendante, a été rendu possible par l'Espagne, et par les autres nations européennes. Pas par la Catalogne seule.
Carles Puigdemont ainsi que l'ensemble des catalans gagneraient donc à entamer, déjà, un travail sur la mémoire collective, préalable au dénouement de la crise: oubli des tensions récentes et souvenir des liens constitutifs de l'unité de la nation espagnole.
Mariano Rajoy ainsi que l'ensemble des Espagnols feraient bien de s'y associer.
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La dialectique entre légalité et légitimité devrait être le coeur de tout débat démocratique. Hélas, elle est totalement ignorée, parce qu'au fond parce que nos élites ne veulent pas de débat démocratique.
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Et aujourd'hui, à travers toute l'Europe, les régionalistes indépendantistes appellent haut et fort à la reconnaissance de leurs droits, mais nulle part nous ne les entendons rappeler l'importance de leurs devoirs - cette gigantesque force qui les a portés durant des décennies, voire davantage, qui les ont faits ce qu'ils sont aujourd'hui.
Ils oublient ce qu'ont été les prises de terre durant les siècles passés, et le risque encouru par des régions qui auraient été autonomes, c'est-à-dire dépourvues d'un Etat central puissant pour assurer leur défense. Le système politique, économique et juridique qui protège la Catalogne aujourd'hui, l'autorisant à se rêver indépendante, a été rendu possible par l'Espagne, et par les autres nations européennes. Pas par la Catalogne seule.
Carles Puigdemont ainsi que l'ensemble des catalans gagneraient donc à entamer, déjà, un travail sur la mémoire collective, préalable au dénouement de la crise: oubli des tensions récentes et souvenir des liens constitutifs de l'unité de la nation espagnole.
Mariano Rajoy ainsi que l'ensemble des Espagnols feraient bien de s'y associer.
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La dialectique entre légalité et légitimité devrait être le coeur de tout débat démocratique. Hélas, elle est totalement ignorée, parce qu'au fond parce que nos élites ne veulent pas de débat démocratique.
Great Heresies (H. Belloc)
Ce livre publié en 1938 est essentiel, d'autant plus qu'il est à bien des égards prémonitoires.
Belloc (je me suis toujours demandé si le méchant d'Indiana Jones avait un rapport avec ce Belloc là) affirme que les hérésies existent encore mais que nous ne les voyons plus comme telles parce que nous avons perdu notre rigueur intellectuelle (1). Par exemple, le communisme est une hérésie. Harouel analyse le rapport gauche droite en termes d'hérésie gnostique.
Belloc insiste sur le fait qu'il faut être intelligent, qu'il faut s'attacher aux idées, pas aux mots. Il faut se méfier, les idées peuvent changer de mots. Il serait atterré, mais pas surpris, par notre monde terrifié par les mots (les commentaires sous l'article de Zemmour à propos de la gnose sont navrants de d'incompréhension).
Ne pas s'intéresser aux hérésies, les considérer comme des vieilles choses poussiéreuses du passé, sous prétexte qu'on serait incroyant et rationaliste (2) et qu'on se croit plus intelligent que nos ancêtres, est aux yeux de Belloc un signe certain de stupidité : qu'on le veille ou non, les croyances mènent le monde : le monde catholique est différent du monde protestant qui est différent du monde musulman. Et si l'arianisme avait vaincu, le monde serait très différent de ce qu'il est. Refuser de s'intéresser aux croyances et aux hérésies, c'est refuser de s'intéresser au monde.
L'hérésie (du grec « je prends ») consiste à prendre une partie d'une doctrine cohérente et à en rejeter ou à en subvertir une autre partie. Les hérésies arrivent à se prolonger à cause de ce qu'elles gardent de vrai de la doctrine originelle.
Belloc examine cinq hérésies chrétiennes :
♗ l'arianisme
♗ le mohetanisme, autrement dit l'islam (je pense qu'il est impossible de comprendre la naissance de l'islam sans considérer que c'est une hérésie chrétienne née en dehors de la chrétienté, aux marges de celle-ci).
♗ le catharisme
♗ le protestantisme
♗ le modernisme
Sur ses cinq hérésies, trois ont échoué, deux sont encore actives, et parfois alliées contre le christianisme, l'islam et le modernisme (par essence, l'anti-Christ, d'après Belloc - rôle que j'attribuerais plutôt à l'islam, mais ce n'est pas incompatible : elles ont beaucoup en commun dans leur manière de considérer l'homme comme soumis à ses pulsions).
Pour Belloc, chacune de ces hérésies est une forme d'attaque du christianisme et toute hérésie peut être rattachée à une de ces cinq formes d'attaque. Reprenons les :
♗ l'arianisme (négation de la divinité du Christ) : attaque de la doctrine chrétienne.
♗ islam : attaque de l'extérieur.
♗ le catharisme : attaque de la morale chrétienne.
♗ le protestantisme : attaque de l'Eglise et de l'autorité.
♗ le modernisme : négation du christianisme. Ne combat pas tant le christianisme que réfute sa nécessité, puisque, pour le moderne, n'existe que le matériel.
Je ne vais pas vous détailler tout le livre, il y a mille réflexions passionnantes. Je passe directement aux conclusions.
En 1938, alors qu’Hitler et Staline sont presque au fait de leur puissance et que 90 % des musulmans vivent dans des colonies européennes, Hilaire Belloc écrit que l’Europe est menacée à long terme par une résurgence de l’islam. Pourquoi une telle prescience ?
Une victoire d’Hitler et de Staline serait grave pour l’Europe mais pas mortelle : la culture chinoise a survécu à Mao (en faisant le parallèle avec Hitler) et les pays de l’est montrent que leur culture a survécu au stalinisme. En revanche, l’islam est tellement opposé à notre culture qu’une victoire de l’islam signifierait la disparition de notre culture. Hitler et Staline, graves mais pas mortels, islam mortel.
Comment Belloc fait-il en 1938 pour prévoir une résurgence de l’islam ?
1) L’islam est très résistant. Alors que les religions disparaissent par conversion massive à une autre religion, on ne connaît pas de conversions massives de musulmans à une autre religion. Donc l’islam ne disparaîtra pas.
2) La démographie. Les musulmans sont sous le joug colonial quand Belloc écrit mais ils sont nombreux. Ils cesseront peut-être un jour d’être colonisés, mais ils ne cesseront pas d’être nombreux.
3) L’islam est en guerre contre le monde entier (« islam religion de paix » ? Et mon cul c’est du poulet ?) et spécialement contre l’Europe, par définition chrétienne. Les musulmans reprendront la guerre contre nous dès qu’ils le pourront. Ne pas oublier qu’ils étaient sous les murs de Vienne dans la vieillesse de Louis XIV et moins d’un siècle avant l’indépendance américaine.
Pour 1938, c’est pas mal vu ! Et son ami Chesterton ajoutait que certaines élites européennes accueilleraient avec enthousiasme l’islam parce qu’une population islamisée est plus facile à soumettre qu’une population chrétienne.
Je ne vais pas tout vous décrire. Je résume ce que Belloc appelle l'Attaque Moderne : nier la foi emporte la raison, puis le libre arbitre puis la dignité humaine et finit par rétablir l'esclavage sous des formes variées, en faisant de l'homme un être manipulable et corvéable à l'infini.
L'Eglise ne disparaitra pas, mais elle a le choix entre devenir une secte ou contre-attaquer.
Belloc a moins que Chesterton le génie du paradoxe mais il a comme lui le goût des fausses évidences lumineuses, qui font s'exclamer : « Pourquoi n'y ai-je pas pensé tout seul ? »
**************
(1) : il pense aussi (mais ce n'est pas le sujet du livre) que les sociétés sans religion sont condamnées à mort, ce que notre société, en suicide démographique et culturel, prouve (comme le dit Rémi Brague, la question du sens de la vie n'est pas « La vie vaut-elle d'être vécue ? » mais « La vie vaut-elle d'être donnée ? »). D'autre part, Belloc insiste sur le fait qu'il y a peu d'hommes réellement a-religieux, que les hommes se créent des religions de substitution. Comme disait son copain Chesterton, celui qui ne croit plus à rien est prêt à croire à n'importe quoi.
La citation de Belloc la plus connue est « La Foi, c'est l'Europe et l'Europe c'est la Foi » (à propos du catholicisme). C'est devenu une évidence pour nous (l'Europe à 1,4 enfant par femme n'existera plus dans un siècle et cela a évidemment un lien avec la déchristianisation -d'ailleurs les seules femmes européennes qui font encore beaucoup d'enfants sont les cathos). C'était beaucoup moins une évidence quand Belloc l'a écrite.
(2) : il est clair aussi que, pour Belloc, se déclarer incroyant et rationaliste est en soi un signe de bêtise. En étant uniquement matérialiste, on rate la belle part de l'homme. Ce n'est pas un hasard si tous les arts s'écroulent en notre époque maudite, spécialement la poésie.
Belloc (je me suis toujours demandé si le méchant d'Indiana Jones avait un rapport avec ce Belloc là) affirme que les hérésies existent encore mais que nous ne les voyons plus comme telles parce que nous avons perdu notre rigueur intellectuelle (1). Par exemple, le communisme est une hérésie. Harouel analyse le rapport gauche droite en termes d'hérésie gnostique.
Belloc insiste sur le fait qu'il faut être intelligent, qu'il faut s'attacher aux idées, pas aux mots. Il faut se méfier, les idées peuvent changer de mots. Il serait atterré, mais pas surpris, par notre monde terrifié par les mots (les commentaires sous l'article de Zemmour à propos de la gnose sont navrants de d'incompréhension).
Ne pas s'intéresser aux hérésies, les considérer comme des vieilles choses poussiéreuses du passé, sous prétexte qu'on serait incroyant et rationaliste (2) et qu'on se croit plus intelligent que nos ancêtres, est aux yeux de Belloc un signe certain de stupidité : qu'on le veille ou non, les croyances mènent le monde : le monde catholique est différent du monde protestant qui est différent du monde musulman. Et si l'arianisme avait vaincu, le monde serait très différent de ce qu'il est. Refuser de s'intéresser aux croyances et aux hérésies, c'est refuser de s'intéresser au monde.
L'hérésie (du grec « je prends ») consiste à prendre une partie d'une doctrine cohérente et à en rejeter ou à en subvertir une autre partie. Les hérésies arrivent à se prolonger à cause de ce qu'elles gardent de vrai de la doctrine originelle.
Belloc examine cinq hérésies chrétiennes :
♗ l'arianisme
♗ le mohetanisme, autrement dit l'islam (je pense qu'il est impossible de comprendre la naissance de l'islam sans considérer que c'est une hérésie chrétienne née en dehors de la chrétienté, aux marges de celle-ci).
♗ le catharisme
♗ le protestantisme
♗ le modernisme
Sur ses cinq hérésies, trois ont échoué, deux sont encore actives, et parfois alliées contre le christianisme, l'islam et le modernisme (par essence, l'anti-Christ, d'après Belloc - rôle que j'attribuerais plutôt à l'islam, mais ce n'est pas incompatible : elles ont beaucoup en commun dans leur manière de considérer l'homme comme soumis à ses pulsions).
Pour Belloc, chacune de ces hérésies est une forme d'attaque du christianisme et toute hérésie peut être rattachée à une de ces cinq formes d'attaque. Reprenons les :
♗ l'arianisme (négation de la divinité du Christ) : attaque de la doctrine chrétienne.
♗ islam : attaque de l'extérieur.
♗ le catharisme : attaque de la morale chrétienne.
♗ le protestantisme : attaque de l'Eglise et de l'autorité.
♗ le modernisme : négation du christianisme. Ne combat pas tant le christianisme que réfute sa nécessité, puisque, pour le moderne, n'existe que le matériel.
Je ne vais pas vous détailler tout le livre, il y a mille réflexions passionnantes. Je passe directement aux conclusions.
En 1938, alors qu’Hitler et Staline sont presque au fait de leur puissance et que 90 % des musulmans vivent dans des colonies européennes, Hilaire Belloc écrit que l’Europe est menacée à long terme par une résurgence de l’islam. Pourquoi une telle prescience ?
Une victoire d’Hitler et de Staline serait grave pour l’Europe mais pas mortelle : la culture chinoise a survécu à Mao (en faisant le parallèle avec Hitler) et les pays de l’est montrent que leur culture a survécu au stalinisme. En revanche, l’islam est tellement opposé à notre culture qu’une victoire de l’islam signifierait la disparition de notre culture. Hitler et Staline, graves mais pas mortels, islam mortel.
Comment Belloc fait-il en 1938 pour prévoir une résurgence de l’islam ?
1) L’islam est très résistant. Alors que les religions disparaissent par conversion massive à une autre religion, on ne connaît pas de conversions massives de musulmans à une autre religion. Donc l’islam ne disparaîtra pas.
2) La démographie. Les musulmans sont sous le joug colonial quand Belloc écrit mais ils sont nombreux. Ils cesseront peut-être un jour d’être colonisés, mais ils ne cesseront pas d’être nombreux.
3) L’islam est en guerre contre le monde entier (« islam religion de paix » ? Et mon cul c’est du poulet ?) et spécialement contre l’Europe, par définition chrétienne. Les musulmans reprendront la guerre contre nous dès qu’ils le pourront. Ne pas oublier qu’ils étaient sous les murs de Vienne dans la vieillesse de Louis XIV et moins d’un siècle avant l’indépendance américaine.
Pour 1938, c’est pas mal vu ! Et son ami Chesterton ajoutait que certaines élites européennes accueilleraient avec enthousiasme l’islam parce qu’une population islamisée est plus facile à soumettre qu’une population chrétienne.
Je ne vais pas tout vous décrire. Je résume ce que Belloc appelle l'Attaque Moderne : nier la foi emporte la raison, puis le libre arbitre puis la dignité humaine et finit par rétablir l'esclavage sous des formes variées, en faisant de l'homme un être manipulable et corvéable à l'infini.
L'Eglise ne disparaitra pas, mais elle a le choix entre devenir une secte ou contre-attaquer.
Belloc a moins que Chesterton le génie du paradoxe mais il a comme lui le goût des fausses évidences lumineuses, qui font s'exclamer : « Pourquoi n'y ai-je pas pensé tout seul ? »
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(1) : il pense aussi (mais ce n'est pas le sujet du livre) que les sociétés sans religion sont condamnées à mort, ce que notre société, en suicide démographique et culturel, prouve (comme le dit Rémi Brague, la question du sens de la vie n'est pas « La vie vaut-elle d'être vécue ? » mais « La vie vaut-elle d'être donnée ? »). D'autre part, Belloc insiste sur le fait qu'il y a peu d'hommes réellement a-religieux, que les hommes se créent des religions de substitution. Comme disait son copain Chesterton, celui qui ne croit plus à rien est prêt à croire à n'importe quoi.
La citation de Belloc la plus connue est « La Foi, c'est l'Europe et l'Europe c'est la Foi » (à propos du catholicisme). C'est devenu une évidence pour nous (l'Europe à 1,4 enfant par femme n'existera plus dans un siècle et cela a évidemment un lien avec la déchristianisation -d'ailleurs les seules femmes européennes qui font encore beaucoup d'enfants sont les cathos). C'était beaucoup moins une évidence quand Belloc l'a écrite.
(2) : il est clair aussi que, pour Belloc, se déclarer incroyant et rationaliste est en soi un signe de bêtise. En étant uniquement matérialiste, on rate la belle part de l'homme. Ce n'est pas un hasard si tous les arts s'écroulent en notre époque maudite, spécialement la poésie.
Métaphore louvetière
On notera que, de plus en plus, nous vivons une tyrannie bureaucratique. L'administration n'est pas au service des citoyens mais au service de l'administration. Il n'y a pas un grand méchant tyran contre lequel nous pourrions nous révolter mais pleins de petits tyranneaux locaux qui se tiennent les coudes et qui sont eux-mêmes soumis aux pressions des minorités bruyantes et violentes ... et soutenues par les médias, qui sont les vrais maîtres.
mercredi, novembre 01, 2017
Justice rouge : quand on vous le dit ...
Condamnation du pneumologue Michel Aubier : les engagements militants encombrants de la magistrate qui a jugé l'affaire
L'affaire est simple à résumer : le docteur Aubier a été condamné pour avoir omis de signaler à une audition du Sénat le conflit d'intérêts du fait qu'il était médecin-conseil de Total.
Le problème, c'est que le juge de l'affaire, qui mérite de devenir célèbre, Mme Evelyne Sire-Marin, est une militante gauchiste anti-Total très active. Elle aurait donc du, par souci d'impartialité, se récuser, « se déporter », comme on dit. Or, elle ne l'a pas fait.
Autrement, dit, elle commet exactement le délit qu'elle reproche au condamné. C'est cocasse et navrant.
Quand je vous dis qu'il y a des gens qui devraient être fusillés pour l'exemple ...
Evidemment, ce genre d'affaires ridiculise l'institution judiciaire française, qui n'en a vraiment pas besoin. Au delà de toutes les arguties juridiques, si un enfant de dix ans peut dire d'une décision de justice « c'est pas juste », la crédibilité, l'honorabilité et la légitimité de l'institution judiciaire sont atteintes.
On nous dira une fois de plus que c'est un malheureux hasard et qu'il ne faut pas tirer argument de quelques brebis galeuses pour condamner tout le troupeau. Mais quand les « malheureux hasards » s'accumulent ...
Les juristes aiment à s'étourdir d'un brouillard de mots très compliqués, chacun doit bien justifier son boulot. Mais les Français s'en foutent, ils les laissent se tirlipoter le schmilblick entre eux, ils veulent juste que les méchants soient punis et les gentils protégés. Mais si le brouillard de mots des juristes sert à condamner les innocents et à libérer les coupables, c'est une autre histoire.
On a coutume dire : « Je fais confiance à la justice de mon pays ». Je dis : « Et mon cul, c'est du poulet ? T'en veux une aile ? Je n'ai aucune confiance dans la justice de mon pays et je sais pourquoi ».
L'affaire est simple à résumer : le docteur Aubier a été condamné pour avoir omis de signaler à une audition du Sénat le conflit d'intérêts du fait qu'il était médecin-conseil de Total.
Le problème, c'est que le juge de l'affaire, qui mérite de devenir célèbre, Mme Evelyne Sire-Marin, est une militante gauchiste anti-Total très active. Elle aurait donc du, par souci d'impartialité, se récuser, « se déporter », comme on dit. Or, elle ne l'a pas fait.
Autrement, dit, elle commet exactement le délit qu'elle reproche au condamné. C'est cocasse et navrant.
Quand je vous dis qu'il y a des gens qui devraient être fusillés pour l'exemple ...
Evidemment, ce genre d'affaires ridiculise l'institution judiciaire française, qui n'en a vraiment pas besoin. Au delà de toutes les arguties juridiques, si un enfant de dix ans peut dire d'une décision de justice « c'est pas juste », la crédibilité, l'honorabilité et la légitimité de l'institution judiciaire sont atteintes.
On nous dira une fois de plus que c'est un malheureux hasard et qu'il ne faut pas tirer argument de quelques brebis galeuses pour condamner tout le troupeau. Mais quand les « malheureux hasards » s'accumulent ...
Les juristes aiment à s'étourdir d'un brouillard de mots très compliqués, chacun doit bien justifier son boulot. Mais les Français s'en foutent, ils les laissent se tirlipoter le schmilblick entre eux, ils veulent juste que les méchants soient punis et les gentils protégés. Mais si le brouillard de mots des juristes sert à condamner les innocents et à libérer les coupables, c'est une autre histoire.
On a coutume dire : « Je fais confiance à la justice de mon pays ». Je dis : « Et mon cul, c'est du poulet ? T'en veux une aile ? Je n'ai aucune confiance dans la justice de mon pays et je sais pourquoi ».
Charente Libre : « Un pick-up fonce dans la foule : huit morts ». Que font les psychologues pour pick-ups ?
En un titre, la Charente Libre a réussi à occulter qu’il s’agit d’un attentat et qu’il a été commis non par un fou mais par un musulman.
Ces journaliste répondront que tout le monde comprend. Alors pourquoi ces circonvolutions ? Certaines choses vont mieux en le disant. Le devoir d’un journaliste n’est-il pas d’être au plus près des faits ? Sauf si, sous le nom de journaliste, on met autre chose que le journalisme. Le gardiennage de l’ordre moral, par exemple.
La concision ? « Un islamiste fonce dans la foule : huit morts » fait deux caractères de plus. La Charente Libre est-elle à deux caractères près ?
Dans quel journal a-t-on lu récemment :
« Etats-Unis : un mort lors d'un rassemblement néo-nazi à Charlottesville » ?
Pas de fausse pudeur, coupable identifié ? Ça serait-y pas quand même la Charente Libre. Tu vois, quand tu veux ...
Pendant ce temps, le Telegraph titre « New York terror attack: Eight dead as truck rams cyclists in Manhattan as driver shouts 'Allahu Akbar’ ».
Bon, vous allez me dire qu’un homme qui s’attaque à des cyclistes new-yorkais (l’équivalent américain des cyclistes parisiens) ne peut être entièrement mauvais.
Ces journaliste répondront que tout le monde comprend. Alors pourquoi ces circonvolutions ? Certaines choses vont mieux en le disant. Le devoir d’un journaliste n’est-il pas d’être au plus près des faits ? Sauf si, sous le nom de journaliste, on met autre chose que le journalisme. Le gardiennage de l’ordre moral, par exemple.
La concision ? « Un islamiste fonce dans la foule : huit morts » fait deux caractères de plus. La Charente Libre est-elle à deux caractères près ?
Dans quel journal a-t-on lu récemment :
« Etats-Unis : un mort lors d'un rassemblement néo-nazi à Charlottesville » ?
Pas de fausse pudeur, coupable identifié ? Ça serait-y pas quand même la Charente Libre. Tu vois, quand tu veux ...
Pendant ce temps, le Telegraph titre « New York terror attack: Eight dead as truck rams cyclists in Manhattan as driver shouts 'Allahu Akbar’ ».
Bon, vous allez me dire qu’un homme qui s’attaque à des cyclistes new-yorkais (l’équivalent américain des cyclistes parisiens) ne peut être entièrement mauvais.
lundi, octobre 30, 2017
Il ne fait pas bon refuser de traiter les femmes comme de pauvres petites choses fragiles
Vous imaginez la bordée d’insultes que la dame a reçues :
Anne Robinson says she is in 'despair' over 'fragile' modern women who are 'unable to deal' with sexual harassment in the work place
Anne Robinson says she is in 'despair' over 'fragile' modern women who are 'unable to deal' with sexual harassment in the work place
Libellés :
lubies et fariboles féministes
Equatoria
Contrairement à la reprise d’Astérix, très décevante, au point qu’on se dit que la cupidité est mauvaise conseillère artistique, la reprise de Corto Maltese par deux Espagnols est une réussite.
Certes, on est loin des chefs d’œuvre du meilleur Pratt mais c’est quand même pas mal.
Certes, on est loin des chefs d’œuvre du meilleur Pratt mais c’est quand même pas mal.
dimanche, octobre 29, 2017
Règne de la vulgarité, règne du mensonge
Notre monde atteint des sommets de vulgarité. Le hashtag #balance ton porc n’est qu’un exemple parmi mille. C’est évidemment la résultante de l’esprit soixante-huitard et de l’effondrement de l’intelligence des occidentaux.
Au moins, pour se consoler, pourrait-on se dire que cette vulgarité inaugure des rapports plus sincères. Si tout le monde dit ce qu’il a sur le cœur sans retenue, les rapports sociaux seront plus vrais, n’est-ce pas ?
Cette manière de penser ajoute la vulgarité de la pensée à celle du comportement et de l’expression. C’est un mensonge sur la nature de l’homme.
Non, l’homme n’est pas au premier degré. Non, il ne sait pas toujours ce qu’il veut. Et même quand il le sait, il peut très vite changer d’avis. Il regrette aussi souvent ce qu’il a fait que ce qu’il n’a pas fait. Il éprouve les plus grandes difficultés à se connaître lui-même. L’homme n’est pas ce robot moite qu’aiment y voir tous les modernes.
C’est pourquoi, aux époques où nous n’étions pas abrutis, nous apprenions à tourner sept fois la langue dans notre bouche. Pour prendre en compte toute notre complexité.
Pour conclure, la vulgarité ne crée pas des rapports sociaux plus sincères mais seulement plus violents.
Au moins, pour se consoler, pourrait-on se dire que cette vulgarité inaugure des rapports plus sincères. Si tout le monde dit ce qu’il a sur le cœur sans retenue, les rapports sociaux seront plus vrais, n’est-ce pas ?
Cette manière de penser ajoute la vulgarité de la pensée à celle du comportement et de l’expression. C’est un mensonge sur la nature de l’homme.
Non, l’homme n’est pas au premier degré. Non, il ne sait pas toujours ce qu’il veut. Et même quand il le sait, il peut très vite changer d’avis. Il regrette aussi souvent ce qu’il a fait que ce qu’il n’a pas fait. Il éprouve les plus grandes difficultés à se connaître lui-même. L’homme n’est pas ce robot moite qu’aiment y voir tous les modernes.
C’est pourquoi, aux époques où nous n’étions pas abrutis, nous apprenions à tourner sept fois la langue dans notre bouche. Pour prendre en compte toute notre complexité.
Pour conclure, la vulgarité ne crée pas des rapports sociaux plus sincères mais seulement plus violents.
samedi, octobre 28, 2017
Les indépendantistes bobos et l'agonie de la démocratie en Occident
Les histoires d'indépendances bobos illustrent à la perfection l'agonie des démocraties occidentales par le perfectionnement de la fabrique du consentement.
Prenons l'exemple de la Catalogne. L'indépendantisme y est entièrement bâti sur le mensonge.
Contrairement à ce que racontent les indépendantistes, la culture catalane y est pour majeure partie une création récente du système éducatif, un truc de bobos qui sont allés trop longtemps à l'école, le référendum était le contraire de démocratique (ou alors façon « démocratie populaire »), les Catalans ne sont pas opprimés par l'Espagne, la Catalogne ne peut être indépendante (comment cette région sur-endettée se paierait-elle une armée ?), elle sera juste dépendante d'un maître plus lointain, et l'avenir, si l'on en croit la démographie, est au Califat de Catalogne.
Quelle est la raison profonde de la tentative d'indépendance ? Non pas l'indépendance pour elle-même, mais l'indépendance pour sauver le pouvoir des indépendantistes, qui sont un mélange de sectaires et de corrompus.
Comment en est-on arrivé là ? Par l'usage intensif des techniques modernes de perversion du débat démocratique. La principale est « l'émotisme » : on remplace tout débat rationnel par un échange, potentiellement violent, d'émotions.
Je te jette à la face ma colère de me sentir opprimé, je ne discute plus la réalité de l'oppression. Il est frappant de voir que les indépendantistes utilisent beaucoup ce registre.
Ces techniques de manipulation de l'opinion, issues des travaux des publicitaires et des psychologues, ont mis un siècle à mûrir, elles sont désormais à leur niveau d'efficacité maximale.
This is a bitter day for Spain and Catalonia. The independence saga has no good ending
Le lent déclin de l’esprit démocratique en Europe
Tout cela est possible parce qu'on est dans le domaine de la parlote, manipulé par des bavasseurs professionnels. Mais que la « vraie vie » vienne à se manifester par une guerre, par un désastre, par une invasion et il ne restera rien de la Catalogne indépendante.
Les vieilles nations européennes sont nées de la nécessité historique. Il se pourrait qu'elles disparaissent de ne plus avoir l'énergie d'affronter le tragique de l'histoire.
Car tous les torts ne sont pas du coté indépendantiste catalan : en se faisant la courroie de transmission (comme tous les gouvernements du sud de l'Europe, France incluse) des diktats européistes, berlino-bruxellois, le gouvernement de Madrid a délégitimé l’Etat-nation espagnol.
Déléguer sa souveraineté à Bruxelles et à Francfort est une tentative, vouée à l'échec, de sortir paisiblement de l'histoire. Or, la seule sortie de l'histoire que prépare une telle politique, c'est la disparition, et ce n'est jamais paisible.
Prenons l'exemple de la Catalogne. L'indépendantisme y est entièrement bâti sur le mensonge.
Contrairement à ce que racontent les indépendantistes, la culture catalane y est pour majeure partie une création récente du système éducatif, un truc de bobos qui sont allés trop longtemps à l'école, le référendum était le contraire de démocratique (ou alors façon « démocratie populaire »), les Catalans ne sont pas opprimés par l'Espagne, la Catalogne ne peut être indépendante (comment cette région sur-endettée se paierait-elle une armée ?), elle sera juste dépendante d'un maître plus lointain, et l'avenir, si l'on en croit la démographie, est au Califat de Catalogne.
Quelle est la raison profonde de la tentative d'indépendance ? Non pas l'indépendance pour elle-même, mais l'indépendance pour sauver le pouvoir des indépendantistes, qui sont un mélange de sectaires et de corrompus.
Comment en est-on arrivé là ? Par l'usage intensif des techniques modernes de perversion du débat démocratique. La principale est « l'émotisme » : on remplace tout débat rationnel par un échange, potentiellement violent, d'émotions.
Je te jette à la face ma colère de me sentir opprimé, je ne discute plus la réalité de l'oppression. Il est frappant de voir que les indépendantistes utilisent beaucoup ce registre.
Ces techniques de manipulation de l'opinion, issues des travaux des publicitaires et des psychologues, ont mis un siècle à mûrir, elles sont désormais à leur niveau d'efficacité maximale.
This is a bitter day for Spain and Catalonia. The independence saga has no good ending
Le lent déclin de l’esprit démocratique en Europe
Tout cela est possible parce qu'on est dans le domaine de la parlote, manipulé par des bavasseurs professionnels. Mais que la « vraie vie » vienne à se manifester par une guerre, par un désastre, par une invasion et il ne restera rien de la Catalogne indépendante.
Les vieilles nations européennes sont nées de la nécessité historique. Il se pourrait qu'elles disparaissent de ne plus avoir l'énergie d'affronter le tragique de l'histoire.
Car tous les torts ne sont pas du coté indépendantiste catalan : en se faisant la courroie de transmission (comme tous les gouvernements du sud de l'Europe, France incluse) des diktats européistes, berlino-bruxellois, le gouvernement de Madrid a délégitimé l’Etat-nation espagnol.
Déléguer sa souveraineté à Bruxelles et à Francfort est une tentative, vouée à l'échec, de sortir paisiblement de l'histoire. Or, la seule sortie de l'histoire que prépare une telle politique, c'est la disparition, et ce n'est jamais paisible.
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Catalogne,
fabrique du consentement,
règne du mensonge
vendredi, octobre 27, 2017
Quand Zemmour et moi avons raison ...
Regardez à partie du 1h :
Zemmour et Naulleau 25 octobre 2017
Bref, la France de Sarkozy avait bien tort d'intervenir en Libye, les droits-de-l'hommiste avaient dramatiquement tort d'y pousser. Et ceux qui y étaient opposés avaient raison de s'y opposer.
Zemmour et Naulleau 25 octobre 2017
Bref, la France de Sarkozy avait bien tort d'intervenir en Libye, les droits-de-l'hommiste avaient dramatiquement tort d'y pousser. Et ceux qui y étaient opposés avaient raison de s'y opposer.
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trahison de la classe dirigeante
La désintégration espagnole et l'Euro
Natacha Polony : « Du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes »
Il faut bien comprendre le rôle de l'Euro dans la décomposition de l'Etat espagnol. L'Euro a deux effets :
♘ par la concurrence entre régions à l'échelle de l'Europe, il fait diverger les régions et les régions pauvres au sein d'un même pays.
♘ En transformant les Etats du sud de l'Europe en instruments de répression économique et sociale au service de l'européisme, il les délégitime gravement.
Il faut bien comprendre le rôle de l'Euro dans la décomposition de l'Etat espagnol. L'Euro a deux effets :
♘ par la concurrence entre régions à l'échelle de l'Europe, il fait diverger les régions et les régions pauvres au sein d'un même pays.
♘ En transformant les Etats du sud de l'Europe en instruments de répression économique et sociale au service de l'européisme, il les délégitime gravement.
Procès Merah ou la désintégration française
Procès Merah ou la désintégration française
Le procès Merah est fort instructif parce qu'il permet de voir sur un cas concret tout ce que l'on sait en théorie de l'islam en France : la porosité entre délinquance et terrorisme musulman, la lâcheté et l'inefficacité de l'appareil d'Etat, la volonté active de non-intégration de beaucoup de musulmans, les zones, non pas de non-droit, mais de droit islamique, l'influence destructrice de l'immigration à jet continu.
L'un des épisodes les plus navrants, c'est Mme Merah qui vit depuis des décennies en France et a besoin d'un traducteur.
C'est sans doute pourquoi les médias ne parlent pas trop de cette leçon de choses.
Le procès Merah est fort instructif parce qu'il permet de voir sur un cas concret tout ce que l'on sait en théorie de l'islam en France : la porosité entre délinquance et terrorisme musulman, la lâcheté et l'inefficacité de l'appareil d'Etat, la volonté active de non-intégration de beaucoup de musulmans, les zones, non pas de non-droit, mais de droit islamique, l'influence destructrice de l'immigration à jet continu.
L'un des épisodes les plus navrants, c'est Mme Merah qui vit depuis des décennies en France et a besoin d'un traducteur.
C'est sans doute pourquoi les médias ne parlent pas trop de cette leçon de choses.
jeudi, octobre 26, 2017
Grande-Bretagne et université : la liberté de parole est mise à mort là où elle a été inventée
Free Speech versus the New Repression - a small victory for liberty on a windy hilltop
The nihilist Left wants to abolish free speech completely – and universities are capitulating
Le phénomène n'a rien de mystérieux. La cause en est claire : la « massification ».
Voilà ce qui arrive quand on permet à des millions d'abrutis de se prendre pour des intelligents et de faire les cadors parce qu'on les accueille, par pitié, par faiblesse, à l'université.
Ces gens, dont la bouillie qu'ils ont dans la tête ne vaut pas l'étron que je fais le matin en me levant, se sentent soudain un besoin pressant irrésistible de nous faire part de leur « pensée » et comme ils sont absolument incapables d'argumenter, ils sont obligés de faire appel à la force pour bâillonner les contradicteurs.
C'est un véritable drame. Hélas, nous le méritons, nous avons tout fait pour qu'il arrive et rien pour qu'il n'arrive pas.
The nihilist Left wants to abolish free speech completely – and universities are capitulating
Le phénomène n'a rien de mystérieux. La cause en est claire : la « massification ».
Voilà ce qui arrive quand on permet à des millions d'abrutis de se prendre pour des intelligents et de faire les cadors parce qu'on les accueille, par pitié, par faiblesse, à l'université.
Ces gens, dont la bouillie qu'ils ont dans la tête ne vaut pas l'étron que je fais le matin en me levant, se sentent soudain un besoin pressant irrésistible de nous faire part de leur « pensée » et comme ils sont absolument incapables d'argumenter, ils sont obligés de faire appel à la force pour bâillonner les contradicteurs.
C'est un véritable drame. Hélas, nous le méritons, nous avons tout fait pour qu'il arrive et rien pour qu'il n'arrive pas.
Wauquiez : déjà déchu avant d'être élu
Vivement qu'elle crève, cette droite pourrie ! Si je savais comment lui donner des coups de pieds pour abréger l'agonie, je n'hésiterais pas.
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